DC Comics : une nouvelle sociabilité numérique ?

Par Stacy DAVID et Chloé FLEURY

Introduction

Selon l’institut GFK (société pour la recherche sur la consommation), le chiffre d’affaire des éditeurs est passé de 1,38 milliards d’euros en 2010 à 690 millions d’euros en 2015. Avec l’arrivée du numérique et de l’Internet, la consommation de films et notamment de séries s’est vu croître de manière exponentielle. En effet, les plateformes de streaming, de téléchargement illégal, de replay et d’applications – tel que Netflix, Amazon Prime Video – ont permis aux internautes de consommer davantage et à moindre prix. Par ce biais, l’univers DC Comics et d’autres se sont développés. Par ailleurs, les réseaux sociaux, blogs et sites apportent une nouvelle dimension à cette consommation : critiques, commentaires… une interactivité accrue apparaît. Aujourd’hui, le numérique fait partie intégrante de notre vie et de nos sociétés, la sociabilité ne s’exerce plus uniquement hors ligne mais aussi en ligne notamment par la constitution de communauté spécifique tel que celle lié à l’univers DC Comics. Dans notre cas, on voit apparaître en ligne de nouvelles pratiques autour des fans.

Ainsi, de quelle manière les fans échangent-ils autour de l’univers DC Comics ? Après avoir identifié ce qu’est une série, nous nous focaliserons sur l’univers DC Comics autour de son histoire, de son influence puis de son impact avec le numérique. Enfin, nous verrons dans une dernière partie la sociabilité qui s’établit en ligne et hors ligne amenant à l’apparition d’une communauté spécifique à l’univers DC Comics.

Pour procéder à la réalisation de ce dossier, nous avons mené quatre entretiens avec des personnes se disant fans de cet univers et d’autres adhérant à cet univers sans se catégoriser comme tel. De plus, nous nous sommes intéressées aux échanges en ligne. Pour se faire nous nous sommes focalisées sur un site web qui nous paraissait être intéressant de par le contenu de ces échanges et la diversité des sujets proposés. Nous avons aussi remarqué que les réseaux sociaux pouvaient servir pour échanger et dialoguer autour de cet univers. Sur Twitter les utilisateurs dialoguent autour des sorties, réactions suite aux films. Quant à Instagram ce dernier permet de montrer ses collections personnelles d’objet, de créer des pages fans et proposer des informations sur l’univers de manière générale.

I) Les séries et leur consommation

Les séries ont commencé à se développer depuis les années 40 et 50 que ce soit aux Etats-Unis, en France ou en Angleterre. Le développement est différent d’un pays à un autre, mais la télévision de manière générale commence sérieusement à s’intéresser aux séries. C’est donc à travers le temps, que leur développement n’a cessé de grandir et laissé place à une diversité de genre de série, que ce soit la science-fiction, dramatique, comédie ou même historique. Les séries rencontrent un grand succès, mais leur développement prendra une forme beaucoup plus grande à partir des années 2000, où les moyens financiers deviennent au fur et à mesure plus grand permettant d’avoir une qualité aussi bonne que ceux déployer dans un film. Dans cette partie nous allons tout d’abord nous intéresser à un bref historique sur les séries, et plus précisément sur celles des DC comics. Puis dans un deuxième point, l’analyse se portera sur les critères qui font une série selon le point de vue des enquêtés.

A) Historique sur les séries : création, développement…

Avant de présenter l’historique des séries par rapport à notre sujet, il faut tout d’abord définir ce qu’est une série. En effet, le mot « série » est un terme polysémique doté de plusieurs sens.

En anglais, le mot series désigne une suite d’émissions, sans distinction de genre, c’est-à-dire que cela peut tout aussi bien être une série documentaire, de téléréalité, ou d’émissions d’information. Pour les émissions de téléréalité, le terme générique de unscripted series (séries sans scénario) définit d’ailleurs bien mieux ce genre très divers que la mention trompeuse de la notion de « reality shows. » Quand il s’agit de fictions, on désigne par drama les séries dramatiques, par comedy les séries humoristiques, par soap opera les feuilletons quotidiens, par miniséries les séries à nombre d’épisode fixé d’emblée, et par TV movie le téléfilm.

Nous avons demandé lors de nos entretiens de définir ce qu’était une série selon nos enquêtés.

Dorian : « C’est un moyen vidéo ludique en plusieurs saisons disposé en plusieurs épisodes… Qu’on peut regarder à la télé, qui passe sur Netflix par exemple, les plateformes de téléchargements illégales. »

En soi à travers cette brève définition de ce qu’est une série, on peut la définir comme une œuvre de fiction à épisodes, créée pour la télévision de manière générale et diffusée à un rythme quotidien ou hebdomadaire sur une période indéfinie, dont les personnages, la thématique ou la forme narrative sont des éléments constants.

Depuis maintenant plusieurs années, notamment à partir des années 2000 les séries ont connu une évolution spectaculaire. Cela peut s’expliquer par les différents moyens mis à dispositions des personnes pour regarder les séries (télévision, ordinateurs, tablettes…) à partir de différentes plateformes légales ou illégales permettant une distribution beaucoup plus grande.

En tout cas durant la deuxième moitié du 20ème siècle seulement deux séries ont réellement su imposer l’univers DC comics : Les aventures de Superman diffusé de 1952 à 1958 comptant 6 saisons et près de 104 épisodes mais qui s’arrêta à la mort de l’acteur principal, puis Batman diffusé de 1966 à 1968 avec trois saisons et 120 épisodes qui s’arrêta malgré le succès rencontré, l’argent gagné ne suffisait pas à couvrir les moyens mise en œuvre pour la produire.

Mis à part cela, la série qui apparait comme la plus emblématique dans l’univers DC Comics est Smallville. En effet, cette dernière comprend un éventail de dix saisons avec près de 218 épisodes de 2001 à 2011. A travers cette série nous pouvons mettre en avant des différences entre l’univers DC comics et la série en elle-même. Tout d’abord, Clark Kent et Lex Luthor n’ont jamais été amis dans les comics alors qu’ils le sont dans la série. Le meilleur ami de Clark Kent n’est pas le même dans le comics et la série. Il y a même l’histoire selon laquelle Lana Lang serait une descendante d’une sorcière française protectrice de pierre kryptoniennes, alors qu’il n’en est rien dans les comics. De plus, on peut remarquer que la série change quelques détails par rapport aux personnages dans l’univers DC comics. En effet, dans les comics ce n’est pas Green Arrow qui réunit la ligue des justiciers mais Superman. Puis, on peut distinguer un autre détail dans la série : Lex Luthor qui transforme Victor Stone en Cyborg, tandis que dans les comics, c’est son père qui le transforme pour sauver la vie de son fils.

Il est flagrant que c’est surtout à partir des années 2010 que l’on rencontre un grand succès au niveau des séries comics. En 2012 débute Arrow qui connait à son actif sept saisons pour l’instant, ensuite en 2014 il y a Flash avec cinq saisons, de même pour Gotham… L’univers DC Comics s’étend de plus en plus, rencontrant de meilleures échéances qu’auparavant du fait qu’il touche un public plus grand (adolescents et adultes). Cependant, il reste toutefois à nuancer cette idée, car même si les séries comics rencontrent du succès, l’audience décroît de plus en plus du fait du nombre de séries qui sortent aujourd’hui, les personnes ont tendance à ne regarder que les premiers épisodes.

A partir de ce moment-là, nous allons essayer de définir quels sont les critères recherchés dans une série par le biais de nos entretiens, mais aussi de nos lectures.

B) Les critères recherchés dans une série

Définir une série semble plutôt simple, mais quand est-il de définir les critères d’une série ? Il apparaît avant tout qu’une série doit proposer un bon synopsis pour attirer le plus grand nombre de personne, mais cela ne fait pas tout. Les critères recherchés dans une série dépendent des uns et des autres, mêmes si la plupart des critères principaux se rejoignent. Tout d’abord on pourrait avancer l’idée qu’une série se doit être intéressante par le biais de son histoire, qu’elle soit aussi constante, qu’elle ne reproduise pas ce qui a déjà été fait ou alors sous un nouveau jour, qu’elle soit originale, parfois sérieuse et surtout qu’elle ne se répète pas. On peut remarquer par le biais de nos enquêtés que les critères qui leur sont les plus importants soit :

Abdoulaye : « selon moi une série doit avoir un synopsis qui attire la curiosité, ensuite il lui faudrait un bon premier épisode qui te donne envie de voir la suite sans te poser de questions. Elle devra aussi éviter le scénario recycler pour éviter d’ennuyer le spectateur. Toute bonne série à un personnage principale avec une histoire passionnante ou avec un certain charisme, cela nous permettra de ne pas l’oublier et de nous y attacher. »

Selon Abdoulaye, une série doit avoir un bon synopsis pour attirer les personnes ainsi qu’un premier épisode qui marque les esprits afin de pouvoir se laisser-aller pour regarder les autres épisodes. Cependant, on peut comprendre que si le visionnage des épisodes suivants ennuie la personne pour différentes raisons, les personnages, les scénarios et qui finissent par décevoir, les personnes décrochent instantanément et regardent ailleurs. Au final, une série doit être captivante jusqu’au bout, se renouveler sans cesse pour éviter de se répéter et perdre l’intérêt de ses spectateurs.

D’autre part, nous avons Maxence qui nous définit un certain point de vue intéressant au niveau des séries.

Maxence : « pour en revenir sur les dc comics, bah je vois pas trop comment tu peux enfin faire des histoires, tu sais des histoires un peu plus poussées où il y a pas mal de détail sur un film qui va durer une heure et demie, voire deux heures. Alors que sur une série tu sais que ça va durer quoi dix heures la première saison à peu près et tu as le temps de bien mettre les choses en place et tout ça… »

D’après son interprétation des choses, Maxence rend compte que dans le cadre d’une série l’histoire qui se développe revient tout de suite plus intéressante que celles qui sont traitées dans les films. En effet, l’argument principal qu’il avance touche au « sens du détail ». Ce critère est mis en avant par un grand public. Il est vrai que dans une série, l’histoire est en générale plus détaillée permettant d’entrevoir plus loin certaines situations et comprendre alors la complexité des différentes histoires qui ont lieu au sein d’une même série. En effet, on peut voir la construction des personnages au fil du temps comme on le remarque à travers Gotham par exemple. Ce DC Comics permet de connaître l’histoire et surtout l’évolution de différentes personnes tel que Batman, le Joker, le Pingouin et encore d’autres. A travers cet exemple, on assiste à des détails beaucoup plus poussés du fait de nombreux épisodes dispatchés en plusieurs saisons. Tandis que dans un film on ne peut qu’entrevoir une partie de l’histoire et non toutes celles qui viennent s’ajouter tout autour, constituant alors une masse de détails impressionnants.

Comme nous avons pu le démontrer à travers ces données qualitatives, les critères d’une série sont pluriels et différents.

II) L’univers DC Comics

Pour commencer, les comics, ou « comic books » signifie pour les Américains la bande dessinée. Dans le sens où l’on entend généralement, cela désigne plus spécifiquement la bande dessinée américaine, qu’on distingue de la bande dessinée européenne et des mangas japonais. Les américains ne distinguent aucune différence entre ces différents types de bande dessinée. En premier lieu, les débuts des comics se situent à la fin du 19ème siècle avec The Yellow Kid in McFadden’s Flats en 1897. C’est à partir des années 30 que l’univers des DC comics émerge, précisément en 1938 avec la création d’un « kryptonien ».

Il en va tout d’abord de commencer par l’histoire de la création des DC comics ainsi pouvoir montrer l’évolution de ce domaine au fil du temps. Ensuite, il sera pertinent de voir de quelle(s) manière(s) cet univers influence et plus particulièrement du point de vue des individus. Pour finir nous verrons comment le numérique à influencer les DC Comics.

A) L’histoire de la création des DC comics  

Pour expliquer l’histoire de la création des DC comics, il revient à différencier différents périodes montrant l’évolution subit au sein de cet univers. C’est donc par le biais de quatre périodes que nous allons montrer l’apparition de cet univers et des mutations subit jusqu’à aujourd’hui.

Tout d’abord, il y a le l’âge d’or de cet univers à partir de 1938 jusqu’en 1955 montrant le succès qu’à remporter les DC comics auprès des personnes.

C’est donc à partir de 1938 que l’univers DC comics prend réellement forme avec l’apparition de Action Comics sur le marché publié par DC Comics. Ce dernier rend compte de la première apparition du personnage célèbre « Superman », crée par Jerry Siegel et Joe Shuster. L’histoire de ce personnage est simple, c’est un extra-terrestre seul survivant de sa planète disparue avec des pouvoirs extraordinaires, qui les utilise à des fins de combattre le crime sur Terre. Cette première apparition de « super-héros » rencontre un succès incroyable et conduit à la vente de millions d’exemplaires. Avec l’emballement de cette réussite DC comics crée Detective Comics avec cette fois l’apparition de « Batman », ce qui a été une nouvelle fois un grand succès. Avec la Seconde Guerre Mondiale, les personnages de ces comics rencontrent une plus grande popularité du fait qu’ils se battent contre les ennemis des Etatst-Unis.

Cependant, l’âge d’or de DC comics va s’effondrer petit à petit. Cela est dû à un autre éditeur EC Comics devenu durant les années 50 le numéro un de l’industrie des comics. Cet éditeur s’est spécialisé dans les histoires d’horreurs d’une violence considérable. Même si cela rencontre énormément de succès en attirant plus que le public d’origine, c’est à dire les adolescents, les adultes vont y prendre part. Mais cette partie de l’univers crée par EC Comics se brise lorsqu’une personne, un docteur (Frederic Wertham) oublie en 1954 Seduction Of The Innocents. Cette critique se porte contre les comics, il les caractérise comme responsables de la délinquance des jeunes mais aussi du communisme. Ayant eu un écho très important, l’impact fût aussi vite ressenti sur la production des DC comics, en effet les industries ont dû crée un code d’autocensure appelé « Comics code » causant la disparition de toute ces horreurs. Par conséquent cela joue aussi sur la baisse de popularités des différents super-héros après-guerre, mise à part Superman et Batman qui y résisteront.

C’est alors à partir de ces différents évènements que l’on passe à un nouveau « monde » appelé l’âge d’argent. Cette période commence en 1956 et prend fin en 1972. Les comics apparaissent donc sous un nouveau jour, on parle alors d’une renaissance et d’un renouveau.

Cette période débute avec Showcase en octobre 1956. Ce numéro rend compte d’une nouvelle version du personnage « Flash » crée dans la période précédente comme beaucoup d’autres, « Wonder Woman », « Green Lantern » … En soi, le personnage de « Flash » ne garde que son nom de code et ses pouvoirs, tout le reste est nouveau. DC Comics relance en créant de nouvelles versions de ses personnages l’univers des comics.

Mais le renouveau se situe aussi ailleurs. En effet les super-héros ressortent à travers les différents comics (notamment à travers Marvel Comics) d’une manière différente, maintenant ils ont leurs défauts et apparaissent humains. C’est alors via ce principe de « héros imparfaits » qui se retrouvent dans toutes les créations de Lee et Kirby (Hulk, Thor…). L’exemple de Fantastic Four rend compte de tout cela, les quatre héros ne correspondant pas aux codes de héros, se disputant et ayant affaire à d’autres problème de celui de sauver le monde. Par-là le renouveau s’exprime aussi en s’intéressant au monde réel (drogue, racisme…). A travers cette période, l’évolution des comics s’explique par le biais qu’ils deviennent plus réfléchis et mûrisses.

C’est à partir de 1973 qu’une nouvelle période prend forme celle de la maturité des comics, appelé l’âge de bronze.

Cette période se caractérise par le fait que les comics perdent tout caractère « innocent ». Cela débute en mars 1973 où la petite amie de Spider-Man meurt dans les pages de Amazing Spider-Man. Cette mort est la première qui marque la disparition d’un personnage important d’une série. Cela cause des effets considérables au niveau des passions chez les lecteurs. Par la suite d’autres morts ont lieu comme avec Robin le premier compagnon d’armes de Batman. En soit, ces histoires peuvent être considérés comme le symbole de l’entrée des comics dans l’âge adulte. C’est grâce au fait que les histoires deviennent plus sérieuses et plus tragiques qu’apparaît une nouvelle forme de maturité qui au fur et à mesure devient plus riche comme on peut le voir à travers The Dark Knight Returns de Franck Miller.

C’est aussi à partir de cette période qu’apparaît un phénomène aperçu de manière ambigu, aussi bien positivement que négativement : le méga crossover. Ce phénomène se caractérise par le fait que plusieurs personnages ne se rencontrent plus seulement mais vivent une histoire ensemble. C’est Marvel qui en 1984 publie Secret Wars, une mini-série impliquant tous ses personnages. Cela rencontre un succès phénoménal et encore aujourd’hui.

Apparaît alors l’âge moderne de 1992 jusqu’à aujourd’hui, se montrant sous un nouveau jour, celui de la décadence.

Cette période se caractérise seulement par le fait qu’on ne se situe plus dans l’âge de bronze. Cet âge est associé à la naissance d’Images Comics du fait de son impact sur l’industrie des Comics. Images comics apparaît lorsque plusieurs auteurs, créateurs quittent Marvel pour créer cette maison d’édition. Le concept de cette dernière est de créer leurs personnages creator-owned, c’est-à-dire dont les droits appartiendront en intégralité à leurs créateurs. Le succès est de taille dépassant toute attente.

Durant les années 90, ce sont les noms qui font vendre, les histoires en elles-mêmes ne sont pas très complexes. Outre cela, les comics deviennent l’objet de collection du fait du boom qu’ils connaissent. En réponse aux créateurs de Images Comics, Marvel et DC encadrent de plus en plus fermement les auteurs.

Par ailleurs, cette période où l’argent coule à flots ne dure pas, du fait des vente qui finissent par s’effondrer. Mais à partir des années 2000, les comics se renouvellent : les scénarios sont plus travaillés. De plus, c’est une nouvelle génération d’auteurs qui émerge (Mark Millar, Brian Micheal Bendis…) et de véritables passionnées dirigent Marvel et DC (Joe Quesada et Dan Didio). Le Comic Code appartient aux périodes précédentes, permettant de nouveau une liberté totale dans cet univers. C’est surtout durant ces années que les comics s’imposent dans la culture du « grand public » à travers le cinéma, les séries et les jeux vidéo.

B) L’influence de cet univers au travers des séries, BD et films

L’influence de l’univers DC comics se fait à travers différents supports. Nous nous sommes concentrées sur les séries de manière principale. Mais cela se passe à travers d’autres supports tel que les comics et les films. L’influence de cet univers s’étend ainsi à tous les domaines de la culture. Ceci va alors permettre aux individus de créer des liens entre eux de façon particulière. Lors de notre entretien réalisé avec Dorian et Maxence, ce dernier nous expliquait connaître les DC Comics grâce aux dessins animés et à la volonté de son père qu’il les regardent.

Maxence : « Parce que moi justement en fait c’est mon père qui m’a mis devant parce que ça t’inculque quand même tu sais un peu d’éducation […]. Et après tu vois je pense que mon père il a voulu un peu perpétuer un peu genre les traditions. Ça t’inculque des valeurs morales ».

Ainsi on peut clairement voir que l’influence de cet univers est bien au-delà des séries et même des générations.

Il est possible d’expliquer cela par le fait que cet univers peut être perçu comme étant éducatif. En effet les personnages sont des super héros ayant des pouvoirs ce qui peut relever du mythe ou du fantastique mais néanmoins les scénarios sont pensés de façon à faire passer un message a un public plus jeune. Les épisodes ainsi que les films veulent transmettre des principes moraux et des valeurs avec un enseignement à la clef. L’exemple le plus probant est celui de Batman ou Superman qui combattent les méchants afin de protéger leurs villes ainsi que ses habitants. D’autres valeurs peuvent aussi être transmisse tel que le respect de la famille ou des amis.

Comme nous l’avons vu dans la partie précédente les DC Comics ne sont pas nouveaux, ni leurs influences. Ce qui peut être considéré comme nouveau et qui a permis d’étendre leur influence, c’est le développement de série diffusé et créé par les Etats-Unis mais aussi de la création d’une communauté autour de ces derniers. En effet, le phénomène des DC Comics a pris une telle ampleur et a créé un engouement avec la création de conventions. Ces dernières sont des lieux de rassemblement pour les fans avec la venue des acteurs de séries, de films ainsi que les dessinateurs. Les participants sont tous « fans » de cet univers et viennent très souvent déguisés en personnage pour montrer leur attachement à ces derniers.

Abdoulaye : « En France les conventions n’ont pas le même air car les espaces sont plus petits et les grands éditeurs de comics sont assez timide sur les événements, par exemple à la convention de San Diego les acteurs de films sont présents, les auteurs de certains grands comics et les dessinateurs aussi. En France on peut y retrouver certains de ces personnes mais pas autant. »

Comme nous l’explique Abdoulaye, ces conventions aux Etats-Unis sont importantes et mobilisent fans, acteurs, dessinateurs. On peut constater l’importante de cet événement et les réactions que cela suscite. Ces conventions permettent la création d’une communauté soudée autour des DC Comics et des différents univers proposés. Internet ainsi que les réseaux sociaux permettent aux fans d’échanger, de se rencontrer mais aussi de donner leurs avis sur les dernières productions. Lors de la sortie, très récemment de Justice League, des pétitions sont apparues afin que le producteur soit changé puisque ce dernier n’avait pas réalisé quelque chose de « correct » aux yeux de la communauté et plus largement des passionnés de cet univers. 

On peut alors y voir la création d’une « communauté » qui lient les individus entre eux autour de cet univers – les DC Comics. Comme cette partie l’explique, l’univers des DC Comics n’est pas réellement nouveau et a connu de nombreuses transformations en traversant les décennies mais aussi en sachant s’adapter à la société, aux valeurs et aux attentes des individus. Il répond à des codes spécifiques et créer dans le même sens une communauté qui lui est propre. On peut voir les DC Comics comme une instance de sociabilité à son échelle avec ses propres codes mais aussi le fait qu’ils ont eu la capacité de s’adapter aux nouvelles attentes, normes de la société.

C) Le numérique et les DC Comics

L’univers DC Comics a su s’adapter aux changements des dernières décennies en termes de demandes et d’attentes du public en se transformant. L’engouement et l’essor de cet univers est en parti dû au numérique et aux réseaux sociaux. En cherchant à se renouveler et s’adapter aux demandes et attentes, cette maison d’édition a réussi à s’approprier le canal d’information proposé par le numérique et plus précisément par les réseaux sociaux. Autrement dit, les DC Comics ont réussi à continuer d’être connu, apprécier et répondre à la demande via les réseaux sociaux.  

Cet univers fantastique n’est pas nouveau mais réussi le fait de toucher plusieurs générations au travers des contenus qu’ils proposent. En effet, DC Comics n’est pas seulement le fait de proposer des séries ou des films mais de proposer également des comics c’est à dire des BD, des produits dérivés… Les générations des années 1980-1990 sont plus axées sur les réseaux sociaux et c’est une population dont la maison d’édition cherche à toucher plus largement, mais aussi les générations suivantes. En effet, la présence et la promotion des différents contenus proposés par DC Comics cherche à toucher un public plus large ayant moins de connaissance que les fans de cet univers. De cette façon, les réseaux sociaux sont utilisés pour proposer des contenus en exclusivité, tel qu’avec des teasing pour susciter un intérêt plus important de la part du public. Ici, nous pouvons prendre l’exemple du dernier film proposé par DC Comics « Aquaman » qui est sorti le 19 Décembre 2019 (en France) et dont une partie de la promotion s’est effectuée par Twitter, en proposant des liens sponsorisés, en mettant le film en top tendance mais aussi avec des interviews exclusivement pour des médias en ligne des acteurs.

Compte Twitter « Aquaman Movie » le 15 janvier 2019

Cette façon de promouvoir se fait également pour d’autres films et séries produits par la maison d’édition. Ainsi, cette façon de diffuser des contenus permet, comme nous l’avons expliquer, de susciter l’intérêt du public mais également de connaître l’accueil potentiel de la part de l’audience. Cette promotion en ligne permet à DC Comics de mesurer son audimat mais aussi d’obtenir un premier retour sur la production et cela à moindre coût.

Afin de diversifier sa production mais aussi de répondre à la demande DC Comics proposer également des produits dérivés aussi nommé Goodies. Les fans de cet univers s’en procurent de façon plus ou moins régulière ces derniers pouvant provenir directement de DC Comics ou être non officiel. Ici, ce qui est non officiel sont des produits dérivés n’étant pas la production de DC Comics mais provenant de la fabrication, l’imagination ou la création d’autres fans. Sur le site « DC Planet » une section est dédiée au fan art, des comptes/pages Instagram sont créés dans le but montrer sa collection personnelle ou de proposer à la vente des produits fabriqués. Des passionnés proposent à d’autres passionnés ou non d’acquérir des produits dérivés de l’univers tel que des peintures, dessins, objets décoratifs, stickers…

On peut donc se demander de quelles manières DC Comics a réussi ce tournant du numérique. Un premier élément de réponse peut être le fait de proposer un contenu télévisé différent. Les séries proposées ne sont pas des séries animées mais des séries où des acteurs jouent le rôle du super-héros, de cette façon cela s’adresse à un public plus adulte. En effet, certaines séries tel que Gotham ont tendance à être plus sombres, plus psychologiques et plus complexes attirant de ce fait un public adulte. D’autre part, le numérique a joué un rôle non négligeable dans le succès et le renouvellement de l’offre de DC Comics. On peut ici prendre l’exemple de la série Arrow qui a permis d’élargir son public. Abdoulaye tout comme Jules nous explique que c’est grâce à cette série qu’ils se sont intéressés à l’univers DC Comics :

Jules : « Quand je suis vraiment tombé dedans c’est grâce à Arrow parce qu’il y avait vraiment beaucoup d’action, euh… l’intrigue était plutôt sympathique et je connaissais pas vraiment ce héros. Dans les DC Comics on parle surtout de Superman et Batman, et là on peut dire que c’est un héros secondaire des DC et donc il y a pris une place importante grâce à la série »

On remarque que l’univers a su conquérir un nouveau public en renouvelant ses contenus. Les DC Comics ne sont pas inconnus du grand public mais ils ont eu la capacité d’arriver à capter une nouvelle audience en se diversifiant. Ainsi, la stratégie de DC Comics de miser sur d’autres héros moins connus au travers de séries a été payante notamment grâce aux supports numérique (sites de streaming…). Tout ceci a permis à DC Comics de se créer une audience plus importante, se transformant même en une communauté qui va venir jouer un rôle sur la sociabilité des fans.

III) Les DC Comics et la sociabilité

Comme nous l’avons vu dans les parties précédentes les séries et plus spécifiquement les DC Comics répondent à des attentes particulières et plurielles des individus. En effet, nos entretiens ainsi que nos recherches témoignent du fait que chacun se construit sa propre définition de série et ses attentes par rapport à cet univers. Néanmoins, depuis son existence les DC Comics éprouvent un cercle de connaisseurs, d’amateurs qui se regroupe entre eux et qui partage cette passion voire cet amour pour cet univers spécifique. Dans cette partie nous allons voir comment les échanges entre les individus se réalisent et s’organisent. De manière générale, nous pouvons dès à présent avancer l’idée que l’attachement – plus ou moins important à cet univers – permet de créer une « réelle » sociabilité entre les amateurs et/ou connaisseurs.

A) Les échanges entre les individus

L’univers DC Comics est spécifique tout d’abord par les aventures, le monde environnants et les intrigues qu’il propose. De cette manière, il existe peu d’autres « catégories » répondant à ces mêmes critères si ce n’est que Marvel qui est également une figure de ce milieu de Comics. On remarque alors que les individus qui sont amateurs de ce genre d’univers adopte un comportement spécifique. Ici, le mot spécifique ne doit pas être perçu comme étant péjoratif, stigmatisant voir stéréotype mais plutôt pour définir une ligne de conduite propre aux individus appréciant réellement cet univers. Au cours de nos différents entretiens, nous avons pu interroger Abdoulaye ainsi que Dorian et Maxence qui connaissent les DC Comics. Néanmoins, leur attachement et leurs échanges concernant ce dernier ne sont pas les mêmes.

Pour commencer nous allons nous intéresser à Abdoulaye et comment les DC Comics influencent ses échanges et ses liens sociaux. Ce dernier connaît particulièrement bien les DC Comics, il s’y est intéressé de manière anodine suite au visionnage de la série Arrow. Au cours du visionnage de cette série il décide de s’intéresser à l’univers dans son ensemble. Nous lui avons donc demandé si il échangeait avec d’autres personnes.

Abdoulaye : « Oui, il m’est arrivé plusieurs fois d’échanger avec des personnes sur les réseaux sociaux et en vrai, car pour moi cela me permet d’avoir une vision extérieure à la nôtre. Ça peut aussi nous aider à voir certaines choses qu’on a pas forcément vu et compris ».

On remarque ici tout comme pour Dorian que les échanges avec d’autres personnes lui permettent de se confier sur les scénarios, les mises en scène et tous les aspects liés à l’univers. Ces échanges ont pour but d’avoir un regard extérieur et d’obtenir la vision d’autrui sur l’histoire, ce qui s’y déroule et comment celle-ci peut être perçue par d’autre personnes n’ayant pas la même sensibilité. Un autre aspect de ces échanges est de faciliter la conversation comme nous l’explique Dorian et Maxence. Lors de la rencontre avec une personne qui nous est inconnu engager la conversation autour des DC Comics peut faciliter la discussion et même amener à nouer des liens. Ces dernières peuvent également être de l’ordre plus virtuelle avec internet et aboutir à l’acquisition de nouvelles compétences comme c’est le cas avec Abdoulaye. Ce dernier nous explique avoir créé de nouvelles amitiés enrichissantes, échangé avec des amateurs et connaisseurs mais aussi d’avoir participé à des projets.

Une autre variable est à prendre en compte, il s’agit du niveau d’investissement personnel mis en place lors du visionnage et l’intérêt qui peut s’en dégager. Autrement dit, si l’individu est passionné par cet univers et s’y intéresse particulièrement, il ira plus facilement créer des liens et faire des rencontres. Ces échanges peuvent être fait par le biais d’amis en commun, par les critiques ou l’intérêt pour un sujet faisant débat dans la communauté au sein de laquelle il s’inscrit. On peut alors prendre l’exemple de notre enquêté Mohamed, qui nous explique que lors d’un changement d’acteur pour une série ou un film il y a toujours un débat pour savoir si cela est bénéfique ou non. Néanmoins, même si l’investissement (comme c’est le cas chez Dorian et Maxence) est moins marqué cela n’empêche pas la communication entre les individus au contraire cela leur permet d’échanger.

De cette manière, on peut voir que les DC Comics est un univers regroupant de multiples adeptes plus ou moins passionnés qui permet de créer du lien social et même une communauté. C’est ce que nous allons essayer de voir et de comprendre dans cette seconde sous-partie.

B) La création d’une communauté à travers les événements « convention » mais aussi les médias

Comme nous avons pu le voir l’univers DC Comics est un univers riche, que ce soit au niveau des contenus proposés mais aussi de l’implication des individus. Néanmoins, une caractéristique commune les regroupe : leur passion et leurs intérêts communs pour cet univers abondant d’histoires. Dans les précédentes parties, nous avons retracé l’évolution des DC Comics. Un des aspects marquants de cet univers est l’implication des personnes et indirectement la création d’une communauté spécifique à DC Comics. Les réseaux sociaux et le numérique ont permis un partage plus important.

Ici nous nous référons au terme de communauté au sens large et commun, c’est-à-dire un groupe d’individu partageant un goût commun prononcé pour les DC Comics que cela soit au travers des BD, séries, films ou encore jeux vidéo. Ainsi, les rencontres entre ces adeptes se font par le biais d’internet avec les réseaux sociaux, des chats spécifiques, des forums… Il existe également des conventions ou des regroupements de fan pour que chacun puisse échanger son point de vue et son propre ressenti. Finalement il existe plusieurs façons de communiquer dans cette communauté : en ligne ou hors ligne, entre passionnés ou entre simple amateur.

Lors de notre entretien avec Abdoulaye ce dernier nous explique avoir pu participer à un projet directement en lien avec cet univers :

Abdoulaye : « J’ai pu écrire un article pour le blog ou site internet plutôt d’un ami que j’ai rencontré lors de mon BTS […] cet article était le review d’un comics que j’avais lu, j’ai pu donc présenter le comics et donner mon avis ».

On voit ici, que la communauté autour des DC Comics reste malgré tout très vaste, elle n’est pas uniquement centrée sur les séries mais regroupe les films et BD. De cette façon, l’entrée dans cette communauté n’est pas là uniquement dans le but de nouer de nouvelles relations, elle permet aussi de développer des compétences et de d’enrichir ses expériences.

La communauté DC Comics dépend réellement de l’investissement et des attentes de l’individu. En effet, les personnes dont l’investissement n’est pas fort c’est-à-dire qu’ils ne s’inscrivent pas dans une démarche plus poussée au-delà de la lecture ou visionnage de cet univers ne se sentira pas directement impliqué dans la communauté. Les personnes s’inscrivant dans une communauté développent une analyse critique comme c’est le cas avec Mohamed :

Mohamed : « L’univers DC Comics possède les héros les plus connus au monde, ceux qui sont sujet à la plus grande controverse (par exemple, dès qu’un nouvel acteur doit incarner Batman ou Superman, il est tout de suite sujet à un jugement constant du web jusqu’à ce que sa performance soit vue et deviennent convaincante). Leurs histoires ont plus de profondeur quand il s’agit de parler de ses personnages et les arcs ont notamment explores plusieurs possibilités intéressantes : mondes parallèles, voyages temporels, histoires alternatives… ».

On voit à travers cet extrait que la question du contenu proposé est importante mais pas la seule préoccupation. Il s’agit d’aller plus loin et d’analyser le fond et les mises en scène. Autrement dit, on ne s’intéresse plus seulement à l’intrigue mais aussi à la façon dont tout est mis en place, le choix des acteurs, le respect ou non par rapport à l’histoire du comics…

La communauté DC Comics dépend de l’investissement de chacun. Elle est un point important de cet univers et tend à devenir de plus en plus influente. En effet, les équipes de production (dessinateurs, réalisateurs, scénariste) restent sensibles aux attentes, aux regards et au retour de la communauté. Cette communauté est aussi très présente en ligne et n’hésite pas à échanger autour de tous les contenus DC Comics comme nous allons le voir dans la prochaine partie. Nous nous sommes basées sur le site DC Planet qui peut être considéré comme une des références dans l’univers DC en France.

C) Les communautés en ligne au travers de forums

Internet a donné une visibilité considérable aux pratiques des spectateurs actifs ou des fans. Cela a permis aux individus de partager leur interprétations ou productions médiatiques (fan fictions). En effet, la figure du citoyen participatif apparaît d’autant plus avec la numérique. On voit émerger des pratiques de sous-titrage, de résumé d’épisode comme de documentation. Avec l’essor d’Internet, on assiste à l’émergence de communauté en ligne. Cette sous-partie a pour but de rendre compte de quelle manière les fans à travers les forums constituent-ils une communauté DC Comics. Cette analyse se porte sur un site web français nommé « DC Planet ».

Dès les années 90 un ensemble de chercheurs vont s’intéresser à la réception puis à des formes qui conduisent à la participation. Cela débouche sur un ensemble de recherche sur lesfans essentiellement. Ces pratiques de participation se sont développées bien avant l’essor du web. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un fan ? Selon Henry Jenkins dans Textual poachers (1992)un fan est un lecteur, un spectateur qui éprouve le besoin d’aller plus loin en produisant lui-même des contenus. Dans cet ouvrage il essaye de remettre en cause les nombreux préjugés sur les fans en montrant qu’ils sont loin d’être passif face au programme qui les passionne. Il s’intéresse essentiellement aux activités de certaines publics de films qui se lancent dans un ensemble d’activité tel que des discussions entre fans dans les fanclubs, la création de site Internet de court métrage parodique, de fanfictions… Par le biais de son analyse, on assiste à l’émergence d’une culture participative, qui modifie fondamentalement le fonctionnement des médias selon lui. Même avant l’essor d’Internet, le public a toujours été actif d’une certaine manière, participant au sens de production d’interprétation et d’un ensemble d’activité, de production.

Capture d’écran de la page d’accueil du site « DC Planet »

Le numérique a permis le développement de plusieurs sites dédiés à l’univers DC Comics. Dans notre cas, nous avons choisi de nous focaliser sur le site « DC Planet ». Ce site a été créé par des fans qui propose une production participative se rapprochant des professionnels. En effet, une rubrique porte sur la présentation de l’équipe où ils se désignent chacun à des potes différents reprenant les codes des professionnels. Ce site propose une diversité de rubrique abordant tous les contenus DC Comics (séries, comics, films, fan arts…).

Capture d’écran d’une partie d’une conversation sur un des forums du site « DC Planet »

La rubrique « Communauté » se divise en trois sous catégories : interviews, rédaction et forum. La partie « forum » traite de sujets divers principalement autour des DC Comics mais aussi d’autres éditeurs se rapprochant de l’univers. Cette première page de forum rend compte de catégorie de forum divisé permettant à l’internaute de s’y retrouver. A l’intérieur de la discussion « DC Comics » un forum est dédié aux questions-réponses. Celui-ci a été créé le 4 janvier 2013 et est toujours actif aujourd’hui (24 janvier 2019) avec près de 5 221 réponses réparties sur 523 pages. Ce forum a été créé dans le but de s’entraider concernant la sortie de comics, l’interprétation des contenus et autres.

Par exemple, à l’aide de cette capture d’image nous pouvons remarquer que les internautes s’apportent des réponses concernant leurs interrogations mais aussi à propos de sujets plus techniques que seuls les fans de DC Comics peuvent comprendre. On peut aussi remarquer la date de l’inscription de l’internaute (3 février 2013) et le nombre de messages qu’il a posté sur les forums de ce site (13 740 messages). Cet exemple montre qu’il existe une communauté passionnée par cet univers. Ils s’entraident à propos de la compréhension de DC comics, mais vont aussi échanger sur leurs compréhension et avis. Il existe d’autres topics plus spécifiques à un des univers DC Comics tel que Wonder Woman, Superman… De plus, les membres de la communauté échangent aussi bien en termes de qualité des contenus que des productions audiovisuelles avec lesquelles ils ne sont pas toujours en accord.

A travers ce site et sa rubrique « communauté », les forums montrent que les fans sont toujours présents et participent à la dynamique des sujets qui sont parfois anciens. Ce site est un exemple parmi d’autre qui partage uniquement une partie de la production de la communauté de l’univers DC Comics. De ce fait, les communautés en ligne portant sur l’univers DC Comics peuvent avoir un impact sur la maison d’éditions et les productions.

Conclusion

Nous nous sommes intéressées à l’univers DC Comics et comment celui-ci pouvait avoir un impact sur la sociabilité. Pour commencer nous avons tenté de définir ce qu’était une série. Par la suite nous avons aborder l’évolution et l’histoire des DC Comics. Nous avons pu constater que cet univers a connu des transformations liées à l’histoire de la société et l’évolution des mœurs. Ce dernier n’est pas nouveau et a toujours connu un succès plus ou moins important tout en restant apprécier. De ce fait nous nous sommes interrogées sur le fait de savoir si les DC Comics pouvaient venir influencer sur la sociabilité des individus, dans la vie réelle, dans la vie virtuelle, mais aussi dans la combinaison de ces deux-là.

Il en ressort que les individus plus ou moins passionnés de DC Comics s’inscrivent dans un processus de sociabilisation. Cet univers peut être caractérisé comme multigénérationnel, c’est-à-dire que tout le monde connaît un ou des personnages ou histoires liés aux DC Comics… Avec l’arrivée du numérique, on a vu apparaître la constitution d’une communauté en ligne. Cependant, il ne faudrait pas se méprendre sur le fait que les personnes ont toujours été très active en termes de participation et que le numérique n’a pas creusé un écart énorme entre avant et aujourd’hui.

L’univers DC Comics se montre aussi multidimensionnel, de par les thèmes qui y sont abordés mais aussi le contenu varié qui est proposé. Cette pluralité participe à créer une communauté comme nous avons pu le voir, les échanges sont fréquents entre passionnés inscrit dans la communauté ou simple consommateur de cet univers. Le numérique a permis aux individus d’échanger plus facilement et de manière plus fréquente, notamment autour des membres de la communauté DC Comics. Par ailleurs, tout cela a contribué à la création de contenus inédits, des événements et d’échanges entre ces fans… De ce fait, l’univers DC Comics par le biais du support numérique parvient à créer une sociabilité à part entière et donc à influencer les individus.

Bibliographie

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