Internet et rap français : Comment le rap est devenu le genre musicale le plus écouté en France ?

Rédigé par Nadji Eddie et Grandin Elias

Introduction:

Entre controverse et préjugés , le rap est un sujet qui fait parler au sein de notre société. Ce courant de musique urbaine est réputé , connu et reconnu pour ces musiques à caractère très sexuel , des textes qui incitent à la violence et à la rébellion , de fortes prises de position sur des sujets socio-politiques dit sensibles et tabous. Il est victime des mêmes controverses que le rock lors de son émergence sur la scène musicale populaire et , tout comme le rock, il est beaucoup moins connu pour son coté festif ainsi que son engagement envers certaines causes , son militantisme argumenté et souvent raisonné , et son message de paix beaucoup, plus souvent mis en avant par les rappeurs que les incitations à la violence et la haine pour lesquelles il était catalogué.

Le rap comme genre musical à part entière à vu le jour dans les quartiers défavorisés au sein de la communauté afro américaine et hispanique présente aux états unis dans les Années 70 . C’est une forme d’expression vocale en rythme ( r.a.p sont les initiales de rythm and poetery). Il est un des cinq piliers du mouvement culturel et musical baptisé Hip Hop (au coté du DJing du break dancing du graffiti et du beat boxing).Cette forme de culture urbaine va connaitre une forte expansion aux USA et connaitre une popularité de plus en plus grande tout au long des années 80 avant de ce normaliser et de ce standardiser dans les années 90.

C’est au cours de son expansion ,dans les années 80 ,que le Rap arrive en France. Ce genre musical s’est développé  avec l’éclosion de groupes de rap comme IAM et Suprême NTM, ou de rappeurs comme MC Solaar. Tout en restant continuellement inspiré par les rappeurs d’outre-Atlantique, le rap français a pu se forger son identité, variant entre revendications sociopolitiques, messages positifs ou festifs. Ce courant resta marginalisé durant près de 15 ans , malgré quelques tentatives d’appropriation et de mise en avant de la part des médias ne connaissant par conséquent qu’un très faible succès commercial.

Cependant force est de constater que cette marginalisation et cette maigre reconnaissance sur le plan commercial ne sont plus du tout d’actualités lorsque l’on observe le monde de la musique aujourd’hui. En France, en 2015 et en 2016 le rap est le genre musical ayant le plus vendu d’albums. En effet dans le top 10 des artistes ayant vendu le plus d’albums (matériel et digital) les cinq premières places sont trustées par des artistes Français issus de la scène rap.

Ce succès important et croissant est la conséquence direct de la montée en puissance du numérique et de l’internet et, plus généralement de la digitalisation .  La digitalisation est un terme désignant un phénomène lié aux nouveaux usages des consommateurs, qui consiste en un passage du support matériel au support digital. Dans le cas présent on parle de la conversion d’informations, de piste audio ou vidéo , de texte ou d’un signal électrique en données informatiques que des dispositifs d’informatique ou d’électronique numérique pourrait traiter.

En effet d’un point de vue historique le courant du rap français et le monde numérique et principalement l’internet ont en commun leurs années d’arrivée et d’expansion et ont donc ,par conséquent ,marquer dans un premier temps la culture et le mode de vide d’une même génération avant de coexister au sein des générations suivantes(digitales natives).

A travers ce dossier nous allons donc donc essayer d’expliquer , d’analyser et de relater du mieux possible de quelle manière le monde numérique et plus particulièrement Internet ont été les terrains privilégiés de l’expansion du rap Français et que le lien entre rap et internet est très fort et très puissant .Pour ce faire nous nous sommes appuyés sur des recherches bibliographiques conséquentes , des observations empiriques ainsi que sur le résultat d’un bref questionnaire concernant le lien qu’on les auditeurs potentiels avec ce genre musical.

Nous allons donc voir comment nous sommes passer des années 80 à aujourd’hui de l’avènement d’une sous culture urbaine populaire au genre musical le plus écouter en France et analyser, expliquer et relater l’impact qu’a eu l’ère numérique sur cette expansion insoupçonnable il fut un temps.

1- De l’avènement d’une sous culture urbaine populaire au genre musical le plus écouter en France

-L’arrivée et la popularisation du rap en France

Le premier média à avoir diffusé et permis la popularisation en France de la culture du rap est Radio Nova, une radio pirate parisienne créée en 1980. Celle-ci diffusait de nouvelles musiques. Il y a aussi eu Radio7 qui diffusait des émissions hebdomadaires sur le rap. C’est dans cette émission que le premier titre rap à renommée mondiale du groupe Sugarhill Gang fut diffusé en sepetmbre 1979. L’émission de radio diffusait les dernières nouveautés de rap provenant des Etats-Unis. C’est l’animateur Patrick Duteil, aussi appelé Sydney, qui organisait ces émissions.

Contrairement aux Etats-Unis où le rap était une pratique particulièrement urbaine qui s’est diffusée plus tard dans les médias, en France le chemin s’est fait de manière inverse. Le rap s’est fait connaître par les médias, puis s’est ensuite répandu dans les banlieues et les quartiers défavorisés.

C’est en 1984 que pour La première fois du rap est diffusé à la télévision française, sur la chaine TF1. Il s’agit de l‘émission H.I.P. H.O.P. présentée par Sydney. Cette émission va populariser la culture du rap et du hip-hop durant un an. Lorsque cette émission cessera d’être diffusée, le rap va être aperçu comme un phénomène de mode en déclin.

Néanmoins pendant les années 1980, différents artistes n’ayant aucun lien avec la culture rap vont intégrer des parties de rap dans leurs musiques. En dehors des médias, le rap avait tout de même émergé. La scène du rap parisien était de plus en plus grande avec l’apparition des « sessions open-mic » les après-midi au Bataclan de 1982 à 1983. De nombreux évènements sont organisés dans le milieu des années 1980 pour permettre aux rappeurs de se rencontrer et ensuite de se faire connaître médiatiquement.

De 1988 à 1990, Radio Nova décide de diffuser une émission entière consacrée au rap. L’émission nommée « Le Deenastyle » sera animée par le rappeur Lionel.D. Cette émission permettait à des individus de pouvoir réaliser des « freestyle ». Le freestyle correspond à un texte posé en direct a capella ou en musique, il sert souvent de carte de visite, et peut être effectué en groupe. C’est dans cette émission que des artistes tels que MC Solaar, Passi, ou encore Suprême NTM vont se faire connaître. Les émissions étaient enregistrées sur des cassettes pour pouvoir être partagées à d’autres endroits que Paris; Marseille, Lausanne ou encore Strasbourg. C’est à Marseille en 1988 que le groupe IAM voit le jour. Cette émission permettait de toucher d’autres régions que la seule région parisienne.

C’est en 1990 que les artistes produisant des albums vont réellement se réclamer rappeur. Dans ce début de période, une dizaine d’albums francophones paraissent. MC Solar est le plus connu du public, il va permettre au rap de se crédibiliser et de s’affirmer par rapport aux médias. Avec le nombre d’albums vendus à cette période, les médias ne peuvent plus considérer le rap comme un phénomène en déclin. Certains rappeurs vont même jusqu’à remporter des Victoires de la musique. De nombreuses radios vont ainsi apparaître avec le désir de diffuser du rap et d’en faire découvrir la culture.

-Les débuts de la médiatisation du rap

La radio la plus connue est Skyrock, auparavant appelée La voix du lézard.En 1985 le dirigeant Pierre Bellanger, ayant pour objectif de rivaliser avec la radio NRJ, crée un réseau national pour les jeunes. Skyrock va rapidement ouvrir des fréquences un peu partout en France: Lyon, Grenoble ou encore Strasbourg, il s’agit d’un réseau franchisé suivi par d’autres stations locales. La radio Skyrock va tenter de se démarquer en étant une radio décalée par la mise en place d’animateurs à fortes personnalités qui ont une entière liberté concernant la programmation. Au lancement de la radio Skyrock en 1985, celle-ci diffusait surtout de la musique « dance, pop, rock et contemporaine » . Mais en 1996, les jeunes ne sont plus les mêmes qu’en 1986. L’objectif de Skyrock est de conserver les jeunes de 15-25 ans. Elle va vouloir plaire à la nouvelle génération de jeunes même si pour cela, elle perdra un certain nombre d’auditeurs datant de la première époque de la radio. Les anciens auditeurs vont être relégués sur des stations fm tels que RFM, Europe 2 et RTL 2. La radio Skyock se rend compte qu’elle doit proposer des alternatives par rapport aux programmes des autres radios. Les radios ont l’obligation de diffuser 40% de chanson française. C’est un point faible pour Skyrock, car ils veulent diffuser le genre musical qui plaît aux jeunes : le rap américain. Skyrock va alors miser sur le Rap et Hip hop français qui demeurent peu joués par les radios. En 2002, le slogan de Skyock devient « premier sur le rap ».

Skyrock est l’une des premières radios à diffuser majoritairement du rap mais ce n’est pas la seule. Générations est aussi une radio spécialisée dans la culture rap, mais celle-ci apparaît plus tard. Néanmoins, elle reste importante pour montrer de quelles manières le rap s’est diffusé en Ile-de-France. C’est au début des années 1990 dans un hôpital Gériatrique que l’ancêtre de Générations est crée par René Laforestrie, docteur en psychologie. Elle émettait dans le département du Val-de-Marne. L’objectif était de faire parler les personnes âgées, mais aussi d’accueillir les jeunes. Ces jeunes sont ensuite devenus des icônes de la radio Générations actuelle. Le souhait de Générations était au-delà de la musique. Elle avait surtout pour objectif de partager sa passion, de relever des défis et de communiquer son plaisir pour tout le monde que ce soit les auditeurs, les animateurs et les artistes. Après que les premières radios aient fait connaitre la culture du rap / hip hop et différents artistes aux auditeurs, Générations a décidé de les accompagner, c’est à dire de les promouvoir. C’est en 1993 que DJ Bronco se lance sur la radio locale de Générations, avec des musiques ayant des rythmes de Funk. Les années 1990 sont importantes pour le rap, c’est dans ce contexte là que les « combattants du rap » vont diffuser tous les jeudis à 19h du new jack (un genre de musique alliant rap et r&b). Des frappeurs étaient invités pour participer aux émissions et pouvoir réaliser des prestations. C’est en 2004 que Générations fusionne avec Paris Jazz et obtient l’autorisation du CSA pour devenir une station locale et commerciale. Le coté Jazz va être abandonné au fur et à mesure pour laisser entièrement la place au rap. Ils vont diffuser ce qui s’appelle le « hip-hop don’t stop ». Cela signifie que du rap et seulement du rap sera diffusé en continue, jour et nuit .

Les radios ne se limitent pas à une diffusion via leurs bandes fm, chaque station va créer son site. Pour Skyrock, cela va se diviser en deux sites. Le premier, skyrock.com, correspond à un format de blog, avec des articles ne concernant pas que le rap. Skyrock va proposer les différents blogs stars et permettre à leur communauté de chatter. Le deuxième site, skyrock.fm, va se concentrer sur le rap avec la mise en avant des programmes. De plus, il y a quelques actualités concernant les stars du rap ou r&b ainsi que la possibilité d’écouter la radio à partir du site.

La deuxième radio rap, Générations, quant à elle, va réellement se concentrer sur l’actualité du rap en proposant des articles spécialisés sur ce sujet. Générations va proposer de regarder les dernières sorties de clip ou de musiques. Par rapport au site de skyrock.fm, Générations propose une multitude d’écoute en ligne. L’écoute de la bande fm de Générations sera possible, mais a coté de cela, Générations va proposer différentes Webradio spécialisées accessibles sur le site. Il va y avoir, Générations Rap Us, Générations Rap Fr, Générations année 90 et bien d’autres. Le fait de pouvoir écouter différentes webradio spécialisées va permettre aux radios de diffuser de nombreux genres musicaux, ainsi les auditeurs vont avoir un accès plus développé à cette culture du rap. De cette façon Générations va intégrer un panel plus large à ses programmations et réaliser une expansion de la découverte de la culture du rap en France. En utilisant les web radios ou bien l’écoute de la radio en ligne, les radios vont dépasser les limites de la France métropolitaine. Les DOM TOM vont pouvoir eux aussi accueillir ces radios et profiter de leur contenu.

C’est en 2005 qu’internet s’empare réellement du rap français avec la création du site Booska-p. Ce site est créé par trois personnes, Alexis, Fif et Amadou, tous les trois sont des passionnés de la culture du rap et de l’informatique. Leur objectif de départ était de réaliser un DVD contentant des court-métrages, des contenus vidéo obtenus durant des tournages de clips ou bien de freestyles joués dans les radios. Mais avec l’arrivé d’internet les trois hommes ont décidé de se tourner vers le web, car ce média permettrait une meilleure diffusion de leurs contenus. Dans l’ouvrage de Laurent Bouneau « Le rap est la musique préférée des Français » Tif dit qu’ « Avec Booska-P, nous voulions apporter un vrai plus au rap français. Il y avait Skyrock la radio qui cartonnait, il y avait des magazines spécialisés, mais sur le Net on trouvait peu de chose. » Le nom de Booska-P a été pris pour faire un lien avec un personnage provenant du film brésilien « La cité de Dieu » réalisé par Fernando Meirelles et Katia Lund. Le personnage s’appelait Buscapé, un enfant des Favelas de Rio, qui va devenir journaliste et pouvoir rapporter des photos de ceux qui dirigent ces Favelas. Les créateurs de Booska-P ont choisi ce nom, car ils vont partir à la rencontre des rappeurs français pour réaliser leurs articles, leurs interviews et diffuser leur contenu sur leur site.

Avec un début d’audience faible, le site Booska-P semble néanmoins plaire aux internautes qui viennent pour découvrir des clips inédits de rappeurs français peu connus a à la télévision. Le site Booska-P va surtout être utilisé par les personnes qui s’intéressent un minimum au rap. Il ne va pas commencer par toucher le grand public. Le site va intéresser les amateurs de rap français. En 2006, la mise en ligne exclusive sur le site du clip « La Boulette » de Diam’s provenant de son album Dans Ma Bulle créée un buzz. Le site va réaliser une audience record qui va faire surchauffer les serveurs.

Booska-P va bénéficier d’une mise en avant grâce à ses exclusivités ainsi que par le bouche à oreille. Les audiences augmentent grâce aux exclusivités de rappeurs, et Booska-P devient au fur et à mesure un média de rap important. Ce site va lancer des artistes peu connus dans le monde du rap et leur permettre de se faire une place. C’est notamment le cas avec le groupe Sexion d’Assault qui sera diffusé pour la première fois sur Booska-P avant de se faire connaitre par le grand public. Tous les rappeurs sont venus faire la promotion de leurs projets, de leur album sur le site de Booska-P. Le slogan de Booska-P est « Le Site N° 1 du Rap Français ».

En 2007 boska-p.com fait son entrée dans le classement MédiamétrieE-Stat. Selon ce classement, qui mesure l’audience de la télé, la radio, d’internet et du cinéma, Booska-P réalise plus de 730 000 visites pour le mois de mai. C’est en janvier 2008 que le site Booska-P atteint les 1 millions de visites et en décembre de cette même année, les 1,5 millions de vues. Le nombre de visites est en constante augmentation. Avec ces chiffres, il est facile de constater que grâce à ce site la diffusion de la culture rap se fait plus fortement. Les gens disposent d’un meilleur accès au rap, car même si cette musique n’est pas diffusée à la télévision et sur peu de stations radio, le site Booska-P met en avant tout le contenu possible concernant la culture rap. Lors d’un sondage de fin d’année, les magazines RAP/Rn’b et le Rap Mag décident d’élire le site boska-p.com comme le « Site internet 2007 de référence en termes de contenu ». Entre les sites internet, les radios diffusant du rap ou bien les magazines spécialisés dans le rap, aucun ne se considère rival. Ils se voient plutôt comme complémentaires les uns des autres.

Nous avons vu précédemment que la culture du rap avait fait une première apparition dans une émission sur TF1, mais que celle-ci n’avait durée qu’une année seulement. La culture musicale du rap reste peu présente à la télévision. Par moment, des émissions musicales vont permettre aux artistes de se promouvoir. Prenons l’exemple du groupe Suprême NTM qui avait fait une apparition en 1990 dans l’émission Mon Zénith à moi sur Canal +. La diffusion à la télévision va toucher un plus grand nombre de personne d’un coup, mais cette diffusion restera plus rare et moins répétée que sur internet. Des chaines musicales voient le jour, c’est sur celle-ci que le rap aura le plus de chance de se diffuser. Des chaînes comme MTV (Music télévision) ou encore Trace TV vont diffuser beaucoup de musiques de rap. Ces chaînes vont se spécialiser dans cette culture et en permettre une diffusion importante. De nombreux programmes télévisuels seront aussi exhaustifs que les sites internet. De plus, il n’est pas rare de voir des collaborations entre les chaines comme Trace TV et le site Booska-P pour permettre aux téléspectateurs de suivre un classement de musiques puis d’en retrouver les clips sur internet. Au-delà de chaînes spécialisées dans la culture hip-hop, d’autres chaînes musicales diffusaient du rap, mais pour celles-ci cela est plus flou. Les chaînes musicales généralistes vont diffuser du rap dit « commercial » et laisser le reste de coté. On peut donc voir que le rap a une marge de croissance plus élevée sur internet avec le déploiement de nombreux de sites traitant du rap tandis que la télévision ne va proposer que quelques chaînes spécialisées dans la culture du rap.

-Le rap a l’ère du Web 2.0

Pour une meilleure diffusion, il est donc préférable d’utiliser internet, car les usagers disposeront d’une diffusion musicale plus conséquente. À ce moment là, le commerce musical en ligne débute, mais les maisons de disques vont être réticente à diffuser leurs musiques en lignes, de plus le format et le prix du fichier vont poser des problèmes.

Les refus des maisons de disques de partager leurs catalogues peuvent venir de la peur que les fichiers distribués soient par la suite piratés et diffusés illégalement. Pour les rassurer, les producteurs vont chercher à améliorer la protection des fichiers afin d’éviter toute diffusion et téléchargement illégal.

Cependant, les maisons de disques commencent tout de même à partager leurs catalogues avec virginmega.fr après deux ans de négociations. Les deux premières maisons de disques ayant signé avec cette entreprise leur accordent un équivalent de 30 CD, soit 350 titres. Puis, petit à petit, VirginMega signe avec d’autres majors, et le nombre de titres proposés au téléchargement ne fait qu’augmenter. Malgré un partage plus important des catalogues, certains catalogues distribués en ligne restent parsemés de « trous »

Le partage des catalogues n’a donc été autorisé que si la musique en ligne était sécurisée et contrôlée. De plus, les maisons de disques ont tout de même imposé quelques restrictions au niveau du format du fichier, les DRM (système technique de protection, Digital Rights Management). Par exemple, le nombre de gravures sur CD peut être limité, ainsi que le transfère du fichier sur MP3.

L’ensemble des services étant contre le mp3, format de diffusion standard, de nouveaux formats DRM sont apparus : WMA (Microsoft), Attrac3 (Sony) et AAC (Apple). Ces problèmes de compatibilités ont posé des problèmes sur le marché de la musique en ligne. C’est pourquoi en 2005 et 2006 s’est mis en place un assouplissement des maisons de disques sur les DRM.

Concernant les prix au tout départ, ceux des musiques en ligne sont identiques au prix des disques. Cependant, l’arrivée des industries informatiques dans ce marché, notamment l’arrivée d’Apple, a modifié la détermination des prix. Apple va proposer des prix très bas : « 0,99 euros, la chanson, 9,99 euros, l’album ». Il se place en dessous des prix du marché. Cela pose problème aux autres entreprises qui, si elles veulent vendre leurs morceaux, doivent s’aligner sur ces prix. Cet alignement ne leur permet pas de marges bénéficiaires. D’après Beuscart, le prix du fichier musical reflète les arrangements et les conflits entre les acteurs présents sur le marché.

L’écoute de titres à l’unité est beaucoup plus important qu’auparavant. Les individus peuvent, s’ils le souhaitent, télécharger seulement un titre d’un album contrairement au CD où l’achat est intégral. Ce phénomène va déranger certains artistes et provoquer quelques tensions.

Puis, s’est mis en place une autre forme du prix du fichier musical par certains opérateurs tels que Yahoo! ou Napster2 : les consommateurs vont payer un abonnement pour écouter ce qu’ils veulent, « musique illimitée ». Si le consommateur veut télécharger ou graver un album, il devra payer un coût supplémentaire. De cette manière, les opérateurs pourront augmenter leurs marges bénéficiaires.

Du côté des amateurs, une industrie musicale libre va émerger ce qui leur permettra de faire leur promotion. En 2000, différentes licences sont créées telles que la Licence Art Libre, Creative Commons, LAL, afin que les artistes aient une plus grande liberté sur le contrôle de leurs œuvres. Par exemple, ils peuvent interdire toute utilisation commerciale de leurs morceaux s’ils n’ont pas donné leur accord au préalable. Ces licences sont généralement utilisées par de nombreux artistes de tout genre musicaux.

La musique libre permet la diffusion des titres, ainsi que la promotion de ces derniers, sur Internet. C’est ce que montre l’exemple de Beuscart sur le service Jamendo. Sur ce site, l’internaute peut écouter ou encore télécharger l’album qu’il souhaite. De plus, sur ce site l’artiste a sa propre page où il peut se présenter lui ainsi que son travail, ou encore les dates de concert qu’il fait. En plus de cette promotion, l’artiste peut bénéficier de dons de la part des auditeurs. Il y a une sorte de dons contre dons : l’internaute peut télécharger l’album de l’artiste et en retour l’artiste peut recevoir des dons pour ce qu’il fait. Suite à la réussite de ce site, d’autres seront crées, ainsi que des blogs spécialisés dans la promotion d’artistes.

C’est en 2003 que le site Myspace va prendre vie. Il s’agit d’un réseau social qui permet aux membres de créer un espace personnalisé dans lequel les membres vont y mettre différentes informations personnelles. Myspace est surtout connu car il va héberger de nombreuses pages internet d’artistes musicaux ou encore de Djs qui publieront leurs compostions musicales. C’est le cas de nombreux rappeurs qui se sont fait connaître de cette manière. Prenons l’exemple du rappeur Orelsan. Celui-ci écrivait ses textes durant son travail de gardien de nuit dans un hôtel. Il va commencer en publiant une vidéo sur YouTube en y mettant le lien de son compte Myspace. Orelsan, à ses débuts, écrit des paroles relativement provoquantes. Les internautes vont, de ce fait, aller le suivre sur sa page Myspace. Le jeune rappeur publiait régulièrement de nouveaux morceaux sur sa page. C’est grâce à sa page Myspace que le label 3ème bureau va le remarquer et lui proposer de produire son album en collaboration avec le label 7th Magnitude. À l’aide de sa page Myspace Orelsan a pu se faire connaître et bénéficier d’une plus forte médiatisation. Finalement, Myspace devient victime de son succès, car il ne se trouve entre un réseau social et un site de streaming. Le fait de s’auto-promouvoir est important dans le monde de la musique, mais les artistes vont pouvoir utiliser le réseau social Facebook pour le faire. Mais en quittant Myspace, les artistes ne vont plus disposer de site où publier leurs compositions officieusement. De nombreux sites de streaming vont donc se développer pour compenser le manque de Myspace. Le site Reverbnation va proposer un grand panel de services aux musiciens soucieux de se faire connaitre sur le web comme la prise en charge de leur distribution digitale auprès des leaders du streaming musical. Parmi ces mastodontes, certains, comme le suédois Spotify, intègrent à leur catalogue les productions des musiciens indépendants, préalablement sélectionnés par des sociétés intermédiaires.

De manière différente, le site Soundcloud, une plateforme de distribution audio en ligne, va permettre à tous les internautes de publier un morceau de musique, sans que celui-ci soit un professionnel. Avec ses 150 millions d’utilisateurs enregistrés, Soundcloud est devenu le nouveau leader en matière de plateforme pour des artistes qui tentent de percer sur la scène musicale, là où ses concurrents, Deezer et Spotify, proposent une écoute d’artistes en majorité confirmés et labellisés. Soundcloud parait être le nouveau Myspace, son successeur. De plus, Soundcloud a publié une infographie résumant les tendances d’écoutes de 2016. Nous constatons que le rap est largement devant, et cela, en raison de la publication par les artistes de rap de leurs mixtapes. Une mixtape correspond à une compilation de plusieurs morceaux d’un même artiste. En général les mixtapes sont gratuites et sont réalisées en début de carrière pour se faire connaître, ou bien s’intercalent entre deux albums pour faire patienter les fans.

2-  La révolution de la musique numérique , principal facteur de l’expansion du rap

-Youtube média subversif

Après les Skyblog Myspace Soundcloud et autres plateformes similaires ,Youtube et les réseaux sociaux ont été le théâtre de cette relation plus que profitable entre rap français et le web 2.0.

You tube est un site permettant d’héberger gratuitement des vidéos de manière à les diffuser aux internautes.You tube compte 24 millions de français actifs. Dans le rap la culture du clip a toujours existé, ces clips dans les années 2000, étaient visionnés sur les chaines spécialisées alors qu’aujourd’hui la tendance à changer et la majorité des clips sont visionnés sur you tube.Le clip vidéo est une production vidéo et audio représentant l’imagerie d’une chanson, elles ont été crées comme dispositif marketing dans les années 80 pour valoriser les ventes des artistes.Par ce procédé ,les artistes interprètent un univers visuel et cognitif qui va apporter un esthétisme supplémentaire au titre de la chanson. Les résultats de nos questionnaires sont unanimes : La majorités des interrogés, qui ce déclarent auditeurs de rap de manière assez fréquente (écoute quotidienne) regardent les derniers clips de rap français sortis sur la plateforme You tube. Avant le web 2.0 réaliser un clip était d’une grande difficulté, cela demandait beaucoup de temps et d’investissement et c’était difficile à produire, alors qu’aujourd’hui avec le matériel numérique plus facilement disponible ,la tache est beaucoup plus facile .De plus , reflétant la généralisation du phénomène social du « do it yourself » et de la popularisation des homes studios, le home clip a amplement bénéficié de l’avènement des nouvelles technologies en diminuant considérablement le cout de revient d’un clip.

Impact économique concernant autant les artistes indépendants que les producteurs des majors de musique. Karim THIAM directeur de production chez Sony-bmg Music France depuis 2005 déclarait lors d’une interview « Aujourd’hui les artistes ne peuvent plus sortir un titre de musique sans faire un clip avec. On découvre la musique par le clip. Avant ,pour faire un clip, il te fallait 500 000 francs, soit 80 000 euros, ce n’était pas le même rapport ». Aujourd’hui, le cout d’un clip s’étire pour un artiste entre 0 et 2000 euros en moyenne et permet aux artistes d’arriver rapidement à un résultat de clip de qualité.

En effet les « digitales natives »attribuent une grand place au culte de soi sur les réseaux sociaux. Cette confrontation perpétuelle à soi et aux autres a développé une certain savoir faire naturel chez cette génération dans la maîtrise de leur image publique. Les artistes émergeants conçoivent très rapidement leur positionnement et communiquent autour de leur musique par des représentations visuelles et diverses atmosphères. L’esthétisme dans le Hip Hop a toujours eu une place importante , que ce soit dans le lyrisme prôné par les rappeurs , les graffitis ou la break dance.Le clip devenu accessible à tous ,rentre instinctivement dans le jeu de la compétition entre rappeurs. L’affrontement s’effectue sur l’engagement d’une video : le nombre de vues , le nombre de partage et les retombées médiatiques sont appréciés comme de réels indicateurs de performance surtout depuis le premier février 2016, date à partir de laquelle la SNEP ( syndicat nationale de l’édition phonographique ) a pris en compte les vues youtube dans les certifications de disques d’or et de platine. (1500 vues = un album vendu pour l’artiste en question.)

Le post d’un nouveau clip est un évènement pour un artiste rap, et il est souvent annoncer à l’avance et devient très vit un outil très efficace dans le succès d’un titre. La partie « buzz » internet devient ici très avantageuse pour les artistes, elle leur permet de promouvoir efficacement leurs projets artistiques.Une étude datant de 2012 effectuée par next be sound s’intéressait à connaitre la corrélation entre la vente de singles, les données des plateformes de réseaux sociaux et les passages en radio.L’étude observait qu’il existait un fort lien de causalité entre le succès commercial d’un single et le nombre de vues sur ses vidéos Youtube.

Youtube permet donc aux artistes de « percer » dans le milieu du rap français en leur offrant une exposition conséquente et une possibilité de reconnaissance rapide ainsi qu’un accès bien plus facile aux maisons de disques, elles mêmes de plus en plus en plus à la recherche d’artistes rap à produire tant ce genre musical caracolent en tête des ventes en France ce que nous verrons plus tard. Il est donc possible de définir la plateforme Youtube comme un média développant sa propre audience et son propre système de régie publicitaire, mais également et surtout comme un distributeur équivalent à des enseignes culturelles comme la Fnac car le compteur de vue est monnayable, il suffit de diviser le nombre de vues par 1000 et vous obtenez l’équivalent en argent donc l’enjeu de faire un bon clip devient vite un enjeu très important pour les artistes.

Youtube offre la possibilité aux artistes de cultiver leurs univers visuels et donc de générer un réel business autour de leur image.C’est devenu un média similaire à une chaine de télévision, transformant nos modes de consommations d’écoute de musique en réel divertissement. Son algorithme de suggestion de contenu similaire pourrait s’affirmer comme une possibilité supplémentaire pour les artistes d’obtenir et de conquérir une nouvelle audience, mais finalement il propose seulement des vidéos similaires représentant les meilleurs cotations de vues, donc la popularité prime sur le projet artistique. Les mêmes artistes tournent donc en boucle de manière similaire à une playlist radio. Tout comme You tube les réseaux sociaux ont eu un impact notable sur la visibilité et la promotion des rappeurs.

-Une présence sur les réseaux nécessaires pour exister ?

Les phénomènes de buzz sur internet ne seraient rien sans une communauté massive et croisante de fans pour relayer et partagés les post des artistes ( messages destinés aux fans, annonce d’un clip ou d’un évènement etc ) qui permettent l’engouement auprès des fans. Les interactions avec son public sont alors nécessaires pour instaurer une visibilité et une fidélité durable.

Ce suivi et cette connexion entre artiste et fan sont liés au développement de la téléphonie mobile et à notre rapport à la connectivité. Les individus sont connectés à internet en tout temps, sans contraintes de lieux ni de terminaux fixes. Ainsi l’animation d’une communauté résulte dans la manière d’interagir avec son public. Pour ce faire les artiste de rap vont se créer des avatars qu’ils adapterons et feront évoluer au fil de leur carrière. Chaque réseau social à sa propre culture et ces propres fonctionnalités se rejoignant souvent sur des outils similaires comme le partage de vidéos ou de message post. Facebook par exemple est un réseau social en ligne qui permet à ses utilisateurs de publier des images, des photos, des vidéos des fichiers et documents, s’échanger des messages joindre et créer des groupes. Facebook compte 31 millions de Français actifs.

Instagram y contribue également, c’est une application et un service de partage de photos et de vidéos disponibles sur plateformes mobile.Instagram compte 10 millions de Français actifs. Il y a également Twitter et Snapchat. Twitter est un outil de microblogage qui permet à un utilisateur d’envoyer gratuitement de brefs messages, appelés tweets, sur internet.Ces messages sont limités à 140 caractères. Twitter compte 12,8 millions de français actifs. Pour finir il y a Snapchat qui est une application permettant de discuter avec ses contacts sous forme de photos ou de discussions instantanées visible une fois avec un temps limité.Snapchat compte 10 millions de français actifs.

Les échanges crées entre l’artiste et son public sur les réseaux sociaux résultent de trois différents types de communications : la communication informative, la communication de divertissement et la communication d’acculturation. La communication informative définit l’artiste comme son propre média qui partage sa propre actualité autour de son actualité artistique.Il utilise donc les fonctionnalités dont il dispose pour la diffuser massivement et directement à son public .Son actualité va de la sortie d’un nouvel opus à l’annonce d’un nouveau clip en passant par l’annonce d’une tournée etc etc.Pour créer de l’engament et une attente palpable , l’artiste créé un rendez vous en les annonçant plusieurs heures, jours ou semaines à l’avance .Cette technique vise à aiguiser la curiosité des fans et contribue à augmenter l’attention portée au message final, à sa mémorisation et à son partage intensif, on appelle sa la technique du teasing.

Néanmoins, un contenu uniquement orienté vers de la promotion ne suffit pas à instaurer une relation durable avec son public virtuel. Pour nourrir et entretenir cette relation, il est nécessaire de faire un appel au don qui ne soit pas forcément lié à la consommation. C’est pour cela que plusieurs artistes font maintenant appel à leur communauté de fan pour participer à leur création artistique. Ils proposent des instrumentales des lyrics et laisse la possibilité à leur public de choisir parmi celles qui leurs sembles le plus qualitatives, déployant une relation de collaboration qui s’oppose à la relation de pure consommation. Cette approche permet à l’artiste de partager du contenu dynamique, évolutif et divertissant pour l’internaute. De ce fait, l’artiste doit être en permanence dans la relation d’échange et la création de contenu inédit et appliquer également une communication d’acculturation. Cette communication a pour objectif de créer un engament fort et de transmettre à son public des valeurs et un style de vie qu’il se réappropiera par la suite. Certains artistes, dans leur texte de rap ou dans la communication sur les réseaux sociaux vont utiliser des gimmicks, des phrases , des mots qui vont ressortir du lot et qui vont être facilement mémorables et assimilables par l’auditeur qui va ensuite pouvoir les réutiliser dans son langage courant et sur les réseaux sociaux. Les artistes saisissent de mieux en mieux le langage des internautes et peuvent donc par conséquent instauré une relation presque intime avec eux. Les réseaux lieux de diffusion et outils de promotion efficaces, deviennent des espaces médiatiques fondamentaux dans l’ascension d’un artiste. L’internaute participe donc et interagit avec son réseau et son environnement. La création de contenu inédit et exclusif par l’artiste rap permet de capter l’attention de son auditeur ; plus ce dernier se sentira privilégié, plus sa relation avec l’artiste sera forte. Il s’agit ici d’établir une communication directe, par exemple partager des moments de vie, proposer de vivre des enregistrement studios, demander un avis et faire participer ces fans à son processus créatif. Cependant l’aspect communication sur les réseaux est devenu tellement important pour les rappeurs français que certains par peur de faire une erreur pouvant fuir à leur image préfère déléguer cette tache à des professionnels de la communication qui donc s’en chargent à leur place.

-Entreprenariat numérique dans le rap

À l’instar du rappeur américain Jay-Z qui à développer sa plateforme d’écoute musicale Tidal aux États-Unis, disposant d’exclusivités lui assurant une certaine rentabilité ainsi qu’une exposition importante on peut assister à cette forme d’entrepreneuriat numérique en France par les rappeurs Français. Cette entreprenariat s’avère être une nouvelle opportunité de diffusion pour les artistes rap. En 2014, le rappeur Booba souhaite s’imposer sur le marché des médias leur reprochant un certain boycott des artistes rap et plus particulièrement de lui même. Pour ce faire il propose une nouvelle manière de consommer la musique rap et son actualité en voulant mener une féroce concurrence à la radio spécialisé Skyrock présentée précédemment.Il développe pour cela sa propre plateforme de streaming vidéo baptisée « OKLM.com« . Cette plate-forme dédiée à la musique rap, et se donne pour mission de donner un espace médiatique à la nouvelle génération. Aujourd’hui la page Facebook d’OKLM compte près de 690 000 fans.

En 2015, il lance la version OKLM.com en format web radio, également disponible en application mobile, celle-ci compte à ce jour 160 000 fans sur Facebook. Afin de proposer aux artistes rap un dispositif média complet, Booba sort également au début de l’année 2016 la chaine de télévision OKLM TV , disponible sur le canal 215 de la Freebox et qui compte elle 62 000 fans sur Facebook. Même si Booba n’atteint pas encore l’audience de son éternelle rivale Skyrock, il prouve malgré tout, de manière positive, aux artistes qu’il est possible de se faire connaitre et d’être diffusé autrement que par les médias traditionnels. Booba est donc en train de bouleverser le rapport média rappeur, les controverses et les provocations sont son cheval de bataille, il est considéré comme un animal médiatique. Il s’empare de parts de marché qui sont loin d’être son territoire de base. Il figure parmi d’autres rappeurs dans les artistes ayant été les plus écoutés en 2016 sur les plateformes de streaming. Streaming, autre innovation du web 2.0 qui a révolutionner la manière dont le rap Français est consommé.

-Le streaming, véritable révolution dans le milieu du rap

« Le streaming ne s’est pas contenté de mettre le rap français au cœur de l’industrie musicale, les rappeurs n’ont jamais été aussi convoités par les maisons disques. Il a aussi modifié la manière de faire de la musique, ou comment le contenant influence le contenu. » Extrait d’un article rédigé par Florian L sur le site Booska-P paru le 16 avril 2017.

Selon des données publiés par Deezer, apple music et Spotify le rap est la musique la plus écouter sur les plateformes de streaming. Le streaming consiste en un mode de diffusion des contenus médias tels que la vidéo ou le son. Contrairement à un téléchargement, le streaming permet de visualiser le contenu en temps réel : celui-ci se charge au fur et à mesure de sa lecture.Une alternative au streaming est le téléchargement d’un fichier audio ou vidéo. C’est de cette manière que le rap est le plus consommé désormais et cela ce fait bien sur au profit du marché physique. Sur la période 2015 par exemple le marché du disque à connu une chute significative de 18% tandis que celui de la musique digitale a connu une expansion de 42,7 % selon un rapport du SNEP. Il est avancer également que les revenus générés par les sites d’écoute représentent plus de la moitié du chiffres d’affaire des ventes physiques et même les trois quarts pour certains artistes, et cette part ne fait que croitre, surtout dans le milieu du rap même si certains artistes (vraiment peu proportionnellement au nombre de rappeurs) parviennent malgré tout à maintenir leurs ventes physiques comme Soprano, Maitre Gims ou encore Black M. Cela peut s’expliquer par le fait que leur musique qualifiée de plus commerciale que celle de leurs confrères, touche un plus grand public et pas seulement les jeunes, principaux consommateurs de musique en streaming. On a donc à faire a une musique beaucoup plus écoutée qu’achetée et la tendance continue à aller dans ce sens quand on observe de prêt les chiffres de ventes, numériques et matérielles.Preuve une fois encore que le numérique et l’internet 2.0 ont révolutionner cette culture musicale.

La plupart de nos interrogés se déclarant auditeurs de rap ,déclarent se servir de plate-forme de streaming afin d’écouter les derniers morceaux de rap sortis(environ 70%). Cette manière de consommer reste ,avec le téléchargement les modes de consommation de musique rap les plus importants. Dans ces données il est possible de voir que les rappeurs occupent les 5 premières places du classement des artistes les plus écoutés dans l’hexagone.Dans l’ordre JUL suivi de PNL, SCH, Booba et Maitre Gims composent la tête de ce top 10 avec un autre rappeur français présent à la dixième position en la personne de Soprano.

Cette nouvelle manière de faire du rap a révolutionner l’exposition du rap, la manière de consommer mais également la manière de le faire. Les artistes de la scène rap française ont bien compris l’enjeu de reconnaissance et l’enjeu économique que représente le streaming. Effectivement leur stratégie artistique a évolué en conséquences. Les rappeurs sortent de plus en plus de morceaux, et déploie donc une productivité sans équivalent dans le monde de la musique. Ils ne prennent plus la peine de calibrer leurs singles au format radio afin que celui ci soit le plus conformiste possible pour que l’auditeur ne change pas de station radio. Maintenant les morceaux sont plus courts, plus directs (sans absence de parole sur l’instrumentale) et ne sont plus conformistes de manière rentrer dans certains standards. Le rappeur Lacrim avait avouer lors d’une interview en 2016 n’avoir plus besoin de faire de singles depuis l’arrivée du streaming,  il savait qu’il n’avait pas besoin de morceau plus commercial pour faire connaitre son projet et qu’il pouvait ce contenter de faire ce qu’il aimait, c’est à dire des morceaux durs et hard core, car en effet les algorithmes n’ont pas de considérations morales. Ce ne sont plus les programmateurs radios qui doivent juger l’efficacité et la portée d’une musique, et les artistes « ont une alternative à la SACEM des radios plus policées » (cf : Booska-p)

Même si la part touchée par les artistes sur un abonnement streaming est maigre (on parle de 0,46 centimes d’euros pour un abonnement à 9,99 euros par mois, source : https://www.rapcity.fr/combien-dargent-streaming-rapporte-aux-rappeurs/)La quantité colossale de vue sur chacun de leurs morceaux compense cette faible part et assure un revenu plus que confortable pour les rappeur les plus écoutés. Face à cette croissance la SNEP n’a pas eu d’autres choix que de prendre en compte les vues streaming dans la courses aux disque d’or et de platine que ce livre les rappeurs français. Cependant cela à discréditer et rendu moins glorifiants ces certifications pour plusieurs raisons. Tout d’abord la multiplication des certifications du à la comptabilisation des vues streams à provoquer la décrédibilisation de ces mêmes certifications qui s’avéraient très rare avant la révolution du stream et qui étaient signes de grande reconnaissance dans le monde musicale que représente le rap.

Ensuite sont apparus les premières accusations de tricheries sur les vues streaming et le SNEP a détecter des anomalies, des proportions d’écoute trop élevées concernant particulièrement les morceaux de rap Français. En effet la technique, réprouvée par les plateformes de streaming, s’avère d’une simplicité étonnante. Un logiciel sélectionne un morceau et va le jouer automatiquement en boucle pendant 31 ou 32 secondes (la lecture est comptabilisée à partir de 30) le nombre de fois indiqué. Pour ce faire il suffit de procédé à l’installation de batteries d’ordinateurs faisant tourner en boucle certains morceaux afin de gonfler artificiellement leurs scores. Selon un document interne du Snep cité par « Les Echos », un logiciel peut générer 20.000 écoutes par semaine. Cette pratique sert dans un premier temps à propulser n’importe quel morceau dans le top de la plateforme musicale concernée mais également d’assurer des royalties d’un montant plutôt sympathique.

Cependant mêmes si des dysfonctionnements ont été observés , le directeur du SNEP, Guillaume Leblanc tiens à les nuancer : « On constate effectivement des anomalies, des volumes hors norme, mais on ne peut pas affirmer qu’il y a tricherie. Le streaming est un nouvel environnement et nous essayons, comme tout le secteur, de comprendre ce marché en construction » Cette « fraude au clic » n’est pas nouvelle sur internet, et concerne déjà largement l’achat de faux « J’aime » Facebook, de faux abonnés Twitter, ou de fausses « vues » sur YouTube. » (article paru dans l’obs économie publié le 2 février 2017 et écrit par Boris Manenti)

Conclusion :

Après une arrivée en France complexe, le rap a réussi immiscer sa culture a travers différent média. Une première diffusion sur une radio pirate, puis dans un programme télévisuel. Cela n’était que le début car les deux premiers programmes restaient peu diffuser. C’est avec l’apparition de radio spécialisé que la culture du Rap c’est plus démocratisé. Skyorck et Générations ont permis une meilleure intégration au rap en France . Avec la démocratisation d’internet nous avons pour observer que la diffusion de la culture rap a fortement augmenté et ce, grâce a des sites spécialisé tel que Booska-P. Les sites spécialisés ont permis l’accès aux amateurs a plus de contenu, de plus un nombre plus importants d’artistes a pu se faire connaitre. Internet permet donc une plus grande diversité dans cette culture musicale.

Longtemps assujetti à un circuit de réussite difficile, et surtout très fermé et contraignant, les rappeurs d’aujourd’hui saisissent les opportunités que leur offre l’avènement du web collaboratif pour promouvoir leurs projets artistiques et s’émanciper des majors (maisons de disque). Le développement de nouvelles technologies permet également aux artistes une certaine créativité dans les moyens de communication et de fidéliser de manière plus importante leur public, mais également le développement de plateformes médias comme nous avons pu le voir ou encore la réalisation de leurs propres films ou courts métrages. Aujourd’hui un rappeur sachant marier compétence artistique et bonne connaissance de la technologie accèdera plus facilement à la célébrité rechercher et donc l’accès à un public plus grand.

La révolution digitale a marquer de plein fouet toutes les strates de notre société et nous nous dirigeons sans aucun doute vers une optimisation et une amélioration de ce que nous connaissons déjà, une question s’impose alors quelle est la prochaine étape…

Bibliographie :

https://www.nouvelobs.com/economie/20170202.OBS4755/streaming-de-musique-tricher-plus-pour-gagner-plus.html

https://www.rapcity.fr/combien-dargent-streaming-rapporte-aux-rappeurs/

http://www.konbini.com/fr/entertainment-2/le-disque-de-diamant-dans-lhistoire-du-rap-francais/

https://www.lesechos.fr/23/09/2016/LesEchos/22283-092-ECH_porte-par-le-streaming–le-rap-francais-prend-du-poids.htm

http://www.leparisien.fr/high-tech/le-rap-musique-la-plus-ecoutee-sur-les-plateformes-de-streaming-01-12-2016-6400155.php

http://www.chartsinfrance.net/actualite/news-103583.html

https://www.booska-p.com/new-comment-le-streaming-a-change-la-mani-re-de-faire-du-rap-dossier-n73677.html

http://www.lemonde.fr/culture/article/2011/11/14/le-rap-s-affranchit-des-majors-grace-a-internet_1603452_3246.html

Beuscart, Jean-Samuel. « Les transformations de l’intermédiation musicale. La construction de l’offre commerciale de musique en ligne en france », Réseaux, vol. 141-142, no. 2, 2007, pp. 143-176.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *