Les réseaux sociaux et l’addiction

Par Lisa LUBAC et Auxane NITHARUM

Introduction

La législation en France fait de son mieux depuis plus de 50 ans pour lutter contre les effets néfastes des substances addictives. La vente et consommation des drogues sont proscrites. Ne pas se tenir à ces loi est passible de poursuite judiciaire. Mais si l’étau est si serré autour de ces substances perçues si négativement, deux types de drogues y échappent.

Normalisés dans leur consommation par les vedettes, le cinéma et les bienfaits qu’on leur pensait avoir; le tabac et l’alcool sont ancrés dans notre culture. Le gouvernement français, au travers des lois Veil (9 juillet 1976)1 puis Evin (10 janvier 1991)2 , tente de dé-normaliser la consommation de ces substances, dès lors qu’on s’aperçoit qu’elles sont beaucoup plus nocives qu’on ne se l’imaginait3 . Ces dernières sont malheureusement addictive mais font aussi désormais partie d’une culture, d’une allure que les Français cultivent.

Recherche photo “Serge Gainsbourg” : sur 22 photos, 13 représentent l’icône cigarette à la main

    Le ministère de la santé interdit ou limite les publicités, restreint les lieux de consommation, facilite l’augmentation des prix, lance des campagnes de prévention dans l’ultime goal de faire baisser la consommation d’alcool et de tabac.

    Début 2010, les réseaux sociaux commencent tout juste à prendre de l’ampleur. Le mode de fonctionnement des préventions ciblant les plus influencables, les adolescents, fonctionne de la manière suivante : une fois dans l’année, les collégiens ou lycéens sont sujet à une journée de sensibilisation aux substances addictives, durant laquelle on leur présente tous les risques. Les lieux scolaires étaient le seul endroit où l’on pouvait prendre contact avec eux. Désormais ils ont accès à une multitude de réseaux sociaux, notamment Snapchat, l’un des plus populaires. A partir de là, il est possible de lancer des campagnes de prévention sous forme de pub, ou de contenu sponsorisé qui auront beaucoup de chance d’être vu.

    On ne se limite évidemment pas qu’aux jeunes. Chacun d’entre nous lors de nos séances de navigation web est tombé sur une de ces campagnes. Le digital permet donc d’étendre le cercle de personnes touchées, mais aussi de faire des piqûres de rappel plus souvent qu’une fois dans l’année.

    Et pour ceux que la prévention à faillit, le digital leur offre la possibilité d’avoir, disponible à tout heure et de manière anonyme, de l’aide et du soutien dans leur quête de désintoxication.

La question que l’on se pose est donc la suivante : Comment, à l’ère du digital, les réseaux sociaux aident-ils à sensibiliser et viennent en aide aux personnes victimes d’addictions ?

    A travers cette étude, nous essaierons donc de définir comment les réseaux sociaux influencent le public, dans le mauvais et bon sens du terme et comment ils permettent aux campagnes de toucher des démographies spécifiques. Puis nous verrons comment ils facilitent la recherche de soutien et d’entraide grâce à leur plus grand atout : l’anonymat.

Pour ce faire, nous nous appuyons sur des données obtenues via les réponses aux questionnaires de sites et forums d’aide aux addictions notamment, STOP TABAC, STOP ALCOOL ainsi que STOP CANNABIS.

1) La portée des réseaux sociaux

    a) Les campagnes de sensibilisation, hors-web

Selon les chiffres de l’Insee et de l’ANSM, en 2010, on attribue 73 000 morts au tabac, et 49 000 à l’alcool. L’héroïne et la cocaïne, drogues dures et illicites, ne sont coupables en tout que de 83 morts.

    Entre apéro et sorties le week-end, le Français “type” ne manque pas d’occasions de fumer et de boire. Pour célébrer et même avant de se lancer sur le dancefloor, il est coutume de se désinhiber avec une boisson ou deux. C’est là une pratique courante qui, si l’on opère avec modération, ne devrait pas poser trop de problèmes. Seulement la notion de “modération” est floue. Comme être “un alcoolique” est une chose extrêmement péjorative, les consommateurs régulier se cachent derrière une modération qui leur est propre et la limite entre l’excès begnin et l’alcoolisme est floutée.

Qui n’a cependant jamais entendu, notamment en université, un camarade de classe se vanter de la quantité d’alcool ingérée mais aussi du fragment de mémoire qu’il leur manque à cause de cette consommation ? Seulement plutôt qu’être alarmant, c’est un signe que la soirée fut bonne. Que l’on s’est “amusé”.

Admettre que l’on a un problème avec l’alcool et le tabac est un processus qui s’avère donc compliqué. Se dire alcoolique porte depuis toujours un préjudice que l’on ne peut pas ignorer, le stéréotype de l’alcoolique anonyme.

Les campagnes de sensibilisation physiques, donc hors web, utilisent une multitude de supports pour promouvoir leur message. On trouve des posters, placardés dans les rues et les espaces publics, des pins, des flyers, des affiches publicitaires. Ce sont les moyens les plus basiques pour faire passer un message, de manière ludique. Il n’est pas rare que certaines campagnes développe d’autres support et méthode de sensibilisation. Un exemple phare est celui des campagnes pour la prévention du SIDA  qui bien souvent distribue des préservatifs et propose des dépistages gratuits. Solidarité Sida déploie même un festival immense tous les étés, le fameux Solidays, pour bénéficier à la lutte contre le Sida4.

    Les étapes de réalisation d’une campagne de sensibilisation, dans les grandes lignes, sont les suivantes :

  • Choisir un objectif,
  • Bien délimiter sa cible et les sous-catégorie de cette cible,
  • Composer un dossier sur la cause à soutenir,
  • Établir différentes stratégies à suivre,

et enfin lancer sa campagne5.

Nous présentons la une version très allégée du prototype. En pratique, il s’agit bien évidemment là d’un travail considérable que doivent entreprendre les organisations en charge des campagnes. Lorsqu’on se limite aux outils hors-web, on perd très vite en volume de cible. Comme nous l’avons dit plus haut, entrer en contact avec la population jeune est compliqué. Souvent, il faut monopoliser une journée voir deux sur l’année scolaire afin de créer des ateliers de préventions pour collégiens et lycéens, un public qui commence tout juste à être sujet à la consommation d’alcool (légalement), la cigarette ou encore les drogues. Une fois le bac obtenu, c’est comme si tout s’arrêtait, sauf pour l’éventuelle campagne pour la lutte contre le sida. Le reste du temps, si les campagnes ne viennent pas vers nous directement, nous ne verrons que du coin de l’oeil une affiche, un flyer à terre, appartenant au reste des campagnes. La prévention des addictions ainsi que leur sensibilisation peuvent donc paraître compliquées à effectuer sur une population plus concernée mais moins facile d’accès.

   b) L’influence des réseaux sociaux et la normalisation de la consommation…

    L’effet des médias est très binaire concernant l’influence sur la consommation. Plutôt qu’illustrer les bonne conduites à avoir, il semblerait même que les médias adoptent le comportement inverse. Il s’agit simplement de voir ce que présentent les célébrités et les influenceurs sur leurs profils sociaux publics, vu tout les jours par des milliers de gens

Capture d’écran d’une pub pour vin sur le compte Instagram de Nicki Minaj
Annonce pour une émission téléviséeCapture d’écran d’une pub pour vin sur le compte Instagram de Nicki Minaj

Ces comptes illustrent la vie Hollywoodienne, l’esprit de fête continu mais sont surtout des personnalités auxquelles les gens aspirent à ressembler ou imiter. De plus, le web est (sauf exceptions) accessible partout, par tous. Ainsi des législations françaises concernant les publicités portant sur l’alcool n’auront pas lieu sur les réseaux sociaux et le public Français, sans régulation d’âge, le verra.

C’est ainsi que les réseaux sociaux, dans leur trop grande étendue, posent problème.

Selon une étude, 75% des adolescents agés de 12 à 17 ans, affirment que c’est voir un camarade de classe ou un ami consommer de l’alcool ou de la drogue dans les réseaux sociaux qui les as poussé à imiter leur comportement6.

De plus, l’accès aux publicités et ces exposition à la consommation normalise encore une fois cette tendance à consommer et même aller dans l’excès. Une autre étude, menée en Nouvelle-Zélande sur un échantillon de 1 500 adolescents, montre que le marketing web pour l’alcool augmentait les chances que les jeunes consomment de l’alcool de 98%, tandis que le marketing hors-ligne, physique l’augmente de 51%7.

Mais comme chaque action entraîne une réaction, les associations et organismes de prévention ont appris à utiliser les réseaux sociaux à leur avantage. De la publicité au fait de pouvoir discuter de manière privée où anonyme de ses problèmes.

   c) Utilisées par les associations pour sensibiliser.  

Influence et réseaux sociaux, ou même web, sont donc un combo gagnant pour obtenir l’attention du public concerné, et les campagnes de prévention l’ont bien compris. Si on met à part les spots publicitaires sur lesquelles nous tombons lors de nos sessions de surf sur la toile, il est possible de découvrir des méthodes de sensibilisation tout à fait inédite. Nous pensons surtout à la campagne sur Instagram de “Louise Delage”, en 2016. La campagne se présent comme ceci : le compte instagram d’une jeune femme, parisienne, d’environ 25 ans. Elle poste fréquemment et toutes ses photographies ont un point commun : elle est la seule dans le cadre avec une consommation d’alcool implicite (un verre, une bouteille, …). Pendant plusieurs mois ce compte Instagram monte en réputation jusqu’à avoir plus de 9 000 abonnés8. Ces derniers, sauf vers la fin, ne se doutaient pas qu’il s’agissait effectivement d’une campagne. Des personnes s’inquiétait pour Louise, s’adressant à elle via les commentaires.

“Une poignée de personnes lui ont dit qu’elle devrait diminuer, ou lui ont demandé si elles pouvaient faire quelque chose. Cela montre à quel point il est difficile de suggérer à un proche qu’il a un problème avec l’alcool”

-Michel Reynaud, président du Fonds action addictions9.

Si elle avait suivi son scénario prévu, la campagne aurait dû prendre une tournure plus sombre. Louise, une personne comme les autres, aurait subit un accident ou “serait tombée en dépression” à cause de sa consommation. Mais la campagne s’est stoppée dès lors que les internautes se sont rendus compte qu’il s’agissait bel et bien d’une forme de prévention.

Quoi qu’il en soit, cette campagne était un moyen efficace de laisser aux gens les moyens de se rendre compte par eux-même de leur consommation en leur donnant un miroir : une personne avec qui ils peuvent se comparer.

Suite à la campagne, l’association à son origine s’est dévoilée et à ouvert à tous son portail d’information “Addict’aide” qui propose d’aider à trouver des solutions aux problèmes d’addictions. Des F.A.Q., des informations mais aussi des liens vers des forums et des chats qui permettent aux personnes en ayant besoin de s’exprimer librement, car tout le monde n’a pas de centre d’aide proche de chez eux, et tout le monde n’a pas le courage de se montrer aux yeux du monde.

Et c’est bien de cela qu’ont besoin les victimes d’addiction: le besoin de parler, à son rythme et de manière anonyme, comme le prouve notre étude.

2) Les réseaux offrent la possibilité de chercher et trouver de l’aide

a) L’anonymat

Chaque jour, le nombre de connectés sur les réseaux ne cesse d’évoluer. En effet, le nombre de personnes qui utilisent les réseaux sociaux n’est pas près de diminuer. De manière générale, les utilisateurs utilisent les réseaux sociaux pour communiquer avec leur famille, leurs amis, leurs collègues, ou pour communiquer avec de nouvelles personnes. On distingue qu’un réseau est social lorsque nous devons faire une inscription et que nous avons un profil. Il nous permet d’échanger par messages publics ou privés avec d’autres personnes.

Toutefois, les réseaux sociaux ne permettent pas seulement de communiquer simplement avec ses proches. Ils permettent immanquablement de trouver de toutes sortes d’aide. Par exemple, Linkedin permet d’aider les personnes sur le plan professionnel comme trouver du travail, des stages, des alternances. En revanche, les réseaux sociaux n’aident pas seulement les gens sur le plan professionnel. En effet, la création du hashtag #BalanceTonPorc par Sandra Muller suite aux répercussions de l’affaire Weinstein et de la prise de parole de nombreuses célébrités américaines sur le sujet a permis d’aider de nombreuses personnes sur le plan personnel.
Après la création de ce hashtag, de nombreux autres messages ont été tweetés. Les femmes ont pu libérer leur parole et ont pu dénoncer grâce au réseau social de Twitter. Les femmes certaines fois n’osant pas en parler ont trouvé en Twitter un moyen de parler et de trouver une communauté. Mais alors pourquoi est-ce plus simple de parler sur les réseaux sociaux ? Une des principales causes de cette libération de la parole sur internet est l’anonymat dans ces réseaux.

Les réseaux permettent donc d’aider dans la vie personnelle. Nous avons vu qu’ils ont pu aider de nombreuses femmes. De plus, notre dossier traitant des campagnes de prévention en ligne et des réseaux sociaux qui ciblent les personnes souffrantes d’addictions, nous avons pu découvrir qu’il existait de nombreux forums sur les addictions tels que des forums sur l’addiction aux jeux, à l’alcool, aux médicaments ou aux drogues.
Les questions auxquelles nous tentons de répondre sont : de quelle manière le digital permet d’aider ceux qui en ont besoin ? Comme évoqué précédemment, l’anonymat est une des caractéristiques qui permet de se libérer plus facilement. Sur internet quand nous parlons d’anonymat ce n’est plus un « un anonymat d’apparence »10. En effet, la police n’a aucun souci pour retrouver la réelle identité d’une personne sous un pseudo.

D’après le site norton.com, l’anonymat peut être « utilisé à bon escient à des fins diverses et varié par des personnes qui ont besoin d’exprimer leur opinion tout en restant protégées »11. En effet, lorsque l’on exprime quelque chose sur les réseaux, nous ne sommes pas en face de quelqu’un, et nous nous sentons en sécurité derrière un écran. En effet, être anonyme c’est en quelque sorte protéger sa vie privée. Selon Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste l’anonymat sur Internet est une façon pour de nombreuses personnes de se présenter aux autres d’une autre manière pour renforcer l’image de soi. Effectivement, les réseaux comme les blogs ou les forums permettent d’extérioriser « des fragments de son intimité non encore validés auprès des autres. “12

Il écrit dans son livre, l’intimité surexposée, publiée en 2001 :

‘Je propose d’appeler ‘extimité’ le mouvement qui pousse chacun à mettre en avant une partie de sa vie intime, autant physique que psychique. Ce mouvement est longtemps passé inaperçu bien qu’il soit essentiel à l’être humain. Il consiste dans le désir de communiquer sur son monde intérieur. Mais ce mouvement serait incompréhensible s’il ne s’agissait que ‘d’exprimer’. Si les gens veulent extérioriser certains éléments de leur vie, c’est pour mieux se les approprier en les intériorisant sur un autre mode grâce aux échanges qu’ils suscitent avec leurs proches. ‘

Nous apprenons dans cet extrait que les personnes ont un besoin d’échanger vers un autre canal avec des personnes inconnues, que celui habituellement avec leur proche. C’est entré aussi avec la peur du jugement que les personnes sont poussées à se livrer sur internet.

b) Etude de cas

Nous avons réalisé plusieurs questionnaires que nous avons pu publier sur des réseaux sociaux spécifiques à l’aide à l’addiction : STOP TABAC, STOP ALCOOL ainsi que STOP CANNABIS. Ces derniers s’apparentent à des forums avec beaucoup de sections pour aider les personnes à réduire ou arrêter leur consommation de tabac, alcool ou cannabis. Cependant, ce ne sont pas de simples forums ou de simples sites informationnels, il y a un espace appelé la tribu où les utilisateurs doivent créer un profil pour y accéder. Il s’agit d’un espace totalement anonyme où les gens peuvent communiquer sur le problème que la consommation d’alcool pose. Cet espace est modéré et un psychologue est disponible pour répondre aux questions. Pour s’inscrire, il suffit d’un pseudo et d’un mot de passe.

Nous avons donc posé la question ‘Est-il plus facile pour vous de partager et discuter en ligne ? ‘Sur 22 personnes qui ont répondus aux questionnaires, plus de 80 % ont répondu oui.

Internet facilite la parole. De suite, nous leur avons demandé quelle était la raison à cela. Les principales réponses que nous avons eues sont : l’anonymat, ne pas être jugé, ne pas sentir le regard des autres et le fait de pouvoir le faire à n’importe quel moment. En effet, les personnes recherchent de l’aide sur internet, car ils ne se sentent pas jugés et n’ont pas le regard direct d’autrui.

Nous leur avons aussi demandé : ‘Si un centre d’aide était disponible et proche de chez vous, pensez-vous que vous y participeriez et pourquoi ? ‘Pour ainsi voir si la localisation d’un centre lié à leur addiction était un facteur pour aller sur internet. Sur le questionnaire STOP TABAC, 16 personnes ont répondu non, 3 ne savent pas et 3 personnes ont répondus oui. La cause principale des ‘non’ est que les personnes préfèrent l’anonymat et la liberté du réseau. Les trois personnes qui ont répondu ‘oui’ ont justifié avec des réponses plus ou moins similaires : ‘Oui, pour avoir des discussions réelles et non virtuelles ‘‘Oui, l, l’arrêt est plus facile entre personnes qui traversent la même chose’ et ‘Oui. Pour aider d’autres personnes qui sont à la place que j’ai été.’ Le besoin d’en parler en réel n’est pas vraiment nécessaire, mais il peut être intéressant pour certaines personnes de partager en réel son vécu.

Lorsque nous avons demandé sur STOP-TABAC, STOP ALCOOL et STOP CANNABIS, pourquoi ils avaient rejoint le site, la proposition qui ressortait en premier de ces trois questionnaires était : ‘Pour discuter avec des gens qui traversent la même chose’. Ces lieux d’échanges sont une façon beaucoup plus simple de parler de ses problèmes à une communauté qui les comprend et qui souhaite les entendre.

Nous nous sommes posé la question est-ce que ces aides en ligne changent elles vraiment les habitudes de ceux qui les utilisent ? Nous avons pu remarquer avec nos questionnaires que plus de 80 % des utilisateurs de ces espaces de discussion l’utilisaient sur smartphone. Nous apprenons que cet espace change leurs habitudes de plusieurs façons. En effet, il permet de rencontrer des personnes virtuellement, se sentir moins seul et avoir un soutien permanent. Ils leur arrivent quelques fois que leurs rencontres virtuelles mènent à de rencontrent réelles. Ils affirment que c’est un soutien qui donne aussi l’envie de soutenir les autres. La communauté fait pour le plus grand nombre partie de leur vie avec cette solidarité certaine. Une personne parle d’un ‘substitut’ à son addiction. Une autre personne explique que c’est indispensable à sa vie. On comprend que ces espaces sont d’une réelle utilité et provoquent de véritables changements dans la vie des utilisateurs.
De plus, plusieurs personnes affirment que leur temps passé sur leur smartphone a augmenté depuis qu’ils utilisent cet espace.

Nous pourrions penser qu’un espace similaire à un forum n’attire pas de manière régulière des personnes, alors que nous voyons ici que 31 % des utilisateurs l’utilisent plus de 3 heures par semaine. Outre le fait de se sentir moins seul et de rencontrer de nouvelles personnes, c’est un véritable outil qui fait maintenant partie de leurs habitudes.

Comme nous l’avons vu avec le hashtag #balancetonporc, il est bien sûr possible de trouver de l’aide sur réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter. De ce fait on peut se demander s’il existe une différence entre un réseau spécialisé et un réseau social tel que Facebook. Nous avons donc posé la question aux utilisateurs de nos trois sites :

Cette majorité de ‘Oui ‘est justifiée par le fait que les discussions sur ces forums sont ciblées sur un sujet précis. Un forum ‘traite du thème pour lequel il a été conçu, à la base. Il peut évoluer avec parcimonie en réseau social, lorsque des relations se tissent. Le forum d’addiction a un rôle bien précis. ‘Le sérieux, le non-jugement et la non-critique à l’inverse des réseaux sont des réponses qui sont revenues souvent. En effet, ces forums sont destinés à une entraide il n’a pas le même enjeu qu’un réseau social. Les réseaux sociaux ont plus une vocation de divertissement et amènent à beaucoup de bashing.

c) La naissance des réseaux spécifiques aux addictions

De nombreux réseaux spécifiques aux addictions émergent grâce à l’expansion du web. Les trois sites que nous avons étudiés proposent des applications pour réduire la consommation. L’application de STOP ALCOOL est faite de manière ludique : on peut voir les économies, les jours de réductions, les bénéfices, les obstacles, etc.

À l’heure où les applications jeux pour boire de l’alcool sont nombreuses et font parti du quotidien de beaucoup de personnes, il existe quand même des applications pour faire l’effet inverse. Les utilisateurs peuvent alors contrôler leur addiction à l’aide d’application. Les téléphones permettent et aident à régler des problèmes. Plusieurs sites comme marieclaire ou santé-sur-le-net listent les applications ‘anti-addiction’ ainsi que leurs bénéfices. Le site santé-sur-le-net explique que ces applications sont très efficaces et montrent un vrai bénéfice. Le site parle de l’application STOP CANNABIS :

‘‘Stop-Cannabis’ est l’une des rares applications en langue française, développée par une équipe de psychiatres suisses. Elle est destinée aux consommateurs de cannabis désirant diminuer ou arrêter leur consommation. Personnalisable, l’application offre de multiples fonctions : l’évaluation des consommations, les progrès effectués, les sources de motivation du patient, des messages personnalisés et un forum de discussion modéré par un psychologue. Plus de 70 % des patients utilisent cette application tous les jours et plus de 80 % considèrent qu’elle contribue à la diminution ou l’arrêt du cannabis ‘13.

Cette efficacité est traduite par la facilité d’accès aux applications. En effet, 58 % des Français ont un smartphone et la plupart de ces applications sont gratuites. Smokerstop, Quit Now !, Tabac Info Service (public) sont des applications pour arrêter de fumer. Smokerstop propose un suivi personnalisé demandant aux utilisateurs de remplir le nombre de cigarettes qu’ils fument par jour ainsi que leur prix.

Elle propose aussi une fonction objectif où en en fonction des données que l’utilisateur remplit, il peut avoir accès à des objectifs (acheter un smoothie, s’acheter 2 places de cinémas) et au temps requis pour y parvenir.

Le site suisse https://mamanboit.ch/ propose de l’aide aux enfants de de 8 à 12 ans qui ont des parents qui boivent trop. Le titre du site ressemble à une recherche Google avec des mots simples qu’un enfant pourrait faire. Ci-dessous la description du site internet :

‘Tu penses que ton père ou ta mère boit trop. Tout-e seul-e, tu te sens dépassé-e par cette situation et tu as l’impression que l’alcool pourrait détruire ta famille. Tu as de la peine à profiter de la vie et à avoir du plaisir. Tu te demandes ce que tu pourrais bien faire pour que quelque chose change… Ce site internet t’apporte des informations sur ce sujet et te propose d’échanger sur le forum avec d’autres enfants ou jeunes qui vivent la même chose que toi’.

Ce site original aide les enfants avec un langage qu’ils peuvent comprendre. Il y a plusieurs forums où les enfants posent des questions et font part de leurs émotions. Ainsi, les admin leur répondent et tentent de les aider.

Pour conclure, sur les réseaux sociaux il y a beaucoup de contenus publiés par des personnalités qui normalisent le fait de boire de l’alcool et qui donnent envie de boire de l’alcool aux jeunes. En revanche, les associations tentent de passer justement par les réseaux sociaux pour sensibiliser les gens et toucher une cible plus jeune. Nous l’avons vu avec la création du faux compte Instagram de Louise Delage.

Ensuite, les réseaux sociaux offrent la possibilité de chercher et de trouver de l’aide. Effectivement, l’anonymat de certains réseaux spécialisés permet d’aider facilement les gens. Ils ne sentent pas de jugement, se sentent compris et sentent qu’ils font partie d’une communauté. La naissance des réseaux spécifiques aux addictions secourt de nombreuses personnes et a un réel impact sur la vie des gens.

BIBLIOGRAPHIE – SITOGRAPHIE

LEGISLATION

Tabac – La législation antitabac en France

Loi sur l’alcool : réglementation – Ooreka

INPES – La réglementation

Evalution du plan triénnal de lutte contre la drogue et de prévention des dépendances (1999-2002)

LES CAMPAGNES DE SENSIBILISATION :

Médias et le façonnement des normes en matière de santé

Impact d’un site internet dans une campagne de promotion de la santé : le « Défi Santé 5/30 »

Utilisation du réseau Facebook dans une campagne de prévention pour jeunes adolescents : analyse secondaire des données d’une étude postcampagne

Comment la sécurité routière se réinvente sur les réseaux sociaux

Les interventions sur Internet, destinées aux étudiants souffrant de binge drinking. Revue de la littérature

1995-2010, quinze années de prévention des TCAF (troubles causés par l’alcoolisation fœtale)

Utilisation des médias sociaux pour la prévention des addictions : état des lieux, exemples concrets et conseils

Outil d’aide à l’évaluation de performance des actions de santé : l’exemple du programme de prévention de l’alcoolisme en Lorraine

Avec les réseaux sociaux, devenez acteurs de la prévention routière !

Les réseaux sociaux au secours des addictions

https://www.reussirmavie.net/Quels-sites-pour-trouver-un-emploi_a1343.html

https://www.list.lu/fr/news/decouvrir-des-donnees-de-mobilite-a-laide-de-reseaux-sans-fil-une-solution-anonyme-et-legere/

http://www.archipelbw.be/trouver-de-laide/

https://www.revs.ch/fr/besoin-aide/?categories[]=153

http://www.unpeudedroit.fr/droit-des-nouvelles-technologies/existe-t-il-un-droit-a-lanonymat-sur-internet/

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/faut-il-mettre-fin-a-l-anonymat-sur-internet_975998.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Anonymat_sur_Internet

https://www.spotpink.com/2015/03/16/anonymat-internet-lillusion-xxieme-siecle/

http://oseox.fr/ereputation/anonymat-internet.html

https://www.lesechos.fr/22/08/2016/LesEchos/22259-030-ECH_les—trolls—ou-le-danger-de-l-anonymat-sur-internet.htm

https://www.leblogduhacker.fr/anonymat-sur-internet/

http://www.pcinfo-web.com/articles/10-1-1-%5Bdossier%5D-l-anonymat-sur-internet.php

https://fr.norton.com/mostdangeroustown2/bonus/why-freedom-and-anonymity-on-the-internet-is-important

https://www.nouvelobs.com/societe/20171016.OBS6065/balance-ton-porc-la-force-du-groupe-peut-provoquer-un-changement-social.html

https://journals.openedition.org/terminal/1862

https://www.undernews.fr/anonymat-cryptographie/debat-lanonymat-total-sur-internet-est-il-possible.html

https://www.article19.org/data/files/medialibrary/38006/Anonymity_and_encryption_report_A5_french-final-pdf.pdf

https://www.alain-bensoussan.com/avocats/anonymat-reseaux-sociaux/2016/06/22/

https://www.contrepoints.org/2019/01/24/335492-mettre-fin-a-lanonymat-sur-internet-cest-attaquer-la-liberte-dexpression

https://www.letemps.ch/economie/internet-lanonymat-nexiste-plus

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