Le football à l’ère du numérique

Eberswiller Lauriane & Gherissi Caoula

 

«  Le football est le reflet de notre société. Regardez bien l’expression d’un joueur sur le terrain, c’est sa photographie dans la vie. » Cette citation d’Aimé Jacquet, ancien entraineur de l’équipe de France, est assez marquante. En effet, il nous livre là l’idée que le football est un sport familier, ancré dans notre société, notre mode de vie.

Depuis plus d’un siècle, le football ne cesse de faire parler de lui. En effet, c’est en 1904, en Angleterre, que ce sport est rendu légitime par la création d’une fédération sportive internationale : la F.I.F.A.

 Dans le cadre de notre cours « Sociologie des Mondes Numériques », nous avons pour objectif de lier un sujet sociétal/de loisirs avec le numérique et les diverses utilisations qu’ils peuvent en être faites (réseaux sociaux, internet, médias etc.). Le lien établit entre le sujet choisit et le numérique, a pour objectif de montrer l’impact des outils numérique sur un sujet en particulier et quelles sont les stratégies qui sont alors utilisées.

Pour notre part, nous avons décidé de travailler sur le football et le lien qui existe avec le monde numérique. Ce lien s’est développé récemment en particulier en ce qui concerne les réseaux sociaux, et ses diverses applications. Concernant le média, sa place est plus ancienne et a toujours permis de médiatiser ce qui est aujourd’hui le sport le plus populaire de notre pays. Ainsi, grâce à nos analyses, l’idée sera précisément de se concentrer sur des aspects particuliers de ce sport et les liens qu’ils ont avec le numérique (supporter, image d’un club, scandales etc). Cet ensemble nous permettra d’évoquer les stratégies numériques mises en place et ainsi de montrer qu’elles ont permis au football de dépasser la sphère purement sportive.

Le but de cette introduction, est dans un premier temps de rappeler des éléments historiques et temporels sur ce sport. Ainsi, centraliser les apparitions les plus importantes dans le sport en lui-même et les aspects numériques. En effet, cela permet de faire ressortir le lien fort et significatif qu’il existe entre les deux et ainsi de pouvoir annoncer notre problématique et les différentes parties que nous allons traiter.

Un peu d’histoire…

Le football est un sport qui voit le jour en Grande Bretagne au 19 éme siècle et qui est maintenant un siècle plus tard le sport le plus populaire. Ce sont les écoles anglaises vers les années 1850 qui mettent en avant ce sport. Les règles sont alors de plus en plus unifiées et les premiers clubs commencent à apparaitre et à devenir indépendants. En 1885, en Grande Bretagne le professionnalisme est autorisé et de nouveaux clubs se créent dans le monde, particulièrement en Europe et en Amérique du Sud. En 1904, est crée à Paris la Fédération internationale de Football(FIFA) par des représentants de sept pays européens. Au vu du succès populaire rencontrait par les tournois de football aux Jeux olympiques, la FIFA met en place en 1930 la première édition de la coupe du monde, actuellement l’un des plus grands événements sportifs planétaires. Actuellement le foot à un impact économique et médiatique très puissant et très significatif.

Ce sport collectif consiste à faire affronter deux équipes de 11 joueurs sur un terrain. La durée d’un match est de 90 minutes et l’équipe ayant marquée le plus de but remporte alors la victoire. Le match est arbitré par un arbitre principal et trois arbitres assistants. Des règles précises sont appliquées : le hors jeu, le carton jaune en cas de faute, le carton rouge qui exclue le joueur du terrain en cas de fautes très grave ou de l’accumulation de deux cartons jaunes au cours de la rencontre. En 2006 actuellement, 265 millions de joueurs pratiquaient ce sport à travers le monde.

Une dimension internationale…

Actuellement, le football est devenu un sport partagé dans le monde entier. A ses débuts, sa place est en Europe et plus particulièrement en Angleterre. C’est dans ce pays que le concept de professionnalisation se développe donnant ainsi une forte légitimité à ce sport et le moyen de se diffuser de manière pertinente. Cependant, sa pratique est déjà étendue au travers des autres continents, ou par exemple en Amérique du Sud celui-ci est très pratiqué et parfois apparentait à la deuxième « religion » du pays.

C’est par la création de la coupe du Monde de la FIFA, que la dimension internationale associée à ce sport prend alors une réelle tournure. Celle-ci est crée en 1928 en France et ouverte pour la première fois en 1930 en Uruguay. Cette compétition inclue à la base 200 équipes nationales et 32 sont ensuite qualifiées pour y participer. Cet événement permet alors une diffusion internationale ou chaque coupe du monde au fil des années procure une unité assez incroyable dans chaque pays lors des grandes victoires mais aussi parfois des drames nationaux (cf. : Brésil-Allemagne en Juillet 2014.).De plus, le développement de la télévision et le traitement des chaines qui s’occupent de diffuser l’événement a beaucoup évolué et permet maintenant de mettre en scène de manière assez spectaculaire cet événement tant attendu tout les 4 ans.

Cette présentation très générale du football, permet de montrer l’impact assez fort qu’il véhicule à travers différents pays. Ainsi nous pouvons déjà comprendre que sa diffusion et que sa popularité a été portée par les médias mais aussi depuis quelques années par l’internet et les différents outils qui le composent.

La présence du numérique dans le football…

Comme présenté au début de cette introduction, l’aspect sportif du football est très utilisé par le numérique et permet du coup de transformer l’approche sportive en une approche qui englobe d’autres caractéristiques et que nous présenterons tout du long de notre enquête (unification des groupes de supporters, image des clubs etc).Pour ce faire, la principale difficulté était de cerner et de centraliser les outils numériques qui peuvent être liés avec ce sport.

Ainsi, tout du long de notre dossier nous nous appuierons principalement de diverses composantes :

  • les stratégies télévisuelles (caméra, scénarisation de certains matchs),
  • les stratégies de communication (Ou interférence avec les supporters) à partir des réseaux sociaux, des sites internet des clubs, des applications etc.

A partir de celles-ci, l’idée est de comprendre la complexité et la manipulation qu’il peut exister par ses utilisations, pour apporter à ce sport un aspect dépassant la sphère sportive et qui est aussi aujourd’hui responsable de l’image négative associée à ce sport. Cependant, ces diverses stratégies sont aussi talentueuses puisqu’elles permettent aux clubs d’accroitre leurs popularités et d’apparaitre aux yeux des supporters comme essentielles pour le bien du club que l’on supporte.

Ces divers ensembles ont suscités notre interrogation sur le lien complexe mais très significatif qu’il existe entre ces outils numériques et le football en lui-même.

L’ensemble de cette introduction qui permet de retracer et de contextualité nos réflexions et nos hypothèses, nous permet alors de définir la problématique suivante :

« De qu’elle manière le football a dépassé sa sphère sportive a travers les outils numériques qui jouent un rôle capital ? »

 

Pour ce faire, notre étude sera accompagnée de trois parties qui s’articulent de la sorte :

1 – Les groupes de supporters

Le 12ème homme d’une équipe, leurs places sur les réseaux sociaux, le supportérisme à distance

 

2- L’utilisation du numérique par les clubs de football

Support numérique des clubs pour parfaire leur image interne et externe : comparaison de sites officiels, page Facebook.

 

3- Les limites du numérique dans le football

La place conséquente des médias, des journalistes et l’impact des réseaux sociaux. Cet ensemble illustrera un aspect moins doré de ce sport et évoquera de nombreux scandales.

 

Les supporters de football

 Être supporter : être le 12ème homme de l’équipe

Lors de sa création et de sa diffusion, le football était un sport plutôt familial et surtout présent dans certains pays, par le fait qu’il se jouait par exemple dans les rues entre amis. Peu couteux, le football s’apparentait à un sport relativement populaire et prenait vite de passion un grand nombre d’enfants. Les premiers grands footballeurs ont commencé à se faire voir et à devenir des idoles pour nos jeunes d’aujourd’hui.

Au fur et a mesure de sa médiatisation, de ses premiers succès et de ses premières compétitions, ce sport crée une grande communauté de fans appelés spécifiquement supporters et représentant chacun un club spécifique. Nous verrons dans la suite de cette partie que ce supportérisme ne repose pas toujours sur une base géographique et que d’autres dimensions rentrent alors en compte.

La place des supporters est devenu de plus en plus massive au sein des clubs en vue des différentes actions qu’ils opèrent : présence dans le stade, les banderoles, les chants, les groupes nommés « ultras » etc. Le surnom de 12ème homme leur est attribué, car à ce jour les supporters et leurs places dans un stade de football se disent primordiales pour les joueurs et pour les bons résultats du club. Par exemple, lors de compétition incluant un match à domicile et un match à l’extérieur, les chances d’obtenir de bons résultats sont majoritaires à domicile, et cela est justifié en partie par la présence des supporters qui encouragent les joueurs et qui permettent de leur donner de la force. Certains stades sont aujourd’hui réputés avant tout pour leur ambiance et pour leurs supporters (ex : le camp Nou, le stade du FC Barcelone). «  Etre un bon et fidèle supporter » est en quelque sorte devenu une mode : cela permet de crédibiliser le club malgré ces résultats et d’amener une certaine compétitivité entre les différents groupes de supporters de chaque club en particulier dans un même pays.

Au sein d’un club, l’ensemble des supporters n’est pas unifié. En effet, des groupes particuliers se créent, c’est à dire que des supporters se réunissent sous un nom parfois particulier et ont le même emplacement dans le stade. Ces différents groupes peuvent eux-mêmes parfois être signe de tensions bien qu’ils supportent le même club. Nous appelons généralement ces groupes LES ULTRAS. Au sein d’un groupe de supporters, les ultras ont l’image du groupe mettant en place le plus de chants, le plus d’ambiance mais ont aussi maintenant une image parfois négative en vue des différents débordements qui ont pus se produire dans le passé (ex : les groupes des ultras du PSG «  tribune Boulogne et Auteuil » ont été supprimé suite à un supporter décédé lors d’un match en 2007 contre l’équipe de Tel Aviv).

Ces différents éléments permettent de mieux comprendre ce que veut dire être un supporter de football aujourd’hui. En effet, dans plusieurs articles sociologiques s’intéressant aux supporters de football, plusieurs mots reviennent constamment : ferveur, appartenance, identité, sociabilité etc. En effet, nous comprenons que les individus prenant part à des groupes spécifiques de supporters d’un club, se donnent réellement l’impression de rentrer dans un groupe social particulier. Au sein de ce groupe, il y a un partage de valeurs, de passion, d’identité (cf. : par rapport au club) permettant de construire une sociabilité commune animée par l’envie de représenter un club et surtout de pouvoir assurer la meilleure ambiance par rapport aux autres clubs. L’appartenance à un groupe de supporters permet de mieux comprendre les tensions observées entre les groupes et leurs différents enjeux.

Cette entame nous permet de cerner et de mieux comprendre la notion d’être supporter pour un club de football. Ainsi, cela nous permet pour la suite de cette première partie, de montrer que les outils numériques (télévisuelle, réseaux sociaux) ont pris une part importante dans les groupes de supporters et peuvent être des facteurs explicatifs de certains faits les concernant (tensions, affrontement, supportérisme à distance). 

Le supportérisme à distance

« Le football est une passion universelle. Pour l’exercer, les anciens avaient le comptoir de bar. La nouvelle génération, elle, a les forums, offrant à l’internaute la spécialisation de son choix. »

Cette citation, tirée d’un site le COLLECTIF ayant publié un article sur les groupes collectifs de supporters permet de comprendre la grande idée de lier les supporters et les outils numériques.

Ce fait, permet dans un premier temps de se pencher plus particulièrement sur un aspect de mode de plus en plus présent concernant les supporters, à savoir le supportérisme à distance. Pour étudier ce phénomène, nous avons pu nous appuyer d’un article qui est le suivant :

. « Les territoires du football : l’espace des « supporters à distance », L.Lestrelin, J-C Basson. »

Au début de la création de groupes de supporters, l’appartenance se revendiquait essentiellement par l’aspect géographique. En effet, le fait d’être originaire d’une ville orientait la plupart du temps l’individu à choisir de supporter le club qui représente la ville dans la quelle on vit ou alors de laquelle on est originaire. Ce fait permettait de comprendre pourquoi tel ou tel individu choisissait alors de supporter un club, et à l’intérieur des groupes de supporter une valeur commune était partagée de tous : l’appartenance géographique à la même ville.

Ainsi être marseillais signifiait de supporter l’Olympique de Marseille, être corse signifiait de supporter Ajaccio ou Bastia, ou alors être lyonnais signifiait en grande partie de supporter l’Olympique Lyonnais.

Au fil des années, cette « norme » associée au groupe de supporters s’est atténuée et nous trouvons maintenant des supporters aux profils plus variés. En effet, beaucoup de supporters d’un club (ex : l’OM) ne sont pas forcément des supporters se revendiquant marseillais par l’ancrage local et géographique. Beaucoup d’entre eux n’ont aucun lien direct avec la ville de Marseille que ce soit dans le passé ou dans le présent. Leur revendication à être supporter peut s’expliquer par d’autres facteurs : entourage, influence des médias, des pages sur le web, attirance de l’image du club etc. Les différents outils numériques peuvent expliquer cela, et en particulier l’article étudié insiste sur l’impact de la télévision et les diffusions des matchs à l’échelle international. En effet, le supportérisme à distance dont nous faisons référence actuellement, ne s‘opère pas uniquement entre les villes d’un même pays mais s’opère aussi à l’échelle internationale.

Article étudié : Lestrelin Ludovic, Basson Jean-Charles, « Les territoires du football : l’espace des « supporters à distance ». », L’Espace géographique 4/2009 (Vol. 38) , p. 345-358

Cet article, se base principalement en France avec l’exemple du club de l’Olympique de Marseille. En effet, dans les années 2000 la place des associations, la modernisation et la mondialisation du football permet pour ce club, de gagner de nouveaux supporters, pourtant pas issu d’un ancrage local en tant que marseillais .Avec la création des associations en 2009, l’OM compte des supporters éparpillés à plusieurs endroits, et cela se répartie de la sorte : 60% sont dans la ville même mais nous trouvons tout de même 89 groupes de supporters dissimilés en France et aussi à l’étranger.

Dans un premier temps, ce supportérisme à distance se produit dans les années 1960’ et celui – ci est très rependu en Italie ou encore en Espagne. A l’intérieur de ces pays, les supporters de la Juventus ou de l’inter ne sont pas uniquement des partisans par l’ancrage local de la ville, mais sont parfois des supporters aux profils différents. Plusieurs explications peuvent être rapidement données quant à l’émergence de cette nouvelle mode et de cette nouvelle façon d’adhérer comme supporter à un club. En premier lieu, la rationalisation économique du football joue un rôle important pour développer ce phénomène. En effet, les clubs ayant de bons moyens peuvent attirer des supporters d’autres régions, villes, ou même pays par leur recrutement de «  grandes stars », par leur moyen de communication et par les stratégies mises en place. Ainsi, les clubs les plus prestigieux pourront attirer des supporters n’étant pas forcément sensibles à l’aspect géographique que représente le club. La presse écrite a aussi jouée un rôle important pour ce phénomène, en particulier avec le football britannique. Retranscrire l’actualité des journées de championnat, permettait à un grand nombre de supporters de pouvoir être attiré par d’autres clubs. Les associations de supporters ont elles aussi jouées un rôle considérable, puisqu’elles permettaient des lieux de rencontres entre les supporters et d’en faire adhérer un certain nombre.

Ces éléments furent les premiers à développer la mode du supportérisme à distance. Cependant l’article s’intéresse ensuite aux usages sociaux des technologies de la distance, et en particulier à l’attractivité de la télévision.

Les différents usages sociaux permettent d’effectuer des stratégies qui concernent les agencements spatiaux, à partir de technologies socialement construites.

Dans un premier temps il y a eu un essor de la presse écrite et ses stratégies de communication ouverte aux supporters d’un pays entier. Par la suite, l’essor des retransmissions télévisées des matchs nationaux et aussi internationaux, ont apporté une intensité jamais développée auparavant pour ce phénomène du supportérisme à distance. En effet, le fait de pouvoir suivre des matchs d’un autre club que celui de sa ville (souvent des clubs prestigieux) permet pour beaucoup de trouver un intérêt et une passion plus forte pour ces « nouveaux supporters ». Ainsi grâce à la télévision, de nombreux supporters adhèrent à un club sans aucune attache locale ou géographique, et parfois l’attachement au club est effectué uniquement par la télévision et certains d’entre eux ne se sont jamais rendus dans le stade du club concerné. Cela est appelé dans le texte de la « logique émotionnelle », c’est-à-dire que les retransmissions télévisuelles et les mises en scène mises au fur et à mesure permettent de vivre des moments forts en tant que passionnés et ainsi de lier un attachement avec le club. Ainsi les retransmissions donnent l’impression de participer individuellement (avec la famille) à la fête dans le stade. Ces passions à distances sont donc justifiées par la retransmission télévisuelle, bien que l’histoire et les valeurs d’un club peuvent la aussi expliquer cet engouement (ex : L’olympique de Marseille). La place de la télévision permet alors de comprendre de quelle manière des communautés imaginées se mettent en place et prennent une part considérable dans les groupes de supporters : «  Essentiel dans la production du sentiment identificatoire en faveur d’un « club d’élection » , le rôle de la télévision a donc été déterminant pour l’émergence et le développement des « communautés imaginées » ( Anderson,2002)dans l’espace du football. »

Les communautés imaginées, à partir de différents moyens de communication qui cessent d’apparaitre au fil des années, se disent eux aussi fière d’appartenir à ce club, et revendique une réelle identité et une réelle appropriation sociale. En dehors des stades, les rendez vous entre supporters par le port d’un maillot ou d’une écharpe permettent la aussi de confirmer cet aspect identitaire.

Ainsi, la télévision fut l’un des premiers usages technologiques pour confirmer le supportérisme à distance et ainsi lui donner une dimension de plus en plus majeure et importante. Le fait de suivre son équipe et de vivre des émotions (ex : gagner une coupe) permet aux supporters de ne pas se fier uniquement à l’aspect géographique pour choisir un club auquel on s’identifie. La télévision joue aujourd’hui un rôle minime quant à ce phénomène, puisque les pages internet des clubs et des groupes de supporters prennent une place importante: «  Aujourd’hui, de nombreux supporters se projettent vers des « clubs d’élection » et sont affiliés à des réseaux sociaux qui se jouent des logiques géographiques et culturelles. »

 

Les différentes communautés identitaires de supporters (à distance ou ancrées localement), sont des donc des groupes majeures dans le sport du football. La troisième sous partie permettra d’étudier comment ses groupes communiquent dans le conflit ou dans l’entraide à partir des outils technologiques sociaux dont ils font parfois une utilisation stratégique.

Le supportérisme : une définition qui se perd

Etre supporter de football, comme explicité plus tôt dans cette première partie, est une réelle identité et un rôle à tenir envers le club que l’on soutient. Par la communauté que l’on partage avec les autres supporters et par les différentes choses mises en place (chants, banderoles etc), être supporter d’un club de football aujourd’hui a une réelle signification. Cependant, l’étendu de ce sport d’un point de vue médiatique, relationnel, économique etc, peut mettre en danger la définition même d’être un supporter. Toutes les nouveautés associées au club et les diverses pages sur les réseaux sociaux sont a ce jour à l’origine de beaucoup de tensions entre supporters, ce qui « salie » souvent leur image. De plus, diverses applications permettent pour les supporters de se rendre dans les stades, mais pas uniquement avec l’objectif de regarder un match et de soutenir son équipe.

Les réseaux sociaux/pages de supporters : entre union et tensions

Avant un match, auparavant, les supporters se rejoignaient directement devant l’enceinte du stade ou à l’intérieur de celui-ci afin de pouvoir être réunis pour entonner les chants qui représentent le club. Le fait que les supporters du club extérieur puissent venir assister au match, a toujours été signe de tension et d’affrontement entre les supporters. Depuis l’appariation des réseaux sociaux, de nombreuses pages spéciales supporters ont été crées et parfois des pages spécifiques à l’intérieur des groupes de supporters d’un même club. Sur les pages officiel des clubs (facebook, twitter) la aussi nous pouvons voir des affrontements violents entre supporters qui débattent et qui parfois s’égarent complètement de l’aspect sportif qui les réunit au départ. Ainsi par le biais de ces pages, bien que celles-ci permettent parfois aux supporters de s’organiser pour mettre en place des animations, elles sont aussi le fruit de tensions et d’échauffement avant match, mettant alors en danger le bon déroulement de la rencontre à suivre.

Exemples :

Page Facebook du FC NANTES : une vidéo circule pour pouvoir lutter contre un arrêt préfectoral obligeant les supporters à regarder le match de chez eux. Le nombre de LIKE demandé est une manière de lutter contre cette demande et de rester unis.

Page des supporters sur Facebook –Olympique de Marseille : Suite au retour d’un ancien joueur de l’OM (M.Valbuena), les supporters s’expriment sur la page quant au retour houleux qu’a reçu le joueur. Les commentaires sont parfois violents entre mêmes supporters marseillais, s’insultant et revendiquant le fait que leur attitude n’est pas digne de supporters. Ainsi une séparation s’effectue et les esprits s’échauffent. Parfois le sujet initial est oublié et les insultes deviennent très faciles et personnelles.

Sur ces pages, souvent des supporters extérieurs interviennent (page public) et cela amènent une tension supplémentaire, n’ayant parfois aucune raison d’être présente.

Le fait que ces pages soient publics alimente les différentes tensions, puisque des supporters extérieurs provoquent plus facilement. De plus, à l’intérieur des mêmes groupes de supporters les tensions se produisent rapidement, puisque derrière un écran il est plus facile de provoquer ou d’exprimer un désaccord avec une agressivité tout de suite plus forte. Ainsi, en naviguant sur ces différentes pages, nous pouvons comprendre que beaucoup de supporters ne s’expriment plus pour la passion du club, mais avant tout pour marquer « sa place » et être dans l’affrontement avec les autres membres de la page.

Des applications surprenantes

Certains clubs bénéficiant d’un petit budget comparé à d’autres, d’une notoriété plus effacée, ont alors tentés de mettre en place des innovations pour le coup étonnantes et osées. Ces démarches avaient pour but de relancer un club ou de lui donner une dimension décalée à partir de ses supporters.

Ainsi en Espagne, ne pouvant rivaliser avec le grand FC Barcelone ou le Real Madrid, le petit club de Getafe a décidé de lancer l’application «  Getafinder », site de rencontre uniquement pour les supporters de ce club et seulement quand ils sont dans le stade. « Un facilitateur d’échange qui devrait permettre aux jeunes générations de se pencher sur le GFC, et pourquoi pas suivre le club sur le long terme. »

Par cette citation, nous comprenons que cette application a pour but de fédérer un maximum de supporters sans pour autant utiliser l’aspect sportif dans un premier temps. Ainsi, nous n’avons pas à faire à un supportérisme exclusivement sportif, puisque nous pouvons imaginer que beaucoup de supporters à l’intérieur du stade se concentrent avant tout sur le concept de l’application afin de pouvoir faire des rencontres : «  Une manière humoristique de booster sa campagne d’abonnement et de montrer une image jeune et dynamique. Seul petit regret : le temps passé sur son Smartphone àchecker les profils et à discuter, plutôt qu’à regarder le match et encourager son équipe. » Ainsi cette application a permis de fédérer un grand nombre d’abonnés, mais éloigne la notion même de supporter puisque l’aspect sportif est mis au second plan.

Aujourd’hui être supporter de football n’est pas simple. Par l’aspect identitaire et communautaire, il faut persévérer pour donner à son club de cœur une image dynamique et populaire. A partir des nouvelles applications, des nouvelles pages sur les réseaux sociaux, il n’est plus évident comme auparavant de se revendiquer supporter uniquement pour la passion sportive qui nous unies. En effet, les techniques de ces réseaux ont pris une place considérable dans le monde des supporters de football.

L’utilisation du numérique par les clubs de football

Depuis une dizaine d’années, l’émergence du numérique entraine de nombreuses transformations au sein de la sphère footballistique. Le rapport entre supporters et club devient de plus en plus important, et les acteurs en communication ne cessent d’user de stratégies appuyées par de nouveaux outils tels que les applications smartphones, des sites web sans cesse actualisés, une présence régulière sur les réseaux sociaux etc. Cependant, tous les clubs ne communiquent pas de la même manière.

Cette partie vise donc à analyser la façon dont certains professionnels de la communication joignent habilement le numérique à leur environnement de travail afin de se démarquer des autres.

Etude comparative entre deux sites officiels : PSG.fr / EAGuingamp.com

Le choix de cette comparaison n’est pas anodin. Nous avons voulu nous rendre compte des différences existantes entre la communication du premier club français à savoir le Paris-Saint-Germain, et celle d’un club plus populaire et moins exposé aux médias. Pour mieux comprendre cette différence nous avons tout d’abord exploré leurs pages sur Facebook. Si le PSG compte plus de 22 millions de fans, l’EAG, lui n’en compte que 190.000. Cette différence s’explique par la surmédiatisation du plus grand club français, et justifie ainsi, le travail rigoureux fournis par ses communicants.

Ainsi, en nous rendant sur la page du site officiel du PSG, nous arrivons sur une page « pré-home », où différentes rubrique nous sont proposées : l’accès direct à « psg.fr », l’accès à la page consacrée au Handball, l’accès à la boutique… Cette première page est plutôt sobre, aérée et fonctionnelle.

Le site est proposé en huit langues, le français, l’anglais, l’espagnol, le portugais, l’indonésien, l’arabe, le chinois et le japonais.

Une fois sur la page officielle de psg.fr, on y trouve neuf onglets (Actu – Equipe – Association – PSG TV – Communauté- Club – Billetterie –Boutique – Fondation), regroupant chacun des sous-catégories. Dans l’onglet « Actu », nous retrouvons toutes les photos des matchs, des joueurs, des entrainements, les vidéos et les dernières informations en lien avec le club et les joueurs. L’onglet « Equipe » se charge lui, de présenter les différentes composantes footballistique du PSG, à savoir : les pros, les féminines et il y a également une présentation sur les formations présentes et les préformations ainsi que sur le Junior Club et le PSG Academy. Une rubrique est consacrée à la présentation et l’actualité de l’association. En cliquant sur « PSG TV » on y trouve tous les résumés des matchs, les vidéos de l’entrainement, les bandes annonces des matchs, les interviews des joueurs, des reportages ou encore le JT du jour.

L’onglet « Communauté », regroupe lui, tout ce qui a attrait aux supporters : espace personnel, campagne de soutien à l’équipe, espace supporters, outils ludiques tels que de jeux ou encore des fonds d’écran à télécharger… L’espace « Club », comme son nom l’indique, nous informe sur l’histoire du club, les informations et contact des différents services (marketing, presse, recrutement…), sur l’historique des entraineurs et des joueurs…mais aussi le service de billetterie, les abonnements ou encore l’accès au stade. Enfin, la catégorie « Fondation » abrite un édito du président du club, ainsi que de nombreuses actualités à ce sujet.

On remarque également tout en bas de la page, la présence des logos des différents sponsors et partenaires du club (Fly Emirates, Ooredoo, Nike, QNB, Citroën, PMU…), majoritairement étrangers.

En haut à droite se trouve une montre de la marque Hublot, affichant l’heure exacte. C’est un placement de produit.

L’accès aux réseaux sociaux est également présent sur cette page, on y voit les bannières de Facebook, Twitter, Instagram, Youtube ainsi que Google +, orientant les supporters sur les pages respectives du club.

Pour ce qui est du site officiel de L’En Avant de Guingamp, il n’y a pas de page « pré-accueil » permettant un accès pointé sur ce que les supporters recherchent. Nous arrivons donc directement sur la page d’accueil à dominante rouge et noire (couleurs du club). Le site n’est proposé qu’en une seule langue : le français.

Le site propose onze onglets alignés en haut de la page tout comme sur le site du PSG. Le premier onglet s’intitule « Club » et nous retrace l’historique, le palmarès du club, ainsi que les contacts et accès au stade. La catégorie «  Saison 15/16 » nous informe sur le calendrier de la saison, les résultats, ainsi que les statistiques des matchs joués.

« Akademi EAG » regroupe tous les niveaux académiques du club allant du CFA à l’école de foot pour les moins de 10 ans. L’onglet « Féminine » s’intéresse à l’actualité des équipes féminines, et toute l’histoire du club, de ses entraineurs, de ses joueurs, du maillot… sont à retrouver dans l’onglet « Historique ». La catégorie « partenaires » fait honneur aux sponsors du club mais aussi à ceux qui se chargent de la communication du club. En effet, un espace est dédié aux entreprises qui souhaiteraient se faire connaitre, se lier à l’EAG, afin de faire voir leur marque. Pour ce faire, le club propose de nombreux moyens de visibilité tels que les panneaux publicitaires présents le long du stade, l’agenda des supporters, les feuilles de matchs, le site internet ou encore des effets sonores lors des matchs. Le club propose même des tarifs pour les plus intéressés, allant de 450 euros par mois pour une petite bannière affichée sur le site, à 2700 euros pour trois annonces sonores par matchs. La catégorie qui suit est celle du « Multimédia ». Elle regroupe toutes les vidéos et photo des matchs.

« Guingamp évènements » propose des locations de salles de séminaires, mais le stade peut aussi se transformer en salons évènementiel ou en salle de concert. Enfin une partie du site est dédiée au groupe de supporters ultras du club le « Kop Rouge », retraçant toute son histoire.

L’espace « vidéo » et l’espace « actualité » sont de gros encarts occupant la moitié de la page du site. Une bannière Facebook ainsi qu’une autre Twitter sont présentes en bas à droite sur la page, et un espace « Forum de supporters » y est également présent.

Le club dispose de dix sponsors (ADS, Brieuc, Breizh Cola, Celtarmor, Super U, Celtigel, Mère Lalie, Patrick, Crédit mutuel de Bretagne et Orange), tous français et majoritairement bretons, dont les logos sont affichés en bas de la page.

Ainsi, si les deux clubs exposent des similitudes au niveau de la présentation de leur site, certaines différences sont tout de même marquantes.

Le PSG est un club mais également une fondation. Les dirigeants mettent l’accent sur l’accessibilité au sport des jeunes et des enfants en situation sociale ou médicale fragilisée. Cet aspect associatif n’est pas présent chez l’EAG. De plus, dans la rubrique « Actus » du PSG, il est proposé aux supporters des articles sur les bons plans parisiens, les sorties à faire telles que les expositions en cours, les concerts, des adresses de restaurants… La dimension sportive s’efface ainsi et met en lumière la ville de Paris. Bien que l’on pourrait la penser hors-sujet, cette rubrique-là n’est pas anodine. Le Paris-Saint-Germain vit également à l’international, ses supporters du monde entier, mais aussi de France qui ont accès à la page officielle du site, découvrent ainsi un Paris différent de celui qu’ils connaissent grâce au football, et peuvent se laisser séduire par le charme de la Capitale. De plus, pour les parisiens même, il y est mentionné quelques bons plans en lien avec le club (comme des menus Mac Donald porteur d’une offre spéciale). Cette dimension internationale et nationale est également justifiée par la présence du club sur de nombreux réseaux sociaux.

L’EAG, lui, se démarque par un autre aspect, celui de la communication externe. En effet, le club n’hésite pas à proposer des services de location de panneaux publicitaires à des entreprises. Les tarifs, les différents moyens d’affichage et de diffusion des publicités, ainsi que des numéros de téléphone afin de joindre les responsables sont présents sur le site. Le club propose donc des services payants sur son site officiel. Le club montre ainsi une certaines proximité avec son public et les gens en général, puisqu’ils sont accessibles et ouverts aux entreprises, mais cela montre également le côté de fébrilité financière existante au sein du club. Il est cependant moins exposé sur les réseaux sociaux, puisqu’il dispose de son propre forum de supporters.

Ainsi, cette comparaison entre le PSG, club numéro en un en France, et l’EAG, club à plus petit budget et plus populaire, nous montre que les stratégies des communicants restent assez différentes. Le PSG avec une dimension internationale essaie par sa communication et les outils mis à disposition (réseaux sociaux, Psg Tv…), d’être accessible à un maximum de personnes. L’EAG, club à échelle nationale et régionale, est de ce fait moins exposé à cette « célébrité » et les communicants du club, cherchent peut-être plus à fidéliser leurs supporters en leur apportant une certaine considération (par la création du forum notamment), qu’à en attirer de nouveaux.

Le PSG veut séduire et attirer, l’EAG fidélise et se communautarise.

La communication des clubs selon un bloggeur spécialisé dans le numérique et le football (Entretien)

Début octobre, nous avons eu l’occasion de rencontrer Victor (le prénom a été changé), un jeune homme âgé d’une trentaine d’année, journaliste pour de nombreux magasine (Onze, But…) mais aussi bloggeur, qui tient un blog intitulé marketingdigital-football.com. Nous sommes tombées sur son site lors de nos premières recherches nous permettant d’amorcer notre travail.

Son site est donc géré à la manière d’un blog spécialisé dans le numérique et le digital, le tout en lien avec le football. Nous avons trouvé son adresse email et nous l’avons ainsi contacté afin de lui proposer un entretien.

Victor nous a répondu quelques jours plus tard en répondant positivement à notre requête. C’est ainsi que nous nous sommes rencontrés tous les trois sur Paris, plus particulièrement dans un café situé dans le quartier de Saint-Lazare.    Nous lui avons tout d’abord expliqué l’objet de notre travail, nos motivations et nous avons commencé à lui poser nos questions. L’entretien a duré 1h42 minutes. Victor a été assez bavard, il répondait de manière bien précise et détaillée à nos questions. Nous avons également quelques fois mis l’entretien en parenthèse pour discuter de l’actualité footballistique.

Retranscription entretien (passages)

Nous : Le numérique dans le foot c’est quoi pour vous ?

Victor : C’est tout ce qui a attrait aux nouveaux médias, tout ce qui est lié aux réseaux sociaux, aux applications… Il faut aussi prendre en compte la dimension d’inter-traitement, et notamment avec l’exemple du TFC (nb : Toulouse Football Club)… ils ont une stratégie de communication qui est d’américaniser l’image du club et c’est assez intéressant. D’ailleurs le PSG le fait aussi avec « Rêvons plus grand », avec toutes les célébrités invitées avant leur match de foot.

En tant que bloggeur, quand vous interrogiez des joueurs pour vos articles, vous leur posez quelles sortes de questions ?

Bah justement voir quel est leur rapport au numérique, si ils sont sur les réseaux sociaux, pourquoi, et pourquoi il n’y sont pas, depuis quand, quel est l’apport du club dans leur communication, est ce que le club les aident, est-ce qu’ils ont un agent qui travaille avec eux, ou alors si ils le font tout seul, pourquoi, quel est leur but, est ce que c’est vraiment utile pour eux, ou c’est juste pour partager avec leurs fans… donc voilà… et par exemple quand Ochoa (nb : gardien de but de l’équipe Mexicaine, qui a joué à Ajaccio) dit que s’il est présent sur les réseaux sociaux c’est pour rester en contact avec le Mexique, c’est génial.

Oui c’est vrai…

Donc voilà, après ça dépend vraiment de l’usage qu’en fait le joueur. Quand un joueur n’est pas sur les réseaux sociaux, je comprends pourquoi il n’y est pas. Ceux que j’ai pu interviewer, m’ont dit que c’était une question d’image, ils ont peur que ça parte en cacahuète, ou alors ça ne les intéressent pas tout simplement, donc on ne peut pas forcer un joueur à être sur Facebook si déjà un smartphone il ne sait pas comment ça marche. Donc pour moi les joueurs c’est des messieurs tout le monde.

Et du coup un personnage comme Ibrahimovic, ça pourrait être intéressant à interviewer d’un point de vue humain, étant donné son parcours ?

Ibra, ce n’est pas intéressant pour moi. Ce n’est pas quelqu’un qui va vraiment dire ce qu’il pense parce que justement lui, il communique via ses applications, les interviews qu’il donne, il les donne pas aux médias, il fait ça via ses applis, comme quand il fait les questions/réponses avant les matchs. Et d’ailleurs c’est cet aspect-là que les réseaux sociaux ont changé, c’est devenu un outil de relation de presse a part pour les joueurs.

Et ça vous trouvez ça bien ?

Bah au moins ça limite les problèmes, pas de soucis de retranscriptions, là c’est lui qui le pense, qui le dit, qui l’écrit. Il contrôle.

La télévision a un rôle très important également dans la communication du football, je pense au scandale des caméras intrusives qui ont capturé le moment où Ibrahimovic avait insulté la France…

Oui, enfin pour moi la télévision ne rentre pas dans le numérique. Après si vous voulez également parler du rôle de la télévision dans le football, vous pouvez étudier le rapport entre le numérique et la télévision avec notamment tout ce qui est commentaires en live avec les hastag des clubs. Les chaines mettent en place toutes une série de hastag qu’ils ont démocratisées auprès des clubs, et pour chaque évènement vous avez un hastag qui correspond au match. Donc il y a un lien Numérique/Tv »

Et du coup vous vous inspiriez de site de sport pour créer vos articles ?

Alors oui certains sites, mais pas des sites français, mais moi c’est vraiment les pages des clubs, les comptes de réseaux sociaux des clubs sur Facebook, Twitter ou aussi bien Instagram, je regardais les tendances qui pouvait sortir sur Twitter aussi, si jamais il avait de grosses tendances qui buzzaient, en bien ou en mal.

Donc vous trouvez que les réseaux sociaux ont changé la dimension du football ? Parce que voilà, c’est vrai qu’il y a de plus en plus de clubs qui en sont adeptes…

En France c’est vrai qu’il y a des grosses locomotives, il y a le PSG, le TFC, l’OM, l’OGC Nice, Monaco, il y a Caen aussi, il y a l’OL… Après par contre on voit vraiment une différence entre ces clubs là et les clubs qui montent de Ligue 2 en Ligue 1. Si je prends l’exemple d’Ajaccio, c’est une petite structure, un club qui n’a pas forcement le temps et je pense aussi qu’il y a peut-être un problème de compréhension entre les présidents. Certains présidents vont voir l’intérêt justement d’être présents sur les réseaux sociaux…

Oui on peut prendre l’exemple d’Aulas…

En communication il est très doué…quand il fait parler de lui, on ne parle que de lui, pas de l’OL. On parle de l’homme, donc c’est fort.

Donc pour vous si les petits clubs ne sont pas très actifs en matière de réseaux sociaux, ce n’est pas une question de budget ?

Non, parce que si on prend Caen par exemple, ils font de bonnes choses d’un point de vue communicationnelle, le TFC aussi, l’an passé ils avaient sorti une opération avec un yéti et ils avaient fait croire que leur site avait été piraté par ce yéti, et ça a été une belle action de com. Après si vous prenez un club comme Nantes, aujourd’hui ils ne font pas grand-chose.

Et vous pensez que ces petits clubs justement, suivront le mouvement des réseaux sociaux un jour ?

S’ils l’avaient voulu, ils auraient suivi depuis longtemps. C’est vraiment une histoire de mentalité dans les clubs aussi, est-ce que le club a la mentalité pour aller de l’avant, ou est-ce que le club se contente de ce qu’il a et ne voit pas l’intérêt d’y arriver.

Et est-ce que cette communication n’est pas limitée par leurs petits budgets ?

Non, non, pour buzzer, pour faire des hashtag, il n’y a pas besoin de budget. Ne serait-ce que pour avoir l’accès au joueur, l’accès au joueur ce n’est pas une question de budget, c’est le community manager qui descendent sur le terrain, qui fait des vines, qui prend des photos… tout ça ce n’est pas une question de budget. Mais c’est peut-être plus une question de moyens humains et de volonté.

Cet entretien nous a permis d’avoir l’avis d’un professionnel du sujet, sur ces questions de communication numérique au sein des clubs de football. Il nous a expliqué qu’un certain nombre d’outils permettaient aux clubs d’être présents sur différents front du numérique tel que les réseaux sociaux, les hashtags, les campagnes de communication originale etc.

Selon lui, en France les clubs qui gèrent le mieux leur communication numérique ce sont les grands clubs. Mais il reste convaincu que l’aspect financier n’est pas une raison valable pour les plus petits clubs. Plusieurs outils numériques sont mis à disposition et ne nécessitent pas un coût (ex : les réseaux sociaux, les hastag…). Victor pense que c’est d’autant plus une question de mentalité des clubs et de volonté de leur part, plutôt qu’une question financière. Les petits clubs, ont peut-être moins l’envie d’être exposés aux médias, et « se contentent » de ce qu’ils ont. L’exemple de l’EAG illustre bien cette idée. Le club est présent sur deux réseaux sociaux seulement et à créer son propre forum de supporters. A l’instar du PSG qui lui dispose de plusieurs applications, est présent et actif sur tous les grands réseaux sociaux.

Les limites du numérique dans le football

Le football et son image, est à ce jour associé à un grand nombre de scandales dans le milieu sportif. L’aspect buisines du sport dérange considérablement et l’arrivée du QATAR pour le club français du PSG a diffusée cette mauvaise opinion en France. L’image des joueurs, des dirigeants, des entraineurs est parfois mise en avant de manière positive mais peut aussi parfois l’être dans un sens beaucoup plus négatif.

A ces débuts et pendant un grand nombre d’années, le football ne s’accompagnait pas de l’image qu’il l’accompagne aujourd’hui. Au delà de sa dimension sportive, il fait part de beaucoup de controverses qui sont discutées et qui sont à l’origine de tensions dans différents domaines (politique, social etc).L’appariation de la télévision et l’apparition des réseaux sociaux et leurs usages dans l’univers footballistique ont alimenté l’image qu’il lui est associée aujourd’hui. En effet, ces diverses techniques et innovations alimentent les différents scandales qui ont pu traverser le monde du football. Ces divers scandales sont de natures différentes : scandale de la FIFA, comportement des joueurs, conflits entre présidents de clubs etc. Certains plus que d’autres ont parfois pris une ampleur considérable et cela est passé par le traitement télévisuel ou internet qu’il a pu en être fait. En effet, des phrases, des passages lors de match sont parfois repris par ces usages afin d’être « scénarisés » et de pouvoir en créer un fait social qui alimentera un grand nombre de réactions et qui ainsi dépassera toute dimension sportive.

Ainsi dans cette dernière partie, nous reviendrons sur deux cas qui montrent les stratégies télévisuelles qui peuvent être utilisées pour scénariser un fait social dans le milieu du football.

Dans une première sous partie, nous traiterons d’un mini documentaire revenant sur un match entre Marseille et Lyon en 2015. Puis, dans une deuxième sous partie, nous traiterons du scandale dont a fait part Zlatan Ibrahimovitch lors d’une phrase dite dans les couloirs d’un stade.

L’émission « J+1 »: un traitement télévisuel décalé

L’émission J+1 a été diffusée pour la première fois en 2013, sur la chaine de CANAL + sport. Diffusé le lundi à 22h50, cette émission revient avec un ton décalé et ironique sur la journée de championnat qui s’est déroulée le week end juste avant. Présenté par Stéphane Guy et Marina Lorenzo, cette émission reçoit tout les lundis un invité concerné par le milieu du football : des joueurs, des entraineurs, des dirigeants etc.

Le principe de cette émission n’est pas de traiter le football d’un point de vue uniquement sportif. En effet, un regard humoristique est apporté sur celui –ci. Ainsi Julien Cazare tout les lundis se sert d’images sur les terrains ou dans les « coulisses » en ajoutant sa voie pour rendre les scènes plus humoristiques. Ce passage est souvent apprécié et permet d’ajouter un ton humoristique et décalé sur le sport et sur les événements d’une journée de championnat.

Lors de la diffusion de l’émission, il se peut que certains extraits enregistrés par des caméras bien « placées », diffusent des phrases qui peuvent gênées ou qui n’avaient pas pour objectif d’être diffusées par la suite. Ainsi, cette émission peut parfois être le déclencheur de certaines controverses suite à des phrases dites par des dirigeants, des joueurs etc. Enfin, certains matchs plus attendus que d’autres lors du week end de championnat (ex : un derbis, un classico) font preuve d’un traitement plus spécifique. En effet, un retour sur la rencontre d’une durée de 7 mn est réalisé mais très souvent ce n’est pas la rencontre en elle-même qui est exposée mais généralement les «  à côtés ». Ce fait permet de confirmer que cette émission a la base consacrée au football s’éloigne de l’aspect sportif pour aller vers d’autres aspects plus sociaux.

Ainsi nous allons maintenant nous intéresser de plus près à l’une des rétrospectives faites sur une rencontre de Ligue 1.

J+1 : LE FILM DU DIMANCHE SOIR : MARSEILLE VS LYON

Contexte : Cette rencontre été attendue lors de cette journée de championnat de ligue 1. Malgré leurs places au classement peu prodigieuses à cette période, Lyon et Marseille reste deux grandes équipes du championnat français, et leur affrontement est toujours synonyme de tensions et d’attentes de la part des supporters (deux villes du Sud de la France, souvent proches au classement, avec des dirigeants souvent provocateurs etc). Pour ce match là, un autre fait intriguait d’avance l’ensemble des téléspectateurs et des journalistes : le retour de Mathieu Valbuena au Stade du Vélodrome. Ce joueur a été pendant 8 ans à Marseille et a été une figure emblématique du club. Pour la saison 2014-2015 il quitte le championnat français pour aller rejoindre le championnat de Russie, laissant une belle image dans le cœur des supporters. Cependant, il prend la décision un an après de revenir dans le championnat français : de la part des supporters cela est vue comme une trahison. En effet , le retour de ce joueur en France pour aller dans un autre club que celui de Marseille et de plus un club «  concurrent » est signe de maladresse et de trahison. Sur les réseaux sociaux, on s’échauffe déjà du retour de l’ancien marseillais dans ce stade. Les jours qui précèdent le match, l’interrogation n’est pas portée sur la qualité de la rencontre à venir, mais sur les conditions du retour de M.Valbuena. Les journalistes traitent la question et des provocations de la part des dirigeants du club commencent à échauffer les esprits et donc les supporters. L’ensemble de ce contexte permet de présager une rencontre sous le signe de la tension. Encore une fois, par le traitement médiatique et aussi les réseaux sociaux, l’aspect sportif n’est pas triomphant.

La rencontre sera à la hauteur des espérances : tensions, affrontement, décisions fortes d’arbitrages, interruption du match, provocations des dirigeants etc. Ainsi, l’émission J+1 a pu réaliser un vrai retour scénarisé sur la rencontre.

Analyse vidéo :

Cet extrait vidéo d’une durée de 9 minutes permet de revenir sur les temps fort de la rencontre. Dés le début de la vidéo, on observe différents éléments, différentes techniques qui vont permettent de rythmer la vidéo et de lui donner un aspect très scénarisé : temporalité, plan précis, musique de fond etc.

Ainsi, toute personne regardant cette vidéo est rapidement imprégnée mais pas seulement d’un point de vue footballistique. Nous pouvons imaginer qu’une personne peut attentive à ce sport, puisse être étonnée de la manière dont est retranscrite cette rencontre.

Ce mini film se concentre sur des éléments particuliers de la rencontre : comportements des supporters, sécurité dans le stade, réactions des directeurs des clubs, focus sur Mathieu Valbuena, interruptions du match et échanges dans les vestiaires. Sur les 9 minutes de la rencontre, nous devons avoir au total 1mn 30 consacrée au jeu (retour sur les buts et sur les principales actions).

Les différentes situations illustrant ces faits sont accompagnées d’une voix off et d’une musique permettant de scénariser cela. Quand un joueur attaque M.Valbuena par une faute, l’action est accompagnée d’une phrase : « Alessandrini s’emporte » et une musique de fond est lancée. Quand un penalty est sifflé, la caméra se concentre sur un joueur et la voix off cite «  il ne veut pas regarder ». Les phrases chocs des supporteurs sont retranscrites et il y a des « zoom »conséquents sur eux. Lorsque des projectiles sont envoyés, les caméras filment les réactions des joueurs et la aussi les phrases sont retranscrites. Tout est mis en œuvre pour donner un suspens à la rencontre et l’on comprend qu’un dénouement va se faire attendre. On ne se soucis alors pas du score. Des réactions sur twitter sont donnés durant le film, en particulier quand un joueur a twitté suite à un projectile qu’il avait reçu durant le match.

Les scènes dans les couloirs sont filmées permettant d’entendre les échanges entre les joueurs et les directeurs. Lorsque que le match est interrompu, toutes réactions mettant de « l’huile sur le feu » sont diffusées et les journalistes de canal + vont interviewer les dirigeants pendant l’accident. Des phrases chocs sont entendues «  ce n’est pas encore sécurisé »  dit l’arbitre aux joueurs de Lyon, et une vue d’ensemble des CRS est filmée. Le film se concentre en fin de match sur le jeu même avant de revenir ensuite sur un fait de la soirée : le conflit entre les deux présidents, ou chacun exprime au micro son mécontentement et se décharge de toutes responsabilités.

Ce mini film a permis de mettre en avant les conséquences qui ont intéressées les journalistes, les réseaux sociaux etc. En effet, les conflits et l’interruption du match ont permis de donner à cette soirée un suspens dépassant tout enjeu sportif. Ainsi pour les amoureux de ce sport, beaucoup ont déploré cette soirée et ce qu’on en a retenus, au contraire d’en avoir intéressé beaucoup au vue de ces différents scandales, si bien résumés par l’émission J+1.

Une phrase « volée » tourne au scandale

Le fait que nous allons aborder maintenant, a marqué un épisode important dans le football français l’année dernière lors de la fin de saison 2014/2015. Celui-ci concerne l’équipe du Paris Saint Germain et plus particulièrement sa vedette suédoise Zlatan Ibrahimovitch. Cet épisode a remis en cause plusieurs choses qui sont intéressantes en vues de notre sujet : place des caméras dans les couloirs des clubs, impact de la chaine Canal +, liberté d’expression aux joueurs, place des politiques etc. Ces différents ensembles ont la aussi montrés que le football a complètement dépassé sa sphère sportive et qu’il peut facilement amener aux scandales et à de vives réactions (journalistes, politiques, sur les réseaux sociaux etc).

Rappel des faits

Le match se déroule dans le stade des Girondins de Bordeaux. Après une qualification somptueuse du PSG quelques jours plutôt face à l’équipe anglaise de Chelsea (2-2 à 10 contre 11) en Ligue des Champions, Z.Ibrahimovitch a déjà été au cœur des controverses et des traitements médiatiques suite à son expulsion lors de ce match. Zlatan est alors considéré comme un joueur qui commence à décliner et à ne plus être indispensable pour l’équipe. Connaissant l’égo de ce joueur, ce fait est pris en considération pour expliquer aussi l’accident qui va se produire à la fin du match. Face à Bordeaux, le PSG s’incline 3-2 après un match difficile ou la fatigue de la champions league quelques jours plus tôt s’est faite ressentir. Cependant, une décision arbitrale divise, et Z.Ibrahimovitch va s’exprimer sur celle –ci à la fin du match en dehors des terrains. Lors de son retour vers le vestiaire avec ses coéquipiers et le staff du club, le joueur croise l’arbitre et s’exprime alors de manière virulente envers lui : «  Réveillez vous … j’ai jamais vu ça dans ma carrière, arbitre de merde dans ce pays de merde, la France ne mérite même pas le PSG ». La caméra de CANAL + est présente dans le couloir et film toute la scène.

A partir de cette vidéo, nous comprenons le traitement immédiat de la scène qu’a opéré canal + et ses équipes. En effet, le passage est tout de suite retranscris dans le CANAL FOOTBALL CLUB (émission retranscrite en clair) et les propos du joueur sont traduits. Sur le plateau, les réactions sont directes et le présentateur commence déjà à parler de conséquences concernant l’insulte qui a été faite envers le pays. La caméra présente dans le couloir à tout de suite permis de mettre en avant les propos du joueur, se focalisant principalement sur ce qui fera le buzz à savoir «  l’insulte sur la France « .

Des réactions virulentes

Dés le lendemain, voir le soir même, les réactions sont nombreuses et concerne divers pôles (politiques, sportifs, journalistique, dirigeants des autres clubs). L’image passe dans plusieurs émissions de télévisions (le petit journal, touche pas à mon poste etc) et le journal télévisé vient même aussi à s’y intéresser.

A partir de cet extrait du journal de France 2, nous pouvons facilement comprendre l’impact important qu’a procuré les paroles du joueur. En effet, nous voyons par exemple M. Le Pen intervenir sur celle-ci et s’en servir, pour pouvoir finement lançait une de ses grandes idées politiques «  la France soit tu l’aimes ou tu la quittes ».Les supporters du club sont la aussi interrogés par les médias, afin qu’ils puissent livrer un avis sur la situation. D’autres politiques réagissent sur les réseaux sociaux ainsi que l’ensemble des internautes qui ont provoqué une réaction de masse sur la question. Ainsi, nous sommes parties d’une phrase dite en dehors du terrain et bien après le coup de sifflet final, pour devenir « une véritable affaire » traitée par diverses personnalités et suscitant beaucoup de réactions.

Face à cet engouement et en vue de leur image très médiatique, le club et son joueur ont fournis rapidement des excuses afin de pouvoir « calmer » la situation. Beaucoup considéreront ses excuses comme forcées par les chargés de la communication du club qui tentent d’apaiser les tensions et les controverses autour de cette affaire.

CANAL + en danger ?

A partir de cette affaire, le joueur sera suspendu par la Ligue de football de 4 matchs en ligue 1. En effet, on considère que l’insulte envers l’arbitre n’est pas excusable. De plus, en vue des réactions politiques etc, il était difficile pour la LFP de ne pas sanctionner le joueur au risque de paraitre trop laxiste. Pendant la même période un joueur de l’OM avait aussi exprimé sa colère dans les couloirs et «  on s’est bien fait e****** » avait été entendu et la aussi canal + avait diffusé les images. Suite à cela, le joueur D.Payet avait eu 3 matchs de suspension aussi. Les deux clubs ont décidé alors de « boycotter » la chaine CANAL +, considérant que la chaine a abusée de son pouvoir et de l’usage de ses caméras. En effet, ils dénoncent le fait que ces scènes sont de l’ordre du privé puisqu’elles sont en dehors du terrain et qu’elles ne sont pas des images qui doivent être révélées au public et aux autres instances. Ainsi, à partir de ces affaires, la question des caméras dans les vestiaires et dans les couloirs a été remise en cause et donc l’usage numérique télévisuel dans le monde du football aussi. Durant quelques jours, aucun membre de ces deux clubs (joueurs, staff etc) n’avait le droit de répondre aux questions de CANAL +. Pour la chaine, cela été dangereux pour son traitement médiatique et pour ses audiences, bien qu’elle ne se soit à aucun moment portée coupable de leurs suspensions. Quelques jours plus tard, les suspensions des joueurs seront réduites d’un match et la communication avec CANAL + reprendra. Ces faits laisseront penser qu’un arrangement a été trouvé entre la chaine et la LFP pour apaiser les tensions.

Ainsi, cette affaire à tout de même remis en cause la place des médias dans le sport et une question importante s’est posée «  jusqu’à quel point les caméras peuvent-elles être présentes ? ». Bien que par la suite les tensions se soient apaisées, nous pouvons imaginer que d’autres scandales de ce genre peuvent vite ré apparaitre.

Conclusion

Ainsi, notre étude nous a permis de nous rendre compte d’une réalité où le numérique tient une place considérable dans la dimension footballistique.

A partir de nos différentes analyses, nous avons pu comprendre que la place du numérique pouvait être à la fois stratégique, nécessaire mais aussi, dans certains cas, handicapante.

Au niveau des supporters, le numérique interagit de manière bien présente entre les groupes et les clubs. En effet, à partir des réseaux sociaux et des nouvelles applications émergeantes ( telle que l’application Getafinger , permettant aux supporters présents au stade, de faire connaissance.) la dimension de supporter se « perd » et s’éloigne de l’aspect sportif. De plus ses réseaux sociaux sont de véritables plates-formes où s’affrontent les supporters et où se règlent des comptes.

Cependant, les réseaux sociaux et autres applications, permettent de renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe, c’est-à-dire le fait de développer une réelle identité au sein d’un groupe de supporters. A partir de ces réseaux sociaux et de la télévision, cette identité ne se développe pas uniquement par l’aspect géographique. De plus, les groupes peuvent ainsi préparer diverses animations par exemple avant les matchs (rendez-vous, banderoles etc.).

Enfin, tous ces nouveaux outils numériques permettent une proximité évidente entre club et supporters.

Du point de vue des clubs maintenant, une des limites à ces innovations de communication est le coût. C’est un véritable frein dès lors où le club ne fait pas parti des clubs les plus développés économiquement. Cependant, le coût n’est pas un réel obstacle, car si un club choisi d’être présent dans la sphère digitale, il le peut. Les réseaux sociaux n’engendrent aucun coût, juste du temps. Les dirigeants doivent donc accepter que le numérique prend une place de plus en plus conséquente dans le football et qu’il faut l’adopter pour suivre la concurrence des autres clubs.

Néanmoins, ces différents outils permettent aux clubs de pouvoir se doter d’une bonne image envers les supporters et au regard extérieur. De plus, quand le budget est conséquent, certains clubs peuvent se faire une place majeure à l’internationale.

Enfin, l’utilisation abusive des caméras ou le traitement stratégiques des réseaux sociaux – (ex : s’intéresser à une scène qui va faire «  buzzer ») peuvent la être la conséquence de nombreux scandales qui ont apportés une image négative à ce sport. Cependant, cela permet aussi de pouvoir amener un ton décalé et humoristique à ce sport, comme par exemple l’émission de Canal + J + 1.

Ainsi, pour conclure, nous pouvons comprendre que la place du numérique dans le football est en plein essor, et que ce sport va évoluer avec les nouvelles applications qui concernent ces outils numérique. Le football est toujours présent, mais il sera dorénavant accompagné d’un traitement médiatique qui s’articule autour de ces questions numériques.

Références Bibliographiques

 

  • Lestrelin Ludovic, Basson Jean-Charles, « Les territoires du football : l’espace des « supporters à distance ». », L’Espace géographique 4/2009 (Vol. 38) , p. 345-358
  • Lestrelin Ludovic, Basson Jean‑Charles, Helleu Boris, « Sur la route du stade. Mobilisations des supporters de football. », Sociologie 3/2013 (Vol. 4) , p. 291-315
  • Aupetit Samuel, « Influence du lieu de la rencontre sur la performance sportive (match à domicile ou à l’extérieur) : une analyse critique. », Movement & Sport Sciences 3/2008 (n° 65) , p. 9-34
  • Dietschy Paul, « Une passion urbaine : football et identités dans la première moitié du vingtième siècle. . L’exemple de Turin et de l’Italie», Histoire urbaine 1/2001 (n° 3) , p. 133-148

Sites internet :

  • Facebook (Pages officielles du PSG, de l’EAG de l’OM et du FC Nantes)

 

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