Faire Simple : Petit site de consultation à l’égard des honnêtes citoyens

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Faire Simple : Petit site de consultation à l’égard des honnêtes citoyens
Ou comment l’avis des citoyens est sollicité pour faciliter les démarches administratives.
par Hind SEDJARI

Introduction

Historiquement, l’État, tel qu’il nous a été donné de le voir jusqu’aujourd’hui, fonctionne dans une verticalité de l’information vis-à-vis des citoyens. L’information a toujours été réfléchie, construite et diffusée par des hautes instances qui peuvent paraître décalées en comparaison au « peuple ». L’information top down est au coeur du fonctionnement des institutions de l’État. Les élus politiques, incarnent les dispositifs de démocratie représentative telle qu’elle est vécue aujourd’hui dans les démocraties de masse. Ainsi, la réflexion est menée dans les hautes instances puis diffusée auprès de ceux qui sont au coeur de ces dispositifs : les citoyens. Le citoyen reçoit l’information et vit dans une forme de passivité à l’égard des décisions prisent en haut.
Toutefois, depuis plusieurs années, on observe une véritable volonté de l’État de changer ses fonctionnements institutionnels, de sortir de cette dichotomie entre l’État, ses institutions et les citoyens. Si ces fonctionnements sont structurels, ils sont d’autant plus difficiles à proscrire, à transformer ou encore à moderniser.

Je propose ici de se libérer d’une vision quelque peu opportuniste et cynique que l’on porte souvent sur les institutions de l’État et de regarder, non pour dire s’Il fait bien ou mal, mais observer ce qui met en oeuvre.
L’Etat a besoin de faire preuve d’adaptation, d’agilité et de réactivité. Pour participer à sa propre modernisation, le numérique est au coeur des changements. L’expérience numérique, l’avènement des nouvelles technologies, la manière dont nous recevons, traitons et analysons l’information est tout à fait nouvelle. La capacité à produire des données, à les stocker –encore avec quelques difficultés- soulèvent des questions sur la manière dont avancent nos démocraties et les modes de gouvernance qui en découlent.
L’outil numérique, central dans ces enjeux de modernisation, participe à la manière dont l’État exerce dorénavant sa démocratie et permet au citoyen d’être acteur. La valeur ajoutée du numérique dans les modes de gouvernance se traduit par  plusieurs modes d’idéation, qu’il s’agisse de design des politiques, de nouvelles formes de management et d’organisation ou encore de nouvelles manières de faire participer les citoyens activement aux décisions qui les concernent. C’est ainsi qu’émerge la démocratie participative en France, on la retrouve sous plusieurs formes, ateliers citoyens, instances de débat dans les quartiers, à la CNDP, mais on la retrouve aussi et plus difficilement à l’échelle nationale.
C’est le défi que s’est lancé l’administration d’État au travers du SGMAP –secrétariat général pour la modernisation de l’action publique-. Faire participer les citoyens, à travers une plateforme et leur donner la place et l’espace pour s’exprimer sur un sujet qui les concerne particulièrement : la simplification des démarches administratives.
Le site Faire Simple est la première plateforme pérenne et nationale, dédiée à la consultation citoyenne. Son champ d’intervention est dévolu à un thème spécifique : la simplification des démarches administratives. Ce sujet, porté politiquement par plusieurs présidents de la République revêt plusieurs formes. Nous le verrons par la suite, qu’il s’agisse de rationaliser les coûts de l’État, de réformer des administrations qui se suppléent sans réel sens ou encore d’alléger le travail des agents, le choix est fait : appeler les citoyens à s’exprimer sur les démarches qui les irritent le plus.
Toute la difficulté alors est de ne pas mettre en concurrence les institutions de la représentativité (ici les élus et l’Administration) et les citoyens. Bien conscients des limites des enjeux liés au numérique (accessibilité pour tous etc…), le numérique reste un vecteur essentiel à la transmission de l’information et la participation citoyenne. C’est donc de cette expérience que l’État veut se saisir à travers cet outil innovant pour construire une expérience commune et collaborative.
C’est donc sur cette plateforme que nous allons nous concentrer pour ce travail de recherche. La question est de comprendre : Comment à travers une plateforme numérique de consultation citoyenne dédiée à la simplification des démarches administratives, l’État tente de déjouer la dichotomie structurelle qui l’oppose aux citoyens et quels usages réels sont observés sur la plateforme ?

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