Quand les réseaux sociaux conditionnent nos standards de beauté

Par Serenza JEAN-PHILIPPE et Emilie HA – M1 CMW

Les réseaux sociaux sont des sites internet qui permettent aux utilisateurs de se créer une page personnelle afin de partager et d’échanger des informations, réelles ou fictives avec une communauté rencontrée sur la plateforme ou un réseau de connaissances. Depuis quelques années ces plateformes deviennent si importantes qu’elles deviennent des supports marketing et publicitaires. Mise à part Facebook les plateformes les plus en vogue dans l’Ouest sont actuellement Twitter, Instagram et YouTube.

Aussi divertissants que ces réseaux puissent paraitre, ils peuvent également être très néfastes pour le rapport que nous avons à notre propre image. La diffusion d’images de corps idéaux et standardisés se multiplie et il devient impossible de ne pas s’y comparer ou d’avoir des attentes complètement standardisées. Sur des plateformes où la beauté est évaluée au nombres de likes ou commentaires positifs, l’insatisfaction corporelle est présente chez une grande majorité des femmes.

George Sand disait que la beauté de l’âme l’emportait sur la beauté physique. C’est une citation et un état d’esprit qui perd tout son sens sur les réseaux sociaux. Instagram, Facebook ou encore Twitter font partie des applications que nous utilisons le plus au quotidien. Pour cause, ces réseaux sociaux sont à portés de main : sur ordinateur ou sur smartphone, nous sommes, pour la plupart d’entre nous, constamment dessus.
Comment tirer des leçons de cette citation tandis que les réseaux sociaux montrent tout le contraire ? En effet, lorsque nous jetons un coup d’oeil sur Instagram par exemple, les photos que l’on retrouve continuellement sont des photographies de femmes ou d’hommes ayant, pour la plupart, le même style, le même corps ou encore les mêmes poses. Psychologiquement, notre cerveau se conditionne à ces images que nous voyons tous les jours. Progressivement, sans même nous en rendre compte, des critères de beauté viennent s’imposer à nous. Il n’y a plus de diversité, tout le monde se ressemble, alors nous faisons de même, nous nous influençons mutuellement, aboutissant à un cercle qui n’en finit pas. C’est, de plus, un sujet qui touche beaucoup d’adolescents et de jeunes internautes. Ce qu’ils ne se doutent pas, c’est que nous ne voyons jamais l’envers du décors, cela est bien connu. En effet, nous ne savons pas ce qui se cache derrière une photographie et de quelle manière a t-elle été traitée.
C’est ce dont nous allons aborder ici dans cette première partie, les causes des critères de beauté imposés par les réseaux sociaux.

I – Les causes des standards de beauté

Le physique type des réseaux sociaux

Le sujet des standards de beauté sur les réseaux sociaux atteint beaucoup de monde, et particulièrement les femmes et les jeunes. Prenons l’exemple d’Instagram. C’est un réseau social qui a un impact phénoménal. En effet, il compte plus de 1 milliard d’utilisateurs dans le monde, dont 12 millions d’utilisateurs actifs en France. Lors de la création d’Instagram en 2010, les premiers utilisateurs se servaient de l’application dans le simple but de partager leurs photographies personnelles avec leurs proches. Il n’était pas question de popularité, de conformité, ou de perfection. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont considérablement changés. Que ce soit sur Instagram ou Twitter, les contenus régulièrement postés ont atteint une tout autre dimension : avec des photographies d’excellentes qualités, l’apparition de nouveaux métiers, et des attentes largement au dessus de ce qu’étaient les réseaux sociaux à leur prémices.
L’émergence des « influenceurs » joue également un rôle très important dans les standards de beauté. Avant tout, il faut savoir ce qu’est précisément un « influenceur ». C’est une personnalité publique qui dispose d’une certaine notoriété sur les réseaux sociaux. En marketing, nous pouvons plus parler de « leader d’opinion ». En effet, l’influenceur est capable d’affecter les comportements d’achat des autres internautes, constituant sa communauté. Grace à ce statut, cette personne est constamment sollicitée par les marques dans le but de promouvoir les produits de celles-ci. C’est la raison pour laquelle les influenceurs détiennent une grande responsabilité dans l’influence des critères de beauté sur les réseaux sociaux. Hormis le fait d’influencer sur la consommation, ils se doivent de véhiculer une bonne image et de bonnes morales à leur communauté, car ils ont une influence sur eux : ils donnent l’exemple à suivre. Les influenceurs montrent par conséquent le meilleur coté et ce qu’ils veulent nous montrer. Leurs photos sont constamment travaillées et irréprochables, ils ne postent que des tendances, tout est calculé au millimètre près et ils ne laissent absolument rien paraître. Pour résumer : c’est la course à celui qui fera la photographie la plus parfaite et celle qui fera le plus fantasmer. Tout le monde doit se dire « Je veux faire la même chose, je veux lui ressembler ». Par conséquent, tout ceci mène à encourager les internautes à copier et à s’inspirer de leurs influenceurs préférés dans leur habitude alimentaire, leur consommation et évidemment, leur apparence.

La magie des retouches photos

Toutefois, nous ne savons pas ce que cache une photographie postée sur les réseaux sociaux. Pour paraitre encore plus admirable aux yeux du monde, beaucoup d’influenceurs usent de leur talent de retouche ou plutôt, usent des prouesses et de la magie des logiciels et applications de retouches.
Aux prémices d’Instagram, l’application permettait déjà d’appliquer des filtres colorés sur les photographies. En effet, certains filtres apportaient un teint plus bronzé à la peau tandis que d’autres appliquaient du noir et blanc, ce qui renforçait les traits du visage. Aujourd’hui, de nombreuses applications de retouches sont à portées de main et faciles d’utilisation. Nous pouvons citer le logiciel très connu « Photoshop » qui fait des miracles sur le corps humain. Avec ce logiciel, il est possible de lisser le visage, d’agrandir ou de rétrécir la taille des yeux, de grossir la taille de la bouche, d’ajouter du maquillage, d’amincir le nez et le visage, d’enlever toutes les imperfections… de même pour les parties du corps. Nous l’avons compris, les modifications sont infinies. Cependant, même si Photoshop est connu de tous, il est tout de même nécessaire de posséder une certaine expertise et des compétences pour manier les outils correctement. C’est là que vont rentrer en jeu les applications de retouches sur smartphone. Elles sont à portées de main, puisque que ce sont des applications sur portable et non des logiciels sur ordinateur. Elles sont également accessibles à tout le monde. En effet, expert en retouches ou non, elles sont très faciles à utiliser. Nous pouvons citer les applications, qui sont, de plus, gratuites : « YouCam Makeup » ou « FaceTune », très exploitées pour les réseaux sociaux.
Imaginez pouvoir modifier et améliorer toutes les parties de votre corps et visage sans limites en quelques minutes.
C’est de cette manière que les standards de beauté ont rapidement été imposés. Les influenceurs affichent un physique « parfait » et sans défauts mais ce n’est pas la réalité. Un compte Instagram assez addictif qui se nomme « celebface », fait source de controverses en mettant en avant les transformations dues aux retouches des stars et influenceurs. Pour résumé, il compare la photographie originale sans retouches et la photographie postée par l’influenceur, avec les retouches. Cela donne un format comparatif « avant/après » dénonçant la superficialité et la fausseté des réseaux sociaux. Et si nous ne voyons pas directement la différence entre les deux photos, le compte propose également des courtes vidéos sous forme de gif pour que les retouches soient plus flagrantes. Il a notamment mit en avant Kendall Jenner ou encore Bella Hadid, prises en flagrant délit pour avoir retouché leur taille en l’affinant ou leur fesses pour les bomber. 

Ainsi, les réseaux sociaux regorge d’images récurrentes avec des physiques et des styles redondants considérés comme « beaux ». Ces standards de beauté sont diffusés par les influenceurs qui laissent entendre aux internautes et aux plus jeunes qu’il y a, en quelque sorte, un modèle à respecter. Pour être considérée comme belle, il faut être mince, avoir une grosse poitrine et des hanches larges mais avec une taille de guêpe. Il faut également avoir un visage fin, sans imperfections, un nez fin et une bouche pulpeuse. 

C’est de cette manière que les réseaux sociaux imposent ces critères de beauté, en dépit du fait que la majorité des images diffusées sont des images qui ne reflètent pas la réalité, qui sont rendues parfaites grâce aux outils de retouches photos et que les réseaux sociaux ne sont qu’illusion. 

En novembre 2018, la célèbre personnalité publique Kim Kardashian pousse le bouchon encore plus loin avec une photographie d’elle et ses enfants postée sur Instagram. Sur cette photo, le compte « celebface » dévoile une retouche faite sur sa fille, North West, âgée de 5 ans seulement. Son visage a été photoshoppé de sorte qu’il soit plus petit et fin, et son ventre a également été aminci. Cela lui a valu une vague de haine et de reproches pour avoir retouché son jeune enfant qui n’a même pas encore un corps développé.

Ce flux d’images répétées montrant les mêmes critères de beauté se voit grandir et se répéter sans cesse. Nous parlions au début d’un cercle sans fin. En effet, si les réseaux sociaux regorgent tant de ces mêmes photos, c’est parce que tout le monde peut se retoucher. Nous pouvons visualiser ici le modèle des dominos : les grands influenceurs retouchent leur photos, ce qui influence les micro influenceurs à faire de même puis les abonnés qui vont s’essayer à ces applications. Finalement, tout le monde fait comme tout le monde et cela uniformise ce schéma du physique parfait et ainsi de suite.

Le compte des « Baddies »

Il existe également des comptes qui continuent à véhiculer ces standards, en plus des comptes personnels des influenceurs. Nous allons nous intéresser ici à un compte qui reflètent parfaitement le modèle des standards de beauté omniprésent sur les réseaux sociaux. Il s’agit du compte Instagram Baddies sous le pseudo « baddiies.fr ».
Il est très populaire en France et compte plus de 580 000 abonnés. Le concept de ce compte est de mettre en avant des femmes considérées comme belles aux yeux de la société. Pour cela, il re-poste les photos de ces personnes en mentionnant leur nom en description. Lorsqu’on jette un coup d’oeil sur ce compte et sur l’ensemble les photographies, on remarque directement que les femmes mises en avant se ressemblent toutes. Effectivement, comme nous l’avons décrit plus haut, elles ont toutes un visage et un nez fin, une bouche pulpeuse, des yeux en amande… Concernant le corps, elles rentrent toutes dans la case des tailles fines, des grosses poitrines et des grandes hanches. Par conséquent, lorsque vous figurez sur ce compte, vous gagnez en visibilité et obtenez par la suite plus d’abonnés et de commentaires. Si vous ne ressemblez pas aux personnes mises en avant sur ce compte, vous ne pouvez pas être re-posté. 

Le compte des Baddies mettent en avant des femmes ordinaires, mais également des personnalités plus connues. Parmi ces personnes, une personnalité publique revient très souvent. Il s’agit de Thylane Blondeau, une mannequin et actrice française. Thylane a d’ailleurs été élue la plus belle petite fille du monde à 9 ans. Récemment, elle a également été élue, à l’âge de 17 ans seulement, femme au plus beau visage du monde. Cette attribution a suscité de nombreuses polémiques et controverses chez les internautes, lassés des éternels mêmes critères de beauté, elle a été jugée trop dans les normes.

L’effet de mode du fitness

Dans la catégorie des personnalités qui rentrent dans les standards de beauté, nous pouvons citer les célébrités, influenceurs ou encore mannequins. Mais une tendance se retrouve couramment sur les réseaux sociaux : c’est le fitness. En effet, dans la catégorie des influenceurs, il y a beaucoup de personnes pratiquant le fitness, aussi appelées « fit-girl » pour les femmes. En principe, le fitness désigne un ensemble d’activités physiques permettant d’améliorer sa condition physique et son hygiène de vie. Parmi les exercices les plus connu, on retrouve les exercices pour les abdominaux, cuisses et fessiers ou encore pour muscler les bras, avec charge ou non. C’est un bon moyen de sculpter son corps lorsqu’on cherche à prendre du fessier ou à perdre du ventre. Le fitness est donc avant tout une pratique sportive permettant aux pratiquants de rester en bonne santé. Cependant, depuis que le fitness est apparu sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Instagram, cette activité est aussitôt devenue un phénomène de mode. Les fit-girls sur Instagram aiment montrer au travers de leur photos, leur corps transformé par le fitness ou la musculation. Cela se traduit par des posts dans lesquels les fit-girls comparent leur corps avant et après le fitness. 

Ce sport a changé la vie d’énormément de monde : il existe des comparatifs de personnes anorexiques ayant pris des dizaines de kilos avec le fitness, ou au contraire, des personnes en surpoids ayant perdu du poids grâce à leur persévérance dans ce sport. Alors que pour certains, se sculpter le corps est une nécessité; pour d’autres, cela leur permet de perfectionner leur corps en ajoutant un peu de muscle dans le fessier pour qu’il grossisse ou en travaillant les abdominaux pour avoir le ventre plat. 

Etre une fit-girl devient donc une tendance : la volonté est d’afficher un corps élancé et travaillé dans le but de montrer que, devenir mince, est le schéma à suivre pour être belle et pour se sentir belle… mais surtout pour rentrer dans les normes.

Ces influenceurs fitness ne révèlent cependant pas tout l’envers du décor. En effet, ils montrent ce qu’ils souhaitent nous montrer. Dans ce cas, c’est précisément leur corps de rêve aux courbes parfaites. Et pourtant, il ne suffit pas de pratiquer le fitness pour obtenir ce résultat. En réalité, il est également nécessaire d’avoir une bonne hygiène de vie en complément. En somme, une fit-girl doit contrôler son alimentation et doit faire attention à la quantité de nourriture qu’elle ingère. De plus, les personnes pratiquant le fitness ou la musculation ont souvent recourt aux stéroïdes et aux protéines qui les aident à augmenter leur masse musculaire. 

Le « fat shaming » : inciter à garder ces standards

Nous l’avons vu, le fait de rencontrer les mêmes photos et les mêmes physiques au quotidien sur les réseaux sociaux nous conditionne à acquérir des critères de beauté. Cependant, dans les facteurs et causes de ces standards, il y a également les commentaires et remarques sur les réseaux sociaux qui rentrent en jeu. Que ce soit sur Instagram ou Twitter, nous sommes sur des plateformes qui nous permettent de poster du contenu visuel ou écrit. Tout le monde peut s’exprimer comme il le souhaite et tout le monde peut commenter les photographies des autres internautes. Lorsque ces commentaires sont constructifs et positifs, il est toujours plaisant de pouvoir échanger des opinions et avis avec d’autres personnes. Cependant, les internautes ne sont pas tous bienveillants et certains profitent de se trouver derrière un écran d’ordinateur ou de téléphone pour critiquer et attaquer de manière totalement gratuite. Dans notre cas, nous parlerons de « fat shaming ». Le fat shaming est le fait d’humilier et d’harceler les personnes en surpoids, mais les femmes sont le plus touchées. Sur les réseaux sociaux, cela se manifeste par des commentaires très déplacés voir intolérables sur le physique d’une femme grosse. Mais pourquoi ces agissements et pourquoi est-ce répandu ? Les causes : les femmes grosses ne rentrent pas dans les critères de beauté. En effet, les femmes belles et parfaites sont obligatoirement minces.

L’actrice de la série « Pretty Little Liars », Ashley Benson, en a été victime. En effet, elle a été critiquée sur son physique et particulièrement sur son poids : elle a été jugée plus grosse que la norme. Elle explique que certaines personnes de l’industrie du cinema Hollywoodien l’avaient jugée « trop grosse ». Elle confit dans une interview « J’ai pleuré pendant 30 minutes, mais après tu te dois de laisser couler, sinon tu peux vraiment entrer dans un cycle infernal lié à des problèmes de sous-alimentation. Beaucoup de personnes dans ce milieu entendent trop souvent qu’elles doivent perdre du poids ».
Une étude américaine basée sur le récit de 50 femmes obèses a montré que celles-ci avaient subi 1077 moqueries sur leur poids en seulement une semaine. 

Ainsi, nous retrouvons le cercle continu mentionné plus haut. Le but des réseaux sociaux est d’être le plus parfait possible et être adulé par les autres. C’est la course à celui qui sera le plus populaire et le plus suivi. Si vous ne rentrez pas dans les cases des standards de beauté imposés par les réseaux sociaux, vous n’intéresserez personne. Dans le cas du fat shaming, vous n’avez pas non plus envie de vous faire harceler parce que vous êtes grosse et que vous n’entrez pas dans les normes. Les internautes vont ainsi continuer à considérer qu’être grosse n’est pas beau car ceux qui le sont se font critiquer. 

Pour continuer dans les exemples, la chanteuse Bebe Rexha a récemment été jugée trop grosse encore une fois par les couturiers. En effet, plusieurs designers de mode ont refusés d’habiller la chanteuse américaine pour la cérémonie des Grammy Awards, faisant une taille 40. Elle a fait polémique en le faisant savoir sur Twitter, en poussant un « coup de gueule » sur cette histoire. En effet, elle a déclaré « Mon équipe a contacté de nombreux designers et beaucoup d’entre eux ne veulent pas m’habiller parce que je suis trop grosse ». 

De ce fait, nous pouvons également constater qu’en plus des utilisateurs des réseaux sociaux, la société entière est soumise à ces standards de beauté, la preuve avec ces célébrités qui sont victimes du fat shaming dans l’industrie du cinéma mais aussi et surtout de la mode. 

Dans la mode, justement, il serait judicieux de mentionner les comptes Instagram des mannequins, toutes possédant le corps parfait à montrer sur les réseaux sociaux. En parlant de « corps parfaits », des mannequins ont d’ailleurs susciter une grosse polémique concernant une campagne publicitaire. Mais c’est surtout la marque pour laquelle elles ont réalisé ces photographies qui est ciblée. En effet, la célèbre marque de lingerie « Victoria’s Secret » a réalisé une campagne dans laquelle les mannequins, fines et élancées appelées les « angels » posent les unes à coté des autres dans leurs célèbres sous-vêtements et soutien-gorges échancrés. 

C’est bien connu, avec Victoria’s Secret, être mince a toujours été la tendance. 

Ce qui a posé problème, dans cette publicité, est le slogan situé au milieu de l’affiche : « The perfect body ». En effet, cela revient à affirmer que le « corps parfait » se résume à un corps mince avec des jambes élancées. A contrario, les femmes rondes, en surpoids ou obèses n’ont pas conséquent pas de corps parfait selon l’enseigne.
Les internautes ont estimé que ce slogan contribue fortement à complexer les femmes qui ne sont pas de la même corpulence que ces mannequins. 

Trois jeunes femmes britanniques, Frances Black, Gabriella Kountourides et Laura Ferris ont par conséquent lancé une pétition sur le site Change.org, exigeant que la marque change les mots utilisés dans ses publicités pour ne plus encourager des standards de beauté inatteignables. Elles expliquent que les femmes sont bombardées au quotidien par des publicités, que ce soit sur les réseaux sociaux ou autre part, qui ont pour but de les faire se sentir mal dans leur peau, dans l’espoir qu’elles achètent des produits supposés les rendre plus belles et plus heureuses. Effectivement, le fait de proposer une seule morphologie et une seule silhouette comme la « silhouette parfaite » contribue à entretenir une faible estime de soi et à faire croire aux femmes que leur corps est imparfait et peu attirant, parce qu’il n’entre pas dans les critères de beauté précis. Nous pouvons de ce fait aborder la deuxième partie : vers un changement des mentalités sur les réseaux sociaux.

II – Vers un changement des mentalités sur les réseaux sociaux

Ashley Graham, la mannequin grande taille qui brise les diktats de beauté 

Ashley Graham est une mannequin américaine grande taille. Elle est repérée à l’âge de 12 ans, quelques agences renommées comme I&I. En 2012 elle présente une émission sur MTV Made dans laquelle elle coach des mannequins grandes tailles afin de les aider à défiler mais surtout à assumer leurs corps.

Elle marque l’histoire de la mode à 30 ans, en effet avec 5,5 millions de dollars gagnés en 2017 elle entre dans le top 10 des mannequins les mieux rémunérées de l’industrie. C’est une première pour une mannequin grande taille. Avec sa taille 46-48 elle bat les diktats d’une industrie très stricte, où la grande majorité des femmes sont très minces. 

Ashley Graham : « La façon dont on veut se sentir c’est vraiment notre propre choix. En tant que modele on se sent moche, parce qu’on se fait constamment scruter. Et à la fin j’étais là genre, « Allez vous faire voir ». Vous savez quoi ? J’ai de la cellulite, j’ai des bourrelets dans le dos, je suis une femme alors écoutez-écoutez-moi rugir ». Le 20 novembre 2017 la jeune femme s’est même rajoutée des ailes à l’aide de Photoshop attaquant le manque de diversité parmi les anges de Victoria Secret. La jeune mannequin multiplie les couvertures des magazines les plus prestigieux. Depuis 2016, elle peut aussi se vanter d’avoir une poupée Barbie à son effigie. En effet, c’est lors de la cérémonie Glamour Us qu’Ashley Graham a pu enfin découvrir la célèbre poupée la représentant. Cependant cette poupée est loin de ressembler aux modèles classiques que l’on peut retrouver dans les boutiques de jouets. Les cuisses de la poupée se touchent, c’est un point sur lequel Ashley Graham avait beaucoup insisté lors de la prise des photos à 360° de son corps. Cette poupée est lourde de sens dans son combat contre les standards de beauté et est aussi très importante pour les petites filles qui pourront plus facilement s’y identifier sans culpabiliser de ne pas ressembler à ces poupées standards. 

La jeune mannequin est aussi très active sur les réseaux sociaux, comme sur Instagram où plus de 8 millions de personnes se sont abonnées à son compte. Elle n’hésite pas à utiliser sa plateforme et sa visibilité sur les réseaux sociaux pour diffuser en faveur de la lutte contre les standards de beauté. Elle s’y est imposée comme l’une des figures du mouvement « Body Positive » qui prône l’acceptation de soi.

Ashley Graham lance une campagne pour maillot de bain sans retouches. Elle s’est associée à la marque Swimsuits for all pour une collection de 9 maillots de bain qui vont de la taille 36 à 54. Oui à partir du 36 car aussi fou que cela puisse paraitre dans l’industrie de la mode les femmes sont considérées plus size à partir de cette taille. C’est la première mannequin grande taille à avoir fait la une de Sports Illustrated. Lors d’une ouverture pour le New York Magazine elle valait demandé à ce qu’on laisse sa cellulite :  « Je n’ai pas honte des imperfections de ma peau, de mes bourrelets ou de ma cellulite, et vous ne devriez pas avoir honte non plus ».

En 2015, elle participe à la campagne #ImNoAngel qui a été lancée par la marque Lane Bryant, marque de vêtements américaine pour grandes tailles. #ImNoAngel est une campagne qui vise bien évidemment Victoria Secret et son défilé annuel avec ses « anges ». Cette campagne a pour but de mettre en valeurs la diversité des formes et tailles chez les femmes en redéfinissant les notions traditionnelles de la société du terme « sexy » avec un message puissant : TOUTES les femmes sont sexys. Postée le 6 avril 2015, la première vidéo a recueillie plus de 2,6 millions de vues sur YouTube. Cette campagne fera notamment un comeback en 2017avec #ImNoAngel Is Back

Le mot de la campagne #PlusIsEqua est de faire comprendre que les femmes avec des formes sont comme tout le monde, qu’il serait enfin temps que tous les corps soient représentés dans les magazines et dans les boutiques sans être mis dans une boite ou à l’écart. Il serait temps que l’industrie représente toutes les formes et tous les types de femmes, de différentes ethnies, corps. Cela tend à changer et c’est positif et surtout progressif. Lyne Bryant est une marque qui montre à toutes les femmes qu’elles sont là et méritent d’être vues que ce soit dans l’industrie où dans le mainstream.

En septembre 2016, la marque lance la campagne #ThisBody dans laquelle nous allons pouvoir retrouver les célèbres Ashley Graham, Danielle Brooks (actrice de la série à succès Orange Is The New Black), Gabby Sidibe (Empire), Alessandra Garcia, Candice Huffin. Commentas-tu réussi à passer par la porte, tu as vu ces bourrelets, être gros.se n’est pas toujours joli. Ces commentaires qui ont réellement été posté défilent sur un fond composé par les femmes qui se déhanchent en sous vêtements et sont fières de leurs corps. Your’re one sexy mama. Etre une adolescente peut souvent être difficile surtout dans un monde dans lequel on ne rentre pas dans les tailles standards dans des magasins de vêtements normaux. Cette campagne est là pour rappeler que même les corps qui ne rentre pas dans les standards sont là pour briller, et que personne ne peut en arrêter le succès. Dans le cadre de cette campagne Ashley Graham qualifie d’ailleurs son corps comme sexy, puissant, fort, et demande aux internautes : pour quoi vos corps sont-ils faits ? Car le sien est fait pour commencer une révolution.

Le mouvement bodypositive est d’ailleurs une belle représentation de cette révolution. Le bodypositive est un mouvement qui prône l’acceptation de son corps malgré certains défauts hors standard de beauté, créée en 1996 par Connie Sobczak et Elizabeth Scott. Ces diktats de beauté amènent souvent à des troubles du comportement alimentaire, qui peuvent engendrer de gros soucis de santé et peuvent couter la vie à certaines personnes. 

Accepter son corps et chérir son corps tel qu’il se présente est le mot d’ordre de ce mouvement. Avec l’arrivée des réseaux sociaux et leur explosion il est de plus impossible de ne pas être confronté quotidiennement à toutes ces images qui représentent des corps aussi parfaits les uns que les autres. Mais ce sont par ailleurs sur ces mêmes réseaux que le mouvement a pris une ampleur considérable. Les internautes, pour la grande majorité des femmes, n’hésitent pas à poster des photos de leurs corps, parfois en sous vêtements ou en maillot de bains accompagnées de légendes positives et d’acceptation de soi. Beaucoup de personnalités en plus d’Ashley Graham se sont emparées du mouvement comme notamment Blake Lively, actrice principale de la série à succès Gossip Girl. Cependant sur des plateformes où les corps qui répondent le mieux aux standards récoltent le plus de likes ou commentaires, les posts qui ressortent le plus sur ces hashtags sont au final des corps qui ne sortent pas vraiment des normes.

D’autres célébrités se joignent au mouvement à leurs façons. C’est en novembre dernier que le girlsband britannique Little Mix nous dévoilait le clip de la chanson « Strip » issu de leur dernier album LM5. Dans ce clip qui prône l’acceptation de soit on peut retrouver les jeunes femmes au naturel dans des tenues très proches du corps. Les premières paroles annoncent la couleur : «  J’enlève tout mon maquillage, Parce que j’adore ce qu’il y a en dessous, J’efface toutes tes paroles, Je m’en fous, je passe à autre chose, Je secoue tout ce poids, Tu sais que j’adore tout ça, Enfin je m’aime quand je suis nue, Plus sexy quand j’ai confiance en moi. »  Dans ce clip on voit les artistes se faire tirer les cheveux et se faire maquiller de force montrant les conséquences d’une société qui nous pousse à ressembler à des standards parfaits. Autres moments très importants du clip ; la participation des mamans des jeunes artistes mais également pleins de femmes inconnues du grand public, la plupart en se déhanchant en body quelques soit le type de de leurs corps, montrant une fierté envers leurs formes. Elles finissent le clip totalement nues, recouvertes par des insultes typiques des conséquences des standards de beauté grosse, moche, flasque, taches de rousseur, vergetures, pas assez. L’accueil est très positif puisque le clip affiche déjà plus de 24 millions de millions de vues sur YouTube en quelques jours. C’est d’ailleurs sur Twitter que les fans ce sont empressés d’exprimer leurs joies à l’écart de ce clip qui signifie tant pour plus d’un. En effet peu après la sortie du clip les fans ont décidé de lancé #StripWithLittleMix. Sur ce hashtag les fans postaient des photos d’eux en racontant des histoires vécues ou encore d’actualité, le plus souvent sur leurs insécurités physiques.

Toujours sur Twitter et encore à l’aide d’un hashtag, les internautes et plus précisément la communauté des femmes rondes ont exprimés leurs mécontentement à propos de Cristina Cordula, connue pour ces conseils de relookings et de mode. Ses commentaires parfois durs à entendre, ont remué la toile l’été dernier. En effet lors d’une émission sur M6 elle a déclaré que les combinaisons n’allaient qu’aux femmes minces. Ce à quoi des femmes rondes et fières de leurs corps ont répondu avec des photos d’elles en combinaison que ce n’était pas a Cristina de décider le type d’habits qu’elles devraient porter. Ce mouvement à pris une grosse ampleur puisque ce sont des centaines et de milliers de femmes qui ont décidé de poster des photos d’elles en combinaison fièrement en n’oubliant pas d’ajouter en description qu’elles se sentaient bien et que Cristina devrait se taire #TaisToiCristina.

Les Behind The Scenes des photos parfaites révélées

Asos s’est fait remarquer été 2017 pour avoir transcendé les codes de la vente à prêt à porter en ligne. C’est à leurs grandes surprises que les internautes avaient pu découvrir des photos de mannequins non retouchées. Plusieurs photos de modèle montrent les « imperfections » des corps, habituellement effacés à l’aide de logiciels. Cette initiative à été accueillie de manière très positives par les internautes qui n’ont pas attendu très longtemps avant de partager leurs réactions sur les réseaux sociaux. Une internaute a tweeté « Je suis impressionnée par @Asos qui n’a pas retouché les vergetures de ce mannequin. Elle est très belle ! » Son tweet devenu viral, a été retweeté 48 000 fois et aimé 160 000 fois. Cependant tous les pays n’ont pas suivi le mouvement, comme les internautes ont rapidement pu le remarquer sur le site italien.

Toujours dans ce but de montrer le corps sous un angle naturel et non modifié par des logiciels ou autres nous avons ces comptes Instagram qui montrent les revers de leurs photos. Ces comptes dédiés ou posts uniques ont pour but de provoquer une prise de conscience notamment chez les femmes qui auraient tendance à complexer parce qu’elles ne ressemblent pas à ce qu’on appelerait le Body Goal. En montrant des photos comparatives les internautes peuvent prendre conscience que même les corps qui paraissent les plus parfaits ont au final autant de défauts que les nôtres. C’est le 4 novembre 2016 que l’Instagrammeuse finlandaise Sarah Puto publie son premier post sur la réalité de ses photos. Debout VS Assise. La photo du post montre tout logiquement une photo d’elle debout avec un ventre très plat comparé à une photo assise avec ses bourrelets apparents. Elle explique dans la légende qu’elle a toujours eu l’habitude d’avoir des bourrelets et qu’elle pensait qu’ils partiraient en faisant de l’exercice. Seulement elle a pris conscience qu’avoir des bourrelets n’avait rien de mal. Elle rajoute qu’elle a décidé de poster ces photos pour faire prendre conscience que malgré le fait que son corps paraisse parfait sur les photos qu’elle poste quotidiennement elle a aussi ce que la société appelle des défauts. C’est le premier post d’une longue série qui compare ce qu’elle montre et ce qu’elle est réellement : Instagram VS Reality.

Elle pointe également du doigt l’usage de Photoshop avec son post Photoshop Vs Reality dans lequel. Ce qui l’a alarmé serait le post d’une célébrité qui aurai retouché sa photo pour paraître plus curvy. Elle pointe cette habitude de beaucoup d’Instagrameuse car elle a remarqué l’impact néfaste que ça pouvait avoir sur de nombreuses personnes, surtout lorsque ces dernières se comparaient inconsciemment à ses corps ou visages retouchés. Elle relève le fait que retoucher une photo peut prendre 30 minutes mais cela peut durer toute une vie pour une personne de détester son corps car elle aurait espéré avoir l’image que celle postée sur les réseaux sociaux renvoie. 

« L’industrie se nourrit de nos insécurités, et ne montre que certains types de corps, s’il vous plait ne les laissez pas vous faire détester votre corps »

Suivie par plus de 300 milles abonnées elle accompagne chacun de ses posts de longs messages positifs afin d’aider les internautes à ne pas tomber dans l’excès et rappel que le rendu des photos qu’ils voient tous les jours sont une question d’angle, de prise de vue et de posture.

Free Corset movement dans le monde : zoom sur la Corée 

Le corset est une gaineutilisée par les femmes pour amincir leurs silhouettes et mettre en valeur leurs poitrines. Entendez par là un objet qui fait les femmes rentrer dans des critères qui ne sont naturellement pas les leurs. Utiliser des dizaines de produits de beauté quotidiennement sur leurs peaux fait partie de la plupart des femmes coréennes, qui peuvent se faire lyncher si elles laissent volontairement apparaitre leurs défauts. Les ventes de produits de beauté coréens sont d’ailleurs supposer atteindre 7,2 millards de dollars en 2020. Le principe du mouvement du Free Corset est donc tout logiquement de se libérer de ces conditions dans lesquelles les femmes sont obligées de vivre à cause d’une société qui leur impose des critères de beauté toujours plus strictes. Ce mouvement a pris des dimensions considérables courant 2018, en effet de plus en plus de femmes se sont réunies et ont commencer à protester contre la société ultra misogyne dans laquelle elles vivent. 

Sur les réseaux sociaux le mouvement s’illustre par des photos de cheveux coupés ou encore de maquillage cassé ou bien à la poubelle. Une internaute déclare « Depuis que je me suis coupé les cheveux, on m’a beaucoup demandée si j’avais rompu avec mon copain ou si ma nouvelle coiffure lui plaisait. Cela veut-il dire que les longs cheveux des femmes appartiennent aux hommes ? ». Une autre internaute poste une photo de ses produits de beauté cassés avec en description « Je me demande pourquoi j’ai perdu mon temps avec ces choses. C’est très ennuyant que j’ai pu faire subir des choses aussi nocives à mon corps de manière volontaire. »

C’est ainsi que la Youtubeuse sud coréenne Daily Room apparait cheveux coupés dans sa dernière vidéo. Elle annonce qu’elle ne postera désormais plus de vidéos de beauté et qu’elle rejoignait le mouvement du free corset. « J’ai été élevée dans une famille patriarcale et j’ai été sexuellement harcelée lorsque j’étais au collège » déclare-t-elle, elle rajoute qu’elle rejoint le mouvement dans le but de changer la société.

Lina Bae, une autre YouTubeuse Sud Coréenne décide elle aussi de protester et de participer au mouvement en postant une vidéo complètement différente du contenu qu’elle a l’habitude de poster, contenu type vlog. Le 4 juin 2018 elle décide de publier la vidéo qui aura pour titre je ne suis pas jolie. La vidéo commence avec un plan sur la jeune femme, visage à nu sans maquillage avec des remarques qui lui ont été faites qui défilent Applique un peu de BB Cream, ton visage nu est une terreur à mes yeux. Pendant que ces insultes défilent, la jeune femme se maquille. Une fois le maquillage fini, des remarques continuent de défiler, cette fois ci en rapport avec son maquillage les hommes n’aiment pas le maquillage trop lourd, juste se maquiller légèrement, je pensais que tu avais mangé un rat à cause de tes lèvres. Après cela elle se munie d’une lingette démaquillante et enlève le maquillage qu’elle vient tout juste de faire face caméra, enlève ses lentilles et remet ses lunettes puis s’attache les cheveux. Elle sourie ensuite fièrement en saluant la caméra, la vidéo se termine sur ce message : « Je ne suis pas jolie mais ça va. Ne te blesse pas à cause des autres. Ne te compare pas à l’image des médias, tu es spéciale, comme tu es. Personne ne peut te blesser. Tu n’as pas besoin d’être magnifique ou en forme. Ne soit pas une personne qui est faite par les autres. Trouve tes vraies couleurs, je te soutiendrais toujours. » Cette vidéo fait bien évidemment illusion au mouvement free corset, et en est devenu l’un des symbole phare, mouvement dans lequel elle s’inscrit comme elle l’affirme dans sa vidéo publiée en octobre dernier. Dans cette vidéo elle raconte à quel point l’effet de la société la rendue anxieuse et effrayée de sortir mais surtout casanière. « Je ne voulais plus rien faire, je vivais dans mon lit, j’espérais pouvoir mourir de la sorte » Pour elle internet était son seul moyen d’évasion mais encore là l’image des femmes diffusées étaient parfaites, elle s’était toutes jolies, avec un corps parfait. Ce mode de vie l’a faite rentrer dans un cercle vicieux puisqu’elle se comparait constamment aux images renvoyée sur internet. Pourquoi ne suis-je pas jolie ? Tout le monde est heureux sauf moi ? Elle raconte qu’elle a essayé d’arrêter d’être jolie (entendez par là arrêtez d’essayer de rentrer dans les  standards de beauté). À force de rester chez elle et donc de ne pas se maquiller pour tenter de plaire aux regards des autres, elle a commencé à s’habituer à son visage nu, sans maquillage et apprécier ce qu’elle voyait dans le miroir. Elle a commencé à aller à la salle de sport et précise qu’elle l’a fait pour elle et pas pour les autres. Elle se sent enfin heureuse et libre. La vidéo se termine sur ce message « La vidéo que vous avez regardée montre mon évolution, ma frustration et les progrès au fil du temps. » Elle raconte qu’elle s’est faite harcelée à cause de son poids et à même tenter de mettre fin à ses jours. Enfin, elle termine en disant qu’elle se déclare comme partisante du  mouvement free corsey. Elle a d’ailleurs publié un livre dans lequel elle raconte ses points de vues : I am not pretty, le 19 octobre. Elle rajoute aussi qu’une partie des profits seront reversés à des organisations qui travaillent pour faire avancer l’égalité entre les genres. 

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, porter des lunettes est aussi considéré comme un véritable défaut physique chez les femmes. Ces dernières se voient donc contraintes de porter des lentilles. Le port des lentilles est devenu si commun en Corée du Sud que de nombreuses marques de lentilles ont pu voir le jour, certaines vendent même des lentilles de couleur, toujours dans un but plus esthétique. Il en va donc de soit que très peu de femmes portent des lunettes au travail en Corée, encore plus lorsque ces dernières travaillent dans le domaine de la télévision. C’est pourtant avec des lunettes que la présentatrice de la chaine MBC, Im Hyun-Joo, se montre face camera depuis avril. Elle avait pour habitude de porter des lentilles ainsi que des faux cils alors qu’elle se réveillait quotidiennement à 2h40 du matin. « Avant je portais des lentilles alors que je n’étais pas du tout à l’aise avec cela » déclare-t-elle dans un interview. Les présentateurs hommes quant à eux portent régulièrement des lunettes, mais selon l’agence Korea’s Yonhap c’est la première fois que c’est le cas pour une femme. Elle déclare également quelle comprend à présent pourquoi les femmes ne restent pas longtemps dans cette industrie puisque l’apparence semble être plus importante que les réelles connaissances.

Après son passage elle a posté un message sur Instagram et explique qu’elle a du faire face à beaucoup de questions sur sa motivation à porter des lunettes sur le plateau. Son post a cependant recueilli de nombreux messages positifs de la part de femmes qui disaient trouver sa démarche très courageuse et surtout très encourageante. 

Dans la continuité de ces changements la célèbre compagnie aérienne locale Jeju Air, a annoncé qu’ils autorisaient désormais leurs personnels à porter des lunettes et du vernis. Un porte parole a d’ailleurs déclaré que le port de lunettes entrerait désormais dans les règles, car la qualité du service des agents de bord sera meilleure si ils sont plus à l’aise.

Conclusion

Pour clore cette analyse, nous pouvons bien affirmer que notre société est influencée par des critères et standards de beauté précis. Ces standards sont énormément véhiculés depuis les réseaux sociaux et particulièrement sur Instagram, plateforme sur laquelle des milliers d’images sont postées au quotidien. Ces réseaux sociaux, accessibles à tous et utilisés par tous, sont submergés d’images répétitives. Effectivement, la plupart des profils inscrits se ressemblent en tout point. Les physiques montrés sont redondants et les styles sont généralement les mêmes. Actuellement, les réseaux sociaux ne débordent pas de diversification, loin de là. Au contraire, ils sont synonyme de fausseté, de superficialité et d’uniformité. 

Les influenceurs tel que Kylie Jenner sont des piliers dans ces agissements. Ils doivent donner l’exemple et représenter le modèle de la beauté. Ils font la course à la perfection, et pour cela, doivent se plier aux standards imposés et doivent posséder un physique irréprochable. Dans cette perspective, les personnalités publiques utilisent des logiciels et applications de retouches pour perfectionner voir modifier entièrement leur physique. Cela se traduit par des corrections sur le visage : affiner le visage, grossir la bouche, blanchir les dents… mais également sur le corps : affiner la taille, bomber le fessier, effacer les vergetures et autres imperfections…
De plus, les comptes qui mettent en évidence ces standards de beauté tel que Baddies et les fit girls n’arrangent pas ce phénomène, ils ne font qu’encourager ce problème.

Une autre cause qui encourage à se tenir à ces critères de beauté est le fat shaming. En effet, ce sont les femmes en surpoids qui sont le plus touchées. Elles sont harcelées et critiquées car elles ne rentrent pas dans les cases des femmes « belles », car une femme grosse n’est pas considéré comme jolie contrairement aux femmes fines.

Toutefois, face à la vague de haine envers les personnes qui ne rentrent pas dans les codes des critères de beautés régi par les réseaux sociaux, un déferlement de différents mouvements ont commencé à se mettre en place pour contrer tout cela. D’abord avec une remise en cause de ces critères par des personnes influentes telle que Ashley Graham, mannequin grande taille qui participe à des campagnes comme le #ImNoAngel lancée par la marque Lane Bryant pour revendiquer la diversité des formes. Le Body Positive a également fait parler pour défendre tous les types de corps possible, mouvement soutenu par le girlsband Little Mix dans leur clip « Script ». Sans conteste, le soutien est unanime et également très présent en Corée avec l’exemple de la youtubeuse sud coréenne Lina Bae qui n’hésite pas à s’afficher telle qu’elle est, c’est à dire, sans maquillage, pour mettre en évidence l’acceptation de soi et que personne ne doit déterminer son apparence et physique selon les critères imposés.

Annexes

Le but de l’interview est d’étudier et de comparer les réponses des personnes interviewés. Nous voulons savoir leur position et avis sur la question des standards de beauté influencés par les réseaux sociaux. Nous avons interviewé une femme et un homme pour obtenir un avis chez les deux sexes. Unanimement, chez Chloé comme chez Marc, leur position sur la question est très similaire.

  • Entretien avec Chloé, 21 ans :

1. Présente toi brièvement (Nom, âge, études/profession…)

Je m’appelle Chloé, j’ai 21 ans et je suis étudiante en Master 1 Géographie de la santé à l’Université Paris-Nanterre. 

2. Utilises-tu les réseaux sociaux ? Si oui, lesquels ?

J’utilise facebook, twitter et instagram. 

3. A quelle fréquence ?

J’utilise Facebook et Twitter plusieurs fois par jours et Instagram de moins de moins, je dirais une fois par semaine maintenant. 

4. Es-tu influencé dans ton mode de vie ou ta manière de penser par les réseaux sociaux ? Donne nous un exemple.

Oui beaucoup. 

Sur Facebook, je suis de nombreuses associations environnementales et des personnes influentes sur la question, ce qui m’inspire quotidiennement à adopter un mode de vie plus respectueux de la nature. 

5. Trouves-tu que les réseaux sociaux conditionnent tes standards de beauté ? De quelle manière ?

Oui moins Facebook, mais je suis d’accord avec ça pour Instagram surtout, c’est d’ailleurs pour ça que j’y vais de moins en moins. 

J’ai l’impression de voir tous les mêmes critères de beauté quand je me connecte dessus, avec toujours une concurrence en ce qui concerne le nombre de like. 

6. Si oui, peux-tu nous énoncer un ou des critères de beauté déterminés par les réseaux sociaux selon toi ?

L’un des plus répandu pour moi, le fait d’avoir une taille assez fine. 

7. Penses-tu que les moqueries sur le physique tel que le « fat shaming » sur internet a un rapport avec ces critères de beauté ? Pourquoi ?

Oui bien sûr, lorsque une personne « ose » casser les codes et poster une photo d’elle avec ses formes par exemple, elle se fait insulter parce qu’elle ne correspond pas à ce que la société attend de nous, qu’on se sente bien dans notre corps peu importe la taille, couleur de peau etc. 

8. Une campagne publicitaire pour une marque de lingerie a fait polémique en prétendant que le corps parfait se résumait à un corps mince et élancé. Qu’est ce qu’un « perfect body » pour toi ? Répondez avec honnêteté.

Pour moi et juste moi un « perfect body » c’est avoir un ventre sans graisse qui dépasse, mais quand même pas un ventre plat. 

Avec des jambes qui permettraient de rentrer dans des pantalons taille 38 sans difficulté, c’est-à-dire ne pas avoir de grosses cuisses. Mais surtout avoir un visage harmonieux, pas un nez qui est plus gros/long que le reste du visage par exemple.

9. De plus en plus de personne revendiquent un changement de mentalité quant à ces critères de beauté communs. Es-tu d’accord ? Pourquoi ?

Je suis d’accord, personne ne devrait nous dire comment aimer notre corps, c’est un travail personnel et la concurrence qui existe actuellement ne devrait pas avoir lieu. 

Si chacun prend conscience de ça, on arrivera tous ensemble a changer ces « critères de beauté » qui ne devraient être d’autres que: se sentir à l’aise avec son corps.

  • Entretien avec Marc, 18 ans :

1. Présente toi brièvement (Nom, âge, études/profession…)

Je m’appelle Marc, j’ai 18 ans et je suis en terminale S au lycée Lucie Aubrac à Courbevoie.

2. Utilises-tu les réseaux sociaux ? Si oui, lesquels ?

Oui, j’utilise Instagram, Twitter et Snapchat.

3. A quelle fréquence ?

Instagram j’y vais modérément, c’est à faire plusieurs fois par jour mais je n’y passe pas des heures non plus. Twitter de même et Snapchat très peu.

4. Es-tu influencé dans ton mode de vie ou ta manière de penser par les réseaux sociaux ? Donne nous un exemple.

Oui, surtout en ce qui concerne la mode et ma manière de m’habiller. Par exemple, quand je vois un style que j’aime bien sur Instagram, je vais m’en inspirer.

5. Trouves-tu que les réseaux sociaux conditionnent tes standards de beauté ? De quelle manière ?

Sûrement, car je trouve que les réseaux sociaux définissent une certaine norme mais je ne pense pas que ça définira ce que j’aime ou pas.

6. Si oui, peux-tu nous énoncer un ou des critères de beauté déterminés par les réseaux sociaux selon toi ?

Pour moi et pour la plupart des hommes je pense, ça serait plutôt les muscles et une grande taille comme on le voit tout le temps sur Instagram. 

7. Penses-tu que les moqueries sur le physique tel que le « fat shaming » sur internet a un rapport avec ces critères de beauté ? Pourquoi ?

Oui car comme je l’ai dit précédemment, les réseaux sociaux ont crée une norme et quand tu ne rentre pas dans cette norme, ça attise la haine et les moqueries car tu n’es pas comme les autres.

8. Une campagne publicitaire pour une marque de lingerie a fait polémique en prétendant que le corps parfait se résumait à un corps mince et élancé. Qu’est ce qu’un « perfect body » pour toi ? Répondez avec honnêteté.

Pour moi, un perfect body c’est avoir un corps bien dimensionné, un visage avec des traits marqués, être musclé mais pas trop et avoir une bonne taille c’est à dire 1m80 voir plus.

9. De plus en plus de personne revendiquent un changement de mentalité quant à ces critères de beauté communs. Es-tu d’accord ? Pourquoi ?

Oui ça serait bien parce que ça éviterait à beaucoup de monde de complexer et éviter toutes les moqueries tel que le fat shaming. Mais je pense que c’est impossible car ça nécessiterait que tout le monde change de mentalité et à part s’il y a un mouvement initiateur, ce n’est pas près d’arriver.

Webographie

Vidéos

– TED. Grande taille ? Non ! Ma taille. [Vidéo en ligne]. Youtube, 27/05/2015 [consulté le 6 janvier 2019]. 1 vidéo, 10 min.

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