Usages cultuels des images et mémoires des conflits armés
2019
ANDRIJEVIC Jelena
CMW

Résumé :

« Familles, je vous hais ! disait Gide (qui pourtant en fit une). Disons plus simplement, à deux lettres près : Familles, je vous ai. » écrivait Hervé Bazin à propos Des Nourritures terrestres d’André Gide. L’ambivalence qui émane de ces propos pourrait dans une certaine mesure s’appliquer à l’histoire de la Yougoslavie. Dans cet espace, il existe une intercompréhension entre les différents locuteurs, il existe des traditions partagées, des histoires communes. L’histoire de la Yougoslavie comporte plusieurs récits imbriqués les uns aux autres à l’image des poupées russes. Une histoire nationale propre à chaque pays comprenant des problématiques particulières. Une histoire interbalkanique concernant les relations entre pays frontaliers mêlant affrontements militaires, coalitions et stratégies politiques s’articulant principalement autour de la question des minorités. Les frontières ayant été mouvantes durant plusieurs périodes, chaque ajustement frontalier engrangeait alors l’intégration d’une population sur un territoire menant ainsi à une ingérence des minorités et à des mouvements irrédentistes. Enfin, une histoire internationale, à l’échelle de l’Europe ou de la Méditerranée, qui englobe son intégration dans un ensemble plus large notamment lors des deux guerres mondiales présentant une constellation de partis politiques et de réformes sociales. Dans ce cas précis, il est observable que les grandes puissances interfèrent largement dans les affaires balkaniques et yougoslaves : la paix est souvent commandée de l’extérieur.

Mots-clés :

Mémoire collective, Yougoslavie, Image de guerre
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