La non binarité et le langage sur Internet

Antonin Meyer

La société a un ordre donné, chaque société à ses normes culturelles, qui sont généralement inculquées dès la naissance des individus. On s’attend souvent à ce qu’un garçon soit habillé en bleue, qu’il soit sportif, et qu’il aime jouer au foot, ou bien aux voitures alors que la fille elle doit aimer le rose, vouloir être une princesse et jouer à la poupée. C’est ce que confirme le travail de JeongMee Yoon, le photographe qui dans son travail à demander à des enfants de sortir tous leurs jouets et vêtements afin de les photographier avec. Le constat est sans appel, le the pink & blue project montre bien que les garçons sont dans une chambre majoritairement bleue et les filles majoritairement roses, avec des jouets typiques de garçon ou de fille selon le sexe de l’enfant. Les normes de notre société ne sont pas les mêmes partout, par exemple certaines sociétés ont des codes différents de la société européenne. Pour les Nuers, une femme stérile peut épouser une autre femme, elle choisira alors un homme pour avoir un enfant, mais cette femme stérile sera considérée comme le père de cet enfant. Certaines sociétés ont un « troisième sexe », en Inde avec les Higras, les Mahus en Polynésie, et les berdaches dans les sociétés indiennes. Dans la société Hinuit, chaque bébé qui naît reçoit le nom d’un ou de plusieurs de ses ancêtres défunts, les noms sont donnés, peu importe le sexe de l’individu. Pour les Inuits, c’est dans le rêve que l’âme du défunt devait se manifester auprès des parents. Après ce rêve les parents vont alors s’adresser à l’enfant comme si c’était le défunt, et l’habille selon le genre du défunt, donc il arrivait que parfois certaines filles fussent éduquées comme des garçons, et inversement.  Les normes sociales sont différentes selon les sociétés, elles restent néanmoins imposer aux individus, peu importe la société, il y a des normes. Ces normes sont parfois rejetées par des individus. Aux États-Unis, dans les années 1970, les personnes LGBT (lesbiennes, gay, bi et transgenres) subissaient des violences par les individus, mais aussi par les forces de l’ordre. Si ces communautés subissaient des violences, c’est justement parce qu’elles étaient ici en dehors de la norme hétérosexuelle de la société. Les orientations sexuelles c’est-à-dire l’homosexualité et la bisexualité sont désormais plus acceptées dans la société occidentale. Cependant la question de la transidentité est encore un sujet tabou en France. D’après sos-homophobie, l’homophobie diminue, mais la transphobie augmente. Certains individus ont une identité de genre différent du sexe assigné à leur naissance, cela fait d’eux des personnes transgenres.  L’identité de genre peut se définir comme la manière dont se définit soi-même un individu. Avant on pouvait être soi cisgenre, c’est-à-dire que le genre est en accord avec son sexe assigné à la naissance, soit on pouvait être transgenre. Les personnes transgenres, à l’époque, étaient soit assignées femme à la naissance et se ressentait homme, soit assigné homme à la naissance et se ressentait femme.  Désormais cela s’est complexifié, on est désormais soit transgenres binaires, soit non binaires. Les binaires sont ceux qui restent dans la binarité homme/femme, c’est-à-dire qu’un FTM assigné femme à la naissance et qui se définit comme homme est binaire, car il veut être reconnu comme un homme. Alors que les non binaires vont eux se définir différemment, ils ne vont pas être totalement hommes ou totalement femmes. C’est à partir de 2007 que les genres se sont complexifiés, on a par exemple vu l’apparition du terme genderfluid dans l’urban dictionary. C’est avec tumblr, et internet qu’on a pu voir apparaître tout un tas de genre que cela soit des personnes bigenres qui ont deux genres, ou encore des personnes fluides qui ont plusieurs genres et qui changent de genre selon le ressenti. Être transgenre relève tout un tas de problématique, notamment dans une société qui est binaire et qui a donc des normes et un langage marqué par la binarité. Pour étudier la communauté des transgenres je m’appuie sur le groupe Facebook non binaire France et sur des chaînes YouTube qui traitent de la transidentité. Nous allons répondre à la question : quels sont les problèmes liés aux langages et la culture que peuvent rencontrer les personnes transgenres ? Et comment internet va être le lieu de recherche de solution et de soutien pour les personnes transgenres ? Dans un premier temps nous allons voir en quoi ce langage est problématique pour les personnes non binaires. Dans un second temps nous verrons qu’internet est un lieu de soutien et de partage concernant la question du langage et de la culture. Pour finir, nous démontrerons dans un troisième temps qu’internet va aussi être un lieu de réflexion sur le langage pour les personnes binaires.

Le langage est une question problématique pour les personnes non binaires, car le langage est dans la société actuelle marqué par la binarité. Le prénom est souvent source de problème pour les personnes transgenres. Dès la naissance, les premiers mots sont souvent « c’est une fille » ou « c’est un garçon !», ensuite les parents vont alors choisir un prénom en fonction du sexe du bébé. Souvent les prénoms peuvent être très marqués et avoir une connotation très masculine ou bien féminine. Par exemple un individu qui s’appelle Alison, ou encore Samantha ou bien Léa, va être forcément genrer au féminin au téléphone. Ce sont des prénoms très féminins qui vont être durs à porter pour quelqu’un qui ne se sent homme ou non binaire.  Le prénom est souvent une source de problème pour les personnes transgenres, le prénom de naissance dans la communauté trans est souvent appelé « deadname » ou encore le « morinom ». On peut définir le deadname comme le prénom de naissance de quelqu’un qui a changé de prénom ou qui utilise un autre prénom que celui qui leur a été donné. Sur certains groupes Facebook de personne non binaires, on peut voir que le prénom de naissance n’est pas souvent utilisé, pour éviter de faire souffrir la personne transgenre. On retrouve souvent sur ces groupes des témoignages. Par exemple Feli commente « Vu que ma mère accepte ma transitude, je m’attendais à trouver au moins un paquet sous le nom de Feli, sous le sapin. Mais non. Deadname all the way. » Ici on voit bien que le prénom de naissance est violent pour la personne, car le prénom la renvoie à son sexe de naissance et non à son genre, donc c’est difficile à vivre. Dans les posts concernant le prénom, c’est souvent deadname ou morinom qui sont utilisés et non le prénom de naissance, même dans le post ils vont éviter de mettre leur prénom de naissance. Sur le post de Feli, certains témoignent de leur Noël et une autre personne commente en l’encourageant. D’autres postes témoignent de la violence du prénom, un individu post « Bon, j’vois que j’suis pas la seule à avoir passé un Noël merdique…Pour ma part, j’en ai eu marre. Mes parents qui me mégenrent et utilisent mon deadname alors qu’iels savent très bien que je suis transgenre et que ça me fait mal. Iels m’engueulent dès que je les reprends gentiment. ». En utilisant le prénom de naissance, ici les parents invalident le ressenti de leur enfant.  En réponse à ce post une personne va répondre : « Soutien soutien soutien amour paillettes et câlins si tu en veux… <3Ne l’écoute surtout pas, tu es légitime et fantastique et il n’a pas à remettre ton genre en question surtout en se basant sur des critères aussi pourris (le ménage, sérieusement ? non mais oh è.é. Si tu as besoin de parler, mes mp te sont ouverts <3. » Ce message essaye de rassurer la personne sur son genre et sur son ressentis, tout en lui donnant du soutien et en l’invitant à venir lui parler en mp si iel ne va pas bien.  Il y a sur son post tout un tas de messages de soutien. Ces messages sont révélateurs de deux choses. La première c’est qu’internet avec les groupes Facebook est un lieu de soutien pour les personnes transgenres qui s’entraident dans leurs problèmes et qui s’encouragent. La deuxième chose, ça montre aussi que le prénom de naissance est difficile à porter au quotidien pour les personnes transgenres. Ce prénom renvoie au sexe assigné à la naissance et ce n’est pas en accord avec la manière dont ils se ressentent. Puis pour des personnes qui n’ont pas fait leur coming-out, c’est-à-dire qui n’ont pas dit à leurs proches qu’ils sont transgenres, ils doivent supporter au quotidien le prénom de naissance. Par exemple si une personne transgenre a pour prénom de naissance Thomas, il va devoir supporter que tout le monde l’appelle ainsi tant qu’il n’a pas fait son coming-out. Mais une fois que le coming-out est fait, les personnes vont pouvoir utiliser le nom qu’il préfère à condition que ces derniers acceptent sa transidentité. Les démarches administratives et la vie quotidiennes sont souvent difficiles pour les personnes transgenres, car par exemple certains trans utilisent leur prénom plutôt que leur deadname sur un colis, parfois ils ne peuvent pas retirer le colis ou rencontrent des difficultés pour le retirer.  Sos Homophobie dans son rapport de 2015 raconte que même pour les relever de compte c’est parfois difficiles. Ils sont dans certains cas au prénom de naissance. De plus certaines banques, ou encore des mutuelles refusent de prendre en compte le changement d’identité qu’il y a eu sur la carte d’identité. Donc le prénom d’usage est souvent un problème pour les personnes transgenres lors de démarche administrative, et le prénom de naissance est souvent un violent de rappelle de leur sexe et non de qui ils sont.

Le prénom n’est pas le seul marqueur de difficultés que peuvent rencontrer les  personnes transgenres en matière de langage. Le langage en lui-même est reflet d’une société qui est binaire, où l’on est soit homme, soit femme. Pour les personnes transgenres non binaires, la langue est parfois problématique. D’un point de vue administratif, concernant le langage on est soit « monsieur » soit « madame ». Ce qui pose problème, à des personnes qui ne se sentent pas totalement homme ou totalement femme, car du coup ils sont souvent mal à l’aise, ou triste de forcément devoir rentrer dans la binarité alors que pour eux ils sont en dehors de cette binarité. Lorsqu’ils remplissent des questionnaires ou des formulaires administratifs, ils sont dans l’obligation de cocher « monsieur » ou « madame » selon leur sexe. C’est un acte violent pour les personnes transgenres qui ici vont devoir nier leur genre pour le bien d’une démarche administrative.  De même la question sur le sexe dans les formulaires administratifs pose problème, car c’est aussi binaire soit homme ou soit femme. C’est parfois difficile pour ces personnes de choisir. Voilà ce que dit une personne transgenre dans un des post sur le groupe non binaire France : « Huh… Bonsoir désolé de déranger >…< » mais j’ai vraiment besoin de conseil ou quelque chose comme ça….. Voilà cette après-midi j’ai dû remplir un questionnaire « banal » mais quand il a fallu cocher la case si on femme ou homme j’ai bloqué. »  C’est difficile pour eux de voir cette binarité et de devoir cocher une case qui ne les correspond pas. C’est un procédé assez violent, car c’est nier leur genre. Ce choix binaire n’est pas imposé partout, au Québec certains formulaires administratifs sont ouverts et laisse le choix à la personne de ne pas répondre ou de répondre autre chose. De même sur Facebook, il est possible de choisir personnalisé pour son sexe afin de choisir son genre. Mais le langage administratif restent souvent binaire du moins en Europe, au Canada le langage c’est adapté aux évolutions sociétales. Néanmoins il n’y a pas que le langage administratif qui est binaire, la langue française est aussi binaire dans la vie de tous les jours. Tout d’abord il y a les pronoms qui sont soit masculin, avec il ou soit féminin avec elle. Il n’y a pas d’alternative pour les personnes transgenres. De même pour avec lui ou elle qui sont aussi marqué par la binarité. Le passing c’est d’après le lexique du groupe Facebook non binaire « « le fait d’avoir une apparence et manière qui font qu’une personne trans qui vit dans le genre social contraire au sexe assigné à la naissance est facilement acceptée en tant que femme ou homme et ne se fait pas remarquer en tant que personne trans. ». Une personne avec un mauvais passing va se faire genrer selon son sexe assigner à la naissance. Par exemple un transgenre masculin qui est née comme femme, si elle a un mauvais passing, les personnes vont dire elles, et il va se sentir mal dans sa peau, de ne pas être assez masculin pour qu’on lui dise il. De même pour les accords qui à l’écrit dans un mail, ou une lettre peuvent rappeler à la personne qu’ils sont assignés homme ou femme à la naissance.  La langue française reste marquée par le fait qu’il y a deux entités, les hommes et les femmes. C’est le cas pour les adjectifs qui ont plusieurs formes selon le genre par exemple : « beau » ou « belle », « forte » ou « fort »,  « gros » ou « grosse ». Il y a beaucoup d’adjectifs qui s’accordent selon le genre de la personne, mais encore une fois cette binarité peut exclure les personnes transgenres non binaires et aussi les blesser, car c’est un rappel de leur sexe. Quelqu’un qui a mauvais passing, on peut facilement faire du mal à une personne transgenre involontairement en utilisant le mauvais accord ou le mauvais pronom.

Le poids des mots peut être assez violent pour les personnes transgenres, nous avons pu voir que le langage était marqué par la binarité et que cela pouvait être dur pour les personnes transgenres. Les mots et le mégenrage sont parfois utilisés contre les personnes transgenres dans le cas de la transphobie. Nous allons voir en quoi le langage peut être ici une marque de rejet des individus, en quoi cela peut être violent. Le mégenrage peut se définir par genrer quelqu’un de la mauvaise manière, par exemple dire il pour une fille c’est du mégenrage. Dans un des posts sur le groupe Facebook non-binaires quelqu’un écrit « Ma mère arrête pas de me mégenrer ! Et ça m’énerve de plus en plus >.<  (…)  » Ça fait deux mois que le dico inclusif est sur la table du séjour, elle l’a pas relu une seule fois. L’autre jour on a eu une engueulade à cause de ça en conduite accompagnée, depuis à chaque fois qu’elle me mégenre ça m’énerve. Je sais qu’il faudrait que je lui en reparle calmement pour lui expliquer qu’à chaque fois qu’elle dit elle elle se donne le droit d’invalider mon identité, mais je n’y arrive pas. ». Le problème ici c’est que la mère malgré la connaissance de la transidentité de son enfant utilise les mauvais pronoms et les mauvais accords, ce qui énerve l’auteur du post qui ne sent pas compris-e  et valide concernant son identité de genre. D’autres post sont parfois plus violents, par exemple celui d’une personne androgyne qui utilise le masculin pour parler de lui. Il écrit « Ce soir à table, je laisse échapper un « Je suis très content » qui passe crème dans la discussion. C’était sans compter ma petite soeur très radicale qui me fixe… »T’as dis quoi là ? Non mais attendez, vous avez entendu ce qu’elle a dit ? »On m’a forcé à répéter, à me genrer au féminin et ma soeur a insisté de longues minutes à coups de « J’trouve pas ça drôle, attention à ce que tu dis, j’espère que c’était pas fait exprès parce que tu deviens ridicule. Pour toi c’est « contentE » t’entends ? Non mais regardez-la elle rougit !! »Je viens de rentrer chez moi après avoir fui quelques jours chez mon copain, j’ai déjà le bide tout tordu. ».  Ici un simple accord est source de discorde dans cette famille, puisque la sœur est transphobe et accorde de l’importance à ce qu’il dise je suis contente. D’autres postes témoignent de la transphobie et de la violence des mots.  Une personne agenre qui se définit par le fait de ne pas avoir de genre écrit « Je viens d’être confronté pour la première fois à de la transphobie et je suis entre la colère et la tristesse.J’ai juste utilisé le terme féminin au lieu de féminine par rapport à moi… et une « camarade » de ma classe à commencer par me corriger « on dit féminine pas féminin » j’ai répondu que je n’aimer juste pas parler de moi au féminin et j’ai juste eut le droit à un magnifique « fait toi greffer une bite si tu veux parler au masculin » ». L’accord ici est aussi une source de problème, car le fait d’avoir utiliser le masculin, au lieu du féminin pose problème pour une personne de sa classe, car il est assigné fille à la naissance et donc pour lui il devrait utiliser le féminin. Malgré le fait qu’il se soit expliqué pour son choix d’accord, la personne lui fait une réflexion transphobe en lui rappelant qu’il n’a pas le penis et que donc qu’il n’est pas légitime de se genrer au masculin. L’association sos-homophobie lutte contre la transphobie, dans son rapport annuel de 2016 on peut y voir des témoignages qui montrent parfois à quel point la transphobie peuvent être violent. On peut y lire « Tony est parisien, il rencontre plusieurs problèmes dus à son passing : d’une part, il est victime de transphobie de la part de son équipe de travail qui s’entête à utiliser son prénom féminin, et d’autre part, il est harcelé tous les jours par sa sœur qui lui envoie des textos comme : Crève, sale trans, sale pute.  Après une altercation entre sa sœur et son mari, Tony sort de son appartement afin de l’aider. Il est alors une fois de plus insulté devant tous ses voisins :    Tu n’as pas de bite, j’ai rien contre les homos, mais là, c’est grave. Elle est trans! C’est une trans! Elle n’a pas de bite ! ».  Dans ce témoignage plusieurs éléments sont intéressant, le premier est que la transphobie va jusqu’au harcèlement et parfois même de la violence verbale et physique, ici de la part de sa soeur. Mais dans ce témoignage on peut aussi voir que ses collègues le mégenre au quotidien en utilisant le prénom de naissance et non le prénom Tony qu’il a choisi. Même sa sœur quand elle l’insulte, elle utilise le pronom elle et non pas le il, ce qui est violent pour Tony, qui est toujours perçu comme une femme et non comme un homme. En quoi ici utiliser un pronom ou un prénom peut-être violent. Le blog unique en son genre l’explique en écrivant « les personnes trans ont été mégenrées en permanence depuis leur naissance, parfois pendant 15, 20, 40 ans ou plus avant de pouvoir commencer à changer la façon dont les gens parlent d’elle. Les personnes trans ont dû vivre à temps plein dans un genre qui n’est pas le leur. Le fait d’être mégenrées les renvoie à un genre qui leur a été assigné à la naissance qui ne leur correspond pas ; elles doivent se battre tous les jours pour que leur genre soit respecté. ». Les personnes transgenres sont quotidiennement mégenrer, et donc renvoyer à une identité qui n’est pas le leur, dans le cas de Tony ou encore de certains témoignages sur les post Facebook c’est parfois fait volontairement. Lorsque le mégenrage est volontaire, c’est d’après unique en son genre « d’autant plus violent que c’est très transphobe. En effet, vous décidez de ne pas respecter le genre de cette personne de manière consciente et assumée. Vous savez que vous lui faites du mal, mais vous vous en carrez. ». C’est nié le ressentie de la personne et lui rappeler qu’il ou elle n’est pas né dans le bon corps. La société actuelle s’attache au sexe assigner à la naissance pour le prénom,  mais aussi s’attache au corps de la personne pour la genrer soit au masculin, soit au féminin tout en oubliant de laisser le choix aux individus. Parfois certaines personnes s’attachent à l’apparence et au sexe pour genrer la personne, tout en niant le ressentie de la personne transgenre, et en lui rappelant qu’elle est née avec tel ou tel organe génital. La transphobie est parfois violente, et parfois juste un madame ou un monsieur peut-être source de souffrance pour les personnes transgenres. Donc ici la binarité du langage pose problème pour les personnes transgenres qui en souffrent aux quotidiens.

Nous avons pu voir que la société, sa culture et son langage sont binaires, et que parfois cela peut aboutir à des personnes haineuses et intolérantes envers les personnes trans. Mais nous allons démontrer qu’internet va être un lieu de soutien, de partage culturel et de choix pour les transgenres.

Internet est un espace d’échange, de réflexion, mais aussi de soutien pour de nombreuses communautés. C’est le cas pour les personnes non-binaires qui vont se retrouver sur certaines chaînes YouTube dans l’espace commentaire, ou bien sur des groupes Facebook pour discuter, réfléchir et se soutenir. Internet va déjà être un lieu où les personnes transgenres vont pouvoir mettre un mot sur un mal, et se crée une toute nouvelle identité. Tout d’abord une personne transgenre va se sentir différente et va chercher à trouver sa différence et une réponse à ses questions sur internet. Sur le groupe Facebook non binaire, une personne transgenre a écrit dans un post «   Bonjour à tous. Je ne me suis pas présenté en venant ici je m’appelle Mélinda. (…) J’ai 22 ans depuis quelques jours. Je ne sais quoi dire si ce n’est que je suis en pleine recherche de mon identité de genre. Je ne sais pas si c’est parce que je ne reconnais pas dans le « modèle de la femme actuelle » qui ne font poser un tas de questions ou alors mon féminisme qui parle. (…) Dans les fichiers du groupe, j’ai vu la définition de « demi girl » (je crois que c’est cela je ne sais plus trop le terme exact) qui correspond plus à ce que je ressens. Je suis une « femme » d’apparence (je ne porte que des jupes et des robes), mais dans la tête j’ai l’impression d’être autre chose, mais quoi!? Ça, c’est la question . ». La personne ici se pose des questions sur son identité de genre et donc fait un post de présentation où elle parle de son questionnement. Pour elle ne se définit comme pas totalement femme, elle pense être demi-girl, qui est une personne qui s’identifie en partie comme fille et l’autre comme un autre genre sans spécialement préciser lequel. C’est grâce au lexique trans qu’on trouve sur le groupe non binaire qu’elle a pu se définir. Les réponses à ce post sont des messages de soutien.  Ce type de post n’est pas rare sur le groupe non binaire, un membre du groupe assigné homme à la naissance écrit « Bonsoir, j’aurais une question à vous demander (je suis étonné.e de trouver le courage de la poser si tôt).Né homme, mais m’étant toujours senti comme une femme et un homme à la fois, je me suis toujours senti mal dans ma peau. J’aimerais savoir si il y a un nom pour désigner cela, une amie m’avait parlé de la non-binarité, mais me considérant comme les deux à la fois, quelle mot est plus approprié ? ».  La personne explique que ce ressentie d’être à la fois un homme, et à la fois une femme est présent depuis bien longtemps, ici la personne cherche à mettre un nom sur son ressentie. Dans les commentaires on va lui expliquer que ce ressentie s’apparente plus à du bigenre qui est le fait d’avoir deux genres, ou bien genderfluid qui est une personne qui change de genre selon son ressentie. Il va répondre sur son post en écrivant « je vais être Genderfluid, c’est le seul moyen de me sentir bien.  Merci, je me sens déjà un petit mieux de pouvoir mettre un mot dessus ». La personne a été conseiller sur son identité de genre, et grâce aux réponses sur son post, l’individu se sent déjà mieux. Un autre individu assigner homme à la naissance écrit sur le groupe : « Bonjour, Je fait une petite présentation à mon tour : Alors voilà je suis Yann et mon prénom me vas très bien (enfin ça dépend des occasions ^^). Je suis amab avec un passing très masculin (J’aimerai pouvoir être plus androgyne, mais je n’arrive pas à faire de grand changement – aussi par-ce que je ne sais pas trop comment faire 😡 )Je suis NB – agenre – demi-girl – fluide en fait je ne sais pas trop 😡 tout ce que je sais c’est que je n’aime absolument pas être considéré comme « homme » et que ça me dégoûte quasiment (même si j’ai intégré d’être genre au masculin cherchez l’erreur ). (…) J’aimerai beaucoup avoir vos impressions et votre avis (et surtout conseils). (…)voilà voilà je vous remercie tous ici ça fait plaisir de pouvoir parler en tout cas sans être juger.» Le post de Yann va lui permettre de se présenter, mais aussi de parler de ses hésitations concernant son identité de genre, car il sait qu’il est non-binaire, mais il ne sait pas quel est le genre qui lui correspond.  Le groupe va être un espace de découverte de soi pour certains, de trouver son identité, mais aussi d’échanger avec des personnes non binaires. Internet va être le lieu où des individus vont pouvoir réfléchir à un ressentie, pouvoir donner un nom au genre, et le diffuser. Un lexique du genre a pu se développer grâce à internet, ce lexique a pu être largement diffusé. Certains youtubeurs font de l’éducation sur la non-binarité et sur la transidentité. En France il y a princ(ess)e LGBT qui a fait une vidéo où elle explique l’identité de genre, l’expression de genre et la licorne du genre, tout en expliquant qu’il existe une multitude de genres et que le schéma de la licorne peut permettre aux personnes de s’identifier. Ashley Mardell, est une youtubeuse américaine qui parle des questions LGBT.  Dans une vidéo intitulée « Got Gender Queer-ies? (Part 2) | The ABC’s of LGBT », elle explique les différents genres. Sa vidéo va avoir plusieurs conséquences, la première c’est qu’elle va permettre la diffusion d’un lexique d’identité de genre, mais elle va aussi permettre à certaines personnes de mettre un mot sur une différence. Dans les commentaires on retrouve beaucoup de messages de remerciement, car certains ont pu trouver leur identité de genre. Le vocabulaire des différentes identités de genres est d’une grande aide pour ceux qui sont en recherche d’identité.  Sur le groupe Facebook  non binaire, on trouve un fichier intitulé « lexique trans, LGBT+, et non-binaire ». Dans ce fichier il y a du vocabulaire sur la transidentité, mais aussi beaucoup de notions de genre. C’est grâce à ce fichier que Mélinda dont on a pu voir le post tout à l’heure a pu s’identifier. Internet va être un lieu où il est possible de donner un nom à un sentiment de différence, ces genres une fois définis peuvent être diffusés, ce qui va permettre à des personnes qui ignorent leur transidentité de pouvoir mieux se comprendre et se définir.

Toutefois, même si internet va permettre aux personnes de s’identifier comme transgenre, le parcours reste encore difficile, car les transgenres sont rejetés dans la société, donc il est difficile pour eux de trouver de la culture et de l’art qui s’adresse aux personnes non binaires, mais aussi de trouver un lieu où ils sont pleinement intégrés. Internet va pouvoir répondre à ses problématiques. Berry est youtubeur-se et iel a aussi collaboré-es à la chaîne diary of a genderfluid, la chaîne qui regroupe plusieurs youtubeurs genderfluids. Sur la chaîne Diary of a genderfluid, iel a fait une vidéo intitulé « dear Authors – (spoken word poem about LGBTQA+ representaiton). » C’est un poème qu’iel a écrit où elle parle du fait que les personnes non binaires ne sont pas représentées dans la littérature. Ensuite à la fin de son poème, iel explique son poème. Pour iel, la littérature est un moyen d’évasion et iel aurait aimé trouver des personnes non binaires dans la littérature. La littérature jeunesse par de créature surnaturelle, mais pas de non-binarité, pour iel la littérature jeunesse pour les adolescents devrait avoir plus de représentation de personne transgenre, car ça pourrait permettre à des personnes de comprendre la transidentité, permettre plus de tolérance et aussi aider les personnes trans. Dans l’espace de commentaire de sa vidéo, on va retrouver des messages de remerciement et de compliment sur le poème, mais aussi des personnes qui vont valider le propos de Berry en disant être non-binaires et qu’ils sont d’accord avec ce qu’à dit Berry. Sur sa chaîne principale Berry a sortie une vidéo intitulée « they – Dodie Clark Cover aka  She) ». C’est une vidéo où iel chante, iel reprend la chanson She mais en l’ayant rendu plus inclusif pour les personnes non binaires. Les personnes qui vont laisser des commentaires sur la vidéo, vont dire qu’iel a une belle voix, et que c’était une bonne idée de rendre la chanson plus neutre. Une personne non-binaire va commenter en disant « as someone who is nonbinary, this means the world to me ». Une autre personne qui tient la chaîne Cute Queer Thing, a publié une vidéo intitulée « Sometimes || Genderfluid Slam Poem ». C’est une vidéo où la personne transgenre lie son poème sur la fluidité de genre, iel parle de la question « êtes vous une fille ou un garçon » et du fait d’avoir un genre changeant. Dans les commentaires, il va y avoir des compliments et des personnes qui disent se retrouver dans ce qui est dit dans le poème.  Youtube va être un espace ici culturel que s’approprient les personnes non binaires, ils vont pouvoir ici diffuser leurs chansons et leurs poèmes. Ces vidéos sont déjà une forme de création et de diffusion culturelle. Sur le groupe Facebook non-binaires on va aussi avoir des publications concernant la culture dans les posts. On va avoir plusieurs types de post concernant la culture. Le premier type de post va être la diffusion de dessin de personnage non-binaires, de la question d’être trans. Cela va être un espace de diffusion, mais le groupe Facebook va avoir aussi un autre rôle concernant la culture notamment écrite avec la littérature. Le premier type de post va être la promotion d’un livre, c’est par exemple le cas de Morgan qui parle de son livre si loin du Soleil et qui partage le lien de son livre sur Amazon. D’autres demandent des conseils de livre, par exemple c’est le cas d’une personne trans qui demande des livres pour enfants qui seraient déconstruits pour des parents de son entourage. Les livres déconstruit c’est des livres qui ne véhiculerait pas une image hétéronormé, dans le cas d’une conte pour enfants ça serait une fille qui ne serait pas une princesse incapable de se défendre et forcément en robe, et un garçon qui ne serait pas un chevalier courageux. On va lui proposer en commentaire sur le post le livre boucle d’ours, ainsi que d’autres livres pour enfant qui seraient plus déconstruits. Cela montre qu’il commence petit à petit à se construire une culture trangenre, et qu’internet va être un lieu de partage concernant la culture. Le groupe Facebook n’est pas le seul lieu de partage culturel concernant les livres qui ont des personnages transgenres. Il y a aussi sur tumblr avec la Rainbowtheque qui propose de regrouper toutes les livres en lien avec les thématiques LGBT. Dans les fiches de livres, on va y retrouver le titre, l’auteur, le genre, le résumé comme dans d’autres médiathèques, mais on va en plus retrouver des informations sur les identités représentées par exemple les lesbiennes, les gays, ou bien les non binaires, mais aussi les TW (trigger warning). Le TW est un avertissement d’une thématique qui pourrait raviver des angoisses auprès de certaines personnes. Internet permet la diffusion de la création culturelle non-binaires par le biais de YouTube ou encore le groupe Facebook, mais aussi sa diffusion avec la rainbowtheque. Par ailleurs internet va aussi être un lieu de financement de la culture non-binaire, c’est le cas de ulule qui est une plateforme de crowdfunding qui a permis à Princ(ess)e LGBT youtubeur/se genderfluid de financer son romain mon amie Gabrielle. Ce roman contient des personnages LGBT dont un personnage transgenre. C’est grâce aux personnes qui la suivent sur sa chaîne et sur les réseaux sociaux que le projet a pu être financé, iel souhaitait récolter 3700€ pour son livre et iel a réussi à récolter plus de 8600€, ce qui a permis de financer entièrement son livre.  Les personnes non binaires commencent de plus en plus culturellement à se forger des œuvres ou des dessins qui leurs parlent, ce qui permet aux personnes non binaires d’avoir des représentations et de pouvoir se reconnaître à travers des dessins, des chansons, ou encore des livres.

Des personnes non binaires arrivent à s’identifier comme telles, à trouver leur genre via les ressources qu’on peut trouver sur internet. Iels peuvent aussi y trouver des biens culturels qui les concernent. Cependant Internet va aussi leur permettre de créer leur propre identité par le biais du langage et d’être acceptés. Internet comme nous l’avons vu précédemment va permettre à des personnes de s’identifier par le biais de la diffusion du vocabulaire non-binaires. Elle va déjà permettre aux personnes de savoir qui ils sont par le biais de la découverte de leur genre. Mais internet est aussi d’une grande d’aide pour les personnes transgenres, car ils vont rendre possible la création d’une nouvelle identité et d’être accepter. C’est le cas du prénom, nous avons pu voir que parfois le prénom était appelé deadname ou morinom. Les personnes transgenres ont parfois une difficulté à apprécier leur prénom, car il reflète un genre qui n’est pas le leur. Le choix du prénom peut se faire de plusieurs manières. Une personne transgenre écrit en post « Salut à tou-te-s ! Il est probable que mon passage sur le groupe soit temporaire (je suis le genre d’aspie que les endroits où chacun parle de soi fatiguent vraiment vite), mais je me présente quand même.Donc Sylbao, c’est un pseudo que j’ai choisi il y a longtemps et c’est la 1ère fois que je l’affiche en prénom, depuis quelques jours. Je réfléchis à le généraliser plus, je me demande s’il n’est pas trop inhabituel, mais ça a l’avantage de laisser planer le doute. » Ici le prénom choisit était avant un pseudo. Il arrive que souvent que les prénoms choisissent par les personnes non-binaires soit des pseudos qu’ils ont utilisés pendant longtemps sur des forums, des sites ou encore des jeux. Sur le groupe Facebook non-binaire, certains vont poster pour demander de l’aide pour choisir le prénom ou parler de leur difficulté d’en choisir un.  C’est par exemple le cas d’un post qui dit «Je suis un peu dans la confusion Je viens de changer de prénom, il y a un mois peut-être.. Et en ce moment, dès que j’entends un prénom que j’aime bien, je regrette de ne pas l’avoir choisi x)Genre Léon, par exemple, ou Côme, André, etc. et en même temps Noah ça me va aussi, mais j’ai la sale impression de m’être trompé quoi. D’avoir fait le mauvais choix.Et du coup j’ai aussi l’impression que si je rechangeais pour autre chose je perdrais en crédibilité et tout, que je me ferais juger. » La personne ici dit qu’iel aimerait bien changer de prénom, mais qu’iel a peur de ne pas être crédible, car iel avait déjà choisi un autre prénom. Dans les commentaires ils vont la rassurer, en lui disant qu’il est légitime de changer de prénom et qu’il est parfois long pour une personne transgenre de trouver le bon prénom qui convient, car il ne suffit pas que d’apprécier le prénom, il suffit pour eux qu’ils conviennent à leur personnalité. Dans les commentaires beaucoup vont lui dire préférer Léon parmi la liste de choix, ce à quoi iel va répondre « je vais essayer Léon pendant quelque temps. » Grâce aux personnes qui ont commenté son post, il a pu ici faire un choix. Internet va permettre à des personnes de choisir un nouveau prénom qui correspond à leur genre. Même s’il est souvent parfois difficile pour les personnes transgenres de trouver un nouveau prénom qui leur correspond parfaitement, internet leur permet de se créer une toute nouvelle identité, et d’être acceptés sur certains espaces. Pour beaucoup de personnes, la transidentité passe par l’apparence, mais passe aussi par le pronom et le prénom. Sur le groupe non-binaire France, on peut y voir souvent des présentations des personnes transgenres, c’est par exemple le cas de Ema qui écrit « Bonjour tout le monde! Je n’avais pas encore fait de présentation donc here we go, je m’appelle Ema, j’ai 16 ans (dans quelques jours), je suis afab et agenre, j’utilise le pronom « iel » (même si je reconnais qu’il peut paraître dérangeant puisqu’en mélangeant le pronom « il » et « elle » il n’est du coup pas neutre, mais c’est celui avec lequel je me sens le plus à l’aise). »  On peut voir que le prénom et le pronom sont présents dans les présentations. On peut l’expliquer cela par le fait que le prénom et le pronom sont des choses importantes pour les personnes transgenres, parce qu’elle reflète leur identité de genre. En renseignant leur genre, leur prénom et leur pronom sur le groupe Facebook, ils vont alors être genrés de la bonne manière et donc se sentir accepter. Beaucoup de transgenres utilisent des pronoms différents, 30 personnes sur les 53 répondants utilisent des pronoms non binaires.

D’après le rapport sur le langage du site uniqueensongenre, seulement 12% des interrogés utilisent le pronom qui leur a été assigné à la naissance. Ce qui montre que les personnes transgenres ont tendance à utiliser des pronoms autres que celui attribuer à leur naissance, c’est-à-dire il pour le masculin et elle pour le féminin. Certains utilisent des pronoms non binaires, ces pronoms sont créés par des personnes transgenres qui cherchent des solutions linguistiques à la binarité du langage. Sur le blog uniqueensongenre, on retrouve un tableau des tableaux des pronoms et des déterminants qu’une personne transgenre peut utiliser pour elle ou encore pour que sa famille utilise le bon pronom quand elle parle d’elle.

Cela rentre dans le cadre de la création d’une identité, car les personnes transgenres qui rentrent sur le groupe non binaire France se présentent. On peut lire sur le groupe Facebook «  Salut! Depuis que j’ai intégré le groupe, je ne me suis pas présenté, alors je me lance!  Je suis Ruben, trans ftM, hormoné depuis 13mois, genderqueer(…)J’habite Marseille. Je travaille et je suis totalement à l’aise avec ma transitude. Pronoms, il/lui. Je ne désire que la mammectomie, pas de chirurgie génitale. » Même s’il utilise des pronoms binaires par son post de présentation, il présente son genre, son prénom, ses pronoms afin que son identité soit connue et respectée. Dans un autre post de présentation, on peut y lire « Bonjour tout le monde!Je n’avais pas encore fait de présentation donc here we go, je m’appelle Ema, j’ai 16 ans (dans quelques jours), je suis afab et agenre, j’utilise le pronom « iel » ». Là aussi dans sa présentation elle se présente, en donnant le nom qu’iel a choisi, son pronom, mais aussi son identité de genre, qui ici est agenre. Agenre est un des nombreux genres qui a été construit verbalement sur internet pour mettre un mot sur un ressenti, ici c’est des personnes qui ne se sentent en adéquation avec aucun genre. Internet va être le lieu de création d’une identité, ici on va pouvoir mettre un mot sur un mal, trouver son genre, son prénom et son pronom. Le groupe Facebook va être un lieu de partage de culture transgenre, mais aussi de respect des identités et des ressenties des individus. On retrouve un fichier avec le lexique non binaire en termes de genre, mais aussi un fichier intitulé pronom où les personnes donnent le pronom qu’on veut que les autres utilisent pour soit, ainsi que les accords. Par exemple on peut lire sur ce fichier pronom « Eden Lou : ou juste « Lou » (j’ai une pléthore d’autres noms, mais je vais vous épargner ça). elle quand on parle de moi IRL, iel sinon. Accord masculin + féminin alternés si possible, sinon « un-e français-e » et autres marchent aussi. ». La personne met son prénom et nom Facebook, avec le prénom, les pronoms et les accords qu’elle veut qu’on utilise pour parler d’elle. C’est ce qu’à fait Lou sur ce fichier en demandant qu’iel préférait le iel, et des accords masculins alternés pour que justement cela ne soit pas binaire et que ça respecte son ressenti. Internet va être un véritable lieu de choix pour les personnes transgenres, elles vont pouvoir trouver le mot qui leur correspond, trouver une culture qui leur correspond, se construire une identité et surtout se sentir respecter et accepter pour leur différence dans un groupe Facebook qui regroupe les transgenres et les personnes qui les soutiennent.

Nous avons démontré qu’internet était un lieu de création d’une identité pour les personnes transgenres. Nous allons voir que cela va être aussi un lieu de réflexion sur le langage.

 

Nous avons pu voir précédemment que les personnes transgenres utilisaient des pronoms parfois différents du il et du elle, chaque personne utilisant le pronom qu’elle préfère. Mais ces pronoms ne sont pas forcément acquis pour tous. La constitution d’un langage plus inclusif est un travail qui se fait dans la continuité. En anglais le pronom « they » est le pronom neutre, mais en français les pronoms neutres ont été construits par des personnes transgenres et non par des linguistes. Un sujet a été créer sur le groupe non binaire pour débattre des pronoms, voilà ce qui est dit « Un débat sur le pronom neutre en français s’est ouvert dans le groupe genderqueer anglophone (oui.. on débat en anglais sur du français ^^) bref du coup j’aimerais bien avoir vos avis. Qu’est-ce que vous en pensez ? Lequel utilisez-vous ? ». Dans les commentaires on va trouver des commentaires de soutient au pronom iel, mais aussi des réflexions. Une personne va commenter « j’aime bien « iel », je trouve ça joli. Par contre ça ressemble pas mal à « elle » alors peut-être qu’il vaudrait mieux utiliser « ol » pour plus de neutralité.. »  La personne trouve que ol serait un pronom plus neutre, mais une personne va lui répondre que même si iel se rapproche du elle, il commence par le i du il et que donc ça reste neutre. Puis on va lui répondre d’où « vient le « o », ça ne fait pas très français pour moi ». La personne réfléchit à la réflexion qu’à pu être fait sur l’utilisation du ol. La personne va expliquer que le o de ol est le o du on qui est neutre, et du l du il et du elle. Mais elle est d’accord que ce pronom « n’est pas  terrible ». Pour se débat certains vont s’appuyer sur l’anglais, un individu va répondre à ça en expliquant que « la différence de l’anglais où on choisit simplement un ensemble de pronoms comme they/their/themself, en français le genre est marqué constamment lorsque l’on se désigne soi-même ou lorsque l’on désigne quelqu’un d’autre. Et même si en principe le genre neutre existe et s’accorde exactement de la même manière que le masculin, on peut se demander si c’est si neutre que ça… (cela renvoie toujours à l’idée que le masculin est la norme alors que le féminin est la déviation, bref à toute notre culture binariste et sexiste) ». Ici l’auteur du commentaire fait un commentaire, en essayant de comprendre d’où vient le problème du langage, pour lui c’est parce que la langue française est trop genrer.  Ce post va être un lieu de véritable débat et de recherche d’alternative, mais aussi un lieu où les personnes disent les solutions qu’ils utilisent pour le langage. Par exemple une personne a commenté en disant « pour moi c’est vraiment un problème aussi, j’essaye de faire que les gens utilisent le masculin au maximum, mais c’est difficile pour eux, et moi ça ne me satisfait pas complètement. Et quand je parle de moi, je dis ce qui sort sans réfléchir, un coup ce sera féminin, la plupart du temps masculin (ça rend les gens un peu confus).  Heureusement, en tout cas sur internet, je parle beaucoup en anglais et je n’ai pas trop ce problème, et mon pronom préféré est « they ». En français, j’ai jamais tenté, mais j’aime bien « yel » ! ».  La personne explique qu’elle essaye de faire ça naturellement, sans vraiment se poser la question si yel doit parler d’ellui au masculin ou au féminin pour les accords. Mais le débat montre qu’il y a bien une réflexion sur le langage qui se crée par les personnes transgenres sur le groupe Facebook. Sur le groupe uniqueensongenre, une page s’intitule petit dico de français neutre et inclusif. Le neutre est langage qui est utilisé pour « désigner une personne non binaire » et s’est utilisé par ceux qui préfèrent utiliser un langage neutre. L’inclusif est défini par l’admin du blog uniqueensongenre par une forme « non-genrée qui permet de désigner une ou des personne(s) de genre(s) inconnu(s) (…) des personnes non binaires qui ont plusieurs genres et qui ne souhaite pas être genrés, c’est le cas parfois de personnes bigenre ou genderfluid. L’utilisation de l’inclusif permet de choisir un pronom qui ne définit pas de genre. Dans son dictionnaire l’admin écrit sur les pronoms. Voilà ce qu’on peut y lire « A mon sens, deux pronoms devraient rentrer dans le dictionnaire : iel pour l’inclusif, car l’usage l’a déjà consacré et ille pour le neutre. Pourquoi ille plutôt qu’un autre ? Il me semble simplement que c’est le pronom neutre que j’ai vu le plus employé (mais je peux me tromper). »  L’admin du blog uniqueensongenre explique qu’il serait mieux que dans le langage courant français, il serait mieux d’utiliser iel et ille. En disant cela, elle partage son point de vue, en plus de diffuser sur son blog les règles du langage inclusif et neutre français. L’espace commentaire de son dictionnaire va donner lieu à des échanges sur le langage, notamment sur les pronoms. Par exemple il y a la question de la prononciation du ille qui se pose. Une personne comment en disant que le « « ille » se prononce « iye » donc ça s’entend bien à l’oral, mais on peut confondre « ille a » et « il y a ». »  On va répondre lui en répondre en lui écrivant : « En fait il existe deux façons de prononcer ille, je connais des gens qui le prononcent comme il et j’ai en effet appris récemment qu’on pouvait le prononcer comme dans fille. Merci de me le signaler, je vais faire la modif ». Les personnes ici parlent de la manière de prononcer des pronoms, afin qu’ils soient aussi prononçables à l’oral, car certains trouvent que le langage inclusif ou neutre n’est pas forcément optimal lorsque c’est en dehors du cadre écrit. Le dictionnaire de uniqueensongenre permet justement de partager les connaissances sur les pronoms. Ce partage peut aussi se faire sur YouTube avec des vidéos comme celle de princ(ess)e LGBT qui parle dans une vidéo des pronoms neutres et inclusifs pour les personnes transgenres.

Internet n’est pas aussi qu’un lieu de réflexion et de partage sur les pronoms, il est aussi un lieu de réflexion et de partage concernant le langage inclusif et ses codes. C’est par exemple le cas du groupe Facebook non binaire France qui va avoir un fichier intitulé suggestions de langage non binaire en français. Les premières phrases du fichier sont « Pour beaucoup d’adjectifs, on peut faire, comme ceci: contentE ou content.e ou content-e.Le problème se pose de savoir comment ceci peut se dire à l’orale… Est-ce que c’est possible en allongeant les sons – con-te-ente ? Ou en insistant plus sur la fin?? conten-TE?CertainEs ont proposé éventuellent un « O’ – contento…?? Ou est-ce que ça peut suffire de varier dans la conversation, alors parfois dire content et parfois contente? C’est à discuter..! ». Dès les premières phrases du fichier du groupe Facebook, ils essayent de réfléchir à des règles de grammaire en prenant en compte l’écriture et aussi la prononciation. Le but étant que le langage non binaire puisse être compris à l’écrit comme à l’oral. Dans le langage neutre et inclusif, c’est bien souvent la terminaison qui va faire la différence, tout comme dans le langage binaire. En français l’accord se fait à la fin des adjectifs, par exemple il est malheureux ou elle est malheureuse. Le langage inclusif et neutre se base aussi sur les règles de français, puisqu’ils vont se servir de la terminaison et créer des accords neutres et inclusifs. Le blog d’uniqueensongenre dans son dictionnaire a fait un tableau des terminaisons, de comment cela s’accord selon le masculin, le féminin, le neutre ou l’inclusif.

Ce tableau permet d’établir une règle et permettre à des personnes transgenres ou à des personnes qui s’adressent à des personnes non binaires de parler un langage qui respectera le genre de la personne sans faire de mégenrage. En publiant, ceci sur son dictionnaire uniqueensongenre permet de mettre en avant les réflexions qui ont été faites sur le langage par les personnes transgenres. Iel rajoute en bas de son tableau quelques notes où iel rajoute des informations et s’explique sur son tableau. Iel écrit que pour le neutre heureuxe et joyeuxe car elle a vu d’autres personnes l’utiliser donc autant les incorporer au tableau.  Admin écrit aussi qu’iel rajoutera eil ou eille au tableau, mais qu’iel n’a pas encore eu le temps et qu’on « on peut imaginer une terminaison neutre ou inclusive en « an » pour les mots en « on/onne » => mignan, compagnan, … On peut même faire une variante en « un » si on veut distinguer neutre de l’inclusif => mignun, compagnun… ». Admin rajoute donc des compléments d’information à son tableau et réfléchis perpétuellement sur le langage. Sur son dictionnaire on trouve d’autres règles de langage et d’autres réflexions.  Son blog explique que le s et le m sont la marque du neutre, le s est plus pour la phonétique et le m pour le um du latin, certains utilisent des mots comme « amourum » pour dire amoureux, mais écrit de manière neutre.  Sur son dictionnaire on peut lire « Note : Je suis pour la simplification orthographique. Ainsi pour « content / contente », le neutre sera « contens » et se lira « contensse » (on pourra cependant écrire « confusse » pour ne pas confondre avec le masculin « confus » dans ce cas précis). En outre, « sse » est déjà une terminaison connotée féminin, donc autant changer l’orthographe. Au pluriel, contens est donc invariable (« illes sont contens »).»  Elle n’est pas pour une utilisation du tiret ou du point contrairement au groupe non binaire France qui disait qu’on peut utiliser content-e. Iel écrit « L’inclusif se forme habituellement avec un tiret, un point (.), un point spécial (•), une apostrophe entre le masculin et le féminin ou bien avec le E du féminin en majuscule (content-e, content.e, content•e, content’e, contentE). Le désavantage de ces formes est qu’elles fonctionnent bien à l’écrit, mais c’est plus compliqué à l’oral. De plus, à titre personnel, je n’aime pas non plus l’idée d’être « des bouts de mots » avec des tirets/points/apostrophes et souhaite donc l’existence de mots à part entière, mais ça n’engage que moi évidemment (et plusieurs formes peuvent coexister). » Ici il y a un désaccord sur le langage inclusif, car pour l’admin de uniqueensongenre le mieux est d’avoir un langage inclusif qui soit efficace à l’oral et à l’écrit, contrairement à la solution du tiret ou du point qui elle n’est efficace que à l’écrit. Bien sûr pour iel ce n’est qu’un point de vue, mais elle affiche les deux possibilités sur son blog tout en montrant que sa solution pour ellui celle qu’iel préconise. Il existe des mots valises dans le langage inclusif, cela va être des mots qui seront composés du féminin et du masculin par exemple brefve, heureuxse. Pour iel même si l’inclusif doit inclure tout les genres grammaticaux neutre, masculin et féminin ils ne sont pas à rejeter totalement, car iel trouvre qu’ils sonnent bien et qu’ils sont simple d’usage. Uniqueensongenre explique que pour iel il y a deux règles pour le langage inclusif. La règle général qui aura comme terminaison le x par exemple heureux donnera heureuxe. Sa deuxième règle est celle de la racine, qui pour elle est de garder la racine du mot et de retirer la terminaison genrée. Mais cela ne marche pas « dans tous les cas évidemment, mais ça peut fournir de bons tuyaux pour un paquet de mots ! Donc par exemple, on a « jardinier / jardinière » qui devient « jardini ». « Joueur / joueuse » qui devient « joueu » (pour être plus exact, la racine est plutôt « jou » avec les suffixes « eur/euse » et le suffixe de l’inclusif devient donc « eu »).» Certains mots dans le langage font exceptions, les mots épicènes c’est-à-dire ceux qui sont identiques au féminin comme au masculin ne doivent selon l’admin pas avoir de forme autre au neutre à l’inclusif, iel donne l’exemple du mot journaliste qui est utilisé au masculin comme au féminin. Ceux qui ne sont épicène qu’à l’oral et non à l’écrit de type ami/amie, ne doivent pas avoir de variation non plus, car iel est pour que cela soit simplifier, et qu’on utilise ami pour le neutre et l’inclusif. Pourtant iel propose des solutions pour le neutre et l’inclusif si certains préfèrent qu’ami ne soit pas épicène. iel propose  amië pour le neutre et ami’e pour l’inclusif. Sur son blog iel essaye de rassembler et de constituer les bases d’un langage neutre et inclusif. Cependant iel privilégie la prononciation à l’écriture, ce qui fait qu’iel a réfléchi à une autre solution que le point ou le trait pour le langage inclusif. Internet est un lieu parfois de débat, pour preuve sur son dictionnaire iel argumente sur ses choix et tentent de les défendre, tout en essayant de parler des autres pour que le lecteur puisse faire un choix, néanmoins nous allons voir que parfois internet va être lieu de véritable débat concernant le choix des mots neutres et inclusifs.

La construction d’une langue française plus neutre et inclusive n’est pas simple, c’est pourquoi cela donne lieu parfois à des débats ou à des recherches sur les lieux d’échanges tels que les groupes Facebook. Une personne transgenre va demander par exemple en juin 2016 un mot neutre, car iel a eu un neveu et iel aimerait trouver un mot neutre ou inclusif pour tonton ou tata. Iel a écrit « Bonsoir ! Je viens d’avoir un neveu, et je me demandais s’il existait un mot neutre ou inclusif pour me qualifier? J’avais inventé le mot « toncle » (mélange detante-oncle), mais honnêtement ça ne me convient pas plus que ça. »  La personne cherche un terme qui pourrait le définir sans être mégenrer. Plusieurs personnes vont commenter et essayer de l’aider pour trouver le bon mot. Une personne lui dit que « ça ressemble à mon dilemme sur Parrain/Marraine… Pour le « petit nom » je proposerais « babon » (avec le a de tata, le on de tonton et le b qui est un peu le « neutre » des titres familiaux) ». Mais chaque personne va proposer sa propre solution, le mot qui lui convient et c’est à la personne de savoir laquelle des propositions sera en adéquation avec elle. Une personne va lui écrire « Tonty ? Un mixe de tonton et tatty. (parce que taton, ça le fait pas, ahah :p ) », et une autre va lui dire « Comme j’utilise tan comme inclusif de ta/ton, ben logiquement : ta tata / ton tonton > tan tantan. Et pour la version moins familière du coup : tancle. C’est juste man proposition. » Ici la personne va proposer sa propre logique, tonton étant le pronom possessif masculin et tata le pronom possessif féminin, alors la personne prend ses pronoms possessifs pour créer son propre terme. Ces propositions sont un débat en soit chacun propose sa version neutre ou inclusive du mot. Ce genre de post où des personnes cherchent un mot n’est pas rare, parfois certains cherchent des termes plus neutres ou inclusifs pour le terme copain, mari, papa ou encore maman. Sur le fichier de suggestion de langage non binaire sur le groupe Facebook, on y retrouve des mots classés par ordre alphabétique écrit de manière plus neutre ou plus inclusif. L’espace de commentaire va être le lieu où des personnes vont demander comment peut s’écrire tel ou tel mot de manière inclusif, ou bien débattre sur la possibilité d’un langage neutre.  Une personne va par exemple demander comment s’écrit travailleur de manière neutre « Comment est-ce qu’on peut écrire « travailleur-travailleuse » de façon inclusive ? J’ai un peu du mal avec ça… Pour professeur.e c’est simple, mais là, je ne voix pas… » Une personne va écrire travailleureuse ou travailleuxe comme manière plus neutre pour parler de travailleur. Il va avoir un débat entre deux personnes non binaires dans l’espace commentaire entre un admin et un membre du groupe. Le membre du groupe va lui expliquer son point de vue en écrivant «  je sais bien que c’est utilisé’e pour le masculin devant une voyelle. Mais ça se prononce comme le féminin. bin, oui, une utilisation plus large… enfin les utiliser pour le neutre quoi »  puis « tu as peut être bugé’e sur cette phrases « voilà, iel s’agit simplement de mettre les adjectifs quand ils sont au masculin singulier devant une voyelle » ? je voulais dire que pour utiliser le neutre iel suffit de mettre ces mots sous leur aspect masc devant une voyelle ». Iel essaye d’expliquer son point de vue, et comment elle fait pour parler de manière plus neutre ou inclusive.  L’admin va alors comprendre son point de vue et lui demander de rajouter une explication dans le document. Iel lui écrit « D’accord. Et bien si tu veux, rajoute-le avant la partie A-Z. Genre, ‘une piste pour certains adjectifs pourrait être de faire une utilisation plus généralisée des versions qui sont employées avant les mots commençant par une voyelle, et qui sont au masculin à l’écrit, mais qui ont l’air féminin à l’oral, comme viel, bel, fol etc… ‘ ? ». Le débat qui a eu lieu entre les deux sur le langage neutre et inclusif relève plus d’une incompréhension. Iel va donc écouter l’admin et rajouter la parti « pour certains adjetifs particuliers, comme molle/mou, belle/beau etc… on peut les mettre au neutre en utilisant la forme masculine singulier devant une voyelle de ces mots. Cela donne par exemple : -Je me sens mol -tu es bel ».  Ce rajout va être une autre suggestion de langage neutre et inclusif. Le document va être un lieu où les personnes vont pouvoir apprendre à parler l’inclusif. L’espace commentaire va être un lieu de débat, de réflexion et aussi d’encouragement à développer des solutions linguistiques pour les personnes transgenres. Donc Internet va être lieu de réflexion et de construction d’un langage inclusif et non binaire qui serait plus en accord avec l’identité de genre des individus. Des règles vont pouvoir se développer pour le langage, mais au final il y a deux écoles ceux qui se soucient de la prononciation et donc de la compréhension de ce langage à l’oral et ceux qui préfèrent l’écriture et donc privilégié l’utilisation de trait ou de point pour le langage inclusif.

Pour conclure, les personnes transgenres rencontrent des difficultés dans leur vie quotidienne de par la binarité de la société, dès la naissance les mots vont leur associer une identité dans laquelle ils vont devoir vivre, jusqu’au jour où ils vont découvrir leur transidentité. Ils vont devoir vivre avec des mégenrages et de la transphobie, un mégenrage parfois violent, et une transphobie qui est le reflet parfois d’une société binaire. Le langage va leur permettre d’être elle ou il, mais pas d’être non binaire. Mais internet va leur permettre de trouver certaines solutions. Internet va permettre de mettre un mot sur leur souffrance et sur leur différence. On va retrouver des vidéos sur YouTube, des fichiers sur les groupes Facebook qui vont expliquer les différents genres et les différends ressentis. Une fois que la personne connaîtra son genre elle va pouvoir à commencer à vivre sa transidentité, se trouver un prénom qui lui correspond, mais aussi un pronom et une toute nouvelle identité. L’internet va être un lieu de partage de la culture transgenre, d’art, de texte, de musique ou de dessin qui les représente dans une société qui ne donne que très peu à voir des personnes transgenres. Sur le groupe Facebook non binaire France leur identité, leurs pronoms, leur prénom, leur ressentie, leurs difficultés vont être comprise par les autres membres.  Mais le langage reste toujours une difficulté pour eux, c’est pourquoi internet va aussi être un lieu de réflexion sur deux types de langages. Le premier est le langage neutre et le second est le langage inclusif. Ils vont réfléchir à des pronoms dans un premier temps. Mais ils vont aussi chercher à transformer le français qui est une langue marquer par le genre, qui accorde des adjectifs selon qu’il soit masculin ou féminin, mais qui ne laisse pas réellement de place à ceux qui sont entre-deux, ou à ceux qui sont en dehors de la binarité homme/femme. Ils vont élaborer des solutions pour le langage que cela soit dans l’écriture avec des pronoms et des mots qui vont être décomposer par exemple content-e afin de marquer la neutralité du genre de la personne.  D’autres vont réfléchir à une solution qui est plus possible verbalement afin que leur transidentité s’entende lorsqu’elles accordent un adjectif ou lorsqu’elle utilise un pronom non binaire. En disant jalouxse on entendra plus la différence que lorsqu’une personne utilisera jalous-e. La différence s’entendra plus à l’oral, c’est pourquoi certains réfléchissent encore à des solutions linguistiques. Mais certains continuent de débattre et réfléchir à la constitution de mot plus neutre, ou l’utilisation de mot plus neutre dans le langage pour prendre en compte le ressentit des personnes transgenres. Néanmoins le langage neutre et inclusif n’est pas encore totalement construit, il reste du travail afin que les règles strictes soient définies et qu’il soit après accepté par les politiciens et par toute une société. Les droits des transgenres et du langage neutre et inclusif sont encore loin d’être accepté. C’est pourquoi on peut se demander si ce langage ne risque pas d’être utilisé au final que par une communauté de personnes transgenres que part une société qui est encore loin d’intégrer les personnes LGBT et leurs enjeux.

BIBLIOGRAPHIE :

  • BUSCATTO, Marie, Sociologies du genre, Paris, Armand Colin, 2014, 183 pages
  • CLAIR, Isabelle, Sociologie du genre, Paris, Armand Colin, 2015, 125 pages.
  • DETREZ, Christine, Quel genre ?, Paris, Thierry Magnier, 2015, 108 pages.
  • ANGLURE, Bernard, « Le « troisième » sexe social des Inuit », Diogène 2004/4 (n° 208), p. 157-168.

 

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