Freelancing : l’avenir des métiers du web ?

Par Louise Vasseur – Master CMW groupe 1

 

Freelance n’est autre que le terme anglais désignant le travail indépendant, il est utilisé en France dans les métiers de l’informatique davantage axés vers la langue anglaise. La particularité d’un freelance tient dans sa forme qui n’est pas nouvelle puisqu’elle reprend celle des travailleurs indépendants : il est à la fois entrepreneur, propriétaire de ses moyens de production et son propre employé. Il est maître de ses décisions concernant son travail mais doit toutefois s’adapter aux demandes de sa clientèle.

Le freelance connait également les mêmes difficultés que le travailleur indépendant… Sur le forum d’Hopwork*, une freelance expose les difficultés qu’elle rencontre dans ce choix de vie : une relative précarité (pas de ticket restaurant, de mutuelle, intéressement, participation…), les revenus sont incertains et le manque de visibilité peut freiner des projets personnels. De plus travailler seul ouvre à un manque d’échange intellectuel.

Pourtant, en France, on compte plus d’un million d’autoentrepreneurs. Un chiffre qui en dit long sur la profonde mutation du travail qui s’opère sur le marché du travail français. Les difficultés d’un freelance ne semblent donc pas être un frein à la montée de ceux-ci.

En effet, si cette branche de travailleurs indépendants ne cesse d’évoluer c’est parce qu’elle a su tirer parti de leur meilleur avantage pour s’ouvrir davantage de portes, grâce à leur domaine de prédilection : internet. « Internet aiguillonne toutes les expériences » et par cela même permet de nouvelles innovations dans le domaine du travail et du recrutement.

En parallèle de ces bouleversement du domaine du travail, les entreprises elles-mêmes – notamment dans le domaine du digital – commencent à envisager une nouvelle manière de mener leurs projets en allant chercher les meilleurs ressources techniques et humaines de manière ponctuelle.les entreprises elles mêmes – notamment dans le domaine du digital – commencent à envisager une nouvelle manière de mener leurs projets en allant chercher les meilleurs ressources techniques et humaines de manière ponctuelle.

Le freelance est-il l’avenir des métiers du web ?

Après avoir observé l’évolution inévitable et indispensable des freelances, nous analyserons les différents moyens opérés pour que ceux-ci est accès à de nouvelles portes grâce au web. Enfin nous étudierons comment les communautés freelances se sont mis en place et ont su se retrouver pour développer au mieux leur capacité et partager l’expérience freelance.

A. Histoire du freelance dans les métiers du web

1) Les métiers du web, d’où viennent-ils?

A la fin des années 1990, l’accès à internet se démocratise et internet devient peu à peu un espace public car il est “visible et accessible par tous” comme le définit Thierry Paquot dans l’Espace public. Afin de se développer autour de la culture de l’échange et de l’innovation collective qu’offre Internet, ce nouvel espace numérique a grand besoin de compétences techniques fortement liées à l’informatique : programmateur, architecte réseau, ingénieur logiciel… et par la suite esthétiques : graphistes et designer web pour ne citer qu’eux.

Au milieux des années 2000, internet va connaître sa deuxième grande révolution : les réseaux sociaux. Facebook, twitter et consoeur, façonnés par la génération qui a vu mûrir internet, vont contribuer à lui donner son visage actuel. La massification d’internet a considérablement accru sa dimension quotidienne et avec cette deuxième révolution c’est une deuxième tranche de métier qui fait son apparition : community managers et autres rédacteurs web incarnent la communication et l’image de marque à l’ère de l’entreprise numérique.

Internet devient donc un nouvel espace qui se démocratise avec de nouveaux acteurs de la vie quotidienne. Il a donc besoin de nouveaux travailleurs pour développer ce nouvel univers en expansion. Les nouveaux métiers du web sont apparus comme une nécessité née avec la monté d’Internet.

2) Une profesionnalisation

Dans le domaine du web, il existe donc, comme nous venons de le voir précédemment, plusieurs sous-segments qui représentent l’ensemble des diversités de la profession, comme c’est le cas pour tout travail pouvant être fait de manière indépendante, selon l’explication de philippe Dambly. Selon lui : “L’évolution du groupe des professions libérales se traduit par une forte professionnalisation au sens de spécialisation”. D’ailleurs, ce qui caractérise une profession, c’est la notion “professionnel” intrinsèque à la définition.
Les métiers du web en pleine émergence doivent posséder ce professionnalisme pour posséder ce monopole. C’est ce qui permet à ces travailleurs d’être indispensable.

3) liberté de travail et gestion de ses revenus

A l’heure actuelle, plusieurs raisons ont poussé ces travailleurs a chercher l’indépendance. Le reportage sur france 2, nous informe qu’il s’agit d’un moyen de contrer la crise. En proposant des services à un moment donné pour un client précis, le travailleur peut s’occuper de plusieurs missions et peut travailler pour plusieurs clients. Le recul des embauches n’affectent pas ses travailleurs puisqu’ils sont demandé pour une tache ponctuelle. Devenir son propre patron et s’auto-entreprendre, lorsqu’on a les compétences pour le faire, semble être un moyen approprié pour les métiers du web. Il suffit donc d’être en accord avec certains attributs : indépendance, attitudes, savoir et savoir faire, unicité et rémunération.

Certains attributs des professions libérales offrent une protection contre la concurrence externe. De plus, les professions libérales sont généralement associées à des professions qui ont de l’importance et de l’attrait et l’ère 2.0 confirme que ces métiers prennent de l’importance.
Il s’agit de métiers encore en construction qui évoluent peu à peu. Internet à travers les free-lances a transposé ce qui existait déjà avec les travailleurs indépendants.
Cependant, le travail indépendant peut être précaire par manque de contacts et d’être connu.

B. Internet et freelance

Freidson ou Abbott avaient déjà considéré comme le propre du professionnel : le contrôle d’un territoire, l’obtention de formes de reconnaissance ou encore de formes de protection.

Le nombre de freelances a doublé en 5 ans, plus de 700 000.

Face à l’importance croissante qu’occupe le freelancing dans notre société, plusieurs plate formes visant à mettre en lien freelances et entreprises ont vu le jour. Comme l’explique Pierre Mériau dans l’interview**, ces sites sont nés d’une demande indispensable au vu de la hausse des freelances et des besoins des entreprises. Le freelance web contrairement à d’autres professions indépendantes (comme les médecins ou les avocats) ne nécessite pas nécessairement d’un espace matériel où accueillir ses clients. Le lieu de rencontre n’est autre que ce modèle de plates-formes.

Afin de déployer son réseau et d’étendre son influence, l’E-dentité, autrement dit l’identité crée sur le web, sert à obtenir des formes de reconnaissance. En effet sur chaque plateforme (Hopwork ou Order freelance) ou reseau social professionnel (ex : Linkedin), un travailleur peut se voir accorder une note, ce qui justifie de ses compétences auprès de tous. L’espace public ouvert avec le web permet de construire son identité, d’y dévoiler ses compétences et sa réputation mais pousse également à soigner son image sur tout ce nouvel espace public. Les clients se reposent sur l’E-réputation des freelances et les plates-formes spécialisées cherchent également à pousser les freelances présents chez eux comme le montre le slogan d’Hopwork (« les meilleurs freelances sont sur Hopwork »).

homepage d’Hopwork

Le territoire contrôlé par les free-lances n’est autre que le web, ils ont les compétences techniques du web mais l’utilisent également pour se faire connaître.

D’autre part, ce mode de travail n’est pas le plus sûr. En effet, il existe une forme de précarité chez les freelances, comme l’explique le reportage fait par France 2. La liberté est certes plus grande mais il n’y a pas de protection en cas de maladie par exemple. Il faut pouvoir anticiper car les revenus ne sont pas forcément les mêmes tous les mois.

C. Les Communautés de freelance : entraides et espaces de coworking

Être freelance pose certaines questions du fait de la solitude qu’implique ce statut : manque d’inspiration ou d’intéractions socio-professionnelles. Cependant dans l’ère du web participatif et de l’innovation collective, les freelances se regroupe pour mieux travailler dans des espaces dits de coworking.

Le coworking est un type d’organisation du travail qui regroupe deux notions : un espace de travail partagé, mais aussi un réseau de travailleurs encourageant l’échange et l’ouverture. Le blog de la communauté coworking parlent de « troisième lieu » en référence à la culture des Cafés d’Europe où les intellectuels et écrivains auraient passer leur journée entière à travailler en échangeant avec leurs comparses. Il s’agit d’un “endroit où vous pouvez aller quand vous le souhaitez, avec la quasi-certitude d’y trouver du monde et d’avoir une chance d’y établir des échanges fructueux.” selon Dominique Cardon et Christophe Aguiton. Il permet de faciliter les rencontres occasionnelles entre innovateurs et la coopération.

Laptop Coworking, paris 11

Ces espaces ouverts sont nombreux et mais néanmoins accessibles à condition d’y mettre le prix. Des pass existent pour pouvoir accéder à de nombreux lieu de coworking, comme le copass. Pour passer une journée au Laptop coworking, au sein d’une ancienne imprimerie aux allures de village dans la ville, c’est 25 euros, un investissement qui peut valoir le coup.

 

Conclusion

Internet occupe dans nos vies en général et dans le monde du travail en particulier une place prépondérante.
En pleine explosion, le travail en freelance a su tirer profit de ses bienfaits.

A n’en pas douter, du fait de son caractère évolutif, mouvant et protéiforme, nous ne sommes qu’au début d’une transformation plus profonde du monde du travail par internet au cours de la prochaine décennie.

 

Annexes 

Interview fait par Skype le 30 janvier 2016

Interview de Pierre Mériau, intégrateur web chez Hopwork

Bibliographie
Florent Champy, Le sociologie des professions   et    Nouvelle théorie sociologiques des professions.
Christophe Aguiton et Dominique Cardon, Web participatif et innovation collective dans Hermès la Revue, 2008/1 (n° 50)
Dominique Cardon, la démocratie internet
Webographie
www.unplib.be/content/download/44534/…/expose-philippedambly.pdf
http://blog.freelance.com/
https://forum.hopwork.fr/t/difficultes-et-plaisirs-de-la-vie-de-freelance/64/13
https://blog.hopwork.fr/hopwork-et-les-freelances-sur-arte/
https://blog.hopwork.fr/hopwork-visite-laptop-coworking/
Vidéos

http://www.france2.fr/emissions/tout-compte-fait/diffusions/07-11-2015_431132

http://info.arte.tv/fr/le-travail-en-freelance-nouveau-modele-economique

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