Travail d’équipement et applications mobiles en santé : Aphetit® et le cas de la phénylcétonurie

Lire le mémoire

par Marie GROSSO DANNER

Introduction

L’alimentation est au coeur de la société dans laquelle nous vivons, il faut « bien » se nourrir, manger équilibré, pas trop gras, trop salé, trop sucré, respecter les cinq fruits et légumes par jour, être vigilant concernant l’apport calorique, l’apport protidique… Pour ce faire, Il faut donc apprendre à calculer, mesurer, se quantifier, dans l’objectif de mieux se connaître et cela passe nécessairement par la notion de mesure telle que la mettent évidence les auteurs dans l’introduction « Mesurer pour prévenir » de la revue Terrains & Travaux, ils recensent différentes recherches expliquant cette notion dans plusieurs contextes et de manière plus générale, la qualifient « d’acte de production de connaissance ». « Si les différentes mesures auxquelles procèdent les individus relèvent parfois de logiques singulières, leur justification s’enracine dans la valorisation contemporaine du sujet autonome, qui prend en charge son corps et sa santé » (Dagiral, Jouzel, Mias, Peerbaye, 2016). Dans le domaine de la santé, la notion de mesure va bien au-delà du simple « acte de production de connaissance », elle permet aussi de se surveiller, de se contrôler grâce aux chiffres produits, l’objectif étant de mieux prendre soin de sa santé. « Le propre de ces pratiques est de pouvoir se prêter à tout un ensemble d’appropriations et de transformations, que le calcul et la statistique mathématique rendent opératoires, permettant par exemple de comparer, de corréler, d’inférer, d’ordonner et/ou de classer… » (Dagiral, Jouzel, Mias, Peerbaye, 2016, P.7). Cette notion de mesure, de quantification, a pris une nouvelle dimension avec le « Quantified self » mouvement né aux Etats-Unis dans le courant de l’année 2007. Le concept de la connaissance de soi par les chiffres apparaît aujourd’hui d’autant plus important, que la mise en place d’outils numériques dédiés permet également de partager des données en ligne, de développer des valeurs de références communes. Cette évolution est liée à l’utilisation de plus en plus intensive des réseaux sociaux, véritables objets de discussion, comparaison de valeurs, partage de normes, par l’intermédiaire d’une communauté d’utilisateurs et de passionnés réunis autour d’une pratique commune. Avec le déploiement de nouvelles technologies d’information et de communication, notamment l’émergence des smartphones, de nouveaux outils apparaissent en matière de santé pour répondre à de nouveaux besoins et ce sont également de nouvelles formes de mesures qui voient le jour, telles que des mesures de « routinisation » ou encore de « régularité » consistant à rester régulier dans les bonnes pratiques ou encore en adopter de nouvelles, (Pharabod, 2013) toujours dans l’objectif de rester en bonne santé.

En lire plus

Laisser un commentaire