Quel est l’impact du numérique sur la consommation des séries ?

Par Victor VONG, Laura BENABDELMOUMENE, Angelique PAOLI

« Le numérique ouvre, a ouvert et continuera à ouvrir un certain nombre de possibilités en termes de fabrication, de traitement, de diffusion et même de consommation des images, et toutes ces nouveautés cumulées ont induit de nouveaux types de programmes audiovisuels ». Il ajoute que « ces nouveaux types de programmes mettent en jeu une pluralité de savoir-faire », René Broca.

Objets connectés, comparateurs de prix, smartphones… Toutes ces technologies ont changé nos vies en l’espace de quelques années. Pourtant, il y a près de vingt ans, personne n’imaginait de tels bouleversements. Personne, ou presque. Dans un livre publié en 1999, « Business, the speed of Thought » Bill Gates, émettait plusieurs prédictions sur l’impact du numérique dans nos sociétés. Et la plupart d’entre elles se sont vérifiées. Huit ans avant la sortie du premier iPhone, le fondateur de Microsoft annonçait l’arrivée de « petits objets qui permettront de rester en contact constamment avec son business, mais aussi de recevoir des informations sur les marchés financiers, et regarder l’actualité « . Bill Gates avait aussi songé à l’apparition des réseaux sociaux. Dans son livre, il écrivait ainsi que « des sites privés permettront à tout le monde de discuter et prévoir des évènements en famille ou entre amis ».

La première révolution industrielle c’est le tissu. Pour ces usines, on va commencer à fabriquer des machines à vapeur. La 2e révolution industrielle concerne la métallurgie, inventions autours de la chimie. Le moteur à explosion va tout changer avec monsieur Mercedes Benz et l’autre famille des technologies qui va tout développer est l’électromagnétisme. En dehors de l’ordinateur et du tissu tout ce qui est autour de nous viens de cette 2e révolution industrielle. Celui qui va déposer le brevet du téléphone s’appelle Graham Bell en 1976, c’est une époque où vont naitre trois grandes familles de technologies : le téléphone, le TSF (télécommunication sans fils) comme la télévision, et le télégramme. Le téléphone, le télégramme, les TSF, sont des analogies, ils font des vibrations que l’on est capable d’entendre, et la logique c’est de l’informatique.

Les séries télévisées françaises ont connus une forte influence de l’Amérique. Elles ont influencé les téléspectateurs sur plusieurs générations et ont marqué leurs habitudes et leurs imaginaires. La série télévisée est le genre de fiction le mieux adapté à la télévision. Du point de vue technique puisque les images ne sont pas recadrées ou réduites pour tenir dans l’écran comme le sont souvent les films de cinéma, car elles sont réalisées pour ce format. Mais aussi du point de vue narratif. La série offre un rendez-vous régulier (quotidien, hebdomadaire ou autre) ce qui permet de fidéliser le public.

Les séries comptent parmi les taux d’audiences les plus élevés. Par ailleurs, selon l’étude décennale menée par le Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture et de la Communication, près d’un Français sur deux affirme suivre ou avoir suivi régulièrement trois séries au moins (trois-quarts des Français au moins une série).

Les séries et feuilletons sont aussi anciens que la télévision qui leur a toujours accordé une place de choix. Apparu dès le XIXe siècle, le format sérial était le produit « phare » des mass-médias. Les fictions et feuilletons n’avaient pas beaucoup de succès, souvent à cause de leur faible coût de production. Ces mêmes séries finissaient par prendre une dimension nouvelle qui change les habitudes télévisuelles, comme on peut le voir avec la substitution de la soirée cinéma dominicale de TF1 par un prime time dédié aux « Experts » ou encore le pari de France 3 de diffuser quotidiennement le feuilleton français « Plus Belle la Vie » à 20h10 pendant les journaux télévisés de TF1 et France2. Ces séries étaient programmées aux heures de grande écoute, et étaient distribuées en DVD et vidéo à la demande (VOD) comme avec « Dr House », « Dexter » qui attirent des millions de spectateurs.

D’autres séries en revanche, semblent trouver leur public via Internet, comme on peut le voir aujourd’hui avec le streaming ou Netflix. En effet, les technologies et services numériques jouent un rôle important concernant l’accès et la consommation de séries. Ce qui modifie la pratique sérielle : des supports (VHS, DVD, DivX), des écrans (télévision, ordinateurs, mobiles, tablettes numériques), des arènes critiques (magazines et sites internet spécialisés), des espaces interactifs (forums en ligne). Ces supports numériques nous permettent de rendre compte de « l’attachement » (goût, pratique) des spectateurs aux séries, et donc l’impact du numérique sur la consommation de séries. Les « spectateurs » ne doivent pas être considérés uniquement comme tel. On ne doit pas oublier qu’ils sont aussi des « usagers », des « consommateurs » et des « collectionneurs ». Les programmes audiovisuels sont toujours consommés, collectionnés, comme avant ils collectionnaient les cassettes. Les médias ne sont plus vécus comme des moments « flottants » mais comme des biens de consommation, des objets physiques dans les espaces domestiques.

Les supports et équipements dont disposent les consommateurs sont très important pour déterminer l’impact du numérique sur la consommation des séries. Ces objets sociotechniques agencent différents espaces de contraintes et de libertés. La télévision, premier média audiovisuel domestique, contient plusieurs dispositifs audiovisuels comme la télécommande, le magnétoscope, et VHS, DVD, DivX49. Nous nous focalisons donc sur une approche de pratique et d’usage.

L’école de Francfort, Adorno et Horkheimer aux USA, ce sont intéressé à la façon dont émergeait l’industrie culturelle. Notamment pour ce qui est d’un phénomène massif, qu’est l’émergence d’une culture de masse produite par ces industries qui va transformer les récepteurs (individus).

L’école de Francfort critique l’industrie culturelle. Ils considèrent que le triomphe de l’idéologie des médias entraine une destruction des consciences. Le public est vu comme un « jouet passif », les citoyens sont vus comme des consommateurs abêtis et déshumanisés. Il y aurait également une « disparition » de la conscience : la « conscience des équipes de production » se substitue à celle des individus en définissant leur place, les cadres leurs permettant de saisir le réel, le moi.

McLhuan s’oppose à cette vision du numérique. Il avance l’idée d’opérer une analyse comparée des médias, on peut regarder quels sont les effets comparés de la télé par exemple ou d’internet. D’autre part on peut le regarder sous un angle psychologique et social. L’idée général qui gouverne son propos c’est que les médias, lors de leur émergence, peuvent être analysés comme une extension de nos sens. Les habits seraient une extension de la peau par exemple. Sarnoff disait : « nous sommes trop porté à faire de nos instruments technologiques les boucs émissaires des fautes de ceux qui s’en servent. Les réalisations de la science moderne ne sont pas bonnes ou pernicieuses en soi : c’est l’usage que l’on en fait qui en détermine la valeur ».

La multiplication des dispositifs audiovisuels, en particulier propres à la conservation des contenus, amène plus naturellement à s’intéresser à ces dimensions matérielles et pratiques du consommateur. Les récentes conditions médiatiques et techniques ont vue réapparaitre un lien de réception/usage. Livingstone voit ici comme un retour à un état de fait pré-massmedia, lorsque « l’usage et la réception étaient plus intimement connectés, de sorte que la réception pouvait à un certain degré être déduite des activités participatives des publics, dans des contextes sociaux d’engagement ou d’usage particuliers ». L’avènement de la télévision de masse ne constituerait donc qu’une parenthèse dans l’histoire des publics et dans leurs études.

Affirmer l’importance de l’environnement sociotechnique dans la consommation de séries amène à observer la lente autonomisation de ces derniers vis-à-vis de la télévision. Elle est liée à une variété de services et technologies lancés et contrôlés par l’industrie télévisuelle mais aussi exploités à des fins détournées par les spectateurs. À la fin des années 1970, le magnétoscope analogique et la cassette VHS (Video Home System) avaient déjà offert au téléspectateur une certaine liberté, puisqu’ils offrent la possibilité d’extraire du flux télévisuel un programme afin de le (re-)visionner ultérieurement et, éventuellement, le conserver. Cette nouvelle sensation de liberté a été renforcé par l’arrivée de la télécommande, concomitante de l’expansion du paysage audiovisuel notamment avec la pratique du « zapping ». La télécommande a donc aussi modifié le rapport à la télévision et ses programmes ainsi que leur appropriation par les téléspectateurs, modifiant ainsi leurs rapports avec le numérique. Jusqu’alors, la télévision constituait l’unique terminal à écran de l’univers domestique. La « boite noire » concentrait à elle seule le support, le contenu et la pratique du spectacle audiovisuel domiciliaire. Le téléviseur était le modèle de média de diffusion linéaire des images animées. Mais l’entrée du magnétoscope dans les foyers rompt progressivement la linéarité de la diffusion télévisuelle au travers d’usages visant à leurs débuts à différer la consommation des programmes extraits de cette source. Disposé en aval du flux télévisuel, le magnétoscope était au départ conçu par les utilisateurs comme un outil de consommation différée des programmes proposés par l’institution télévisuelle, des programmes que l’on pouvait ainsi mieux sélectionner et auxquels il n’était plus nécessaire de sacrifier d’autres activités. L’idée de « voir davantage de télévision » représentait la deuxième logique d’usage avancée par les premiers usagers. La possibilité de « stocker des émissions » et se constituer une vidéothèque n’apparaissait qu’en troisième position. Ainsi, d’après les possesseurs des premiers magnétoscopes, la principale utilité pour eux du magnétoscope était le fait de pouvoir « maitriser » l’offre télévisuelle déjà disponible plutôt que la tentation d’un accès accru à de nouveaux types de contenus.

Le Digital Versatile Disc (DVD) est apparu vers les années 1990 et s’est imposé face à la cassette VHS pour la lecture de contenus vidéo. Il apporte alors de nombreux progrès comme des qualités d’image et de son très supérieures, mais aussi des facilités d’usage. Le DVD permet également une plus grande interactivité. En effet, puisqu’il permet un séquençage en chapitres, l’accès direct à n’importe quelle scène souhaitée du film, les multiples bonus et options présents comme le choix de la langue et des sous-titres, etc. Il présente en outre des capacités de stockage supérieures pour un encombrement minimum puisqu’il a la taille d’un Compact Disc (CD).

Malgré un fort succès du DVD, ce dernier a tout de même connu une phase de récession après 2004. Jusqu’à l’arrivée du support Haute Définition Blu-ray, qui a éliminé en 2008 son principal concurrent le HD-DVD. Son chiffre d’affaires connait une forte croissance entre 2007 et 2010 pour atteindre 173,4 millions d’euros contre 2 milliards d’euros en 2004 pour le DVD, et 9,7 millions de supports vendus pour le Blu-ray.

Les outils numériques peuvent être vue comme des outils de démocratisation, de partage, de coopération, tout est plus pratique, plus rapide. C’est ce qu’on appelle l’idéal d’horizontalité. Mais il y a un autre idéal qui peut être aussi mis en avant, celui de la verticalité. C’est-à-dire que le numérique serait un outil de subordination, de hiérarchisation. Il y aurait moins de communication physique, et pose le problème aussi de saturation de l’attention. Tout va plus vite mais cela va au dépend de notre temps libre car si tout va plus vite, cela laisse du temps pour faire d’autres choses, alors nous faisons plus de choses avec l’arrivée du numérique.

La technologie n’est pas neutre. Les instruments techniques qui peuvent avoir l’air d’être anodin, mais qui en fait, on s’aperçoit qu’ils ont des effets concrets sur l’organisation collective au sens large. Ils sont conçus et diffusés par des groupes sociaux, par des acteurs qui ont des projets, qui ont des intentions, et cela se retransmet dans les outils qu’ils conçoivent (comme les médiations technologiques). Ils peuvent ainsi modifier nos rapports au numérique et entre nous. Certes la transformation numérique nous confère une certaine liberté pour la gestion de notre consommation télé et audiovisuelle, néanmoins de multiples dispositifs d’encadrement continuent de guider et orienter nos pratiques.

Que signifie aujourd’hui aimer une série et quelles activités cela engage-t-il ? Qu’est-ce que les individus font avec les séries ? Ou encore, qu’est-ce que les séries font faire à leurs spectateurs ? Dans quelles mesures le numériques transforme-t-il le rapport des individus aux séries ?

Les médiations technologiques participent à l’élaboration du goût (ou attachement, pratique). Il ne faut pas analyser séparément l’individu (sujet) et les séries (l’objet). Le goût n’est pas un attribut automatique des objets, il est « le résultat réflexif d’une pratique corporelle, collective et instrumentée, réglée par des méthodes elles-mêmes sans arrêt rediscutées (…) produisant dans le même geste les compétences d’un amateur et le répertoire des objets auxquels il tient ». Le terme attachement nous permet d’insister plus sur l’activité des personnes, puisque l’attachement est ce qui produit de la détermination. Les êtres humains aiment les histoires et cet intérêt qu’ils ont envers d’autres humains correspondrait à un besoin inhérent à l’apprentissage et au développement de l’individu. La fiction est donc l’une des formes de représentation par laquelle on apprend depuis l’enfance et toute sa vie.

Nous allons donc traiter du sujet à travers les deux parties qui vont suivre, à savoir ; les conséquences de l’évolution matérielle de l’environnement audiovisuel ainsi que les évolutions de la pratique de consommation des séries.

I. Les conséquences de l’évolution matérielle de l’environnement audiovisuel

  1. L’arrivée d’une nouvelle ère technologique : le numérique

Le premier outil utilisé dans le cadre d’une consommation de séries télévisées est, comme l’annonce le qualificatif, la télévision. En tant qu’outil technique et en tant que machine, la télévision imposerait à l’utilisateur un certain nombre de contraintes dans le cadre de la relation entre humain et outil selon la notion de script proposée par Madeleine Akrich. La notion est définie comme un ensemble d’inscription de visions du monde dans l’objet technique durant sa conception. Cette mise en forme se veut être une « prédétermination des mises en scène que les utilisateurs sont appelés à imaginer à partir du dispositif technique et des prescriptions (notices, contrats, conseils…) qui l’accompagnent. » (voir le texte de M.Akrich en annexe). Étant donné l’absence d’acteurs présents pour incarner la volonté des concepteurs, une certaine vision du monde y est inscrite et qui peut être contredite. Or dans ce cas, le détournement et la réappropriation est plus difficile étant donné le caractère complexe et technique de l’objet mais cela ne signifie pas l’obéissance absolue aux prescriptions. Ce concept soutient donc l’idée d’un ensemble de pratiques et contraintes comme le rythme de visionnage qui sera développé dans le deuxième point. En effet, la télévision impose ses contraintes comme le fait qu’elle ne soit pas prévue d’être utilisée à l’extérieur étant donné les prérequis de branchements, sa taille ou sa masse etc. L’outil de consommation sérielle est donc prévu fixe et impose donc la pratique chez-soi.

Cependant beaucoup de choses ont évolué depuis la fin du XXème siècle, certes l’outil a énormément évolué avec la maîtrise de l’outil dans les années 50, l’arrivée de la couleur en 1967, l’amélioration de la qualité du son dans les années 90, l’ajout de chaînes gratuites supplémentaires dans le début des années 2000… Mais l’un des arguments majeurs dans l’explication du succès des séries télévisuelles est l’arrivée du numérique et des outils découlant de cette arrivée. L’apparition d’appareils mobiles connectés comme le smartphone ou la tablette est donc susceptible de déplacer le lieu de visionnage de séries. On peut illustrer cela par l’exemple de script proposé par SFR dans une des publicités diffusées à la télévision (voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Y2-WgDiECo8). En effet, la pub se concentre sur un personnage principal qui semble appartenir à un type spécifique de personne : un jeune homme cadre (signifié par le costume et une apparence « branchée », sous-entendant donc un stock de capital culturel et économique un peu plus élevé que la moyenne). L’utilisation d’un tel personnage révèle ici le public cible de l’entreprise, ce qui correspond aussi à une figure très consommatrice d’Internet. La publicité promouvant un type de forfait avec comme argument principal un nombre conséquent de Go disponible, la publicité souhaiterait donc jouer sur l’identification du public à ce personnage. Donc on devrait s’identifier et comprendre cet homme puisqu’il consomme « comme nous les jeunes ». Ainsi le personnage entre dans l’ascenseur tête rivée sur le téléphone, son visage passe du sourire à la panique car, comme le décrit la voix off, il reste peu de temps avant la fin de l’épisode et qu’il lui faut gagner du temps. Il appuie donc sur tous les boutons de l’ascenseur afin d’en gagner. Cette situation souhaitant être une expérience vécue révèle deux points importants ; la technologie est assez maîtrisée pour assurer la réception de contenu audiovisuel dans son mobile et que la consommation de série sur mobile serait assez populaire pour en parler (ou pourrait être une pratique que la marque souhaite passer pour courante).

Malgré le fait que les séries télévisées, existant depuis les années 50, avaient suscité un fort intérêt et engouement de la part du public (faible part de la population mais relativement aisée), l’engouement qu’on observe aujourd’hui est différent et implique le monde entier. Cela peut s’expliquer par un accès plus facile du public aux séries grâce à des services de vidéo à la demande (VOD) ou encore le streaming illégal. Cette pratique connectée est répandue puisque parmi les 94 % des foyers vivant en France métropolitains sont dotés téléviseurs et près de deux tiers des foyers disposent d’un ou plusieurs téléviseurs connectables et très souvent connectées à Internet en 2017. On peut notamment souligner le fait que les foyers possèdent en moyenne entre cinq et six écrans et donc pourraient aisément consommer du contenu audiovisuel. Cependant il faut préciser que la pratique connectée reste inégale en fonction de différentes variables selon Fabien Granjon, comme la PCS (regroupant le capital économique et culturel, le jeune cadre aura plus tendance à se connecter et à consommer sur Internet par rapport à un vieil ouvrier) que l’auteur appelle par la fraction diplômée et la fraction non diplômée. L’âge et d’autres variables sont aussi à prendre en compte. Ainsi malgré les nuances apportées précédemment, la pratique sérielle reste beaucoup plus accessible car n’étant plus autant limitée par le nombre de chaînes mais plus par le vaste catalogue proposé par Internet et ses services. Concernant les services on peut prendre pour exemple la populaire plateforme Netflix qui aujourd’hui ne se limite plus qu’à la diffusion de série mais participe également à la production de séries et de films, gonflant par conséquence l’offre sérielle proposée dans le monde entier. Il est à préciser que l’offre légale peut différer en fonction des législations des pays et que jusqu’à un certain point l’offre illégale subit la même tendance.

La consommation de séries passe donc certes généralement sur des supports moins fixes comme la tablette, le téléphone mobile ou encore l’ordinateur portable mais elle passe surtout sur des plateformes de streaming comme Netflix, Amazon video ou des sites Web spécialisés dans le référencement de liens de streaming. Outre la différence sur le sujet de la légalité ou non des services, on note une tendance des enquêtés (la plupart jeune) à consommer des séries sur les services vidéo et en particulier Netflix. Cette consommation nécessite un abonnement, souvent payée par les proches (selon les enquêtes qualitatives menées dans le cadre de cet analyse) et dont le compte est partagé à un nombre très limité de personnes car l’utilisation du compte au service est limitée selon le prix payé. « Pour les qualités de Netflix… Déjà ça bug pas, si ça bug c’est rarement… mais ça bug pas. Et aussi c’est de très bonne qualité, t’as « sous-titré » … C’est en HD, voir limite en 4K à certains épisodes. Alors qu’en streaming c’est dégueulasse. », l’extrait tiré d’un des entretiens révèle ici la principale qualité de Netflix et aussi de sa « supériorité » au streaming de sites Web. D’autres fonctions avantagent Netflix par rapport à ses autres concurrents comme l’illustre la citation qui suit : « Ah oui autre qualité de Netflix, c’est que… c’est que ça… Ça t’enregistre pile poil là où tu t’es arrêté, c’est-à-dire si tu t’es arrêté au milieu de l’épisode et que tu fermes toute la fenêtre, ça reste quand tu reviens… C’est pile poil là où tu étais… T’as pas besoin de chercher. », bien que cette fonction se popularise de plus en plus dans les autres services vidéos, cette fonctionnalité exprime la caractéristique de la maîtrise du visionnage par rapport au mode de visionnage traditionnel sur le téléviseur, point abordé dans la partie qui suit.

  1. Évolution dans le rythme de visionnage

La question du rythme de l’activité de visionnage a été étudié par Clément Combes. En effet, établissant une typologie des pratiques l’auteur a déterminé deux principaux modes de consommation :

– Structuré sur le principe de l’agenda des diffuseurs et de la temporalité, soit le rendez-vous télévisuel.

– S’appuyant sur les dispositifs de dé-linéarisation et d’autres supports éditoriaux que la télévision, il se caractérise par la reprise en main du rythme par l’individu.

Chacun de ces modes est assez représentatif des ères dont il en a la provenance. Le premier pourrait correspondre à l’époque avant l’introduction du monde numérique et le second correspondrait à celle d’aujourd’hui. Le premier mode est qualifié par Clément Combe de « rendez-vous sériels » dont la consommation s’effectue par intervalles réguliers sur une même chaîne. Les télé-fictions serviraient ici de repères journaliers ou hebdomadaires dont l’existence est connue et intégrée par le spectateur. Cependant ce rendez-vous n’est pas toujours effectif car cela dépend de l’individu qui aurait des horaires de travail fluctuants par exemple, ce qui le pousserait dans une logique de préférences aux séries demandant le moins d’assiduité.

Le second mode est permis grâce à l’émergence d’Internet qui permet à la fois une certaine simultanéité et davantage de maîtrise du rythme. En effet, contrairement au premier modèle dont le rythme est imposé par la chaîne, la pratique est plus flexible et davantage maîtrisée. Selon l’auteur, l’individu fait face ici à deux moments décisionnels, le premier concerne la question de la durée totale de la série et le deuxième concerne le contexte de consommation immédiate et s’inscrit donc dans un contexte moins étendu dans le temps et donc plus situé sur l’envie et la disponibilité du moment. Cette consommation ne débute pas qu’à partir de l’essor du numérique puisque la VHS et le DVD remplissent le rôle de dé-linéarisation du rythme, ce mouvement s’amplifie cependant avec l’arrivée de la VOD et du streaming. Le dernier mode de consommation présenté est probablement le mode le plus pratiqué par les jeunes et les diplômés si on se réfère aux analyses de Granjon concernant la population connectée ou non. La frange diplômée et la frange non-diplômée sont tous les deux capables de bénéficier d’Internet, le point majeur les différenciant étant l’usage qu’ils en font. Tandis que la frange non-diplômée l’utilise pour l’accès à des sites Web et de recherches d’information souvent liées à la culture médiatique et plus particulièrement télévisuel, ce qui comprend téléchargements, recherche d’information et participation à d’éventuels échanges en ligne ayant pour sujet des acteurs, des artistes, des animateurs TV ou pour des contenus et des thématiques « vus à la télé ». Bien entendu, l’effet des diplômes n’est pas la seule variable explicative de l’usage d’Internet, les variables concernant l’âge et la génération en sont tout aussi importantes dans l’explication de la pratique. Mais dans ce cas présent, prendre connaissance de l’usage d’Internet de la fraction diplômée comme plus centrée sur le numérique permet d’expliquer à la fois que malgré une potentielle majorité pratiquant le deuxième mode de consommation, le premier mode reste d’actualité bien que depuis il peut être sujet à changement suite aux divers évolutions techniques de la télévision qui intègre par exemple directement des services vidéo proposés pour le consommateur préférant le téléviseur.

Ainsi l’individu aura tendance à adopter une pratique de consommation différente selon sa préférence au premier mode ou au second. En effet, tandis que le premier mode de consommation est imposé par les chaînes télévisées, le second est plus flexible et permet donc à certains degrés de la pratique. L’exemple le plus pertinent est le Binge-Watching, pratique aussi analysée par Combe. Dans ce qu’on peut qualifier de troisième mode, la caractéristique principale est la déconnexion de l’agenda télévisée et s’oppose donc ici au premier mode. Tout s’oppose au premier mode, le Binge-Watching consiste à visionner un ensemble d’épisode si ce n’est tout, sur une période restreinte d’un week-end pour le visionnage d’une saison pouvant aller à une semaine pour consommer l’intégrale d’une série contrairement au mode traditionnel qui étend le visionnage de la série sur plusieurs mois à intervalle régulier. Cette pratique est plutôt rependue auprès de la population concernée puisque le terme Binge-Watching était indigène car étant apparue dans le registre des cercles de fans de séries télévisées qui se regroupaient pour regarder plusieurs épisodes à la suite d’une même série sur DVD dans la fin des années 90. Son usage fut démocratisé en 2013 par l’entreprise Netflix avec la mise en ligne simultanée de tous les épisodes d’une saison de « House of Cards » et de la définition de la pratique sous ce terme via un sondage soumis aux abonnés du service, popularisant ainsi le terme. Cette pratique est souvent relatée par nos enquêtés et pratiquement tous confirment avoir expérimenté cette pratique : « Quand les trois saisons [de « Game of Thrones »] sont sorties je les ai binge-watché je crois. Pour la saison une je crois que j’ai pris mon temps et la saison deux et trois je les regardé en quatre jours même pas, trois jours. » selon l’une des enquêtées. Subjectivement, les enquêtés annoncent de ne pas se sentir « intégrer » les épisodes à la suite de cette pratique qui reste rare, contrairement au visionnage sur un temps plus régulier (une enquêtée affirmant régler sa consommation tous les week-ends durant les périodes de cours).

L’exemple de « Game of Thrones » est un exemple pertinent à utiliser dans le cadre de cette analyse car on y observe à travers la voix des enquêtés, la remise à jour du rendez-vous sériel. Tandis que pour la télévision le rendez-vous est fixe et fixé par la chaîne, un rendez-vous différent a émergé et a pour échelle le monde entier. Ici, il s’agit de se caler sur l’agenda et l’actualité télévisuels d’origine de la série suivie souvent américain selon Combe. Ici, la consommation « sourciste » (le fait de respecter la langue et le texte d’origine quitte à maintenir un degré d’étrangeté pour le public) proposée par les amateurs et traducteurs (nommés « fansubbers » quelques heures après la diffusion de l’épisode permet donc une sorte de rendez-vous télévisuel comme présenté dans la citation : « Mais les séries en streaming oui, quand je veux être à jour… Par exemple Game of Thrones quand il était sorti bah le lendemain je le regardais pour éviter tous les spoils sur les réseaux sociaux. ». Ce rendez-vous est présenté comme un moyen d’éviter les spoils (le fait de gâcher le plaisir de découverte ou de surprise lié à la consommation d’un bien culturel) étant donné la présence de la population étudiée sur les réseaux sociaux, où la parole est libre et ce sur quasiment tous les sujets et donc libre de parler de l’épisode fraîchement en ligne. Dans le cas de « Game of thrones », sa popularité engendre une série de sujets tendances sur Internet (réseaux sociaux, articles de sites, de blogs etc.) comme l’illustre l’outil Google Trends sur la recherche du terme « Game of thrones » qui explosa sur la période de diffusion de la septième saison (retrouvable sur ce lien). Ainsi on assiste à « une relinéarisation peu éloignée des pratiques télévisées classiques ».

  1. Une offre grandissante à suspens

Le succès des séries n’est pas exclusivement dû aux évolutions technologiques et de l’évolution des mœurs dans la société. Le numérique a également son impact dans la production sérielle, on peut citer par exemple une amélioration technique de réalisation ou des éléments plus substantielles comme une potentielle qualité d’écriture et d’une réalisation mieux travaillée et mieux prise en compte étant donné de la connaissance des producteurs de la pratique de Binge-Watching. Cette consommation aurait selon Combe, des effets sur la production puisqu’elle a apporté un « renouvellement des formats des séries, de leur éditorialisation, l’apparition de nouveaux dispositifs spectatoriels domiciliaires (home-cinéma, écran plasma…) et, enfin, l’ascension des séries au sein du champ des pratiques audiovisuelles, tout cela a incidemment conduit à une re-spécification du film comme forme courte ». Ainsi le format narratif est plus étendu, plus riche par obligation, le spectateur pouvant avoir une pratique de Binge-Watching, les résumés des épisodes précédents sont inutiles et les défauts et les incohérences narratives masquées par un rythme de visionnage imposé par la chaîne sont mis en lumière. L’effet classique narratif comme les cliffhangers en fin d’épisode est aussi une variable importante puisque que paraissant plus récurrent dans les séries d’aujourd’hui. Contrairement au monde numérique permettant de délinéariser et d’avoir une plus grande maîtrise sur le visionnage, l’ancien modèle basé sur le rendez-vous télévisé favorisait plus souvent un format différent de série ; celui de standalone, c’est-à-dire « un épisode de série télévisée (plus précisément, de série-feuilleton) qui se suffit à lui-même, c’est-à-dire qu’aucune connaissance du monde imaginaire mis en scène n’est nécessaire à sa compréhension. Dès lors, le standalone est accessible aussi bien au téléspectateur néophyte qu’au téléspectateur qui regarde régulièrement la série » (selon la définition proposée par Wikipédia). Cette préférence était probablement liée à la diffusion aléatoire des ordres d’épisodes afin de conserver son public et ce même si ce dernier n’aurait pas répondu favorablement au rendez-vous télévisuel. Aujourd’hui l’environnement ayant beaucoup changé, les résumés d’épisodes et les standalones sont obsolètes étant donné la mise en place de service de VOD liées aux chaînes de télévisions (Replay) avec par exemple TF1 (https://mytf1vod.tf1.fr/) dont le contenu est payant, France4 dont le contenu sur la chaîne est gratuit 7 jours après sa diffusion. Concernant les cliffhangers, l’effet n’est pas récent étant donné qu’elle a pour origine les roman-feuilleton (romans dont la publication est faite par épisode dans un journal) du XIXème siècle, plus précisément le roman de Thomas Hardy qui serait le premier à user de ce procédé (http://www.victorianweb.org/authors/hardy/diniejko6.html). Cet effet est souvent cité par les enquêtées comme argument principal du Binge-Watching mais aussi comme preuve de l’intérêt au scénario de la série : « Par exemple Breaking Bad c’est parce que c’était hyper bien. Donc à la fin à chaque fois que ça s’arrête sur un cliffhanger… Bah t’as envie de regarder la suite. ».

Cependant on ne peut pas affirmer que seuls les effets de la pratique de Binge-Watching soit à l’origine du succès des séries, l’élargissement du catalogue par l’industrie audiovisuelle est également à prendre en compte. En effet, l’offre de série a explosé par l’émergence de nouveaux acteurs comme l’exemple précédemment cité, Netflix. Bien que cela soit encore actif, la frontière entre producteurs et distributeurs se brouillent. « Black Mirror », « Stranger things » et « House of cards » sont des séries très populaires et sont labellisées sous l’appellation « série originale Netflix », ce point prouve bien l’influence de l’entreprise que ce soit dans le camp de la production ou celui de la distribution. À la suite de ce succès, d’autres entreprises (souvent grandes) ont fait émerger leur propre service vidéo tel que Amazon Vidéo ou encore Disney dont le service de streaming est encore à l’état de projet.

Ainsi, le succès des séries peut principalement s’expliquer par l’arrivée du numérique qui a donné un essor à l’industrie de l’audiovisuelle. L’offre s’est démultipliée parallèlement à la demande, cette offre devenue beaucoup plus accessible à un coût plus raisonnable a beaucoup changé. Outre les améliorations techniques comme la qualité de l’image et du son lors de la production, cette dernière s’est aussi vue sensiblement modifiée par l’évolution du public dont les principaux points seront expliqués dans la partie qui suit.

II. Evolution de la pratique de consommation des séries

L’évolution de la pratique des séries diffère, en effet il est nécessaire de prêter attention aux multiples pratiques dont propose aujourd’hui le consommateur. Si les séries peuvent paraître une activité individuelle, au fil des années cette pratique est devenue aussi collective. Une expérience télévisuelle n’est jamais simplement la rencontre d’un programme et d’un spectateur, mais plutôt un contexte social et culturel. Le fait de regarder une série et surtout depuis l’arrivée du web 2.0, des réseaux sociaux, les programmes sont dotés d’une forte visibilité dans l’espace public, ils forment alors des ressources conversationnelles. C’est ce que nous tenterons d’expliquer dans une de nos sous-parties. Plus qu’une activité individuelle, les plus grands amateurs de série, forment à eux de nouvelles pratiques, c’est alors que l’on voit apparaître les « fans », montrant une pratique de sociabilité autour des séries, en utilisant comme support différents réseaux sociaux tels que Snapchat ou Instagram, ou encore à travers les tweets, des blogs de fans etc… Puis enfin, nous montrerons que la série peut à elle seule dépassée le cadre télévisé avec des conventions, des goodies.

  1. Les nouveaux modes de découvertes de séries

L’évolution des nouveaux modes de découverte des séries ainsi que l’évolution du contexte médiatique et technique va alors bouleverser les rapports entre producteurs et consommateurs des séries. Nous entendons par producteur, les protagonistes des séries, mais aussi les diffuseurs, scénaristes, acteurs etc… En effet, les interventions des spectateurs par leurs critiques et leurs remarques vont être davantage légitimé. Avant l’arrivée de l’Internet dans les années 90, les consommateurs des séries montraient leur intérêt par des magazines spécialisés, des fan-clubs « c’est vrai qu’avant on pouvait pas autant discuter avec les gens et tout on allait au libraire on prenait notre magazine pour savoir des trucs sur nos stars quoi, ou avoir des potins (rire) maintenant c’est fini tout ça on à internet et on revit un peu on peut plus euh ouais discutés et avoir euh les infos plus rapidement bon on s’fait vite spoiler aussi (rire) » [Sam, 29ans]. L’émergence de conversations et de participations des fans s’est faite lors de l’arrivée de l’Internet. Le Web n’a néanmoins pas fait exister cette forme participative du fan mais l’a facilité et davantage auprès des producteurs de série où la relation se voit modifier. L’internet à alors permis le développement d’une véritable « culture fan », par exemple les forums en ligne reposent sur de fortes interactions entre fans et ces derniers bénéficient d’une forte visibilité auprès de leurs acteurs favoris. « Les serveurs télématiques (« electronic bulletin boards ») en particulier permettent aux fans partageant des intérêts communs pour un récit d’interagir directement et fréquemment ainsi que d’exprimer ostensiblement leurs critiques, ceci relativement à l’abri de toute ingérence des producteurs. En conséquence, [les serveurs télématiques] ont facilité l’identité collective des fans et ont fortement renforcé la légitimité des revendications des fans à la fois parmi les fans eux-mêmes et – dans une certaine mesure – auprès de la communauté de production. » [Bielby, Denise et alii. (1999). Selon certains auteurs l’Internet à apporter des pratiques unifiées et centralisées autour des vastes espaces proposés (sites spécialisées, forums, blogs), alors qu’avant cela les fans étaient plutôt dispersés. C’est pourquoi les producteurs portent une certaine attention à ces spectateurs qui leurs sont fidèles et à leurs opinions. Nous tenterons de mieux expliquer la tendance des fans dans notre seconde sous-partie.

Sharon Marie Ross professeur agrégée de télévision et présidente adjointe du département de télévision, montre que l’on fait face à un public plus impliqué et en « interaction plus étroite avec les produits télévisés ». Elle explique que cette implication tient du fait que le téléspectateur fait face à des fictions qui sont de plus en plus « cross-médiatique » (pratique publicitaire et marketing qui consiste à utiliser plusieurs médias pour une campagne.). Puis nous pouvons apercevoir d’après elle de plus en plus de série qui proposent des « webisodes » (qui sont des épisodes courts mis à disposition des internautes) pour faire patienter les amateurs entre deux saisons par exemple d’une série. En effet, les séries se sont légitimées et font face aux mêmes critiques que les films, nous pouvons alors retrouver des séries dîtes « médiocres » c’est ainsi grâce aux passionnés que l’on peut juger une série tout comme un film. Les spectateurs des séries ont alors permis de montrer qu’ils n’étaient pas passifs bien au contraire, ces derniers ne sont pas simplement égarés par ce genre de programmes mais sont en véritable interactions grâce notamment à l’arrivée de l’Internet et à sa démocratisation. Pour Glevarec (sociologue français, travaillant principalement sur les pratiques culturelles et médiatiques contemporaines), le Web est devenu déterminant sur le processus de légitimation des séries. C’est ainsi que ce dispositif s’opère autour des séries, un dispositif qui consolident un ensemble de pratiques et d’usages qu’on nomme « sériephilie ». La toile rassemble aujourd’hui à elle seule un vaste choix de moyens de communication et de s’informer gratuitement. C’est pourquoi la presse magazine « Séries Mag » ou « SériesTV » se sont vu peu à peu disparaître, au profit des sites internet, les individus ne vont donc plus acheter leur magazine « bah quand j’étais ptite c’était genre d’avoir euh ouais les magazines, poster et tout j’me souviens ma chambre était rempli de tout ça, maintenant ça me viendrait pas à l’idée quoi, bon déjà j’ai plus l’âge mais avec les sites on peut trouver ce qu’on veut comme infos et c’est gratuit(rire) alors pourquoi aller acheter » nous précise une des interrogées. Le web et ce qu’il contient vient en effet bouleverser les « conditions de consommation » des spectateurs de série, ces derniers peuvent alors pleinement participer et ne sont plus que de simples spectateurs de séries. Derrière tout ces sites ou forums, nous pouvons retrouver des professionnelles de la rédaction mais aussi un simple fan isolé qui cherche à communiquer sa passion. C’est ainsi que les frontières entre les deux sont de plus en plus flou, il est difficile de les identifier car beaucoup d’entre eux communique de façon anonyme ou derrière un pseudonyme. En effet, plusieurs amateurs créent des sites d’informations et les professionnels des « blogs ». Les amateurs, ainsi que professionnel ou encore d’autres individus comme des écrivains s’entrecroisent sur le net. Nous retrouvons parmi les sites d’informations, les application « TV » comme « Tv Time » spécialisée dans les séries, où les spectateurs peuvent savoir où ils en sont partagés leurs impressions sur l’épisode qu’ils viennent de voir, cette application permet aussi aux individus de communiquer entre eux. Mais encore les plateformes comme Télé-loisirs qui ne sont pas eux spécialisé dans les séries TV mais qui en parlent également « les séries sont insérées dans un index alphabétique et dispose d’une fiche signalétique ». Ces fiches présentent à elles seules les caractéristiques techniques c’est-à-dire le texte, date de diffusion etc… puis un résumé critique, qui permet au lecteur de pouvoir se donner un avis sur la série, néanmoins contrairement aux sites ou applications spécialisées, dans ces plateformes, nous retrouvons simplement les séries diffusées sur les chaînes françaises. On retrouve aussi un lien qui permet de voir la fiche technique des acteurs participant à la série, les fiches peuvent être aussi partagées par les utilisateurs sur les réseaux sociaux, ou les blogs.

Nous pouvons aussi mettre en avant, la plateforme YouTube même si elle n’est pas beaucoup citée dans les différentes recherches c’est un support important concernant les séries. En effet, des amateurs réalisent des vidéos sur chaque épisode des séries les plus emblématiques et les plus côtés. Chaque épisode est commenté puis les protagonistes font ensuite plusieurs hypothèses sur les prochains épisodes. Beaucoup de « fans » des séries regardent ces vidéos puis les commentent pour ainsi donner leur avis sur l’épisode qu’il vient d’être regardé. Ce procédé fait partie des nouvelles formes de communication qu’offre le Web.

Pour conclure, nous pouvons constater que depuis le Web 2.0 s’est développé de nombreux moyens de communication ainsi que des sites d’informations, il est alors difficile de tous les identifier, en effet nous avons des pratiques amateurs ressemblant à des professionnels et inversement. On voit une grande démocratisation des pratiques numériques et du Web à travers les séries. Néanmoins, ce n’est pas propre aux séries, nous avons pu le voir à travers les films avec leurs critiques et leurs discussions. Cependant, les séries offrent des exemples permettant de mieux comprendre ces différentes pratiques que peuvent avoir les consommateurs de série, et le vaste choix que peut leur offrir le Web.

  1. Nouvelles pratiques naissantes et avènement du fan : partager son attachement.

La pratique de fan est un courant important dans l’étude des séries appelé Fan studies, « les fans acquièrent aujourd’hui une nouvelle reconnaissance et une nouvelle visibilité grâce à la réappropriation des nouvelles technologies dans lesquelles ils voient un moyen d’exprimer leur créativité et de se retrouver dans une même communauté » (Bourdaa, 2012). Depuis l’arrivée d’internet, cela à faciliter le lien entre ces communautés. Dans les années 80, le fan a souvent été vu comme néfaste, vu comme un produit de l’industrie, plusieurs assassinats ou de suicides ont eu lieu, c’est pour cela que les chercheurs n’ont plus étudié les fans pendant une certaine période donnée. C’est alors que le chercheur Henry Jenkins, va redéfinir et (re)valoriser l’activité du fan. Il propose d’approcher le fan d’une autre manière et donne l’idée d’une « culture participative », idée d’une productivité du fan. Les fans sont revenus sur le devant de la scène et notamment depuis l’arrivée des séries télévisées. Rappelons-nous d’Hélène et les garçons, cette série à succès qui a rendu les adolescents de cette époque hystérique des acteurs de la série. Dominique Pasquier dans la « culture des sentiments » a étudié le phénomène de la série. Elle s’est principalement appuyée sur le regard des enfants regardant cette « sitcom », la sociologue remarque alors que les acteurs de la série reçoivent des milliers de lettres qui occupait une place centrale. Dominique Pasquier analyse ses lettres et montre qu’il y a un réel besoin d’envoyer une lettre « Écrire une lettre est un acte qui n’a rien de routinier pour ces jeunes correspondantes. Elles s’y sont préparées en cherchant les mots qu’il fallait et en s’appliquant de leur mieux. Elles sont nombreuses à confier que le temps qu’elles ont passé à écrire leur lettre a été un moment de grande émotion. » C’est en effet tout un rituel, avec ses codes, ses espoirs, mais aussi ses craintes. Cet exemple nous permet de mieux appréhender et de poser une définition de ce qu’est un fan. Nous verrons qu’avec l’arrivée du Web, la pratique de sociabilité du fan s’élargie et ces derniers rencontrent de nouveaux moyens de communications. Ces nouveaux moyens de communications nous pouvons les retrouvés à travers les blogs où beaucoup de fans se réunissent et discutent entre eux « moi ça m’arrive d’aller sur les blogs, genre euh je discute quoi avec les gens je discute de ma série genre quand y’a un personnage qui meurt je vais montrer ma colère et tout… » nous explique une enquêtée âgée de 25ans. D’autres se rejoignent sur des forums de fans créer également à l’effigie de leur série préférée « Quand genre y’a un épisode qui m’a gavé, bah j’suis obligé de le dire, (réfléchi) ouais bah donc je vais l’dire sur l’forum de la série avec les autres fans pour voir si eux aussi ça les fait chier quoi » démontre Hugo. D’après certains entretiens nous avons pu souligner quelques mésententes entre la même communauté comme nous l’as fait remarquer Agnès 23 ans « moi des fois ça me gonfle style on va critiquer mon perso et tout c’est mort alors ouais y’a embrouille et tu te dis mais euh pourquoi tu fais ça (rire) c’est qu’une série mais t’es tellement à fond que bah ouais non quoi t’acceptes pas ». Nous pouvons alors constatés que le numérique permet aux individus d’avoir une plus grande facilité pour s’exprimer et ainsi partager leur colère, crainte ou tristesse sur leur série, mais aussi envers la production des séries quand un de leur personnage favori se voit disparaître de l’écran « ouaa et mais moi une fois je voulais carrément écrire au producteur de la série, il nous a fait crever mon perso préféré, mais j’ai rien fais (rire) je me suis juste défouler sur Facebook et Twitter j’ai même mentionner un des acteurs (rire) » Camille 21ans. Nous pouvons à travers ces divers entretiens, montrer que le fan ou le simple spectateur d’une série ne réceptionne pas seulement la série mais à un réel rôle de productivité avec ces multiples échanges et conversations qui ont lieu au sein des communautés de fans. La productivité du « fan » en question peut se retrouver comme l’explique Fiske dans la réappropriation des textes médiatiques nommé le « fan’art » où les individus s’inspirant des séries reproduisent des personnages ou des scènes d’une œuvre existante [Source sur cette définition : Wikipédia].

Devenir fan, revient alors à se reconnaître dans un collectif qui partage une même adoration pour un personnage ou une série dans notre enquête. En effet, être inscrit dans une communauté de fans, découle d’une disposition qu’ils ont a partagé leur attachement. Les « Fan Studies » ont alors montré des spectateurs investis et engagés dans des échanges collectifs sur des blogs ou des forums comme nous l’avons énuméré dans cette partie à travers des œuvres créatives, des collections etc…

La série dépasse le cadre télévisé. Le succès des séries est telle qu’on peut y retrouver des conventions, des goodies. Une convention est un évènement qui est organisé par une association ou une société spécialisée dans le domaine. Il s’agit ici d’une rencontre entre les fans et les acteurs, plus généralement nous trouvons ce genre de convention pour les séries. Les conventions sont des évènements payants, on en trouve pour tous les budgets. Il faut savoir que tous les acteurs ne sont pas tous forcément présent [Source :DailyConvention], des photos et autographes sont aussi proposés parfois. Les conventions rencontrent un énorme succès et permet aux « fans » des séries de se retrouver et de partager leur passion commune. En effet, outre le fait de rencontrer des acteurs, les fans discutent et parle d’ « aventure humaine » comme nous le précise Agnès « ouais moi j’ai déjà participer une fois pour les frères Scott et franchement c’était archi cool, j’ai fais pleins de rencontres j’suis reparti limite avec des numéros de gens pour se revoir après (rire), c’est une vraie aventure exceptionnelle je te jure c’est hyper cool puis tu rencontres tes acteurs quoi j’ai encore les photos, bref mais defois c’est cher c’est chiant quoi ». Certains font aussi connaissance avant la convention et se retrouve en groupe et y vont ensemble. Tout un programme est mis en place par les organisateurs. Tout est préparé afin de pouvoir satisfaire au mieux les aficionados. (Voir annexe figure 1)

Les séries ont aussi leur propre goodies qui sont des produits dérivés portant sur la notoriété de l’œuvre pour réussir à le vendre [Source : Wikipédia]. Nous rencontrons toute sorte de goodies que ce soit pour les films, les mangas, ce n’est pas propre aux séries. Cependant, il est intéressant de montrer comment des séries peuvent elles aussi avoir leurs propres produits dérivés. Les goodies peuvent prendre des formes variées qui peuvent aller à la figurine jusqu’à l’objet utilitaire. Ils ont pris une place importante dans l’appropriation de la série pour les fans. En effet, c’est pour eux une sorte de légitimité de posséder ainsi des objets de leurs séries préférées. « J’aime bien ouais avoir des trucs sur ma série, chez moi genre j’ai plusieurs figurines et des tasses même de Games Of Thrones et de Walking Dead c’est mes deux séries préférées et euh ouais c’est cool, genre j’ai l’impression d’être euh dedans quoi, un vrai fan» nous explique Hugo. (Voir annexe figure 2)

3. L’identification au personnage d’une série : partager ses créations avec l’évolution du Web 2.0

« J’avoue j’me suis trop identifiée à mon personnage dans la série. Il a euh les mêmes parcours et tout euh comment dire, son parcours quoi c’est pratiquement le même que le mien et c’est sur ça te rapproche mine de rien du perso ». (Agnès, 23ans)

Les consommateurs des séries s’identifient de plus en plus aux personnages qu’ils suivent pendant plusieurs mois et voire plusieurs années. Les effets de réel est beaucoup plus soutenu dans une série que dans un « long métrage », le consommateur d’une série s’attachera donc plus facilement à un personnage de série que dans un film grâce au réalisme des « épreuves de la vie » qu’il peut endurer. Avec l’arrivée de nouveaux espaces tels que les blogs ou les forums qu’offre l’Internet, nous pouvons remarquer l’identification que peut se faire l’individu, en choisissant par exemple les choix des pseudonymes qui sont souvent liés au personnage qu’ils affectionnent le plus, ou encore de la bannière ou de l’avatar à l’effigie du « perso » terme utilisé par beaucoup d’entre eux. Ce sont alors d’importants marqueurs de l’identité de fans « moi quand j’suis sur le forum, mon pseudo c’est JonS, genre pour Jon Snow dans GOT (abréviation de la série Games Of Thrones, normal c’est mon perso préféré alors quand j’parle dessus bah c’est sur ce pseudo et j’suis pas le seul (rire) ».

Comme nous l’avons précisé auparavant, les séries ont fait l’objet de discussions et d’échanges entre les différents spectateurs, et ces discussions sont d’une plus grande facilité grâce aux nombreux espaces qu’Internet peut offrir. Ces différents sites, blogs et forums où l’identité lié à un personnage de série est la plus représentative, vont alors bouleverser les modalités d’accès non seulement aux séries mais également aux amateurs. Les échanges entre les membres de fans aménagent alors des règles et des normes à suivre à être un « bon fan », sans ces différentes plateformes de tels échanges n’auraient pas pu avoir lieu. De même cela construit une identité collective alors que la série est souvent perçu comme individuel. En effet, nous regardons une série individuellement mais nous la partageons par la suite avec d’autres individus « c’que j’aime c’est quand je rentre chez moi et la j’ai mon ordi j’lallume et j’me met devant ma série (rire) c’est genre un moment à moi euh y’a le monde y peut s’écrouler j’men fou quoi, faut pas m’déranger » [Hugo, 26ans] « (…) après quand j’ai fini ça m’dérange pas (réfléchit une minute) de parler de l’épisode mais pas pendant c’est mon moment ». Pratique qui reste néanmoins encore domestique, comme nous l’explique Hugo, c’est un moment à soi et pour soi. Nous avons pu le constater également avec Camille qui se confie « j’aime bien être tranquille, puis ça me détend aussi d’ma journée, en plus parfois tu t’prends la tête avec des gens ta juste envie d’être seule avec ta télé ou ton ordi et euh ouais voilà ». L’Internet voit en effet se développer bien d’autres formes d’interactions et de communications dont certaines se fondent sur l’exploitation de l’anonymat de ces espaces pour la fantaisie identitaire (s’inventer une autre vie). Cependant, des tensions peuvent être remarqué sur ces sites, tensions sur des points de vue qui diffèrent, mais encore le non respects des règles et des normes qu’imposent ces sites, couvert par la « fausse identité » que peuvent donner les individus. En effet, ces tensions sont suscitées par le succès qu’a rencontré le Web et ces forums de participation ouvert à des publics élargit et donc des publics devenant beaucoup plus hétérogènes. C’est pourquoi les règles partagées par toutes les utilisatrices et tous les utilisateurs de ces sites deviennent moins facile. Internet et les nouvelles technologies numérique ont alors constitué « un espace de possibilités pouvant recevoir des pratiques sociales en partie préexistantes ». Préexistantes avec les magazines, les fan-clubs ou encore les courriers de fans comme nous l’as précisé Dominique Pasquier avec la série Hélène et les garçons. Nous ne pouvons pas affirmer que l’internet a inventé les groupes de fans, mais il les a modifiés et a ainsi changé la signification d’être un fan. Ces technologies numériques ont simplement facilité ces nombreuses activités en fournissant aux « fans », des outils plus adaptés et ont rendu plus explicites et publiques ces pratiques de fan (écriture de fanfiction, échange de contenus etc…). Nous pouvons aussi regarder du côté des équipes de production qui sont maintenant toujours plus attentives aux activités des spectateurs de leur série, ils regardent leurs échanges et leurs créations et prennent en compte les discussions qu’ils leurs fournissent. Ces créations se retrouvent pour la plupart sur ces sites et forums dont un des plus connus « Fanfiction.net » qui compte des millions de membres et de tous horizons. Ce site met en scène des milliers de récits écrit par les fans dans plusieurs langues basés sur des séries mais également des films, des mangas etc….

Aujourd’hui, avec l’aide du Web, certaines de ces créations peuvent se prévaloir d’un public de dizaines de milliers de personnes et ainsi rencontrent un tel succès qu’elles en viennent à intégrer la gamme des produits dérivés de l’œuvre originale certifiés par la production (goodies que nous avons traités précédemment). Quelques auteurs de fanfictions acquièrent une véritable notoriété parmi les fans et leurs productions.

Conclusion :

Malgré le fait que ce sujet ait été souvent traité par des auteurs tels que Clément Combes, nous avons choisi d’analyser cet objet sous l’angle de la pratique culturelle. Nous nous étions demandé quel pouvait être l’impact du numérique sur la consommation de séries. Puisque, comme nous pouvons le constater tout autour de nous, le numérique a impacté tout notre environnement, changeant ainsi nos façons de communiquer entre nous (SMS, réseaux sociaux, forum de fan séries), de travailler (ordinateurs, ERP, RFID), de s’amuser (jeux vidéo, séries télévisées comme avec Netflix, streaming), modifiant ainsi nos habitudes, notre culture et même notre perception de l’environnement, du monde. Le numérique permet d’aller plus vite, de faciliter les choses, de faire plus de choses.

Nous avons donc observé des changements apportés par le numérique sur le cadre de la pratique (e.g plateformes de streaming), mais aussi sur la façon de visionner (e.g les activités de fan sur les réseaux sociaux). Les outils techniques du numérique ont évolués. Comme pour le visionnage de séries, on regarde les séries sur des supports mobile comme la tablette, le téléphone portable, l’ordinateur portable. On le voit également avec l’essor de nouvelles pratiques comme le streaming avec Netflix, des sites web spécialisés ou des forums. Le numérique a permis en effet l’essor de nombreux sites web et propose également un vaste choix. Ainsi, le succès des séries peut principalement s’expliquer par l’arrivée du numérique qui a donné un essor à l’industrie de l’audiovisuelle. L’offre s’est démultipliée ainsi que la demande, elle est également devenue bien plus accessible avec un coût plus raisonnable. Il y a eu des améliorations techniques comme la qualité de l’image et du son lors de la production. Mais on remarque aussi une évolution du public, avec de nouvelles pratiques qui ont vu le jour, notamment les fan séries, les goodies, permettant ainsi de partager son attachement aux séries. Les fans s’identifient souvent aux personnes des séries, et les séries font l’objet de discussion, d’échanges sur les forums. Nous regardons une série individuellement mais nous la partageons par la suite avec d’autres personnes. Avec le Web, certaines séries peuvent rencontrer un tel succès qu’elles en viennent à intégrer la gamme des produits dérivés de l’œuvre originale certifiés par la production, le Web participe à la diffusion de séries et participe à leur popularité.

Le numérique a donc un fort impact sur la consommation de séries, mais en réalité le numérique impact tout notre environnement. Que ce soit dans nos façons d’interagir avec les autres, dans notre lieu de travail, dans nos déplacements mais aussi un impact considérable sur notre environnement puisque le numérique engendre une pollution qui n’est pas négligeable. Le numérique tient une place très importante dans notre société, à un tel point que les machines commencent à remplacer de plus en plus les Hommes, comme avec l’intelligence artificielle par exemple. On peut alors se demander jusqu’où ira-t-on dans les innovations numériques ? Avec l’arrivée du numérique, sommes-nous de moins en moins capable de faire les choses par nous-même ? Est-ce que le numérique ne nous rendrais pas dépendant de la technologie, du numérique ? Quel impact a le numérique sur nous, sur l’humanité ?

 

 

ANNEXE : (guide d’entretien ; Figures)

Nous avons pour le bien de notre enquête, nous avons mené une étude qualitative, en effet ce choix nous a paru judicieux afin d’approfondir et de comprendre les attitudes des individus face à leur pratique de consommation des séries. Grâce à ces divers entretiens, nous avons pu au mieux établir notre plan d’étude et découvrir une autre façon d’aborder la pratique de consommation des séries. Nous avons interrogé 5 personnes ayant une moyenne d’âge allant de 21ans à 26ans comportant une majorité de femmes. Les prénoms ont été modifiés afin de préserver l’anonymat de nos enquêtés.

  • Camille, 21ans étudiante en Sociologie. Fan de série, fortement investie sur les réseaux sociaux.

 

  • Agnès, 23ans étudiante en économie. Egalement très active sur Internet, faisant partie d’un « groupe » de fan sur la série The Walking Dead

 

  • Jeanne, 24ans ancienne étudiante en double licence de droit et de science. Elle considère les séries comme un simple hobby, cependant elle peut le pratiquer de manière « extrême » comme le Binge-Watching.

 

  • Hugo, 26ans travaillant dans l’hôtellerie. Regarde des séries en grandes quantités, mais n’est pas très présent sur les sites et forums. Cependant il s’informe beaucoup sur les séries qu’il regarde.

 

  • Anaïs 24ans, étudiante en communication. N’est pas sur des blogs, forums mais regarde davantage de série que les autres enquêtés.

 

 

Guide d’entretien :

Profil de l’enquêté :

  • Âge
  • Statut
  • Habitation
  • Professions des parents
  • Revenus

Question sur les Supports de pratique

  • Outil ? (Téléphone, ordinateur, télévision…)
  • Plateforme (streaming illégal, Netflix, Amazon vidéo, tous en même temps ?)
  • Lieu de pratique ? (Transport, chez soi, chez autrui…)
  • Temporalité et rythme ? (W-E, soirs…)

Question sur la Consommation de séries

  • Quand et comment découverte de première série ?
  • Est-ce une pratique plutôt individuelle ?
  • Consultez-vous des blogs, forums sur votre série préféré ?
  • Organisez-vous des soirées à travers votre passion sur les séries ?
  • Vous-êtes-vous déjà identifiez à un personnage ?
  • L’arrivée du numérique vous a-t-il permis de changer vos habitudes sur votre consommation ?
  • Binge-Watching ? Ressenti par rapport à la « pratique normale » ?
  • Pratiques parallèles ? (Partage des réactions pendant ou après visionnage ? Réseaux sociaux ?)
  • L’Internet est-il un moyen pour vous de faciliter votre communication autour des séries ?

Autour de la série

  • Suivi de l’univers de la série dans les conventions ? Connaissez-vous les conventions portées sur les séries ? Avez-vous déjà participé ?
  • Partagez-vous des informations sur les réseaux sociaux ?
  • Questions autour des Fanfiction
  • Intérêt studio de production ? Coulisses ? Intérêts sur nouvelles sorties du studio/Acteur/Genre.

 

 

Figures :

Figure 1 : Site de Royal évènement

 

 

Figure 2 : Goodies (figurines ici) de la séries The Walking Dead

 

 

 

 

Bibliographie :

  • AKRICH, Madeleine. La description des objets techniques In : Sociologie de la traduction : Textes fondateurs [en ligne]. Paris : Presses des Mines, 2006 (généré le 01 février 2018). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pressesmines/1197>. ISBN : 9782356710239. DOI : 10.4000/books.pressesmines.1197.
  • COMBES Clément, « Du rendez-vous télé » au binge watching : typologie des pratiques de visionnage de séries télé à l’ère numérique‪ », Études de communication, 2015/1 (n° 44), p. 97-114. URL : https://www.cairn.info/revue-etudes-de-communication-2015-1-page-97.html

  • GLEVAREC Hervé, La Sériephilie. Sociologie d’un attachement culturel, Paris, Ellipses, Collection « Culture Populaire », 2012.

  • GRANJON Fabien, Reconnaissance et usages d’internet. Une sociologie critique des pratiques de l’informatique connectée, Paris, Presses des Mines, 2012, 216 p.

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