Le #inktober : l’étendard des dessinateurs d’instagram

Dossier réalisé par Mathieu COMOY, Naomi ANACLET, et Sabrina SAMSON

Introduction

Un phénomène qui s’est fortement développé avec les réseaux sociaux est le “challenge”. En effet, les gens prennent de plus en plus de plaisir à se défier surtout s’ils peuvent partager leurs exploits sur internet en utilisant des hashtags. Ainsi, on a pu observer différents types de “challenges” apparaître sur Facebook, Twitter et Instagram. Certains défis sont liés à des associations comme le Ice bucket challenge qui consistait à se filmer en train de se jeter un seau d’eau glacé sur la tête. Les vidéos étaient ensuite partagées sur les réseaux pour médiatiser la récolte de fond contre la maladie de Charcot. D’autres challenges sont plus amusants comme le Calcul Challenge qui consiste à faire des calculs mentaux de plus en plus difficiles en dansant.

Pour la communauté d’artistes sur les réseaux sociaux, c’est diffèrent. On se retrouve à réaliser des défis qui impliquent créativité et partage d’inspiration. On communique par le dessin sans avoir besoin de se montrer, en fait on ne montre que son talent. Parmis les défis populaires du moment on a le Draw this in your style (en français : Dessine ça dans ton style.) qui consiste à prendre le dessin d’un autre illustrateur et de le redessiner à sa façon. Cependant, le défi qui se démarque le plus dans la communauté d’artistes c’est l’Inktober.

Créé par Jake Parker en 2009, ce défi se déroule tous les ans entre le 1er et 31 octobre. Le but est de produire un dessin par jour suivant des contraintes qui changent chaque année en oubliant pas d’ajouter #inktober à chaque publication. Les dessinateurs peuvent publier leurs œuvres sur les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook.
Inktober est un néologisme constitué des mots ink (en français : encre) et “tober” pour le mois d’octobre.

Ce défi nécessite donc de faire un dessin par jour durant tout le mois d’octobre suivant la liste de l’année ; les dessins sont en noir et blanc car arrêtés au stade de l’encrage, comme le veut le INKtober. Au fil du temps, ce défi gagne en popularité, qu’ils soient professionnels ou amateurs, de plus en plus d’artistes y participent. On en vient alors à se demander : Quels sont les enjeux pour la communauté d’artistes qui publie sous le #inktober ?

Pour répondre à cette question, nous allons d’abord nous intéresser à ce que peut apporter la diffusion d’œuvres sur Instagram pour les artistes. Ensuite, nous nous intéresserons à ce qu’ils peuvent produire en participant à ce défi. Pour finir, nous verrons en quoi la popularité de ce défi a changé la perception que l’on peut avoir sur ce challenge.

I. Diffusion des œuvres sur Instagram

Pour parler du #inktober, il est important de présenter la plateforme sur laquelle le défi a eu le plus de succès et que nous avons choisi comme terrain principal. Il s’agit de l’application Instagram.

A. Instagram : la plateforme idéale ?

Contrairement à d’autres réseaux sociaux moins tournés vers l’image et la pratique photographique et phonéographique1 comme Twitter et Facebook, Instagram a dirigé tout son intérêt vers le partage de photos et de vidéos. Elle permet de créer une véritable communauté qui se réunit autour des mêmes aspirations visuelles, même centres d’intérêts. Dans un premier temps comme beaucoup d’autres réseaux sociaux Instagram présente un système de fil d’actualité. Dans ce fil d’actualité, on peut faire défiler les posts de nos abonnements. Les posts sont exposés de façon anti-chronologique. Cela permet de connaître, à chaque connexion, la publication la plus récente et donc de se tenir informer de l’activité de ses abonnements.

Capture d’écran du fil d’actualité d’Instagram

Par exemple, sur l’image ci-dessus, on peut constater que la publication de radioshead date d’ “il y a 4 heures” . Cela entraîne une certaine motivation à consulter quotidiennement son fil, afin d’être à jour sur les tendances mises en avant par la communauté que l’on s’est formé. Pour cela, il est nécessaire de se créer un fil qui nous plaît, et cela passe par de l’exploration.
Cette exploration se fait par différents biais :
– la barre de recherche
– les abonnements de nos abonnements
– le hashtag

La barre de recherche est l’outil le plus commun dans une application telle qu’Instagram. Car finalement, elle présente une très grande base de données constituée d’images. C’est une réponse assez commune à une application qui base son utilisation sur le partage de contenu visuel. On peut comparer son utilisation avec le site internet Pinterest (qui possède aussi son application aujourd’hui) comme le montre la capture d’écran ci-dessous :

Capture d’écran de la page d’accueil de Pinterest

Comme on peut le voir, la barre de recherche est le premier élément visible en partant du haut de l’écran. Cependant, la barre de recherche se veut discrète, car pendant que l’on scroll2 vers le bas, elle disparaît. Elle ne réapparaît que lorsqu’on va scroller vers le haut ce qui indique qu’on souhaite aller vers autre chose, que les résultats qui nous sont donnés à voir ne nous satisfait pas. Comme dit dans le livre Design tactile : A book apart n°14 : “D’autres indices comportementaux peuvent indiquer des désirs courants : dans instagram, le flux de photos défile vers le bas de l’écran, et les gens visionnent presque toujours les images dans cet ordre ; un défilement vers le haut indique un changement d’objectif. Lorsque cela se produit, Instagram devine que vous cherchez peut-être les contrôles du sommet de la page et les fait apparaître à l’écran.” (p.83), ainsi, tout est optimisé pour naviguer au mieux dans tout ce contenu.

Pour les abonnements, ils se font de fil en aiguille, on va par exemple par curiosité allez regarder les abonnés et/ou abonnements d’un de nos amis. Tomber sur une photo de profil qui nous plaît, cliquer sur le profil concerné, le consulter et s’abonner, tout ça en l’espace d’une minute.

Avec le principe du hashtag (#) on étend notre champ d’exploration (car celui-ci était  restreint lorsqu’on ne se base que sur la communauté de proche). Comme dit dans l’intro, le hashtag permet de cibler à l’aide d’un mot notre intérêt pour quelque chose en l’associant à une image, on permet à d’autres qui seraient dans le même cas que nous de pouvoir le consulter. Le hashtag se base sur le principe de l’hypertextualité qui, dans le livre L’intelligence des réseaux a comme faculté de transformer la mémoire de chacun en la mémoire de tous.

Au final, toute la navigation au sein d’Instagram se produit selon le principe du “hasard heureux”. Comme dit dans le livre L’intelligence des réseaux : “La navigation est l’équivalent pour le Web du heureux hasard en littérature, par exemple, si je passe par les rayons de la bibliothèque et qu’au lieu de feuilleter le livre dont j’ai besoin, je tombe en contemplation ravie devant quelque chose dans le livre voisin sur la tablette, qui n’a strictement rien à voir avec l’objet de ma recherche.”

B. Rechercher une notoriété

Il est étonnant de constater que des posts sous le hashtag persistent en dehors du mois d’octobre. Et ce, malgré le fait que le défi soit exclusivement réservé à ce mois. Cela s’explique notamment par le concept du lien faible expliqué dans le texte « Liens faibles, liens forts : le paradoxe de la relation sociale » :
“Les nouvelles technologies relationnelles ouvrent un espace nouveau et original pour organiser et interagir avec les liens plus faibles. Ces interactions étendent le réseau de relations, le préservent de l’oubli et de l’éloignement, le rendent activable pour un ensemble nouveau de tâches et d’opportunités. Elles modifient, sans doute plus qu’on ne l’imagine, mais aussi de façon souterraine et sans grand éclat, la manière dont les individus peuvent s’informer, circuler et agir dans nos sociétés. Elles contribuent aussi à donner forme à de nouvelles manières de produire des collectifs qui ont pris leur essor grâce à Internet. C’est à essayer de tirer quelques conséquences de ces transformations que cette synthèse voudrait contribuer en explorant la riche production de la revue.”
Prenons l’exemple de la dessinatrice julia.tek :

En naviguant dans le #inktober2018 on tombe sur un de ces posts datant d’il y a quelques heures seulement. La curiosité m’a fait cliquer sur son profil et regarder quelques-unes de ses publications. On remarque que le #inktober2018 est noyé parmi d’autre hashtag qui eux sont censés être des thèmes intemporels, des hashtag de description. (#art #drawings #illustration). Ainsi, au final, le inktober lui permet de signaler sa présence auprès de membres d’instagram qui n’avait aucune possibilité de prendre contact avec elle ou de remarquer son travail en tant qu’illustratrice : pas de connaissance du pseudo, pas dans les suggestions, pas d’abonnés en commun. Finalement, ce détournement du hashtag est nécessaire pour élargir son nombre d’abonnés et donc sa visibilité.
Aussi, dans notre enquête quantitative “Le #inktober et vous” une des réponses à la question : “Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce défi ?” à été : “la possibilité de travailler une autre technique artistique ( et profiter de la popularité du hashtag pour gagner en visibilité)”. Ce qui est assez représentatif de ce que représente le #inktober. Au-delà du challenge, il représente également une vitrine non-négligeable pour un(e) illustrateur(trice), un(e) tatoueur(se) qui souhaiterait faire connaître son travail.

C. Faire partie d’un groupe/d’une communauté

“L’éruption des relations « spontanées », fondées sur les liens faibles, fait aussi émerger le phénomène d’œuvre collective et d’appartenance à un groupe, qui répondent bien à un instinct de clan dont sont issues les démarches communautaires.”

Au final, créer une communauté en entretenant sa notoriété, c’est également souhaiter s’associer à un groupe. De la part des dessinateurs du #inktober, ajouter le #inktober2018, c’est dire : “Regardez, je connais ce défi”. Finalement par extension, le hashtag devient presque un cachet d’authenticité. Et permet aux habitués qu’ils soient pratiquant où juste spectateurs et flâneurs, et illustrateurs de reconnaître leurs travails : «Liens faibles servent bien souvent à jeter des ponts locaux entre des ensembles d’acteurs qui autrement seraient isolés, ou encore qui ne pourraient se rejoindre que par des détours beaucoup plus longs ». Une des réponses à notre enquête quantitative à la question : “Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans ce défi ?” a été : “je fréquentais beaucoup de communautés de dessinateurs”.

Il y a aussi eu beaucoup de déclinaison du #inktober, ce qui multiplie la présence du hashtag sous les post et donc revalorise le post en lui-même (#inktober2go, inktoberday1/inktoberday2…).

Dans la photo ci-dessous, on peut voir que l’illustratrice mentionne son style de dessin comme un “#inktober hype” comme pour mentionner qu’il s’agit d’un style propre au challenge.

Il est intéressant de constater comment au fil du temps, on a donné plusieurs propriétés au #inktober :
– rassembler
– augmenter la notoriété en jouant sur le principe de lien faible

Mais toutes ses facultés détourne de l’usage premier du hashtag qui était de s’améliorer en tant que dessinateur. Il s’agissait d’un moyen de développer ses capacités graphiques en ayant une certaine assiduité dans la pratique du dessin. Il l’une des raisons qui lui a donné autant de succès était le fait de pouvoir se découvrir en tant qu’illustrateur et de visualiser la multitude d’interprétation qui pouvait être donnée à voir.

II. Dessiner, créer, s’améliorer

Mais au-delà de l’idée de partager ses créations avec des communautés en ligne pour avoir des retours mais aussi des compliments d’autres dessinateurs afin de booster son ego, le inktober est à la base une façon pour les artistes d’améliorer leur technique et de se motiver à dessiner régulièrement. Cet événement va permettre à tous les artistes qui vont y participer de créer de nouvelles choses, d’améliorer leur art, mais aussi de découvrir et apprendre de nouvelles techniques.

A. Se défier soi-même en sortant de sa zone de confort

En effet la façon dont l’inktober est conçu va pousser les artistes à se dépasser eux même et à s’améliorer en essayant de nouvelles choses. Il n’y a pas d’inscription ni de prérequis pour participer, il suffit d’aller sur l’une des sources officielles disponibles en ligne comme le site officiel en anglais ou les nombreuses autres pages créées par des communautés de fans dans d’autres langues pour recevoir consignes et indications. Les règles sont assez simples : faire un dessin à l’encre, le poster sur internet à l’aide du réseau social de son choix et l’identifier avec le hashtag de l’événement : #Inktober ou #Inktober2018. Quant aux consignes disponibles sur le site web officiel, il s’agit de prompt3 (cf l’exemple ci-dessous). Il y a un prompt pour chaque jour du mois d’octobre. C’est ce que les artistes devront respecter pour créer leurs œuvres.

Liste de prompt 2018, Site officiel www.inktober.com

Ce système de prompt permet deux choses : cela donne aux artistes qui n’ont pas beaucoup d’imagination un thème de départ et permet de vaincre la fameuse “peur de la feuille blanche” en leur donnant une base et une direction. Mais ces fameux prompts permettent aussi aux personnes qui dessinent toujours la même chose d’essayer un style ou un thème nouveau. En effet il n’est pas rare de voir des artistes qui se spécialisent dans un type de dessin particulier comme le portrait ou le paysage. Mais quand cette spécialisation est trop pointue, elle traduit en fait d’un manque de volonté de l’artiste qui se repose sur un domaine très précis ou il excelle et refuse d’en sortir car il sera forcément moins doué une fois confronté à n’importe quelle autre technique ou sujet.

En répondant à la question “Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans l’Inktober” dans un sondage en ligne que nous avons réalisé, une grande majorité des participants admettent que leur plus grande motivation a été la perspective d’essayer de nouveaux styles graphiqued et une nouvelle technique de dessin.

L’Inktober est donc l’occasion pour les artistes d’essayer des choses nouvelles au sein d’une communauté bienveillante. Comme tout le monde se met en danger en partageant des dessins de sujets qui ne sont pas forcément leur fort, cela crée une communauté souvent bienveillante qui va être moins dure et qui va plus facilement fournir des commentaires et critiques justes et le faire avec tact. C’est cette bienveillance qui va pousser les différents artistes à poster leur dessins. Ce hashtag peut être l’impulsion dont ils ont besoin pour avoir le courage de montrer leur art au public pour la première fois. On peut par exemple voir ci-dessous l’exemple de l’artiste cyarine qui a partagé ses progrès dans ce post qui est accompagné d’un message d’encouragement “Personne n’est né en étant capable de dessiner, ce n’est pas non plus juste de la chance”.

Dessins de @cyarine par @artwark_life24h sur Instagram

Mais il y a aussi une autre façon de voir l’inktober : celle de la compétition. Bien que ca aille à l’encontre même du principe de l’opération, certaines personnes apprécient cet évènement pour pouvoir comparer leur talent à celui d’autres artistes sur un même sujet.
A l’inverse, des artistes plus pudiques c’est cette fois l’ambiance de compétition qui va pousser ces personnes là à partager.

B. Entre art traditionnel et art numérique

Bien que les instructions du concours soit assez explicites telles qu’elles sont présentées sur le site web de l’inktober : il faut publier des dessins à l’encre, il n’y a pas de précision ni de limitation quant à la technique utilisée pour réaliser ces dessins. C’est là que ça devient assez intéressant : Comme le concours est basé sur un hashtag et se déroule entièrement sur les réseaux sociaux, on peut supposer que ses participants sont assez jeunes. D’après un sondage en ligne que nous avons réalisé pour ce mémoire, 90% d’entres eux avaient entre 18 et 25 ans. Ce jeune âge pourrait donc laisser supposer que ces artistes utiliseraient des moyens modernes pour dessiner comme des tablettes numériques, ipad ou autres moyens d’acquisition numérique. Mais selon le même sondage, à la réponse à la question “Sur quel support avez-vous réalisé vos dessins ?” nous avons pu constater un résultat assez surprenant avec plus de 75% des participants qui utilisaient des moyens traditionnels tel que le papier et l’encre contre 25% qui utilisent des supports numériques avec en majorité des tablettes graphiques.

Le créateur du inktober, Jake Parker, n’acceptait d’ailleurs pas les créations numériques dans les premières éditions de ce défi. Mais il a fini par changer d’avis en réalisant l’importance de ne pas exclure les artistes numériques de l’événement mais aussi en prenant conscience de l’ancrage numérique important de la communauté du inktober. Le challenge reste néanmoins officiellement plus orienté vers les techniques traditionnelles en mettant en avant les travaux au stylo, au pinceau et à l’encre comme on peut le constater par leur vente de produits dérivés que nous aborderons plus loin.

Certains créateurs mettent d’ailleurs en avant cet aspect dessin traditionnel et le revendique en prenant en photo leur oeuvre avec les outils qui ont servi à la créer disposés à côté comme nous pouvons le constater sur l’image ci-dessous. Cela permet à la fois de prouver que le dessin à bien été réalisé sur papier mais peut aussi servir un but informationnel pour montrer aux personnes qui aiment le dessin avec quels outils ils peuvent espérer obtenir le même résultat. Certains autres utilisateurs poussent même le principe un peu plus loin en postant des photographies d’eux en train de réaliser le dessin, avec les outils à la main. Même si cela reste marginal c’est tout de même une pratique très répandue pour les photographies de dessin en général sur twitter, instagram et les réseaux spécialisés dans le dessin.

Dessin de @aninditaislam sur Instagram

Quand Jake Parker a accepter les créations numériques, cela a enclencher une transformation qui a permis d’élargir le public visé par le défi. Cela a également contribué à construire une vraie communauté sur plusieurs plateformes. Nous avons pu constater que ce sont en général les artistes confirmés qui utilisent les méthodes traditionnelles de dessin alors que les néophytes vont le plus souvent se tourner vers les solutions numériques. Cela peut s’expliquer par plusieurs facteurs : Premièrement on a le prix. Alors qu’on pourrait penser que du papier et des stylos ou de l’encre coûterait moins cher qu’une tablette graphique, le matériel de dessin professionnel est étonnement proche de son pendant numérique quand on compare leurs coûts.
Puis vient la problématique de l’accessibilité et la rentabilité : le numérique est beaucoup moins punitif en cas d’erreur. L’encre est assez dure à manier pour les débutants et peut souvent finir par faire des taches ou des lignes d’une épaisseur non désiré. Avec une tablette numérique en revanche les erreurs ne sont jamais définitives et en général facilement annulées.
Le dernier point que l’on peut soulever porte sur la rentabilité en fonction de la quantité : A l’image du passage de l’argentique au numérique pour la photo, on a moins peur d’essayer et de rater avec le numérique comme dessiner en quantité ne coûte pas plus cher. Alors que l’encre et le papier sont des achats qu’il faudra effectuer régulièrement.

C. Constater les différentes appropriations

Comme nous avons pu le voir, même si les consignes sont les mêmes pour tous les artistes, chacun à sa façon d’aborder cet événement dans l’aspect technique mais pas seulement. En effet, les artistes s’approprient souvent les règles pour créer quelque chose d’unique. Tout en travaillant avec de l’encre, certains vont utiliser des traits pleins, d’autres vont varier la pression pour créer des lignes plus vivantes, certains vont utiliser des grands aplats de noir alors que d’autres vont simplement esquisser les contours. Il y a pleins de façons de se démarquer en restant dans les règles.

Mais certains artistes se démarquent des autres chaque année en s’écartant des règles d’une façon ou d’une autre. Par exemple ces artistes originaux peuvent ajouter de la couleur à leurs contours à l’encre : cela peut simplement passer par des petites touches de couleur à l’encre, surtout avec de l’encre rouge comme il en est coutume dans l’art Japonais avec les estampes. Mais cela peut parfois aller beaucoup plus loin avec des artistes qui mettent des couleurs sur le dessins entiers avec de l’aquarelle, de la peinture ou des feutres comme nous pouvons le voir sur l’illustration ci dessous. Ces techniques s’écartent donc du noir sur blanc classique que les règles du concours préconise et bien que ce ne soit donc pas techniquement dans les règles ces artistes identifient quand même leur dessins du hashtag Inktober. La communauté qui comme nous l’avons vu est plutôt bienveillante va donc fermer les yeux et accueillir ces dessins avec des commentaires sympathiques.

Dessin de @elenafd.arts sur Instagram

Comme nous l’avons vu, il existe des artistes qui se démarquent par leur style, il y en a aussi qui vont se démarquer par le support utilisé. Tous les dessins du #inktober ne sont pas fait sur papier ou numériquement. Une communauté s’est emparée de ce hashtag pour publier ses oeuvres : c’est la communauté des tatoueurs. Ce phénomène est assez logique et est dû à la similarité des deux milieux. En effet, les tatoueurs font des dessins préparatoires à l’encre avant de passer au tatouage. C’est ce qu’on retrouve le plus souvent sur le #inktober comme cela correspond parfaitement au mouvement, mais on peut trouver de plus en plus de posts de photographies de tatouages (cf photo ci-dessous).

On a à faire dans les deux cas à des dessins à l’encre dans l’absolu, c’est juste le support qui change. De plus, les adeptes du tatouage utilisent déjà des hashtag comme #ink #inkaddict ou encore #inkart. L’utilisation du hashtag inktober est donc assez intuitive pour eux. Bien entendu, ces personnes ne participent généralement pas réellement au inktober et ne publient qu’une seule fois au cours du mois, mais le hashtag leur permet de gagner en visibilité. Les membres de la communauté du inktober étant sensible à l’esthétique des dessins à l’encre en général, ils vont bien accueillir ces posts et apprécier les designs épurés de tatouages.

Photo de @olga_tattoo_art sur Instagram

Comme nous avons pu le voir, les artistes ont chacun leur propre manière d’aborder Inktober. Cet évènement qui au départ n’acceptait que des dessins à l’encre a bien évolué. Aujourd’hui, cet événement rassemble une communauté immense qui va du dessinateur du dimanche aux artistes tatoueurs professionnels. Mais le but du hashtag reste le même, donner une plateforme et la motivation nécessaire aux artistes pour qu’ils s’améliorent et se mettent en danger en découvrant de nouveaux styles de dessin et en s’attaquant à des sujets qu’ils n’ont jamais étudié auparavant.

III. Un défi victime de sa popularité

L’Inktober, c’est une fois par an pendant le mois d’octobre et c’est quelque chose qui a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années.
Pour représenter la popularité de ce défi, revoyons un peu comment le nombre de publications a évolué avant et après la création du compte officiel @inktober sur Instagram, en 2016 :
#inktober2014 : 29.4 mille publications
#inktober2015 : 314 mille publications
#inktober2016 : 1.2 million de publications
#inktober2017 : 2.9 million de publications
#inktober2018 : 4.7 million de publications
On peut observer que le nombre d’œuvres publiées avec ces hashtags sont passés de milliers à million et plusieurs choses entre en compte avec ce genre d’évolution surtout d’un point de vue économique.

A. Jeux concours en collaboration avec des entreprises

Avec une popularité aussi grandissante, il n’est pas étonnant que l’Inktober attire des entreprises. Comme il faut le rappeler, les personnes qui participent à l’Inktober sont des artistes amateurs ou professionnels et comme tout artiste, ils ont besoin de matériel pour pratiquer leur art. Ainsi, on peut comprendre que pour une entreprise il n’y a rien de mieux pour faire la promotion de leurs produits. Le compte officiel @inktober a fait des partenariats avec plusieurs entreprises pour diverses raisons, mais dans ces partenariats l’une des premières choses que l’on peut se dire, c’est que l’une de ces raisons est de mettre en avant ces entreprises. Ce compte suivi par 455 mille abonnés est un bon moyen pour certaines entreprises de se faire de la publicité et d’augmenter leur clientèle.
Mais maintenant il est important de se demander en quoi consiste ces partenariats.
Dans un premier temps, on peut observer dans ce compte une volonté de conseiller et partager les meilleurs outils pour pratiquer l’art graphique et aussi donner des idées de nouvelles créations. Ainsi, ils sont testés au moyen de photos ou vidéos, chaques articles proposés sont passés en revue avec l’avis d’un professionnel, ce qui par conséquent offre plus de crédibilité aux produits et donc il semble pertinent pour l’entreprise de s’attacher à ce genre de compte. Les entreprises ont réellement quelque chose à gagner avec ce genre de partenariat.
Le compte @inktober propose aussi des tutoriels qu’ils font eux-mêmes au moyen de vidéos afin d’apprendre de nouvelles techniques d’encrage. À cela, on peut ajouter le fait qu’il diffuse un lien vers un site web dans lequel on peut avoir accès à des cours de pratique d’art graphique payant. Encore une fois, tout est bon pour pousser à la consommation.

Une autre utilité à ses partenariats et l’organisation de concours, une volonté de sélectionner les meilleurs artistes et de leur offrir plusieurs possibilités. Par exemple, depuis 2018, on a pu constater une annonce qui proposait à 4 artistes plus de visibilités en voyant leur art publié dans le compte instagram de grandes marques pendant l’inktober (exemple du partenariat avec Pentel ci-dessous).

post du compte @inktober sur instagram datant du 6 août 2018

Après cela, il y a eu l’apparition de plusieurs concours organisés. Plusieurs types de récompenses sont possibles pour les artistes, cela peut aller de matériels d’art traditionnel à art numérique avec par exemple un abonnement à Creative Cloud. Ci-dessus, vous pouvez voir un exemple de ce type de partenariat avec le compte @adobedrawing. Ils ont organisé leur concours en 3 jours à partir de la prompt liste officiel d’Inktober en 2018. Il proposait d’offrir un an d’abonnement à Creative Cloud.

post du compte instagram @adobedrawing datant du 1 octobre 2018

Face à tous ces faits, on peut remarquer un problème. Le concept même de l’Inktober semble être complètement dénaturé. Comme nous l’avons déjà vu avant, l’inktober était initialement un moyen d’encourager les artistes à s’améliorer dans la technique de l’ancrage. La seule récompense qu’ils étaient censés obtenir dans ce défi, c’était la satisfaction de s’être amélioré dans un domaine que l’on a du mal à maîtriser. C’est supposé être quelque chose d’amusant et individuel. Il est compliqué pour certains de publier leur art sur internet parce qu’ils ont peur d’être jugé ou critiqué. Le fait d’organiser des concours peut les gêner dans leur pratique ou même les complexer face à d’autres artistes plus talentueux. Les artistes se retrouvent à se comparer entre eux et cela augmente leurs insécurités au lieu de les aider à se concentrer sur leur propre talent.
Les concours stimulent l’esprit de compétition des artistes et en un sens, c’est bien mais du point vue de l’Inktober, cela représente quelque chose de complètement différent par rapport au concept initial. L’Inktober est lié au partage de son art, sa passion, son style, s’inspirer les uns des autres et en aucun cas se mettre en compétition avec les autres. Ce défi évolue au fil du temps et des années, il a de plus en plus de succès et avec cela, on peut remarquer un changement des envies des participants.

B. Un commerce autour de l’inktober

“C’est un grand challenge de productivité déjà : il faut trouver les thèmes, s’y tenir et les réaliser chaque jour. On peut facilement mettre deux heures pour réaliser un dessin, alors si on a une journée chargée, ça demande beaucoup d’implication ! Mais cette émulation autour d’#Inktober et cette solidarité, cet amour au sein de cette grande communauté internationale, c’est un moteur énorme. J’ai d’ailleurs l’impression que c’est plus suivi que l’année dernière.”

citation d’Aliénor, illustratrice du magazine madmoiZelles dans l’article “Participe à l’édition 2018 de #Inktober avec madmoiZelle !” : http://www.madmoizelle.com/inktober-defi-dessin-octobre-640205

Le point important dans cette citation c’est que l’inktober a réuni ces dernières années beaucoup d’artistes à l’international. Tous veulent s’impliquer dans le challenge, il se réunissent et s’encouragent. C’est un challenge où règne la positivité. De ce fait, une communauté se crée et cela peut amener à la commercialisation de certains produits. L’inktober est d’actualité tous les ans donc c’est une opportunité à saisir, on peut vendre des produits dérivés. Jake Parker, créateur de ce défi, l’a bien compris et il a commencé à mettre en vente des T-shirt inktober en août 2017 tout en n’hésitant pas à faire de la pub pour ces T-shirt dans d’autres postes qui n’ont rien avoir avec le sujet. Par exemple, dans ce poste du 24 août 2017, il présente un stylo permettant de faire de l’encrage. Il en fait l’éloge, le décrit, explique qu’il présentera d’autres stylos et outils pour donner des idées à ses abonnés pour au final reparler de la vente de ses T-shirt.

post du compte Instagram @inktober datant du 24 août 2017

Par la suite, il continuera de développer son commerce autour de l’inktober avec d’autres produits en vente que l’on peut retrouver dans le site officiel de l’inktober (https://inktober.com/merch/). Parmis ces produits il y a même des T-shirt avec ses propres illustrations, il y a aussi des pins et une trousse pour ranger son matériel (seul produit qui peut être utile à un artiste).

Tous ces produits sont destinés aux participants du défi Inktober. Ce nom s’est transformé en logo, en produit de marque, il a sa propre identité visuelle. Vouloir acheter ses produits, c’est comme vouloir faire partie d’une communauté qui peut se démarquer grâce à ça. On achète un T-shirt Inktober pour montrer notre soutien ou notre appartenance à une communauté d’artiste.
Un produit dérivé, c’est un produit créé pour exploiter commercialement la notoriété et la popularité d’une œuvre intellectuelle, d’un événement, d’un individu ou d’une organisation.
C’est un phénomène que l’on retrouve partout, ils sont issus de livres, de films, de séries, de jeux vidéo, d’événements sportifs ou culturels. L’Inktober rentre bien dans la dernière catégorie. Les produits dérivés visent des fans, des gens qui partagent une même passion, une communauté qui se retrouve réunie par des produits similaires qui se décline de divers façons.
En créant des produits Inktober, Jake Parker renforce une communauté déjà existante. Il offre au participant de ce défi une manière de se démarquer et de montrer leur appartenance à un mouvement. Il permet aussi d’y offrir plus de visibilité et d’y élever une notoriété déjà grandissante pour son hashtag.

C. Le succès de l’Inktober du point de vue des artistes

Pour un artiste, l’Inktober représente un travail non rémunéré, qui peut leur permettre de ramener de nouvelles personnes dans leur communauté. En effet, il est important pour eux d’avoir une communauté si ils veulent être édités, tout cela les obligeant à devenir aussi community managers.
Dans cette partie, nous allons nous intéresser à des artistes professionnels.

« Avant c’était marginal, tu regardais le truc de loin, mais là c’est mondial, du coup t’as un peu la pression genre “je le fais ou pas…” Tu te dis que ça peut être une opportunité de gagner en visibilité. Avec l’Inktober ce mois-ci j’ai gagné 2000 abonnés sur instagram. Quand t’es artiste plus t’as de visibilité plus tu peux gagner du boulot pour manger. »

citation de l’artiste Karensac dans l’article “L’Inktober : plaisir pour les yeux, pression pour les artistes ?” du site 9e ART : http://www.9emeart.fr/post/evenement/general/l-inktober-plaisir-pour-les-yeux-pression-pour-les-artistes-9687

Dans cette citation de Karensac, illustratrice de la série Aubépine chez Dupuis, on peut voir comment a été perçue la montée en succès de l’Inktober. Ce défi est passé en quelques années d’un mouvement marginal avec peu de participants à un défi mondial qui voit beaucoup plus d’artistes de tous les pays y participer. C’est un événement dont tous les artistes parlent et on se dit que l’on devrait essayer, car la majorité des personnes intéressées par l’art (artiste ou non) vont aller voir les œuvres qui seront publiées. Encore une fois, on revient sur cette idée d’avoir plus de visibilité. Pour les artistes professionnels il est important de montrer que des gens s’intéressent à leur art, il faut montrer qu’ils sont soutenus, que des personnes seraient prêt à payer pour leur art. Montrer que l’on a une notoriété en tant qu’artiste, c’est montrer que l’on a du talent et que l’on peut vendre. On peut alors être embauché pour divers emploi dans le milieu de l’art. L’Inktober devient alors l’un des facteurs qui poussent les artistes à se concurrencer entre eux. On peut aussi noter cette part d’hésitation dans la phrase “Je le fais ou pas…” car se sont des professionnels, ils ont déjà beaucoup de travail à faire et l’Inktober peut être pour eux une perte de temps, l’Inktober n’est ici qu’une option ou plutôt une “opportunité”.

« Ça demande de l’énergie en plus. Monter des dossiers pour des éditeurs c’est déjà du travail qui n’est pas rémunéré, donc ce genre de boulot ça coupe sur mon temps de repos. Et puis il y a aussi le fait qu’au début c’était un peu sympa, un peu bon enfant. Moi je trouve pas que ça se soit démocratisé, au contraire en un sens ça s’est “élitisé”, c’est devenu un truc de plus en plus quali, mais du coup ça devient plus compétitif… »

citation de l’illustrateur Aurélien Fernandez dans l’article “L’Inktober : plaisir pour les yeux, pression pour les artistes ?” du site 9e ART : http://www.9emeart.fr/post/evenement/general/l-inktober-plaisir-pour-les-yeux-pression-pour-les-artistes-9687

Pour un artiste professionnel, l’Inktober devient une tâche compliqué malgré leur talent. Participer à ce défi c’est revoir toute son organisation, c’est du travail en plus qui peut causer du tort à leur vie professionnel et personnel. Personne ne les force à participer, pourtant au fil du temps, il s’exerce sur eux une sorte de pression. On doit faire bien, on doit faire des choses grandioses et extraordinaires. La volonté de s’améliorer et de s’exercer se dissipe et l’Inktober devient une corvée, un passage obligé pour les meilleurs. Il est important de repréciser ici que l’on ne soit pas obligé d’aller jusqu’au bout de l’inktober, nous ne sommes pas obligés de dessiner jusqu’au bout et tous les jours. Les artistes se mettent la pression de manière inconsciente. Ils se sentent obligés de se justifier s’ils ne finissent pas ou si ils échouent. La plupart ressentent une forte insatisfaction face à la fin d’un défi inachevé, d’un point de vue personnel il n’y a plus rien à gagner à part la volonté d’être le meilleur parmi tant d’autres. Les artistes sont mis en difficulté par le succès de l’Inktober.
Pour pallier ce problème, certains artistes repensent leur manière de participer. Par exemple, Karensac a pris la décision de travailler sur un format papier plus petit que ce qu’elle prenait habituellement. En 2018, elle a dessiné dans des cercles de 6 centimètre de diamètre sur un format papier de 9 sur 9 centimètre. Des dessins plus petit impliquent un travail moins compliqué et plus rapide à réaliser.

post du compte instagram de Karensac (@mllekarensac) datant du 5 décembre 2018

Comme pour Jake Parker, certains artistes se lancent aussi dans la vente de produits dérivés et des dessins réalisés pendant l’Inktober.
Prenons l’exemple de Karensac. Comme vous pouvez le voir, elle s’est lancée dans la vente de goodies liés aux dessins qu’elle a produit pendant l’Inktober 2018. Elle a ouvert une boutique le 5 décembre 2018 et l’a fermé le 10 décembre 2018. En effet, elle a réussi à rentabiliser son Inktober avec succès.

post du compte instagram de Karensac (@mllekarensac) datant du 5 décembre 2018

L’Inktober qui initialement représente une source de travail additionnel non rémunéré, devient une source de revenue. Grâce à leur notoriété qui peut grandir avec l’Inktober, les artistes se retrouvent à avoir des abonnés prêt à les soutenir et à payer leurs oeuvres. L’Inktober devient une partie de leur source de revenue et encore une fois on s’éloigne un peu du but non-lucratif de ce défi. Cependant, on ne peut pas nier le fait que la possibilité d’obtenir un gain après ce défi, qui semble de plus en plus compliqué à réussir pour certains, est une nouvelle source de motivation. Pouvoir vendre ses œuvres à la fin de l’Inktober devient une nouvelle source de satisfaction parce qu’on se sent soutenu et on reprend conscience du fait que notre style artistique plaît. L’assurance perdue pour certains qui ont l’impression d’être en compétition avec les autres peut être retrouvée grâce au soutien des autres.

Conclusion

Comme nous avons pu le voir, l’Inktober est un concours qui s’est beaucoup développé ces dernières années et dont la communauté a évolué avec lui. Se déroulant principalement sur instagram, il a réussi à s’imposer comme l’un des hashtag de référence dans le monde du dessin en quelques années grâce à ses multiples facettes : le concours permet avant tout de rassembler les artistes et de établir des communautés autour des plus grands dessinateurs. Ces artistes déjà reconnus utilisent d’ailleurs souvent le challenge pour augmenter leur visibilité et leur nombre d’abonnés en profitant du hashtag populaire qui va être vu par beaucoup de personnes intéressés par ce type de contenu.
Mais l’inktober est avant tout un défis qui permet aux dessinateurs de tous horizons de se motiver à créer et se défier eux même grâce au système de prompt qui va donner l’impulsion et l’inspiration de départ dont certains peuvent avoir besoin. Les artistes vont ainsi sortir de leur zone de confort en dessinant de nouvelles choses.
Comme nous l’avons vu, depuis quelques années l’Inktober à remporté un succès grandissant. Cela a évidemment fini par attirer les entreprises et a bien transformé l’événement depuis ses débuts, pour le meilleur et pour le pire. Que ce soit au travers de partenariat avec des entreprises, de jeux concours ou de vente de merchandising officiel, le défis est devenu de plus en plus commercial. Au final, c’est le but de l’inktober qui a été changé : les artistes ne sont plus motivés que par leur aspiration de s’améliorer, toute cette monétisation de l’événement l’a rendu plus sérieux, plus compétitif. Les artistes ont plus tendance à comparer leur travail à celui des autres. Mais tout n’est pas négatif, les artistes professionnels de la plateforme pour qui l’événement n’était pas forcément rentable, car non payés, peuvent parfois être soutenus par leur communauté en proposant les œuvres qu’ils réaliseront au cours du mois d’octobre à la vente. Ce qui leur permettra de passer plus de temps et donc de créer des dessins de meilleurs qualité.

[1] phonéographie : est la pratique de la photographie numérique avec un téléphone mobile ou photophone.
[2] scroller : De l’anglais « scroll » (parchemin), on utilise ce verbe de nos jours pour qualifier l’action de « dérouler » les pages internet en les faisant défiler avec la roulette de la souris.
[3] Prompt : Un mot qui va servire de thème aux dessinateurs

Bibliographie/Sitographie

Livres
CLARK, Josh. Design tactile: A Book Apart n°14. 1re éd. Eyrolles, 2016.
KERCKHOVE, Derrick de. L’intelligence des réseaux. Paris: Editions Odile Jacob, 2000.
MERCKLÉ, Pierre. Sociologie des réseaux sociaux. 3e édition. Paris: La Découverte, 2016.

Articles web
9e ART “L’Inktober : plaisir pour les yeux, pression pour les artistes?” : http://www.9emeart.fr/post/evenement/general/l-inktober-plaisir-pour-les-yeux-pression-pour-les-artistes-9687
D’encre et de sel “Challenge d’illustrateur : Draw this in your style” : https://dencreetdesel.fr/challenge-illustrateur-draw-this-in-your-style/
Huffpost “Le calcul challenge, le nouveau défi qui allie danse et
maths” : https://www.huffingtonpost.fr/2016/09/28/calcul-challenge_n_12229400.html
Le site du contenu “Liens faibles, liens forts : le paradoxe de la relation sociale” :
http://www.lesiteducontenu.com/liens-faibles-liens-forts-le-paradoxe-de-la-relation-sociale/
MadmoiZelle “Participe à l’édition 2018 de #Inktober avec madmoiZelle !” : http://www.madmoizelle.com/inktober-defi-dessin-octobre-640205
Wellcom “Challenges sur les réseaux sociaux : les bons, les brutes et les perdants” : https://www.wellcom.fr/wnews/2017/02/challenges-reseaux-sociaux-bons-brutes-perdants/

Site
Inktober : https://inktober.com/

Comptes Instagram
Adobe Drawing @adobedrawing : https://www.instagram.com/adobedrawing/
Inktober @inktober : https://www.instagram.com/inktober/?hl=fr
Jake Parker @jakeparker : https://www.instagram.com/jakeparker/?hl=fr
Karensac @mllekarensac : https://www.instagram.com/mllekarensac/?hl=fr

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