Le complotisme 2.0 ou la défiance aux médias traditionnels.

Par Thibaut Kervern, M1 MACOR

Étude sociologique sur le complostisme 2.0

Depuis la fin de la première décennie des années 2000, nombre d’essayistes, humoristes ou journalistes apparaissent sur des réseaux sociaux diverses, qu’ils soient relatifs à la vidéo (youtube étant le plus utilisé), à l’écrit (twitter ; facebook…) mais aussi par la création de sites Web.

Ces acteurs du web, ces personnages désormais public, connus par beaucoup, et reconnus par certains, se disent porteurs de vérités, souvent cachés volontairement ou involontairement pour la plupart du temps (citation), et se s’autoproclament figure de héros. Dans l’extrait suivant tiré du site internet « Egalité et Réconciliation » dont Alain Soral est le fondateur, ce même auteur par une ambiguïté entre vérité ( sur les médias télévisuels appartenant à de grands groupes privés comme le groupe Bolloré ) et théories complotistes plus que douteuses (sur les intérêts sionistes et américains) se montre comme un héros de la parole légitime par la subversion aux médias traditionnels :

 « Quand on a investi la toile, Dieudonné et moi, parce que nous avions été i nterdits de manière officieuse mais évidente des médias mainstream, nous avons appelé « dissidence » l’action que nous menions sur Internet pour continuer à nous exprimer, et nous avons appelé « la dissidence » les gens qui nous rejoignaient, en espérant que cela forme ce que j’ai appelé une armée de Spartacus, soit l’ensemble des gens qui refusaient globalement la domination du système.

La dissidence était donc une mouvance qui s’opposait idéologiquement, sur Internet, au discours dominant, à cette idéologie dominante que les médias mainstream incarnaient parallèlement de façon de plus en plus totalitaire. Si on veut être précis, entre les années 1990 et 2010, la diversité des médias s’est réduite par leur passage sous le contrôle total des milieux financiers, au point de ne plus exprimer que l’idéologie de ces milieux. Ainsi, petit à petit, le Figaro et Libération ont exprimé peu ou prou la même vision du monde et Le Monde a cessé d’être le journal de référence. Il s’est donc opéré une uniformisation des médias par leur soumission totale à l’idéologie néo-libérale alignée sur les intérêts américains, les intérêts sionistes, les intérêts de l’argent en général.

Ainsi, face à cet état de fait, la dissidence s’est organisée peu à peu autour de Dieudonné et moi, sur une ligne anti-impérialiste, anti-financière et antisioniste. »(site Egalité et Réconciliation (Jeudi 9 août 2018).

Sans discuter des théories complotistes et conspirationnistes de ces acteurs 2.0 -parce qu’il n’est pas souhaitable de comparer des réalités scientifiques des différentes disciplines des sciences sociales à des acteurs du web divulguant des pseudo-vérités fondées sur des croyances et sur un esprit de subversion à toutes épreuves -, il m’importe de comprendre quelles sont les causes de leur succès compte tenu de leur portée sur les réseaux sociaux (nombre d’abonnements facebook, twitter ou youtube conséquents) et des débats qu’ils génèrent dans le débat public.

Dans un premier temps je vais montrer que l’adhésion aux complotistes 2.0 est d’abord une défiance à l’égard des médias traditionnels (journaux, télévision) et dans un second temps je vais montrer que les éléments de langages utilisés par les complotistes 2.0 contribuent largement à inciter les internautes à croire aux théories des complotistes.

Pour essayer d’y trouver une explication sociologique, je vais utiliser et analyser des corpus web d’internautes qui commentent les publications des complotistes et des chaînes de télévision du Web sur Facebook pour observer les arguments d’adhésion ou de réfraction à leur cause. Le choix de Facebook ne se fait pas par hasard, en effet, les recommandations étant moins personnalisés et plus vastes que Youtube par exemple, les avis sont plus nuancés concernant les publications car les utilisateurs ont plus de chances de venir d’univers différents.

De plus je vais analyser les vidéos et les publications des auteurs de ces publications pour comprendre non pas (comme je l’ai dit plus haut) de discuter de leurs théories complotistes, mais de voir si ils élaborent des stratégies diverses pour que les internautes se joignent à leur cause (par les éléments de lge notamment).

Enfin, je vais m’appuyer sur des écrits sociologiques et de sciences politiques pour analyser les corpus Web recueillis.

I/ L’attrait des internautes aux informations complotistes comme résistance au modèle télévisuel.

Pour effectuer mon travail comparatif entre les avis d’internautes, je vais donc analyser « Pensée Libre », une page Facebook comportant près de 351 000 abonnés. Cette page Facebook publie des vidéos provenant pour la plupart des cas d’émissions de télévision de diverses chaînes, traitant de débats de société tout aussi diverses (Chômage, immigration ; débat politique etc.…). La diversité des chaînes présentées permet donc d’avoir une certaine neutralité dans les avis des internautes.

En parcourant les vidéos et les avis d’internautes, on observe deux types de commentaire: Ceux qui commentent et débattent des débats de fond de la vidéo, et ceux qui critiquent de manière souvent péjoratives les médias télévisuels. A noter que le plus souvent on voit ces deux types de commentaires (à de nombreuses reprises) dans un même commentaire.

Si l’on rentre plus dans les détails des commentaires, on observe alors des critiques portant plusieurs sujets affiliés au média télévisuel.

.Les critiques sur les lignes éditoriales

Les critiques portées sur les médias portent en particulier sur des soupçons de manipulations des médias français voir européens, manipulations qui découlent des intérêts privés des grands groupes détenant des chaînes de télévision , en relation avec des représentants politiques qui sont tout aussi complices et qui présenteraient aussi des intérêts spécifiques à leur cause dans le traitement de l’information :

«  Ces médias utilisent les faiblesses des gens qui ont du mal a exprimer ce qu’ils ressentent, ou encore qui n’ont pas les réponses technique sur les sujets. Ils font tout pour faire passer les manifestants pour des « cassos », des « extremistes ou des complotistes.
Dès qu’une personne qui soutient la cause affirme des vérités a citant des sources fiables, tel que Mediapart, Wikileaks ou encore des ONG reconnu pour leur travail, il ne lui donne pas la parole et ne transmettent pas l’info. La communication c’est un métier, et c’est le leur! Ils transforme les vérités, masque les partis qu’ils ne les arrangent pas, mènent les débats qu’ils veulent pour manipuler les masses et l’opinion publique.
Nous devons être meilleur qu’eux.

« Milice européen demander par Bruxelles, les chaînes de tv sont la pour empêcher que la vérité éclater, ils mentent de façon effrontée » Sur LCI où une journaliste remet en cause les manifestations dans « 24 heures Pujadas, l’info en question ». 15 janvier 2019.

.Les critiques sur les journalistes, chroniqueurs de .et les personnalités politiques très présentes sur les plateaux de télévision.

Les nombreux avis de suspicion de « corruption » des médias se traduit par des défiances parfois virulentes envers les journalistes(1) et les chroniqueurs(2) des émissions de télévision, eux mêmes suspectés d’être complices des partis politiques et des grands groupes privés, mais aussi des personnalités politiques, provocant non pas des débats mais surtout des sentiments d’exaspération dans les commentaires(3) :

« ça fait plusieurs fois qu’il intervient ce gilet jaune , il est super pointu dans ses arguments d’ailleurs ça déstabilise les journalistes. Débat entre en gilet jaune et des journalistes. (« A l’heure des pros », CNEWS, chaîne française.) le 16 janvier 2019

«  raclures qui devraient disparaitre du paysage. »

Débat entre Yann Moix et Christine Angot dans l’émission « On n’est pas couché » le 16 janvier 2019.

« les casseurs s’autofinancent, le matériel nécessaire à leurs activités nécessitent peu d’investissement 😆. Par contre, ce sont nos impôts qui financent Marlene Schiappa et ses propos ahurissants ! 😠 »

Sur un débat portant sur le financement des armes aux gilets jaunes par des puissances étrangères. (Clément Viktorovitch qui commente les accusations de Marlène Schiappa sur France Inter) 15 janvier 2019.

.Quand les internautes regrettent la présence d’autres médias à la télévision françaises.

De cette défiance aux acteurs de la télévision française, s’ajoute des regrets de l’absence d’autres médias que les internautes jugent plus « autonome » pour reprendre les termes de Pierre Bourdieu, qui explique que l’autonomie devrait être une des principale valeur du journalisme (Bourdieu;1996). Ainsi les internautes regrettent la présences de médias largement actifs sur la toile internet, et ceux présent dans le modèle télévisuel étranger :

« Dès qu’une personne qui soutient la cause affirme des vérités a citant des sources fiables, tel que Mediapart, Wikileaks ou encore des ONG reconnu pour leur travail, il ne lui donne pas la parole et ne transmettent pas l’info. »Sur LCI où une journaliste remet en cause les manifestations dans « 24 heures Pujadas, l’info en question ». 15 janvier 2019.

«  « Normal Arte est une chaîne franco-allemande et non contrôlé par les grands groupe capitaliste !
Ils ont une liberté de ton que n’ont pas les autres chaînes de propagande du régime français ! »

« 😲😲😲 ces paires de c*** qu’ils ont à la rédac d’Arte!!! Oser parler des violences policières, pas monnaie courante dans les médias français… »

Sur un documentaire d’Arte sur les violences policières. 15 janvier 2019

Le genre de spécialiste qu’on ne verra jamais sur les chaînes françaises en raison d’une vérité on ne peut plus dérangeante sur les dessous de la politique israélienne. Sur le conflit israëlo-palestinien (vidéo importé de la RTF, chaîne de la télévision belge) le 16 janvier 2019.

.Des critiques sur le média télévisuel non autonome

Si les critiques portées par les internautes de cette page reste à discuter sur le fond, elles sont révélatrices d’une certaine défiance envers l’autonomie des lignes éditoriales des chaînes de télévision et des acteurs qui les animent. Cela fait écho à l’ouvrage de Pierre Bourdieu « Sur la télévision publié en 1996 où il explique que la télévision est soumise à la loi du marché c’est à dire à l’audimat (intérêt économique) ce qui influence la façon de traiter les sujets en transformant la télévision en outil d’information à scandale, permettant l’intérêt économique des chaînes mais aussi de ne pas parler des vrais débats suscitant des réelles controverses dans la société. L’impact de la recherche du profit par la télévision entraînerait alors une dépolitisation des téléspectateurs. Ce constat est peut-être une explication à l’attrait du public vers d’autres médias de masse, notamment ceux des médias numériques avec Internet.

II/ Quand les téléspectateurs se retrouvent face à la toile Internet.

Cette défiance des internautes envers les médias traditionnels engendre pour certains, un besoin d’alternative radical envers ces mêmes médias, c’est à dire d’une nouvelle figure détenant la vérité absolu. Cette perte de confiance aux médias traditionnels est plus généralement une défiance envers les institutions de l’État, très présentes dans les médias (Jean Bruno Renard). Selon le sociologue Jean Bruno Renard : «Les médias sont soupçonnés de partialité, de trucage, de manipulation de l’opinion. Près de 60 % des Français pensent que les journalistes ne sont pas indépendants aux pressions du pouvoir, des partis politiques et de l’argent»

Si les internautes cités au dessus ne font aucunement référence aux complotistes 2.0, nous pouvons tout de même émettre l’hypothèse que la défiance aux médias traditionnels favorisent largement l’attrait aux complotistes très présent et donc très visible sur la toile internet. L’extrait d’Alain Soral énoncé dans l’introduction montre bien que ces pseudo-intellectuels se montrent comme la seule alternative aux médias « corrompus », on retrouve alors la figure autoproclamée du héros, agissant alors sur ceux qui en partie, ont été déçu des médias traditionnels.

Il s’agit maintenant de montrer quelles sont les méthodes de communication des complotistes 2.0 pour montrer comment ces « influenceurs » trouvent leur place auprès d’un large public, en analysant les vidéos d’une des figures de proue du complotisme en France, à savoir Alain Bonnet, plus connu sous le nom d’Alain. Comme je l’ai dit en introduction, il ne s’agit pas de discuter des arguments de fond d’Alain Soral, car il n’a en rien la légitimité scientifique.

. Le complotiste 2.0 ou la parole divine.

Alain Soral s’est fait connaître par un public de masse à travers la télévision à partir des années 80 et au début des années 2000 suite à plusieurs essais polémiques mais qui étaient acceptés par les émissions à débat comme celles de Thierry Ardisson ou en core Frédéric Taddeï.

A partir de la moitié de la première décennie du XXIème siècle, il n’apparaît plus sur les plateaux de télévision pour des raisons inconnues, mais il n’est pas difficile d’imaginer que la caste médiatique télévisuel n’ai plus voulu de ce genre de polémiste, sujet à conflits sur les plateaux de télévision suite à des propos pour le moins originaux, ou bien encore qu’il ai décidé lui même la télévision pour transmettre ses idéaux comme il le souhaite. Quoi qu’il en soit, l’essayiste qui se dit sociologue par ailleurs (sans le moindre diplôme attrait à cette discipline), crée l’association « Egalité et Réconciliation » qui a pour devise politique « Gauche du travail, Droite des valeurs : pour une réconciliation nationale ! ». Cette association fait suite à son parcours politique, où il était investi dans les années 90 au Parti Communiste, et dans les années 2000 au Front National.

« Egalité et Réconciliation » devient alors un support numérique, sous forme de site internet et de chaîne Youtube. Il y effectue alors des interview, ou plutôt des monologues, la plupart du temps sur un canapé rouge, où ils diffusent ses idéaux qu’il a construit au fil de ses années d’écrivain, mais exprime aussi pour la plupart du temps des concepts scientifiques improvisés que le monde scientifique lui même ne (re)connaît en rien :

« J’ai relayé un truc un truc de facebook sur facebook, je l’ai même pas importé.En mettant enculé, ce qui est un terme objectif, quand on se s’en fait mettre une dans le cul c’est se qui s ‘appelle se faire enculé, je rappelle ce qui définit radicalement l’homosexualité, c’est la sodomie, c’est quelque chose qui se passe autour du trou du cul, c’est pas de ma faute si des gens au lieu de se définir face aux autres dans la société par leur profession, leur religion, leur origine de classe, c’est a dire plombier, bourgeois catholique se définissent pas une pratique sexuelle qui consiste euuuh à pénétrer un anus ou à se faire pénétrer l’anus, ontologiquement un homosexuel est quelqu’un qui se définit par enculé ou par enculeur, c’est eux qui décident de se montrer comme ça aux autres , donc quand je met enculé, donc quand je dis enculé, ça n’est donc pas une diffamation, c’est un constat, effectivement, tout ça tourne autour du trou du cul, ce qui n’est pas un lieu qui dans aucune civilisation, puisque c’est le lieu des fesses, puisque c’est le lieu de la défécation qui n’est pas un lieu sanctifié ni sanctifiable, le regard peut être sanctifié parce que c’est le miroir de l’âme, l’oreille parce que c’est par là que rentre la musique, la bouche parce que c’est le lieu de la fonction symbolique qui s’appelle le langage, mais le trou du cul est quelque chose qui se situe au bas de l’échelle des valeurs en bas de l’échelle corporal parce que c’est par là que sort la merde, voilà. Donc quand on se définit par le trou du cul, c’est un positionnement qui veut bien dire quelque chose sur le plan politique, symbolique, voilà et et je ne fais que le constater. »

On trouve alors, à l’image de ce discours qui en représente beaucoup d’autres chez les complotistes 2.0, un désir d’affirmer avec une conviction exacerbée des pseudo-verités homophobes, racistes, misogynes et naturalistes. Ces légitimations se matérialisent ici par différents éléments de langage. D’abord ce sont les mots utilisés qui caractérisent une assurance quasi scientifique dans le discours (« je rappelle ce qui définit radicalement l’homosexualité ; Ontologiquement un homosexuel se définit par… ; Je ne fais que le constater ; Il faut le savoir (une expression qu’utilise souvent Alain Soral ) »). Ensuite c’est l’utilisation de termes scientifiques que l’on trouve dans les sciences sociales qui a pour fonction de servir un discours qui ne l’est pas («  si des gens au lieu de se définir face aux autres dans la société par leur profession, leur religion, leur origine de classe » ; « fonction symbolique » ; quelque chose qui se situe au bas de l’échelle des valeurs en bas de l’échelle corporal »). Enfin, et c’est sans doute le plus important, Alain Soral utilisent largement la rhétorique du coupable idéal, avec une assurance dans son discours qui laisse à présager que rien ne peut être discuter car ce serait la seule et unique vérité, ce qui lui laisse de passer sa vision du monde comme la parole divine. C’est ce que montre Loîc Nicolas (Docteur en rhétorique, il enseigne à l’Université libre de Bruxelles  ) : « À cet égard, les conspirationnistes, d’où qu’ils viennent, porteurs d’une aspiration néo-romantique, veulent faire triompher une parole absolument purifiée et authentique -parole inhumaine, sans rhétorique, sans scories, sans nul doute possible. Une parole où le dialogue et la critique ne sont pas (ou plus) en mesure de s’exprimer librement. Ici se nichent le mythe du contrôle absolu et en temps réel, celui de l’omniscience, celui d’une culture naturalisée. ».

.La réaction des internautes aux complotistes 2.0.

Pour rendre compte de la réaction des internautes aux propos d’Alain Soral, j’ai choisi de recueillir quelques commentaires provenant d’une vidéo Youtube qui a été importé de la télévision française (88 minutes-Direct 8/ 2008). Ce choix a pour but de montrer la défiance des internautes à l’égard des médias et d’en montrer directement les conséquences, c’est à dire l’attrait aux discours d’Alain Soral. On y trouve alors diverses commentaires, reviennent largement à la défiance des médias et de ses acteurs évoqués dans la première partie.

Ainsi on retrouve :

« Comme souvent ce journaliste n’a pas un QI très élevé et semble ne pas comprendre ce que sont les principes de la République.« 

« Encore un journaliste a la con quoi… »

« On voit que le journaliste tapine pour son patron et qu’il s’est fait détroussé du pouvoir qu’il a de faire bouger les choses par sa position! Cet après midi j’ai apris que les journalistes sont extrêmement mal payé et mal statué! Ils auraient pu créer la corporation professionnelle la plus puissante qui soit en étant derrière la caméra! Plus personne lit les journaux à cause des mensonges! »

Ensuite, cette défiance aux médias peut s’accompagner de louanges faites à Alin Soral, concernant son esprit de subversion, sans nécessairement parler du fond de ses discours :

« Je suis pas forcement 100% d’accord avec tout ce que dit Soral, mais c’est dingue comment il envoie des bastos nucléaires quand il parle. Il manie parfaitement la langue française, le tout en direct live, il est serrein à 100% dans ce qu’il dit, il n’a jamais rien à cacher, il parle librement, rapidement mais jamais sans macher ses mots et ses idées, il a une répartie infini, etc… Je suis forcé d’admirer l’homme qu’il est.« 

« J’aimerais tellement qu’Alain Soral repasse a la télé et dans les « grands » médias… Le retour du contenu subversif « .

Enfin on retrouve dans les commentaires, la figure de l’Homme à la parole divine, que Alain Soral s’est forgé sur ses vidéos Youtube et sur le site de son association (ce qui représente la majorité des commentaires) :

« ont peux comprendre pourquoi il n’est plus inviter dans les médias, il dérange, il dit la vérité, Monsieur Soral « 

« excellent soral viré tous c’est journaliste sionistes des médias « 

« Soral guide nous vers la lumière« 

En bref, on retrouve alors des internautes défiants à l’égard du modèle télévisuel, et se reportent alors face à des pseudo-détenteurs de la vérité. On peut alors en déduire que les internautes sensibles aux discours des complotistes 2.0, dans un raisonnement binaire et radicale (soit les médias ; soit les complotistes 2.0) sont en quêtes d’une vérité absolue, au prix d’une absence de nuances et de remises en question.

Conclusion.

Comme nous l’avons vu dans la première partie, la défiances aux médias traditionnels (considérés comme corrompus) et à leurs acteurs semblent être les principales raisons des motivations des téléspectateurs à se retrouver sur le média libre qu’est internet. Si cet outil numérique peut être bénéfique pour recueillir des informations scientifiques ou non, ou tout simplement s’informer, il présente le danger de devenir un média de propagande dangereux, où de nombreux complotistes, par leurs éléments de langage, profitent du déclin du média télévisuel censé informer impartialement la population (Bourdieu) et font passer leur vision du monde comme étant la vérité absolue. Julien Giry ( Docteur en Science Politique de l’Université de Rennes 1, spécialiste du complot) explique alors, à juste titre : 

« Face à un tel fourmillement, et notamment lorsque des acteurs radicaux s’emparent du web et de ses potentialités afin de diffuser leurs discours dans des formes esthétisées et idéalisées, il est plus que jamais impératif de développer une véritable éducation à la critique des médias conçue comme autant d’outils à disposition du public pour com­prendre les enjeux et usages sociopolitiques de la communication (visuelle) moderne. Ceci est tout particulièrement indispensable lorsqu’elle passe par des dispositifs sociotechniques telle­ment présents dans nos vies quotidiennes que, parfois, nous ne prenons même plus la peine de les interroger. »

Bibliographie

.Le « complotisme 2.0 », une étude de cas de vidéo recombinante :Alain Soral sauve Glenn et Tara dans The Walking Dead‪. Julien Giry (Quaderni 2017)

.Jésuites, Juifs, francs-maçons : la rhétorique au service de la conspiration. Loïc Nicolas (Diogène, 2015)

. Avant propos, Véronique Campion-Vincent et Jean-Bruno Renard (Diogène, 2015)

. Sur la télévision, Pierre Bourdieu (1996)

Sitographie

Alain Soral à la télévision:.https://www.youtube.com/watch?v=B6Q33GvqJrk&t=488s

Soral et ses théories:.https://www.youtube.com/watch?v=EFZrtbDDfSs&t=248s

.Page Facebook « Pensée Libre »

.Interview Alain Soral (introduction) : https://www.egaliteetreconciliation.fr/Soral-dans-ses-mots-Interview-d-Alain-Soral-par-le-magazine-quebecois-Le-Harfang-51813.html

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *